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Chine : nouvel appel urgent à la solidarité avec les travailleurs de la multinationale GoldPeak

mercredi 3 mars 2010


Tiré du site ’’Peuples solidaires’’
http://www.peuples-solidaires.org/318-goldpeak-suite-et-relance/
25 février 2010


Depuis 2006, Peuples Solidaires se mobilise pour faire entendre la voix des ouvriers chinois qui fabriquent des piles et des batteries pour la multinationale asiatique Gold Peak (cf. Appels Urgents n°299 et n°318 reproduit ci-dessous). A ce jour, des centaines d’ouvriers continuent à réclamer réparation du préjudice qu’ils ont subi suite à leur intoxication au cadmium, métal particulièrement nocif pour la santé. Or de nouvelles violations des droits des travailleurs de Gold Peak nous sont rapportées.

D’après des informations récentes reçues de notre partenaire chinois Globalization Monitor (GM) [1], un ouvrier de l’usine Power Pack, filiale de Gold Peak située à Huizhou, a été violenté et blessé par des agents de sécurité de l’usine pour avoir tenté de négocier une amélioration des conditions salariales et trois autres grévistes de l’usine ont été licenciés pour avoir été interpellés par la police.

Réprimés pour avoir réclamé de meilleures conditions de travail

En décembre 2009, près d’un millier d’ouvriers mécontents des bas salaires et de la perte injustifiée de leurs « avantages » sociaux se mettent en grève pour réclamer l’amélioration de leurs conditions de travail. Face au rejet par la direction de toute négociation, trois ouvriers se rendent dans le bureau du directeur des ressources humaines pour tenter de trouver une solution au conflit. Mais au lieu d’accepter la discussion proposée, ce dernier fait intervenir les agents de sécurité de l’établissement qui violentent et blessent l’un des ouvriers.

Le lendemain, face au refus persistant de la direction de négocier avec les grévistes, ces derniers ont décidé de bloquer l’entrée de l’usine et la rue principale y permettant l’accès. Quelques jours plus tard, quatre d’entre eux étaient convoqués par la police et interrogés. Pour le simple fait d’avoir été entendus par la police, la direction de Power Pack décide ensuite de les licencier. Parmi eux, Mme Wang, une ouvrière de 45 ans employée à l’usine depuis 15 ans et souffrant d’insuffisance rénale en raison d’une intoxication au cadmium. Finalement, la direction de l’usine a concédé une augmentation de un yuan (soit 0,11 cts d’€) au salaire journalier des ouvriers de Power Pack qui s’élevait alors à 33 yuans (soit 3,5 €) par jour. Une augmentation largement insuffisante selon les travailleurs, qui réclament un salaire journalier de 40 yuans.

Goldpeak accumule les violations !

Dans notre Appel Urgent n°299 (octobre 2006) intitulé « Chine : ouvriers intoxiqués au cadmium » [Voir ci-dessous , nous dénoncions déjà le comportement de la multinationale asiatique Gold Peak, l’un des plus grands fabricants au monde de piles et batteries. Non seulement la firme a négligé pendant des années la santé de ses ouvriers en les exposant, sans protection adéquate, au cadmium, un produit extrêmement toxique provoquant notamment de graves problèmes rénaux, mais elle refusait de reconnaître sa responsabilité dans cette affaire et d’indemniser les travailleurs malades. En juin 2008, face à la passivité de l’entreprise, nous lancions un second Appel Urgent à destination de Gold Peak (cf. ci-dessous l’Appel Urgent n°318 intitulé « Gold Peak continue à se décharger »).

Grâce à la pression exercée par ces campagnes successives et au travail mené localement par l’ONG Globalization Monitor, 19 ouvriers intoxiqués ont entamé des poursuites contre Gold Peak et huit ont obtenu la condamnation de la firme à leur verser une indemnisation pour le préjudice subi. D’autres ont également obtenu des indemnisations suite à un règlement à l‘amiable. Mais Gold Peak refuse désormais tout nouveau règlement de ce type et exige des plaignants qu’ils déposent des plaintes en justice s’ils veulent obtenir une indemnisation. Or ces procédures sont longues et coûteuses et la multinationale sait qu’elles dissuadent nombre de victimes de porter plainte.

