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Avec Amir Khadir : Au quotidien… d’un député solidaire

mardi 10 mars 2009, par Pierre Mouterde

Pierre Mouterde livrait la semaine dernière dans "Presse-toi à gauche" le premier d’une série d’articles sur le travail au quotidien du premier député de Québec solidaire. À suivre toutes les semaines... ou toutes les deux semaines.

Avec Amir Khadir : Au quotidien… d’un député solidaire


Tiré de Presse-toi à gauche
mardi 24 février 2009, par Pierre Mouterde


Pierre Mouterde nous livre cette semaine le premier d’une série d’articles sur le travail au quotidien du premier député de Québec solidaire. À suivre toutes les semaines... ou toutes les deux semaines.

Mercredi 11 février 2009. Il fait grand froid devant le Parlement de Québec, et pour recevoir la caravane de jeunes cyclistes venus des quatre coins du Québec, il ne se trouve que la ministre de l’Environnement Line Beauchamp, Stéphane Bergeron, critique en matière d’environnement du P.Q., et le tout nouveau député de Québec solidaire, Amir Khadir.

La neige est là partout : au loin sur les montagnes, alentour sur les fortifications, tout près sur les trottoirs et les bas côtés de l’avenue et jusque sur les allées menant en pente douce à l’hôtel du Parlement. Chaudement vêtus, couverts de dossards aux couleurs fluorescentes, ils sont pas loin de 80… et ils avancent sur le goudron mouillé en peloton…sifflant et criant leur joie d’être enfin arrivés, eux qui ont bravé à bicyclette les rigueurs de l’hiver sur près de 300 km.

C’est Environnement Jeunesse –un organisme à but non lucratif menant ses activités dans le domaine de l’éducation relative à l’environnement— qui a organisé cet événement Avant que ça déraille !, souhaitant attirer l’attention du grand public sur les défis écologiques auxquels le Québec est aujourd’hui confronté. En plus de publiciser quelques gestes très simples permettant de réduire l’utilisation de l’automobile au quotidien, tous ces cyclistes sont venus présenter aux autorités du Parlement une série de propositions précises pour encourager l’usage du vélo (réduction d’impôts à l’achat de bicyclettes, aménagement de pistes cyclables, etc)

La ministre de l’Environnement, Line Beauchamp, y va bien sûr de son petit laïus, et en bonne politicienne qui sait toute l’importance des question environnementales, elle en met et en remet. Mais sans échapper à la condescendance et au double discours de la « langue de bois » politicienne. Remerciant son jeune auditoire, elle s’engage à porter les revendications d’Environnement Jeunesse, en se gardant cependant de prendre le moindre engagement précis en la matière : « Il y a beaucoup de solutions concrètes qui vont interpeller des partenaires qui je crois sont très sensibles à votre discours de même que le monde municipal et ça aussi, je m’engage à transporter vos recommandations. Il faut que ça devienne des projets, il faut que ça devienne des réalités, mais ça se travaille aussi avec le monde municipal ». S’ensuivent des applaudissements polis qu’on réserve aussi à Stéphane Bergeron qui dans son sillage avait entonné un peu le même genre de couplet : merci les jeunes.. pour ce que vous faites, etc., etc.

Puis c’est le tour d’Amir Khadir… et le voilà qui avec passion change aussitôt de perspective… Bien sûr il félicitera les jeunes pour leur geste exemplaire, mais sans paternalisme aucun, en le situant dans son contexte politique et en faisant apparaître les puissants intérêts se trouvant en arrière plan qui s’y opposent de toutes leurs forces : la réponse à vos revendications ne sera pas facile à trouver car elle se heurte « au lobby du pétrole, à celui de l’automobile et du béton » (…) « c’est cela qu’il faut combattre si l’on veut changer les choses et se doter de politiques favorisant des gestes socialement responsables (…) mais par votre action vous aidez déjà au travail de Québec solidaire ».

D’énergiques applaudissements et un déluge de cris rebondissent sur les façades du Parlement : « Amir, Amir, Amir », au point que ce dernier en est tout étonné. Comme si –au-delà de ces quelques mots pourtant si simples—chacun réalisait comment la bataille pour l’écologie nécessitait plus que de vagues promesses lénifiantes, et plus encore appelait à un « parler vrai » qui n’hésiterait pas –loin de toute rectitude politique— à pointer du doigt les conditions sociopolitiques indispensables à un changement de paradigme environnemental. Et n’est-ce pas le rôle d’un député solidaire de s’y employer envers et contre tout ?