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Dix bonnes raisons pour une mobilisation civile contre les sommets des G8/G20

mardi 7 septembre 2010, par Nadia Alexan


Tiré du site PTAG
mardi 22 juin 2010, par Nadia Alexan


1. Le processus démocratique devrait faire place à la participation de la société civile. Toutefois, le fait que nos chefs d’État éloignent de la table de discussion les citoyens qu’ils sont supposés représenter, et ce, au coût d’un milliard de dollars de notre argent, constitue la preuve ultime que ce n’est pas le cas.

2. La mondialisation de l’égoïsme, de la cupidité, de la spéculation et de l’accumulation excessive et débridée de la richesse a détruit la planète et appauvri ses habitants. À l’échelle mondiale, près de trois milliards d’êtres humains, soit la moitié de la population mondiale, vivent avec moins de deux dollars par jour et 1,3 milliard, avec moins de un dollar par jour. Deux milliards d’habitants n’ont pas accès à l’eau potable. Selon l’UNICEF, un enfant meurt toutes les 8 secondes des suites de la pauvreté, de la faim et de la maladie. Un milliard de citadins vivent dans des bidonvilles. Les nations les plus riches, qui représentent 20 % de la population mondiale, consomment 86 % de toutes les ressources planétaires. Le pays le plus riche de la Terre, soit les États-Unis, affiche l’écart le plus marqué entre les riches et les pauvres. La richesse totale des trois personnes les plus nanties du monde est supérieure au produit intérieur brut combiné des 48 pays les plus pauvres, soit un quart de tous les États du monde.

3. La politique d’aide internationale mise de l’avant par la Banque Mondiale et le FMI dans les pays pauvres consiste à imposer une restructuration sauvage qui requiert la privatisation des services les plus essentiels comme les soins de santé, l’éducation et l’eau. L’aide au développement accordée aux pays africains se résume à inciter les multinationales à faire des investissements privés et à vendre les produits des pays riches à des prix inabordables, ce qui augmente l’endettement de ces pays.

4. L’accroissement économique sans fin constitue la seule motivation des banques et des multinationales au détriment de la santé écologique. La planète ne peut plus absorber le pillage et la destruction de ses ressources ni les dommages environnementaux causés par les gaz à effet de serre. On n’arrête pas de saccager nos ressources non renouvelables pour remplir les poches de quelques actionnaires. La croissance et la consommation effrénée produisent un gaspillage généralisé de nos ressources.

5. La destruction de la biodiversité de la planète par une agriculture monoculturale et monopoliste laisse complètement indifférente la poignée de multinationales qui accaparent tout. Les pays producteurs de riz, par exemple, ont été obligés d’abandonner leur céréale en faveur de la production du café pour exportation vers les pays les plus nantis. Les multinationales comme Monsanto ont la mainmise sur l’agriculture grâce à leurs semences transgéniques coûteuses qui ne peuvent pas être réutilisées. Les humains servent littéralement de cobayes à l’oligarchie prédatrice.

6. Notre système fiscal actuel, c’est Robin des bois à l’envers : on vole les pauvres pour donner aux riches. Les multinationales, les banques et les grandes entreprises ont impunément recours à l’évasion fiscale. Elles bénéficient d’échappatoires fiscales, de crédits d’impôts et de paradis fiscaux. Elles ne versent que 4 % de l’assiette fiscale, lorsqu’elles en paient. Et comme si ce vol institutionnalisé n’était pas suffisant, elles ont le toupet de quémander des subventions pendant qu’elles déclarent des profits records. L’organisation de coopération et de développement économique (OCDE) considère que l’évasion fiscale représente 15 % des budgets de ses États membres. Si nous appliquions ces statistiques aux finances du Canada, nous découvririons que chaque province perd à peu près 8 milliards de dollars chaque année en raison de l’évasion fiscale par les entreprises, un montant exorbitant qui excède le coût supposé de notre dette. Toutefois, lorsque nous demandons des fonds pour des services essentiels tels que les soins de santé ou la réparation des ponts et des infrastructures, on nous sert toujours la même rengaine : « les coffres de l’État sont vides ».

9. Moins de un pour cent des dépenses mondiales consacrées chaque année à l’armement suffirait à éradiquer la faim et à assurer l’éducation de tous les enfants du monde.

10. Au Canada, l’un des pays les plus riches au monde, un enfant sur cinq vit sous le seuil de la pauvreté, une honte nationale. Quarante pour cent de tous les travailleurs gagnent moins de 20 000 $ par année. Cinquante-six pour cent des personnes âgées qui vivent seules sont pauvres. Pendant ce temps, la rémunération moyenne des chefs d’entreprise est 400 fois plus élevée que celle du salarié moyen qui peine durement pour gagner sa vie. Malgré l’écart entre les riches et les pauvres qui ne cesse de s’approfondir, les maîtres du monde continuent de nous servir les mêmes politiques néolibérales qui nous ont amenés au bord de la catastrophe. Plutôt que défendre les intérêts de la majorité de la population, nos gouvernements s’empressent de servir les intérêts de quelques prédateurs financiers qui se fichent éperdument de la dégradation de la planète. Notre démocratie est faite par les riches pour les riches. Pour corriger cette situation, la société civile suggère la « taxe Robin des bois », une taxe homéopathique de 0,01 % visant à mitiger la spéculation effrénée des transactions sur le marché boursier. Selon ATTAC-Québec, cette taxe pourrait rapporter entre 400 et 900 milliards de dollars par année et permettrait de survenir aux besoins essentiels des citoyens. Cette taxe a obtenu l’appui d’économistes célèbres tels que Joseph Stiglitz et Paul Grugman, détenteurs du prix Nobel en économie.


Nadia Alexan : Fondatrice de « Action Citoyenne de Montréal » une organisation progressiste pour la promotion de la justice sociale, politique et économique