Ne laissons pas Gold Peak continuer à violer les droits de ses ouvriers en toute impunité.

Soutenez les travailleurs de Power Pack et écrivez à Gold Peak pour demander :
le respect des droits de vos travailleurs et l’amélioration des conditions de travail dans la filiale de Power Pack ;
que Power Pack engage des négociations avec ses travailleurs et leurs représentants ;
la réintègration ou l’indemnisation de Mme Wang Fengping et des trois autres travailleurs licenciés ;
que Power Pack se penche sur les violences exercées contre les travailleurs grévistes par ses agents de sécurité en décembre 2009.


CHINE - GOLD PEAK CONTINUE A SE DECHARGER Appel urgent n° 318 ( du 5 juin au 1er août 2008)

Gold Peak Industries est une société multinationale basée à Hong-Kong, productrice de piles et batteries qu’elle exporte partout dans le monde. Pourtant, cette compagnie florissante est accusée d’avoir violé les règles de sécurité fondamentales du travail et d’avoir négligé la santé de ses travailleurs. Près de 400 ouvriers chinois ont en effet été pendant plusieurs années exposés sans protection adéquate à un produit extrêmement toxique, le cadmium, utilisé dans la fabrication des piles et batteries fabriquées par Gold Peak, sans même avoir été informés des risques qu’ils couraient. Malgré la forte mobilisation des anciens ouvriers des usines de Gold Peak, soutenue par plusieurs organisations de défense des droits des travailleurs de Hong Kong, la direction de Gold Peak refuse toujours d’indemniser les ouvriers intoxiqués et d’engager des négociations sérieuses avec les travailleurs.

En décembre 2003, les travailleurs des usines Gold Peak de Shenzen et Huizhou découvrent qu’ils ont été intoxiqués au cadmium, une substance toxique utilisée dans les ateliers de production. La manipulation de ce métal sans protection peut en effet provoquer de graves problèmes de santé, notamment des troubles rénaux, pulmonaires et osseux ou encore des cancers. Malgré les nombreuses plaintes des ouvriers, la direction refuse de leur faire passer des examens médicaux. Elle cède finalement, après trois jours de grève. Les résultats des tests sanguins sont préoccupants : 10 ouvriers sont intoxiqués et 400 présentent des taux excessifs de cadmium.

En 2004, Gold Peak cherche à gagner du temps pour se débarrasser du problème. Elle négocie des promesses d’indemnisation contre des démissions et finit par refuser de tenir ses promesses vis-à-vis des ouvriers contaminés et des ouvrières intoxiquées pendant leur grossesse.

A Hong-Kong, plusieurs organisations de défense des droits se mobilisent. En août 2005, voyant que la pression ne faiblit pas, Gold Peak finit par décider de mettre en place un fonds destiné à fournir une assistance financière aux ouvriers intoxiqués, mais celui-ci s’avère largement insuffisant. 244 anciens travailleurs de l’usine dénoncent alors les pratiques illégales de l’entreprise, et se battent pour obtenir leur indemnisation.

Degré zéro de la négociation

Pour la direction de Gold Peak, tous les moyens sont bons pour faire taire la contestation qui monte au sein de l’entreprise comme à l’extérieur. Ainsi, les examens médicaux imposés par la loi, sont organisés dans des conditions qui dissuadent les ouvriers d’y participer tant leur mise en scène est humiliante.

En juin 2006, trois organisations de défense des droits des travailleurs, Globalization Monitor, la Hong Kong Confederation of Trade Unions et le Centre de services pour le voisinage et les travailleurs, sont citées à comparaître devant la Cour suprême de la Région administrative spéciale de Hong Kong, par l’entreprise Gold Peak qui les accuse de diffamation, en raison de la diffusion d’une carte postale de dénonciation destinée à la sensibilisation du public. En octobre 2007, une campagne internationale de solidarité est lancée. En France, Peuples Solidaires diffuse un Appel urgent [2]. Les nombreuses lettres reçues par le directeur exécutif de Gold Peak le poussent à répondre à ceux qui avaient participé à cette campagne. Dans sa lettre, l’entreprise nie les faits dont on l’accuse, et prétend avoir géré “l’ incident” du cadmium conformément à la loi chinoise.

