La Gauche

Accueil > Gauche socialiste > conférences nationales > Conjoncture politique au Québec et perspectives d’action

Conjoncture politique au Québec et perspectives d’action

vendredi 26 novembre 2010, par Gauche socialiste

Octobre 2010.

A. La délégitimation du politique et la crise des partis

1. PLQ a connu un recul important au niveau des intentions de vote. Le budget Bachand qui attaquait les services à la population et son refus de mettre en marche une commission d’enquête sur la corruption dans l’industrie de la construction, la farce de la commission Bastarache, tout cela a développé un rejet important de la population du parti au pouvoir. Selon les sondages le PLQ est réduit à ses bastions traditionnels (Ouest de l’ile de Montréal, Outaouais, Estrie). Une majorité de la population souhaite même le départ du premier ministre. Scandale dans les garderies (le PLQ attribue des places en garderie à l’exécutif du PLQ du comté du ministre, démission d’un ministre - scandales dans la construction - scandales dans le financement des partis politiques... La majorité de la population croit que la corruption est généralisée et que le gouvernement libéral est un gouvernement corrompu.

2. En fait, cette corruption apparente n’est que l’approfondissement de l’accaparement de la richesse sociale par une minorité privilégiée. Le renforcement de cet accaparement est le résultat d’une série de victoires de la classe dominante. Le PLQ - comme le Parti conservateur du Canada d’ailleurs, a réussi à imposer une fiscalité de plus en plus inéquitable - évasion fiscale, niches fiscales REER, paradis fiscaux... ; - taxes indirectes régressives - et cherche à continuer sur cette voie : contribution santé. On se rappellera le milliard reçu d’Ottawa que le gouvernement Charest a refusé d’investir dans les services publics et qu’il a distribué aux entreprises et au plus haut revenu sous forme de baisse d’impôt.

3. La dette publique du Québec découle de ces iniquités fiscales... et des aides à des acteurs qui ont été responsables des pertes importantes subies pour leurs activités spéculatives. Maintenant, cette dette publique dont la principale source est le refus du capital de payer son dû. -plus de la moitié des entreprises québécoises ne paient aucun impôt - devient le prétexte d’une offensive tout azimut contre les services publics. La privatisation touche autant le système d’éducation que le système de santé. Le gouvernement a laissé les pharmaceutiques hausser leur prix.

4. Le gouvernement libéral s’inscrit dans le maintien de vieux modèles de développement sans aucune préoccupation pour l’environnement. Les travaux d’infrastructures centrées sur le développement des autoroutes reproduisent le vieux modèle centré sur le transport automobile. Les choix énergétiques du Québec visent essentiellement à transformer le Québec en province canadienne au service des besoins énergétiques des États-Unis. Voilà la vocation continentale que le PLQ réserve au Québec. La tentative d’achat Hydro-Nouveau Brunswick) était une illustration de cette politique. Le soutien du PLQ au soutien de l’exploitation de l’uranium dans la région de Sept-Iles, la campagne de la ministre Normandeau en soutien au gaz de schiste, les perspectives de l’exploitation de Pétrole dans l’estuaire du St-Laurent. Tout cela indique le modèle de développement antiécologique dangereux que veut imposer le gouvernement Charest. Et ce n’est pas leur démagogie verte qui peut masquer les appétits irresponsables des amis affairistes de ce gouvernement. L’ADQ ne se distingue en rien de cette orientation, même s’il n’a pas le personnel politique pour la concrétiser. Le PQ dans les dernières années a démontré qu’il pourrait s’inscrire dans un tel projet. Mais comme parti d’opposition, il essaie de surfer sur les résistances populaires au modèle de développement antiécologique du gouvernement Charest. C’est pourquoi, il s’est associé au mouvement pour un moratoire et une enquête prolongée du Bape. Mais, le PQ en reste à des généralités sur les questions écologiques et il a affirmé qu’on peut développer les filières énergétiques fossiles en en toute sécurité. Ce qui va à l’encontre des exigences essentielles pour faire face au défi de la diminution des gaz de serre.

B. Tassement à droite du champ politique :

5. Contrer la nouvelle offensive des Lucides Legault, Facal, Bouchard et cie

Le ex-leaders de la droite péquiste renoncent maintenant à la souveraineté et veulent même s’allier à des fédéralistes pour offrir leur direction à la population du Québec. Nous faisons face à une nouvelle manœuvre des Lucides à laquelle il faudra s’opposer avec vigueur.

