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Lettre au Devoir... qui ne la publiera pas

Est-ce à dire qu’on est là pour combattre le PQ ? Oui

En réponse à l’article d’Amir Khadir

dimanche 25 avril 2004, par Marc Bonhomme

Notre camarade Amir Khadir dont la notoriété fait tant pour faire connaître l’UFP a publié dans Le Devoir du 13 avril une contribution invitant à faire de la politique à gauche. Il rappelle à juste titre que le mode de scrutin est injuste, particulièrement pour les petits partis comme l’UFP. On est agréablement surpris à sa manière rafraîchissante, à partir des couleurs des Patriotes, de présenter l’UFP comme un parti " ...social, écologiste et féministe... " qui " ...revendique [l’]indépendance nationale. " mais dans un cadre internationaliste.

Notre camarade souligne bien que l’" UFP rejette [l]e dogme... " néolibéral. À son avis, cependant, les contre-réformes néolibérales vont tellement vites que la gauche ne serait pas en mesure de remplir à court terme le vide laissé par un PQ qui s’effondrerait. Il n’y aurait donc " ...rien de plus urgent à faire que de bâtir une alternative politique de gauche... ". Avec qui ? L’auteur mentionne qu’il y a " ...au moins quatre foyers de réflexion et d’action à gauche... " soit l’UFP, SPQ-libre, D’abord solidaires et Option citoyenne. Plus loin, il inclut aussi les Verts.

Dans ce texte, il n’est pas clair que l’UFP doive être antinéolibérale bien qu’elle doive combattre le dogme néolibéral et les politiques à l’avenant. Il n’est pas clair non plus que le PQ soit néolibéral bien que la direction - " ...le PQ de Bouchard et Landry. " - l’ait été et semble l’être toujours. Cette approximation - est-ce de la confusion ? - permet d’envisager un passage en douceur du PQ à l’UFP selon un processus évolutif dont les passerelles seraient SPQ libre, D’abord solidaires et Option citoyenne. Plus précisément, le texte suggère une division du travail entre le trio UFP-Option citoyenne-Verts dont la tâche serait de former " ...un parti de gauche unifié ", SPQ-libre qui garderait le PQ en vie en attendant que naisse ce nouveau parti et D’abord solidaires qui ferait le pont avec la gauche sociale.

Si l’objectif est incontournable, la tactique de construction de ce parti de gauche unifié fait fi de la courte histoire de l’UFP dont l’acte de naissance est une rupture avec les trois partis néolibéraux que sont le PLQ, le PQ et l’ADQ. Revenir par la porte d’en arrière sur cette rupture aurait les mêmes conséquences que si le PQ remettait en cause l’article 1 de son programme. On se souvient que dans les années 80, le PQ a failli sombrer avant que la renaissance du mouvement national ne lui redonne vie.

La vie politique québécoise réellement existante est faite de maturation qui mène soit à " tout changer pour que rien ne change " soit à des ruptures vers la libération sociale et nationale. On évolue en douceur du néolibéralisme vers le " néolibéralisme à visage humain " ; on rompt avec le néolibéralisme en faveur de l’antinéolibéralisme. Quelque part sur le chemin, il y a une fourche. L’UFP a pris celle de gauche, SPQ-libre celle de droite, Option citoyenne est toujours à la croisée des chemins, D’abord solidaires a pris le champ, les Verts sont dans le bois.

Publié à la veille de l’importante mobilisation sociale du 14 avril et à l’avant-veille de celle du premier mai, notre camarade n’en dit mot. Pourtant la pleine participation dans le mouvement contre la réingénierie du PLQ, tout comme dans le mouvement anti-guerre, est la voie que l’UFP - parti des " urnes et de la rue " - a choisi pour construire le parti de la gauche unifiée. Ce parti sera alors antinéolibéral tout autant qu’indépendantiste, féministe, écologiste et internationaliste. Autrement, si toutefois il accouche, il deviendra le quatrième parti " social libéral " du quatuor.

Avec le peuple de gauche, l’UFP va vers la grève générale tous et toutes ensemble. Au bout de ce chemin, il y a la justice sociale et la démocratie... et " un parti de gauche unifié. "

vendredi 23 avril 2004