A l’occasion de la journée internationale de la femme, en mars 2007, deux ex-ouvrières intoxiquées et May Wong, responsable de Globalization Monitor sont de passage à Paris, à l’invitation de Peuples Solidaires. Elles rencontrent trois confédérations syndicales françaises (CFDT, CGT et FO) et la Confédération syndicale internationale (CSI) qui s’engagent à soutenir la campagne contre la multinationale.

La Journée mondiale de commémoration des travailleurs morts ou blessés au travail, le 28 avril 2007 est un moment fort pour Globalization Monitor qui mène des activités de sensibilisation et poursuit son action de solidarité car les problèmes persistent. Le 28 avril 2008, l’action est relancée : les syndicats de Hong-Kong demandent aux multinationales d’éliminer progressivement l’utilisation des piles nickel-cadmium [3].

Des revendications inchangées

Récemment, cinq ouvrières, probablement déjà intoxiquées, ont contracté des maladies des reins. L’une d’elles a découvert que la direction de Gold Peak savait qu’elle était contaminée depuis 2004, mais le lui avait caché.

Les demandes adressées à Gold Peak sont toujours les mêmes, notamment la réintégration des 250 ex-salariés de Gold Peak floués par la direction de l’usine, alors qu’ils avaient contracté des maladies professionnelles. Déjà, deux ex-salariées ont entamé une procédure en justice et ont eu gain de cause. L’une d’elles a pu reprendre le travail en janvier 2008 mais est victime de discrimination et les tâches les plus dures lui sont attribuées. Les autres revendications concernent les examens de santé. Ainsi, les travailleurs qui ont fait refaire des tests à leurs frais, à l’extérieur de l’entreprise, se sont aperçus que leurs résultats étaient différents. Pour l’entreprise, on est bizarrement passé de 400 cas d’empoisonnement en 2004, à 210 seulement aujourd’hui. En outre, depuis mai 2007, alors que 31 enfants de travailleurs exposés au cadmium devaient être examinés, seuls 4 l’ont été.

Pendant ce temps, Gold Peak continue de mettre en danger la santé des travailleurs, en faisant fabriquer ses piles au cadmium par une usine sous-traitante dans le Sud de la Chine (Hunan). Malgré les difficultés, la mobilisation sur place ne faiblit pas et les ouvriers de Gold Peak comptent sur notre soutien pour faire aboutir leurs demandes.

POUR EN SAVOIR PLUS

Les actions complémentaires entreprises par Peuples Solidaires sur cette affaire Nous avons rencontré la CIPA, l’entreprise qui distribue les produits GP en France. Le dirigeant de la société, a promis de faire part de nos préoccupations concernant notamment l’indemnisation des ouvriers intoxiqués et de demander des comptes à la direction internationale de GP à Hong Kong. En outre, lors de leur passage en France (pris en charge par notre Caisse de Solidarité), les ouvrières ont également eu l’occasion de s’entretenir avec un chercheur français spécialisé dans les maladies professionnelles qui a confirmé l’insécurité des conditions de travail qui leur ont été imposées.

La Coalition de syndicats et d’ONG de Hong Kong sur l’incident du cadmium Gold Peak

Elle regroupe plusieurs organisations, notamment : Asia Monitor Resource Centre, l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), Hong Kong Liaison Office for the International Trade Union Movement, Justice and Peace Commission of the HK Catholic Diocese, Students and Scholars Against Corporate Misbehaviour, China Labour Bulletin, China Labour Action, Ziteng...

Sur la toile

Le site de l’organisation Global Monitor (en anglais) est : http://globalmon.org.hk

ECRIVEZ !

Par lettre : téléchargez les modèles de lettres au bas de cette page ou recopiez-les en les adaptant à votre style. Envoyez-les aux destinataires, sans oublier d’inscrire vos coordonnées et de signer. Timbre : 0,85 € pour la lettre de protestation.

Par e-mail : Envoyez une lettre de protestation à Victor Lo, le PDG de Gold Peak et une lettre de soutien à Globalization Monitor en cliquant ICI !