La nature du projet Legault Facal répond aux besoins de la bourgeoisie
Facal, Legault et cie prétendent résoudre les problèmes auxquels fait face le Québec, dans un cadre provincial, dans le cadre d’un système fédéraliste maintenu. Les politiques de ces néo-libéraux visent à répondre aux objectifs de la classe dominante : privatiser les services publics et en finir avec le rôle actuel du secteur public dans l’économie, faire du paiement de la dette une priorité et parvenir à marche forcée à l’établissement de l’équilibre budgétaire par la réduction des dépenses sociales et la généralisation de la tarification des services publics et de laminer les politiques environnementales qui nuisent à l’exploitation sans restrictions des énergies fossiles et de l’uranium et d’écraser les résistances populaires à ce niveau.

Ce qu’il manque pour eux, sur la scène politique, c’est un leadership politique qui ne craint pas
a) de remettre en question les acquis (tarification des services sociaux)
b) d’affronter les "corporatistes " (s’attaquer aux droits syndicaux)
c) de discréditer les écologistes de tout acabit qui s’échinent à dresser des obstacles au développement du Québec
d)de s’attaquer aux droits des jeunes et de dégeler les frais de scolarité
e) de refuser de lutter contre la pauvreté des femmes et d’en finir avec la mauvaise conscience féministe...
Un tel parti voudrait réunir tout le leadership politique québécois qui fait un tel constat des problèmes à régler au Québec. Pour réaliser une telle unité, autour des grands objectifs de la bourgeoisie, il faut réunir dans un seul parti des fédéralistes et des souverainistes, qui acceptent de remettre à plus tard la résolution de cette question et de construire un parti de droite conséquent. Et cela est pour François Legault et Joseph Facal d’autant plus facile qu’ils sont convaincus comme Lucien Bouchard que la souveraineté du Québec n’est pas réalisable dans un avenir prévisible.

Ce sont à ces objectifs que veulent répondre nos Lucides, version 2010. Et c’est bien ce même personnel politique qui s’apprête à faire un nouveau tour de piste qui se concrétisera à court terme par la publication d’une série de manifestes qui défendront une logique néolibérale.

6. Pourquoi les partis existants ne sont-ils pas capables de répondre à ce projet ?

Si le PLQ, le PQ et l’ADQ se situent au centre droit de l’échiquier politique, ces partis ne semblent pas capables de mener le projet de la classe dominante à son terme.

Le PLQ est discrédité et ravagé par les scandales. Les médias peuvent difficilement le soutenir trop ouvertement sans se discréditer eux-mêmes. De nouveaux scandales peuvent éclater à tout moment et le déconsidérer encore davantage. Déjà plus de 50% de la population souhaite le départ de Jean Charest. Le principal parti fédéraliste est crise ! C’est en jouant la carte de cette crise du PLQ que Legault et Facal pensent attirer des fédéralistes autour de leur projet d’un parti politique.

Pour Legault et Facal, le PQ, à cause de la faiblesse de la direction de Pauline Marois, ne peut parvenir à tasser véritablement la souveraineté du décor et à résister aux pressions différentes syndicales et écologistes. La défense par le PQ de la demande d’un moratoire sur les gaz de schiste est révélatrice à cet égard. Le PQ conserve des liens avec le mouvement syndical et des mouvements sociaux et ces liens pourraient constituer, pour la classe dominante, un obstacle à sa détermination de mener jusqu’au bout la tâche d’imposer l’ensemble de ces objectifs aux classes populaires.

L’ADQ s’est avéré incapable d’attirer un personnel politique sérieux et il continuera de végéter. D’ailleurs, il voit dans l’adhésion à un tel projet sa planche de salut.

7. Le rôle des médias pour mousser leur projet

Les mass media, aux mains des grands capitalistes, se sont empressés de soutenir l’initiative des Legault, Facal et cie. Les rumeurs de transformation du champ politique moussées par les grands médias illustrent bien les exigences actuelles de la classe dominante. Dans un récent sondage, ils ont voulu démontrer qu’une minorité significative (environ 30 %) voterait pour un tel parti, alors que ce parti a une réalité tout à fait hypothétique et qu’ils ont tout fait pour l’identifier à un changement positif. Mais, un sondage plus récent révélait qu’une majorité de Québécois et de Québécoises s’opposent à ce que la question nationale soit mise de côté.

8. L’impact sur le champ politique

Cette nouvelle opération des lucides risque de se réduire, au moins dans les prochains mois, à la mise sur pied d’un mouvement visant à mousser le discours néolibéral et jeter les bases idéologiques d’une nouvelle offensive contre les classes ouvrières et populaires. C’est ainsi que François Legault parle plus volontiers de la mise sur pied d’un mouvement plutôt que d’un parti politique.

