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8 mars : L’égalité entre les femmes et les hommes s’applique-t-elle aux travailleuses de l’État ?

mardi 9 mars 2010


Tiré du site de Québec Solidaire
Le 8 mars 2010
N.B. : Le texte suivant a été publié dans Le Devoir, le journal Métro et The Gazette.


Elles sont des centaines de milliers à travailler pour le gouvernement du Québec. Enseignantes, secrétaires, infirmières, travailleuses sociales, techniciennes de laboratoire, fonctionnaires, elles forment 75% des 500,000 employés de l’État québécois. Et sont en négociation en ce moment pour obtenir un contrat de travail qui rendra justice à leur dévouement, reconnaîtra leur compétence et leur permettra de retrouver un pouvoir d’achat perdu avec le décret qui a fixé leurs salaires en 2005.

Comment pourrait-on se passer d’elles ? Ces infirmières qui soignent sans relâche et qui multiplient le temps supplémentaire obligé. Ces agentes qui, avec patience et courtoisie desservent une population parfois excédée des difficultés bureaucratiques. Ces enseignantes qui aiment et dorlotent nos enfants. Ces intervenantes jeunesse à qui l’on demande de porter un jugement éclairé sur les difficultés de nos ados. Ces préposées qui bichonnent nos vieux parents et sont parfois les seules à leur sourire. Peut-on imaginer une société fonctionnelle sans les travailleuses des services publics ?

Pourtant, lorsqu’il est question de les payer convenablement, tous les gouvernements que l’on a connus à Québec renâclent. Des chroniqueurs et éditorialistes s’inquiètent de la santé des finances publiques et prient les travailleuses syndiquées de présenter des demandes salariales modestes. Parmi ces bien-pensants de la santé de nos finances publiques, il se trouve des gens qui sur d’autres questions nous répètent qu’au Québec, les femmes et les hommes sont égaux et que cela n’est pas négociable. Fort bien. Mais alors, comment tolérer des écarts salariaux criants entre infirmières et policiers, entre intervenantes sociales et ingénieurs, entre techniciennes de laboratoire et conducteurs de locomotives ? Pourquoi les métiers historiquement masculins demeurent-ils souvent mieux payés que les métiers dits « féminins » malgré l’existence depuis plus de 10 ans d’une loi sur l’équité salariale ? Serait-ce qu’au fond, la société considère qu’il est normal que des milliers de femmes sous-payées, souvent précaires, aux horaires insoutenables, s’occupent des personnes vulnérables puisque tel est leur rôle « naturel » ?

Il y a à peine quelques années, on appelait celles qui s’occupent gratuitement et à temps plein d’une personne en perte d’autonomie, des aidantes « naturelles ». Dans 85% des cas, il s’agissait de femmes. Le vocabulaire a changé -on dit maintenant proches aidantes- mais la réalité demeure la même : la société, les patrons, les gouvernements ont de la difficulté à considérer que le travail des femmes mérite son juste prix.

En ce 8 mars 2010, Québec solidaire veut rappeler au gouvernement Charest que les employées des services publics méritent mieux qu’une tape sur l’épaule : une convention collective juste et équitable pour elles et pour leurs collègues masculins. Où trouver l’argent ? Certainement pas dans la poche de la classe moyenne et des travailleurs et travailleuses au salaire minimum. La campagne couragepolitique.org propose plutôt d’autres avenues : des redevances pour les minières, moins d’aide de l’État aux grandes entreprises, un palier additionnel d’imposition pour les très hauts revenus. L’égalité est à ce prix.

Françoise David, présidente et porte-parole, QS
Émilie Guimond-Bélanger, responsable commission nationale des femmes, QS