LETTRE DE PROTESTATION

Mr. Victor Lo,
Gold Peak Industries (Holdings) Limited
Gold Peak Building,
8/F, 30 Kwai Wing Road,
Kwai Chung, New Territories,
Hong Kong
CHINA

Dear Mr. Lo Chung Wing,

I have been informed by Peuples Solidaires of the social conflict which opposes Gold Peak to its ex- employees, in respect of a case of cadmium intoxication in workers and your subsequent refusal to provide the intoxicated workers with decent compensation. I am extremely preoccupied with your employees and ex-employees situation and urge you to :
immediately provide the affected workers with fair and decent compensation ;
stop threatening its workers and apologise for any harassment, injustice and discrimination directed at them.
undertake to effect genuine negotiations with the workers involved.

Sincerely yours,

LETTRE DE SOUTIEN

Globalization Monitor
P.O. Box 72729
Kowloon Central Post Office
Hong Kong
CHINA

Dear friends of Globalization Monitor,

I have been informed by Peuples Solidaires of the social conflict that opposes you to Gold Peak, in respect of the cadmium intoxication in workers. I support your action and sent a letter to the CEO of Gold Peak Industries, Mr. Lo Chung Wing, requesting that he takes immediate action to implement your demands.

With warm regards,

Traduction de la lettre de protestation :

Cher Monsieur Lo Chung Wing,

J’ai été informé(e) par Peuples Solidaires du conflit social qui oppose Gold Peak à d’anciens employés, relatif à l’intoxication au cadmium de certains ouvriers et votre refus subséquent d’indemniser convenablement les travailleurs intoxiqués. Je suis extrêmement préoccupé(e) par la situation de vos employés et anciens employés, et vous exhorte à :
verser des indemnités justes et décentes aux ouvriers intoxiqués immédiatement ;
mettre un terme aux menaces contre les ouvriers et vous excuser pour le harcèlement, les injustices et les discriminations à leur encontre ;
engager des négociations sérieuses avec les ouvriers. _ (Salutations)

Traduction du message de soutien :

Chers amis de Globalization Monitor,

J’ai été informé(e) par Peuples Solidaires du conflit social qui vous oppose à Gold Peak, relativement à l’affaire d’intoxication au cadmium de certains ouvriers. Je soutiens votre action et ai envoyé une lettre au PDG de Gold Peak, l’exhortant à répondre immédiatement à vos demandes.

(Salutations)


CHINE - OUVRIERS INTOXIQUÉS AU CADMIUM Appel urgent n° 299 (du 5 octobre au 5 décembre 2006)

Gold Peak Industries (Holdings) Limited est une société multinationale asiatique basée à Hong Kong. Elle fabrique notamment dans ses usines des piles et des batteries pour jouets, ordinateurs portables ou encore appareils photos, qu’elle exporte massivement partout dans le monde, y compris en France. Avec un chiffre d’affaires de plus de 740 millions d’euros pour cette année, elle est l’une des plus grandes productrices et exportatrices de ce type de produits au monde. Pourtant, cette compagnie florissante est accusée d’avoir violé les règles de sécurité fondamentales du travail et d’avoir négligé la santé de ses travailleurs. Près de 400 ouvriers chinois ont en effet été pendant plusieurs années exposés sans protection adéquate à un produit extrêmement toxique, le cadmium, utilisé dans la fabrication des piles et batteries fabriquées par Gold Peak, sans même avoir été informés des risques qu’ils couraient. Malgré la forte mobilisation des anciens ouvriers des usines de Gold Peak, soutenue par plusieurs organisations de défense des droits des travailleurs de Hong Kong, la direction de Gold Peak refuse toujours d’indemniser les ouvriers intoxiqués et d’engager des négociations sérieuses avec les travailleurs.

C’est en décembre 2003 que les ouvriers des usines implantées à Shenzen et à Huizhou, dans la province du Guangdong, découvrent qu’ils ont été intoxiqués au cadmium. La manipulation de ce métal sans protection appropriée peut en effet provoquer des problèmes de santé allant de simples nausées, étourdissements ou douleurs à, en cas de fortes concentrations, de sérieux dommages rénaux, pulmonaires ou encore osseux, voire des cancers. Qui plus est, le cadmium, une fois absorbé, n’est évacué par le corps qu’en 10 à 30 ans. Face à ces révélations, les ouvriers des usines Gold Peak réclament à la direction de l’entreprise qu’elle leur fasse passer des examens médicaux, mais celle-ci refuse. Au terme d’une grève de trois jours, la direction finit par accepter cette demande, conformément d’ailleurs à ce qu’exige la législation chinoise. Les résultats des tests sanguins révèlent l’empoisonnement de dix ouvriers, tandis que 400 autres présentent des taux excessifs de cadmium.

