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8 mars 2009 : Journée internationale des femmes

mardi 10 mars 2009

Communiqué de la FFQ appelant à la mobilisation le 8 mars 2009.

Nous vivons dans un monde en crise

C’est en pleine crise économique mondiale que nous nous apprêtons à souligner la Journée internationale des femmes. Une crise sans précédent qui, malheureusement, n’épargnera pas le Québec. Nous, les féministes, avons toutes les raisons d’être très préoccupées. La trop lente progression des femmes vers l’égalité pourrait ralentir ou pire reculer !

Nous vivons dans un monde en crise… Crise d’identité, de valeurs, de projets, de solidarité. Crise financière. Crise économique. Nous vivons dans un monde dominé par l’économisme. Partout, au Québec comme ailleurs, il est maintenant possible de devenir de plus en plus pauvre dans des sociétés de plus en plus riches.

Quelles seront les incidences de ces crises annoncées sur notre vie au quotidien ? Effritement du filet social. Privatisation accrue des services publics. Perte d’emplois. Perte des épargnes accumulées pendant une vie entière. Faillites. Fermetures. Des jeunes familles perdront leur maison. Des femmes cheffes de familles monoparentales ne pourront pas entreprendre leur retour aux études. Des femmes âgées ne pourront plus payer leurs frais d’hébergement. Combien de victimes ? Salariées et personnes en situation de pauvreté, toutes écoperont. Un vent d’inquiétude balaie le Québec, le Canada, le monde.

Une crise de solidarité

La crise économique actuelle est d’abord une crise de solidarité. Vivre ensemble dans une société nécessite d’autres objectifs communs que la recherche effrénée de profits pour un très petit nombre aux dépens de la majorité de la population. La richesse d’une société ne se mesure pas au nombre de ses millionnaires et de ses paradis fiscaux ! Au contraire, la richesse collective c’est d’assurer à tous ses membres le respect de droits aussi essentiels- et reconnus par l’ONU- que le droit à des conditions de vie et de travail décentes, à la santé, à l’éducation, à la culture et à un environnement sain. La richesse collective, c’est aussi de mettre fin à la pauvreté et aux inégalités ici et partout dans le monde. La solidarité, c’est de rompre avec un modèle de production et de consommation que nous avons « acheté » sans broncher et qui est devenu notre style de vie, surtout en Occident : produire toujours plus de biens, de plus en plus inutiles et coûteux au plan humain et au plan écologique. Nous avons accepté ce modèle qui favorise le fait d’en avoir toujours plus au détriment des relations humaines, de la vie familiale, de la culture et de l’avenir de la planète. Voulons-nous vraiment continuer dans cette direction ? (1)

Les Québécoises toujours inégales, c’est un fait !

Avant même le développement de la crise actuelle, l’égalité, dans les faits, pour toutes les Québécoises était loin d’être acquise ! En effet, ici comme ailleurs, de nombreuses inégalités et obstacles subsistent toujours. De nombreuses statistiques le prouvent ! Plusieurs femmes subissent de la discrimination et de la violence. Un bon nombre vit dans la pauvreté ou une grande précarité. (2) La situation des femmes autochtones, des femmes immigrantes et migrantes et aussi celles des femmes handicapées est particulièrement difficile.

Unies, mobilisées et certaines d’avancer !

Cet état de crise appelle à la riposte. Dans un tel contexte, la poursuite des luttes féministes demeure un enjeu fondamental. Nous devons éviter à tout prix d’être seulement sur la défensive, sur le maintien des acquis. Plus que jamais, nous devons poursuivre nos actions pour la construction :

d’un État où les droits individuels et collectifs seront assurés, la démocratie renforcée et l’environnement protégé ;
d’un État qui assurera la dispensation de services publics de qualité accessibles à toutes et à tous, le développement de programmes sociaux financés adéquatement et collectivement, la redistribution de la richesse et un développement durable pour un avenir viable ;
d’un État qui assurera l’égalité entre les femmes et les hommes.
L’État doit intervenir !

Unies, mobilisées, nous revendiquons : Que l’État québécois :

investisse dans le développement économique et la création d’emplois au Québec et ce, dans le souci de la protection de l’environnement et de la pérennité des ressources. Ces politiques interventionnistes devront être assorties d’obligations afin d’assurer les résultats escomptés en termes de création d’emplois stables, disponibles aux femmes, payant des salaires décents. Ces politiques devront également assurer des retombées dans d’autres secteurs et soutenir les économies locales et régionales.
Que l’État québécois :

investisse aussi dans les infrastructures sociales en réinvestissant dans les services de santé, d’éducation et d’autres programmes sociaux afin non seulement d’améliorer le bien-être de la population, mais aussi de créer des emplois.
Autant de pistes de solutions à la crise, autant de fronts de lutte pour le mouvement des femmes.