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France : Accord Front de gauche-NPA pour les régionales en Languedoc-Roussillon

lundi 15 février 2010

Pour les prochaines élections régionales, la règle générale reste la division des forces à la gauche du social-libéralisme. Contre-Exemple : l’accord conclu cette semaine dans la région Languedoc-Roussillon.


Communiqué de l’AFP

MONTPELLIER, 7 jan 2010 (AFP) - Le Front de gauche et le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) sont parvenus à un accord en Languedoc-Roussillon pour présenter des listes aux élections régionales dans cette région, qui seront conduites par le maire de Grabels (Hérault), René Revol (Parti de gauche).

Lors d’un point de presse organisé jeudi à Montpellier, les représentants du Parti de gauche, du PCF et du NPA notamment, ont souligné qu’ils étaient tombés d’accord sur le programme et la stratégie, y compris concernant le second tour pour lequel les signataires excluent toute fusion avec des listes de Georges Frêche.

Le président sortant (divers gauche) du Conseil régional, candidat à sa propre succession, « a rompu avec les valeurs de la gauche », a déclaré René Revol.

Au second tour, « on est prêts à fusionner avec des listes de gauche, sans Frêche », a-t-il dit. « Nous sommes prêts à fusionner avec Europe Ecologie — (conduite par Jean-Louis Roumégas, ndlr) — pour battre la droite », a-t-il ajouté.

Pour le représentant du NPA, David Hermet, Georges Frêche n’est d’ailleurs « plus un homme de gauche ».

« Dans cette région, ceux qui prennent le risque qu’il n’y ait pas de rassemblement, ce sont les socialistes qui ont choisi Georges Frêche », a-t-il ajouté.

M. Frêche, exclu du PS en 2007, est tête de liste en Languedoc-Roussillon et bénéficie du soutien des cinq fédérations départementales du Parti socialiste.

Les instances nationales du PS, muettes pendant plusieurs mois sur cette candidature, ont finalement décidé de ne pas lui proposer d’investiture officielle mais de ne pas non plus lui opposer de liste alternative.

L’accord Front de gauche/NPA prévoit que le PCF sera tête de liste dans le Gard et l’Hérault. Le NPA conduira les listes dans les Pyrénées-Orientales et l’Aude. En Lozère, la décision n’avait pas encore été prise jeudi soir.

« Notre programme passe par des mesures de résistance et de rupture à l’offensive sarkoziste », a commenté René Revol.

« On va faire du Languedoc-Roussillon un pôle de résistance aux politiques les plus violentes, les politiques ultra-libérales », a ajouté François Liberti (PCF).


Tiré du site du NPA 34
Régionales en Languedoc-Roussillon : accord unitaire conclu
Par Le correspondant NPA 34, mercredi 6 janvier 2010

jeudi 07 janvier, le NPA, les composantes du FDG (PG-PCF-GU-MPEP), la FASE, les Alternatifs, les Objecteurs de Croissance ont tenu une conférence de presse pour présenter l’accord unitaire de la gauche de la gauche en Languedoc-Roussillon.

David Hermet, porte-parole du NPA, et désormais un des trois porte-paroles de la liste unitaire,, était invité dans le journal de France-Bleue Hérault à 8h 10 écouter :
Interview de David Hermet sur FranceBleuHerault-07-01-2010

Article de Midi Libre ici

Petit résumé des épisodes précédents : (pour les curieux qui n’auraient pas suivi, voir les articles sur ce site).
Les discussions ont été très longues et difficiles et si début décembre, un accord était quasiment trouvé, mi décembre, nous étions au bord de la rupture.
Les ponts n’ont cependant jamais été coupé et les discussions se sont poursuivis fin décembre.
Mardi 05 janvier, une dernière réunion unitaire a permis enfin de conclure un accord qui a été annoncé à la presse jeudi 07 janvier.
Tout au long de ce processus, le NPA LR, a joué la transparence, faisant état tant des avancées que des blocages ou des reculs dans la discussion. Il est évident que rassembler un arc de force aussi large, cas unique en France, ne pouvait se faire sans difficulté.
Le NPA LR a joué un rôle important dans la signature de cet accord : il s’était très tôt prononcé pour un accord de ce type, avec un vote massif des militant-e-s en sa faveur. Le NPA a été à l’initiative de nombreuses rencontres et avait notamment proposé à partir des discussions précédentes un projet ce compromis qui a servi de bases aux discussions.
D’autres organisations ou groupe de militants de différentes sensibilités ont aussi joué leur rôle aussi.