Des demandes d’indemnisation non satisfaites

Au début de l’année 2004, les ouvriers intoxiqués commencent à réclamer des indemnisations, afin de pourvoir notamment aux frais médicaux élevés liés à leur traitement. Face à l’ampleur de la crise, les dirigeants des usines Gold Peak proposent aux ouvriers intoxiqués le versement d’indemnités, à la condition que ceux-ci quittent leur emploi et renoncent à toute action en justice. Beaucoup acceptent, essentiellement par crainte des conséquences néfastes du cadmium sur leur santé s’ils restaient dans l’entreprise. Toutefois, l’entreprise ne tient pas ses promesses, et refuse finalement d’indemniser convenablement ses anciens employés. Ceux-ci se retrouvent alors sans recours face à la direction de Gold Peak qui fait la sourde oreille. En outre, l’entreprise refuse de payer pour le traitement médical des enfants d’ouvrières ayant été intoxiqués pendant la grossesse de leurs mères. En septembre 2004, suite à un regain de la mobilisation, les ouvriers mobilisés cherchent à présenter leurs plaintes aux autorités pékinoises. Ils se voient alors menacés par la direction de Gold Peak, soutenue par des autorités officielles du Gouvernement, de poursuites pénales. En août 2005, voyant que la mobilisation ne faiblit pas, Gold Peak finit par annoncer la mise en place d’un fonds destiné à fournir une assistance financière aux ouvriers intoxiqués. Toutefois, ce fonds s’avère largement insuffisant et de graves lacunes dans sa gestion finissent par le rendre inadapté. En effet, aux dires de l’entreprise elle-même, seuls 4% des 400 ouvriers intoxiqués ont bénéficié d’une aide. Ceci s’explique en grande partie par le fait que l’entreprise n’a pas informé convenablement les ouvriers concernés de la marche à suivre pour en bénéficier. 244 anciens travailleurs des usines Gold Peak sont aujourd’hui engagés dans une lutte pour réclamer leur indemnisation. Ils dénoncent les pratiques illégales et irresponsables de la direction de l’entreprise.

Intimidations et humiliations

Face aux réclamations de ses anciens employés, Gold Peak refuse toujours de négocier, préférant se livrer à des manœuvres d’intimidation et d’humiliation pour tenter de faire taire les protestataires. Par exemple, afin de dissuader les ouvriers de participer à l’examen médical annuel que la loi oblige l’entreprise à financer, il est exigé des ouvriers pendant la consultation, qu’ils se dévêtissent entièrement, qu’ils fournissent des échantillons d’urine ou encore qu’ils prennent une douche, en la présence et sous la supervision du personnel médical. Cette pratique est dénoncée par les ouvriers qui la considèrent comme humiliante et qui réclament qu’il y soit mis un terme immédiat. Dernier exemple en date, en juin 2006, trois organisations de défense des droits des travailleurs, Globalization Monitor, la Hong Kong Confederation of Trade Unions et le Centre de services pour le voisinage et les travailleurs, ont été citées à comparaître devant la Cour suprême de la Région administrative spéciale de Hong Kong, par l’entreprise Gold Peak qui les accuse de diffamation, en raison de la diffusion d’une carte postale de dénonciation destinée à la sensibilisation du public.

POUR EN SAVOIR PLUS

Peuples Solidaires en mission à Hong Kong :
Peuples Solidaires a réalisé en juin dernier une mission de cinq jours à Hong Kong qui lui a permis de rencontrer les organisations qui travaillent sur les questions de droits de l’Homme au travail en Chine. La mission a ainsi pu échanger avec des organisations telles que Asia Monitor Resource Centre ou Globalization Monitor qui sont à l’origine de cet appel.