Le PLQ, si discrédité soit-il, reste encore le parti des fédéralistes québécois ayant les bastions importants qui lui assurent une survie malgré des reculs. D’ailleurs, la plupart des fédéralistes québécois ne sont pas prêts à s’allier avec d’ex-ministres péquistes qui ne se sont pas ralliés à la défense du Canada. Ce n’est donc pas sur le PLQ que l’initiative Legault-Facal risque d’avoir un impact significatif.

9. Un tel mouvement exercera une pression sur le PQ pour que ce dernier continue son glissement vers la droite sur le terrain social et vers la mise en parenthèse de la question de la souveraineté sur le terrain national afin de bloquer le retour de la question de la souveraineté à l’agenda. Il devrait pousser la direction Marois à se blinder face aux pressions citoyennes et syndicales. Pour les Legault-Facal et cie, le travail de pression sur le PQ est d’autant plus important, que le PQ s’en va vers un congrès ayant pour thème, encore une fois, la redéfinition de la souveraineté. Le PQ ne pourra faire face à ces pressions le conduisant à marginaliser la souveraineté que par une exacerbation de son discours identitaire et un nationalisme étroit. Sensible aux pressions de la droite, le PQ risque de continuer sa dérive vers le discours des nationalistes conservateurs.

10. La lutte de la gauche face à ce projet

Pour construire un Québec solidaire et atteindre les objectifs de la gauche au Québec, on ne peut pas écarter la perspective de la lutte pour l’indépendance. Contrairement à ce que prétendent Legault et ses amis, on ne peut pas séparer la lutte nationale et le projet social. Il faut démontrer que leurs objectifs vont à l’encontre à la fois des besoins de la majorité des classes ouvrières et populaires et des intérêts du Québec.

La transformation sociale du Québec dans l’intérêt de la majorité de sa population se fera en articulant la lutte pour l’indépendance, la lutte pour la souveraineté populaire et la lutte pour un projet social égalitaire, féministe et écologiste. La seule unité possible dans une optique d’indépendance nationale et de transformation sociale, ce n’est surtout pas le rassemblement des fédéralistes et des nationalistes de la gauche et de la droite dans un même parti, c’est l’unité de la majorité sociale, les classes ouvrières et populaires dans la défense de leurs revendications. Et ces dernières se constitueront comme une majorité politique véritable en construisant un parti de gauche de masse : Québec solidaire.

11. La région de la Capitale nationale a été le lieu de développement d’une droite sociale populiste autour de thèmes racistes, masculinistes, homophobes, antisyndicalistes et anti-pauvres. Le caractère populiste s’exprime d’abord par le rejet de la classe politique identifiée à des profiteurs incompétents. Les radios de droite ont systématisé ces discours haineux et la rage populiste de certains secteurs de la population. Ils se sont transformés en agences de mobilisation symbolique de ces secteurs (défense de poste de radio, dénonciation de la classe politique - chemises rouges, retour d’une équipe de hockey de la Ligue nationale.) Le rejet d’une optique nationaliste québécoise et l’impossibilité de s’appuyer sur cette dimension du discours de droite est une contradiction de cette droite populiste. L’absence d’une presse de gauche de masse ( syndicale et/ou politique) a laissé le terrain libre à cette démagogie populiste et fait de Québec un terrain favorable pour tout discours de droite : le soutien au Parti conservateur ou à l’ADQ est qualitativement plus important à Québec que dans d’autres régions.

12. Dans la région de Montréal, mais également dans l’ensemble du Québec, on a assisté à une montée de la logique identitaire et au développement des sentiments xénophobes et racistes. Les sentiments de menaces sécuritaires face jeunes noirs se développent. Un rapport de la ligue des droits et libertés du Québec montre que le profilage racial est généralisé dans les pratiques de la polices de Montréal. Tout le débat autour des accommodements raisonnables a laissé libre cours à la montée de l’islamophobie. Le débat autour des accommodements raisonnables ont démontré qu’il y avait un danger de fusion entre le nationalisme québécois prenant une forme de plus en plus identitaire -ce que favorise l’évolution actuelle du PQ - et la xénophobie antimusulmane. Cette xénophobie peut se faire autour de prétendues valeurs québécoises et même des arguments progressistes peuvent être instrumentalisés para ce discours. La réalité des personnes immigrées est ainsi profondément masquée, comme la surexploitation et l’exclusion de certaines catégories de la population québécoise (comme les femmes noires ou musulmanes par exemple) qui connaissent un taux de chômage beaucoup plus important. .