L’accord est désormais conclu : notre liste unitaire est porteuse d’espoir :
Accord sur le programme à défendre au premier tour : rupture avec le libéralisme, le capitalisme, le productivisme comme avec la gestion sociale-libérale des régions
Accord sur le second tour : présence au second tour avec fusion démocratique avec les autres listes de gauche non fréchistes (pour le moment, ici les Verts), pas de fusion avec Frèche ni de retrait de la liste
Accord sur le nom de la liste et sa composition de manière à refléter l’accord large qui est spécifique au Languedoc-Roussillon


Protocole d’accord unitaire

Les organisations suivantes, Alternatifs, FASE, FdG (GU, PCF, PG) NPA, M’PEP, Objecteurs de Croissance, décident de présenter au premier tour des élections régionales de mars 2010 une liste unitaire dans le Languedoc Roussillon.

Cette liste vise à rassembler la gauche anti-libérale, anti capitaliste et de l’Ecologie radicale en toute indépendance du Parti Socialiste que ce soit avec ou sans Georges Frêche, et de Europe Ecologie.

Le programme intègre un aspect national : rejet de la droite et de sa politique, soutien aux mobilisations sociales et écologiques, mesures de rupture avec le capitalisme, le libéralisme, le social libéralisme et le productivisme.

A l’échelle régionale, sans rentrer à cette étape dans le détail de notre programme, la liste fait des propositions alternatives à une gestion libérale ou social-libérale et les points suivants en constitue quelques axes, par exemple :

- Rupture avec les choix dictés par la compétition des territoires dans le cadre de la mondialisation capitaliste et des directives européennes. La région doit au contraire favoriser la solidarité entre les territoires et veiller à un développement équilibré. Elle encouragera ainsi le rééquilibrage à l’intérieur de chaque bassin de vie des activités économiques, sociales et culturelles, des lieux d’habitation, des terres agricoles et des zones naturelles et des services publics.
Ceci implique de mettre un frein à l’expansion urbaine, au mitage pavillonnaire, au zonage par type d’activité et de cesser tout soutien aux projets visant au développement exclusif de l’agglomération montpelliéraine au dépens des autres villes de la région (création d’Odysseum, plan Campus)…
Action pour le maintien des services publics en zone rurale, dans les petites villes et les quartiers populaires,

- Démocratie : en finir avec la gestion présidentialiste de la région et avec le cumul des mandats. Consultation préalable des associations et syndicats sur tout projet les concernant. Mise en place d’une procédure de démocratie active associant la population aux principales décisions. Cette démocratie active ainsi que la mobilisation de la population est nécessaire aussi pour ne pas se laisser enfermer dans le carcan budgétaire et institutionnel qui risque de se durcir encore avec la réforme territoriale annoncée.

- Transports : priorité absolue à l’investissement en faveur des transports collectifs publics, gratuité des TER pour les trajets domicile-travail avec mise à contribution du patronat, ainsi que pour les jeunes en formation, les demandeurs d’emplois... En finir avec la demande de doublement de l’A9. Dans le cadre du dossier Ligne à Grande Vitesse, se prononcer pour les investissements ferroviaires permettant le ferroutage (voire le cabotage) et le développement des lignes secondaires. La région n’a cependant pas vocation à se substituer à l’Etat pour ces investissements.

- Récupération des aides fournies aux entreprises qui font des profits et suppriment des emplois (bataille politique et médiatique, recours en justice..).
Les aides au secteur non public seront orientées vers des projets d’intérêt écologique, social et culturel . Les aides de la région au secteur économique (public comme privé) seront soumises à des critères précis : activités participant à la relocalisation de l’économie, s’appuyant sur des circuits courts de distribution et favorisant la diversification, activités mettant en oeuvre des méthodes de production respectueuses de l’environnement, expérimentant de nouvelles formes d’organisation sociales participatives et privilégiant le financement local des activités.
Par ex : micro-entreprises de service nécessaires en zone de montagne, entreprises privées reprises par ses salariés sous forme de coopératives autogérées, mise en place de marchés paysans ou bio ou de circuits courts…
. - De même les appels d’offres obéiront à des critères écologiques et sociaux.
- Enfin, nous arrêterons les subventions aux entreprises capitalistes, subventions dont nous ne maîtrisons pas l’utilisation.

