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Caravane de solidarité avec la population de Sidi Ifni

dimanche 28 décembre 2008

Le 7 juin 2008, 4 000 policiers réprimaient la population de Sidi Ifni (au sud d’Agadir), qui exigeait un travail et une vie décente. En coordination avec plusieurs organisations de droits humains et d’autres associations militantes, une troisième caravane de solidarité a été organisée, le 30 novembre dernier.


Tiré de Rouge n° 2280, 25/12/2008


Le 7 juin 2008, 4 000 policiers réprimaient la population de Sidi Ifni (au sud d’Agadir), qui exigeait un travail et une vie décente. En coordination avec plusieurs organisations de droits humains et d’autres associations militantes, une troisième caravane de solidarité a été organisée, le 30 novembre dernier.

La troisième caravane de solidarité avec la population de Sidi Ifni comprenait un car de Casablanca-Rabat-Marrakech, et un autre de la ville d’Agadir et de sa région, ainsi que plusieurs voitures de plusieurs villes (Safi, Guelmim, Tata…) actuellement en lutte (élèves, diplômés chômeurs…). La population de Sidi Ifni a participé à la caravane, en manifestant du quartier Colomnia au quartier Boulaalem, malgré les tentatives des représentants du pouvoir et de leurs alliés locaux pour dissuader la population de l’intérêt de continuer à lutter sur le terrain et à exprimer sa solidarité avec les détenus politiques à travers les grèves, les manifestations et les affrontements avec les forces de répression.

Les partis de la gauche traditionnelle et les directions syndicales ne se sont pas mobilisés pour se solidariser avec la population de Sidi Ifni-Aït Baamrane et ses détenus.Ce qui démontre encore une fois leur manque de volonté d’agir et de résister aux attaques dont font l’objet les travailleurs.

La participation à la caravane pouvait être plus importante, mais les organisateurs ont seulement voulu en faire une action symbolique. Ce type d’actions « symboliques », prôné par certaines organisations – se fondant sur la « pression » orale, les manifestations entre quatre murs, la presse, les communiqués et les rapports –, a un intérêt très limité pour la population en lutte. Le rapport de force dans les luttes sociales ne peut basculer que par la construction d’une force militante capable d’imposer des défaites aux classes dominantes.

L’autre visage de la caravane de solidarité, le meilleur, ce sont ces groupes de jeunes, filles et garçons, dont la majorité est étudiante et diplômée au chômage. Motivés, ils et elles croient en la victoire de la population de Sidi Ifni et en l’explosion des luttes populaires dans tout le pays. Cette génération est en train de recevoir ses premières leçons de militantisme, de lutte, en défiant la répression et en luttant dans la rue contre un pouvoir politique obscurantiste et répressif, et contre un système social qui prive la majorité de la population des droits élémentaires.

Les événements de Sidi Ifni, depuis 2005, ainsi que ceux d’autres villes (Tata, Bouarfa, Sefrou, Tamassint…) sont le reflet d’une dynamique sociale qui constitue les prémices d’un changement qualitatif, lequel aura un effet certain sur l’avenir du Maroc. Une nouvelle force, jeune et dynamique, s’est constituée. Elle lutte contre les politiques de la bourgeoisie. Sidi Ifni constitue un exemple de la vraie lutte populaire, seul moyen pour un vrai changement, et cet exemple est une vraie victoire. ■

De nos correspondants au Maroc


Répression à Agdez

Vendredi 12 décembre, en pleine nuit, les forces de répression ont arrêté cinq étudiants à Agdez (300 kilomètres à l’est d’Agadir). Ces arrestations font suite aux manifestations de la veille, portant sur les conditions de transport des étudiants aux villes universitaires et la généralisation de l’attribution des bourses. Les étudiants ont manifesté dans la ville et ils ont occupé la route pendant près de six heures, avec le soutien de la population et, à leur tête, les militants syndicalistes, les diplômés chômeurs et les ouvriers de la mine.

En usant de la répression, le pouvoir veut mettre fin au mouvement de contestation contre la misère et la dégradation de l’enseignement universitaire. En réalité, il craint l’extension du mouvement, dans un contexte social général de contestation face à l’augmentation du coût de la vie, au chômage et au chômage déguisé, à l’exploitation et aux atteintes aux libertés.

Le front constitué par les jeunes pour un enseignement supérieur gratuit et de qualité fait partie du mouvement de résistance à ces politiques impopulaires. Toutes les forces militantes doivent le soutenir. ■

Correspondant