3. Les résistances syndicales, féministes, populaires et citoyennes.

Front commun du secteur public et ses conséquences

13. Le front commun du secteur public a été bâtie autour d’ une stratégie minimaliste rejetant tout affrontement. L’intention explicite était de pouvoir régler avant même que les syndiqué-e-s n’aient le droit d’employer des moyens d’action. Cette stratégie refusait la politisation et la construction d’un front social ; enfin, elle ne se donnait pas le temps de mobiliser les bases dans des actions grévistes. Cette stratégie manifestait l’intériorisation de l’impossibilité d’une action gréviste compte tenu des lois. Il fallait signer une entente à tout prix et la vendre aux membres comme la seule entente possible. Et voilà bien ce qui s’est produit.

14. Au delà de gains mineurs, pour la plupart réalisés dans l’éducation, cette entente ne remet pas en question la logique du budget Bachand : - ralentissement des investissements dans le secteur public avec intensification du travail, particulièrement dans la santé ; coupures dans les CSSS), compressions et poursuite de la privatisation de secteurs de la santé, de l’éducation et de la fonction publique ; recul du pouvoir d’achat des travailleuses et travailleurs. En bref, malgré une acceptation majoritaire, cette entente ne s’est pas appuyée sur une mobilisation sur laquelle, les travailleurs et les travailleuses auraient pu compter pour bloquer les attaques gouvernementales contre les services publics. S’il n’y a pas encore un sentiment de défaite ou de recul majeur parmi les syndiqué-e-s, la continuation de la détérioration des services publics pourraient bien nourrir, à termes de tels sentiments.

15. Dans le mouvement syndical, l’entente dans les négociations du secteur public a un effet catastrophique sur la mobilisation pour la défense des services publics. Cette entente a eu l’effet d’une douche froide qui a stoppé la mobilisation même chez les syndicats plus militants d’ordinaire. Mais la conscience que le PLQ prépare de nouvelles offensives ne s’est pas estompée. Et les négociations syndicales n’ont pas remis en cause le cadre de ces offensives défini par le budget Bachand et le futur budget du ministre. Ce qui n’empêche nullement des collaborations financières entre le gouvernement et les fonds syndicaux (investissement avec la SAQ du Fonds de solidarité et du Fonds d’action.

16. Les organisations syndicales ont refusé de rejoindre la coalition contre la privatisation et la tarification. La CSN et la FTQ ont lancé leur propre coalition sans les syndicats indépendants ni les organisations jugées trop militantes. Même s’il y a eu une rencontre entre la Coalition contre la tarification et la privatisation avec la coalition syndicale, la Coalition contre la tarification poursuit la mise en œuvre de son plan d’action et le plan d’action de la coalition syndicale n’est pas encore connu.

Radicalisation dans le mouvement des femmes

17. Dans le mouvement des femmes, c’est l’ébullition autour de la Marche mondiale des femmes. Du 12 au 16 octobre : cela va être un moment fort de la mobilisation. Les actions sont très décentralisées et la participation est petite et composée des militantes déjà actives dans d’autres mouvements sociaux (syndical, populaire...) Il y a eu des actions plus militantes - des occupations comme celle du bureau de la ministre responsable de la condition féminine. Ces manifestations porteront sur l’autonomie économique des femmes et la lutte contre la pauvreté, le bien commun et l’accès au ressources, la violence envers les femmes, la paix et la démilitarisation ; les droits des femmes autochtones. Ces manifestations culmineront avec le grand rassemblement des femmes à Rimouskile 17 octobre. La MMF 2010 aurait pu être un tremplin vers une rupture avec les politiques néolibérales. Mais cette rupture risque de demeurer assez mince et un débat sur les perspectives après la Marche mondiale des femmes reste ouvert car ces dernières n’ont pas été définies.