- Réaffirmer la laïcité en concentrant les fonds publics pour les seuls lycées publics, et en agissant pour la construction d’un service public de la formations proessionnelle. Arrêt des subventions aux lycées ou centres de formation professionnelle privés, en premier lieu, arrêt de toutes les subventions d’investissement. Refus de la privatisation rampante des constructions universitaires en refusant les partenariats public/privé au profit de partenaraits puiblic/public. Refus de la mise den concurrence des établissements publics. Politique de gratuité de l’enseignement public et des fournitures scolaires.

- - Réaffirmer la solidarité de la région avec les autres peuples contre les dominations impérialistes ( par exemple refus d’Agrexco)

Attitude de la liste au second tour
Au second tour, nos choix sont guidés par les principes suivants :
- Malgré l’absence de véritable proportionnelle, nos électeurs doivent être représentés dans l’assemblée régionale.
- Il faut un vrai vote de gauche, contre la droite mais sans Frêche. Ses dérives populistes et autoritaires, ses propos racistes et les satisfecits quotidiens qu’il donne à la politique et aux réformes de Sarkozy le disqualifient pour rassembler la gauche.
Nous nous battrons pour infliger une défaite à Sarkozy et à ses représentants. Nous nous battons pour gagner, et mobiliser le maximum d’électeurs sur notre projet. Et nous serons présent(e)s au second tour notamment en proposant que se réalise une fusion démocratique des listes de Gauche sans Frêche à l’exclusion du Modem et de toute formation de droite.

Les exécutifs
- Pas de participation aux exécutifs avec une organisation de droite ou avec Frèche.
- Dans le cas où serait majoritaire une liste issue d’une fusion de second tour entre notre liste unitaire et celle de EE (et si elle voit le jour, la liste du PS sans Frèche) notre éventuelle participation à des executifs sera guidée par les principes suivant.
Nous cherchons à mettre en œuvre le programme défendu au premier tour et, bien entendu, pour servir cet objectif, nous sommes prêts à aller dans les exécutifs. A l’inverse, nous n’allons pas dans des exécutifs pour mener une politique opposée aux exigences que nous avons défendues au premier tour devant les électeurs..
Vue l’orientation social-libérale de Europe Ecologie et du Parti Socialiste même sans Frèche, la participation à des exécutifs avec ces formations ne peut s’envisager que s’il y a un rapport de force conséquent et si des éléments significatifs et importants de notre programme de premier tour sont repris dans l’accord programmatique qui sert de base à cette participation, chaque élu restant toujours libre, à tout moment, de son vote Dans le cas contraire, les élus resteront indépendants c’est-à-dire libres de voter pour ou contre les mesures proposées.
A l’issue du second tour, les composantes de la liste décideront ensemble si ces conditions de rapport de force et de programme sont réunies. Si jamais il y a désaccord sur l’analyse de la situation, chaque composante décidera alors de ce que feront ses propres élus.

Répartition animation et nom de la liste

La liste unitaire choisit un collectif de porte-parole reflétant les différents courants qui composent l’accord unitaire. Ces porte-paroles seront avant tout des porte-parole de la liste unitaire.
Ce porte-parolat est ouvert à des représentant(e)s des autres organisations signataires de l’accord.
Lors des meetings le temps de parole de David Hermet, François Liberti et René Revol, est le même.

Les débuts de liste sont composés ainsi :
Tête de liste régionale : René Revol (PG)
Aude : n°1 Sabine Alberola (NPA) n°2 Serge Lépine (PCF). Serge Lépine sera quoi qu’il arrive en position éligible au second tour
Gard : n°1 Martine Gayraud (PCF) n°2 Michel Sala (NPA) n° 3 Jeannie Arnéguy (Alternatifs)
Hérault : n°1 François Liberti (PCF) n°2 Martine Granier (NPA) n°3 René Revol (PG) n°4 ? n°5 David Hermet (NPA)
Lozère : en discussion
Pyrénées Orientales : n°1 Jean Boucher (NPA)
Vu la complexité du mode de scrutin et d’élection, il a été décidé la règle suivante pour la liste de second tour : il y aura parité des élus entre NPA et PCF.
Le nom de la liste n’a pas été tranché mais sera spécifique au Languedoc-Roussillon.
La direction de campagne est confiée en binôme à Thierry Angles et à Robert Martin.
La direction politique et technique de la liste est bien entendu pluraliste.