La Coalition de syndicats et d’ONG de Hong Kong sur l’incident du cadmium Gold Peak :
Elle regroupe plusieurs organisations, notamment : Asia Monitor Resource Centre, l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), Hong Kong Liaison Office for the International Trade Union Movement, Justice and Peace Commission of the HK Catholic Diocese, Students and Scholars Against Corporate Misbehaviour, China Labour Bulletin, China Labour Action, Ziteng.

Sur la toile :
Le site de l’organisation Global Monitor (en anglais) est : http://globalmon.org.hk
Pour des informations plus générales sur la situation des travailleurs en Asie, voir le site de l’organisation Asia Monitor Resource Centre (AMRC) (en anglais) : http://www.amrc.org.hk/

ÉCRIVEZ !
Par courrier électronique : gp@goldpeak.com
Par lettre : vous pouvez copier le modèle de lettre ci-dessous ou le télécharger (pièce jointe en bas de cette page). N’oubliez pas de mettre vos coordonnées et de signer ! Timbre : 0,85 € .
Par télécopie : 00 852 2489 1879
Important ! Coupon partenaire : pour donner à Globalization Monitor un aperçu de votre solidarité, envoyez-lui le message de soutien. Délai de réaction : dès réception, et jusqu’au 5 décembre 2006.

TEXTE DE LA LETTRE

Mr. Lo Chung Wing
CEO - Gold Peak Industries (Holdings) Limited
Gold Peak Building, 8/F, 30 Kwai Wing Road
Kwai Chung
New Territories, Hong Kong
CHINA

Dear Mr. Lo Chung Wing,

I have been informed by Réseau-Solidarité of the social conflict which opposes Gold Peak to its ex- employees, in respect of a case of cadmium intoxication in workers and your subsequent refusal to provide the intoxicated workers with decent compensation.

I am extremely preoccupied with your employees and ex-employees situation and urge you to :

immediately provide the affected workers with fair and decent compensation ;
stop the humiliating body-checks and provide recognized and professional medical check- ups to your workers ;
stop threatening its workers and apologise for any harassment, injustice and discrimination directed at them. You should undertake to effect genuine negotiations with the workers involved ;
withdraw your legal action against the three Hong Kong groups.

Sincerely yours,

Signature :

Message de soutien à Globalization Monitor :

Globalization Monitor
P.O. Box 72729
Kowloon Central Post Office
Hong Kong
CHINA

Dear friends of Globalization Monitor,

I have been informed of the social conflict that opposes you to Gold Peak, in respect of the cadmium intoxication in workers.

I support your action and sent a letter to the CEO of Gold Peak Industries, Mr. Lo Chung Wing, requesting that he takes immediate action to implement your demands.

With warm regards,

Signature :

TRADUCTIONS

Traduction de la lettre :

Cher Monsieur Lo Chung Wing,

J’ai été informé(e) par Réseau-Solidarité du conflit social qui oppose Gold Peak à d’anciens employés, relatif à l’intoxication au cadmium de certains ouvriers et votre refus subséquent d’indemniser convenablement les travailleurs intoxiqués.

Je suis extrêmement préoccupé(e) par la situation de vos employés et ancien employés, et vous exhorte à :
accorder immédiatement une indemnisation juste et convenable aux travailleurs atteints/intoxiqués ; - mettre un terme aux examens médicaux humiliants et offrir une consultation professionnelle et reconnue à vos ouvriers ;
mettre un terme aux menaces contre les ouvriers et vous excuser pour le harcèlement, les injustices et les discriminations à leur encontre et à engager des négociations sérieuses avec les ouvriers ;
retirer votre plainte à l’égard des trois groupes de Hong-Kong.

(Salutations)

Traduction du message de solidarité :

Chers amis de Globalization Monitor,

J’ai été informé(e) du conflit social qui vous oppose à Gold Peak, relativement à l’affaire d’intoxication au cadmium de certains ouvriers.

Je soutiens votre action et ai envoyé une lettre au PDG de Gold Peak, l’exhortant à répondre immédiatement à vos demandes.

(Salutations)


Peuples solidaires
Notes[1] http://www.globalmon.org.hk/en/

[2] Appel n°299 du 5 ocobre 2006 / Chine : ouvriers intoxiqués au Cadmium. Reproduite ici

[3] Deux grands sociétés (Toys “R” Us et Mattel) se sont engagées dans cette voie en février 2008