Mouvement écologique et la lutte contre l’exploitation du gaz de schiste

18. La politique libérale sur l’exploitation du gaz de schiste peut aisément se résumer. Les compagnies ont tout pouvoir. Et le gouvernement Charest veut favoriser le développement d’une nouvelle industrie au Québec. Mais la colère citoyenne a obligé le gouvernement rajuster rapidement le tir. Il a du appeler à la tenue d’une enquête du BAPE dont il s’est empressé de réduire la portée. La résistance citoyenne ne s’est pas laissé tromper par la manœuvre. Elle a aussitôt exigé l’instauration d’un moratoire pour qu’une véritable étude d’impact soit menée. Le gouvernement supposément libéral a bien fait comprendre qu’il n’était pas question que soit remis en question l’exploitation du gaz de schiste, il voulait seulement que cela se fasse en toute sécurité. Sa hâte de procéder a semé le scepticisme sur les intentions proclamées du gouvernement. Si la demande d’un moratoire demeure essentielle, il faut dès maintenant démontrer qu’ouvrir une nouvelle filière d’énergies fossiles va complètement à l’encontre des propositions du GIEC sur la diminution des gaz à effet de serre sans parler que le projet gouvernemental de filières fossiles s’inscrit dans une logique de sujétion nationale aux intérêts du capital américain. Tout en s’associant à la lutte pour le moratoire, il faut déjà présenter l’alternative que nous voulons privilégier.

Dans le mouvement communautaire,

19. Les groupes communautaires sont la colonne vertébrale de la coalition contre la privatisation et la tarification. Mais, ils sont rendus à des endroits différents et font face à une conjoncture particulière : privatisation et communautarisation des services publics. Un courant cherche davantage a sauver leur financement public et à se concentrer sur le seul service. D’autres sont prêts à une bataille plus frontale avec le gouvernement. Il faut donner du sens politique à la dynamique du gouvernement (néolibéralisme) et à notre mobilisation (justice sociale).

Dans le mouvement étudiant : divisé sur ses perspectives

20. Dans le mouvement étudiant, il est difficile de se situer. Un courant du mouvement est déjà prêt à négocier les modalités du dégel des frais de scolarité et à participer aux consultations du gouvernement à cet égard. Un autre secteur du mouvement étudiant maintien sa perspective de gratuité des études à tous les niveaux et envisage la nécessité de la grève générale. Il y a donc d’importants débats en perspective et la préparation d’une grève possible devra d’abord faire face à l’orientation de négociation des modalités du dégel. Les perspectives possibles demeurent complexes à définir. c

Construction d’une presse alternative - un projet encore en jachère

21. La presse alternative (journaux, site web, blog, radios communautaires) reste dans un cadre artisanal, régional et local. Il y a bien eu des tentatives visant à fédérer les initiatives et réseauter les personnes impliquées dans les différents médias. Mais jusqu’à maintenant, ces dernières n’ont pas générés de résultats notables. PTAG marque une volonté de dépassement... d’une perspective locale ou régionale. Il y a cette volonté de réseauter pour élargir l’impact du site et lui donner éventuellement des dimensions de radiodiffusion ou de télévision. Mais le chemin est encore long. Un saut qualitatif impliquerait que Québec solidaire reprenne à son compte un telle projet. Mais dans l’état actuel de désorganisation de QS, il nous reste à jeter patiemment es conditions d’un réel dépassement de la situation actuelle.

4. Perspectives

A. Construire la coalition contre la privatisation et la tarification avec comme objectif, en lien avec les luttes menées par les mouvements sociaux, de faire reculer le gouvernement sur les compressions budgétaires et l’ensemble des mesures régressives contenues dans son dernier budget
dans toutes les régions du Québec, participer à ses actions comme la journée de perturbation économique nationale à Montréal, avec action simultanée dans les régions qui le souhaitent, le mardi 23 novembre 2010.
soutenir la construction de la Manifestation nationale au hiver printemps 2011 avant le dépôt du prochain budget québécois, entre la mi-février et la mi-mars.
proposer que Québec solidaire en fasse une campagne

B. Construire le collectif intersyndical... pour aider QS à s’inscrire dans les luttes sociales
soutien à la lutte de la FIQ
soutien au travail de la coalition contre la privatisation particulièrement invitant les mouvements populaires, syndicaux, étudiants et féministes à participer et/ou à s’impliquer dans les actions de la coalition
intervention dans le débat programmatique au sein de QS :
participation à la discussion sur la perspective de grève sociale

C. Suite à donner à la MMF... aider à développer une dimension féministe dans les travaux de la coalition et à suggérer des initiatives en ce sens.

D. S’inscrire QS dans la perspective du rejet de l’approche de négociation du dégel et définir ce que serait la préparation de la grève étudiante.... et particulièrement avec les comités de campus...de Québec solidaire

E. La presse alternative soutenue par les mouvements sociaux...
continuer de soutenir et développer PTAG au niveau militant
poser à l’intérieur de QS la nécessité d’une presse alternative, autonome et explorer comment