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France : encore sur l’AFFAIRE du TASER

dimanche 7 décembre 2008

Di Zazzo débouté pour la deuxième fois

Rouge n° 2276, 27/11/2008

« Sale temps » pour le PDG de SMP Technologies, Antoine Di Zazzo ! Après avoir perdu le procès qu’il avait intenté au Réseau d’alerte et d’intervention pour les droits de l’Homme (Raid-H), le 24 novembre, il a été débouté, par la 17e chambre civile, des poursuites judiciaires à l’encontre d’Olivier Besancenot. Il poursuivait le porte-parole de la LCR en diffamation pour avoir indiqué que, selon le point de vue d’Amnesty International, le pistolet à impulsions électriques Taser était impliqué dans la mort de 150 personnes, voire plus, aux États-Unis.

Le 20 octobre dernier, M. Di Zazzo, empêtré dans une mise en examen lié à l’espionnage d’Olivier Besancenot et de sa famille, avait boycotté l’audience d’un procès qu’il avait lui-même provoqué. Olivier Besancenot avait confirmé ses propos, tenus lors de la campagne présidentielle, sur la dangerosité du pistolet aux décharges de 50 000 volts. Le responsable d’Amnesty International, témoin cité par les avocats du porte-parole de la LCR, Antoine Comte et Noël Mamère, avait longuement expliqué pourquoi son organisation demandait un moratoire sur l’utilisation de cette arme.

Cette décision judiciaire est importante : elle reconnaît la légitimité de la mise en cause du Taser comme arme à la disposition des policiers, des gendarmes et maintenant des policiers municipaux. Même si M. Di Zazzo essaye de donner le change devant les caméras de France 3, le 24 novembre, affirmant que Besancenot cherche à se faire de la publicité à ses dépens et qu’il n’a commandité aucune filature, la réalité est là : Di Zazzo a perdu son procès !

La campagne unitaire pour un moratoire sur l’utilisation du pistolet Taser doit se développer à tous les niveaux, parmi la population, les élus et sur les bancs de l’Assemblée : une demande de commission d’enquête a été déposée par Jean-Marc Baylet, sénateur radical de gauche. La banalisation de l’utilisation du Taser est une menace constante. Le 21 octobre, à Marseille, un CRS a « tasé » un mineur de 15 ans, alors qu’il était sur un toit, au risque de le voir tomber dans le vide. Le journal portugais Noticias indiquait récemment qu’un policier sur lequel avait été expérimenté le Taser avait perdu 27 % de ses capacités physiques.

Cette campagne d’alerte et pour un moratoire doit s’amplifier. Les documents du ministère de l’Intérieur modifient leurs discours. En 2004, le Taser était « une arme dont le caractère non létal est avéré ». En 2008, cette arme de poing est rangée dans la catégorie à « létalité réduite ». Tous ensemble pour un moratoire. ■

Michel Gautier