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Hommage à Celia Hart, camarade et amie

dimanche 7 septembre 2008, par Jan Malewski

Celia Hart était de passsage ce printemps dernier à Montréal à l’initiative de différentes organisations dont Gauche Socialiste. Militante de la gauche cubaine, ardente propagandiste de la révolution permanente, nous avions énormément apprécié son échange politique avec les militantEs québécoisEs. Nous nous associons à cet hommage de Jan Malewski.

Révolutionnaire cubaine, ardente critique de la bureaucratie et des dangers de restauration du capitalisme à Cuba, engagée dans la défense intransigeante des acquis de la révolution cubaine, internationaliste conséquente, convaincue que l’avenir de Cuba est intrinsèquement lié à celui des progrès de la révolution mondiale, Celia Hart Santamaria n’est plus.

Elle est morte, le dimanche le 7 septembre à la Havane, victime d’un accident de voiture, à côté de son frère Abel, écrasée par un arbre, en plein cyclone. Elle avait 45 ans.

Fille de deux dirigeants historiques de la révolution cubaine, Haydée Santamaria Cuadrado (1922-1980), camarade de Fidel Castro depuis le début, seule femme ayant pris part à l’attaque de la caserne de la Moncada, fondatrice de la Casa de las Américas, et de Armando Hart Davalos (1930), fondateur du Mouvement du 26 juillet aux côtés de Fidel Castro et de Ernesto Che Guevara, ministre de l’éducation de la révolution qui a inspiré sa célèbre campagne d’alphabétisation, Celia a poursuivie leur engagement « dans les temps du postmodernisme », comme disait son père. Étudiante de physique en Allemagne de l’Est au cours des années 1980, elle découvrit une société ossifiée, marqué par des aspirations consuméristes, tournant le dos à la révolution. Cette découverte fut un choc pour elle. C’est alors que son père lui fit lire la biographie de Trotsky écrite par Izaac Deutscher. Elle lut ensuite avec passion les écrits de Trotsky, adopta sa théorie de la révolution permanente et son analyse de la dégénérescence bureaucratique de la révolution russe. « J’ai toujours senti que quelque chose manquait dans ma réflexion sur la révolution. C’est ce que j’ai trouvé en lisant Trotsky : j’ai découvert que justice sociale et liberté individuelle n’étaient pas antagoniques, et qu¹on n¹était pas condamné à choisir entre l’un ou l’autre, que le socialisme ne pouvait se faire sans marcher sur ses deux pieds », expliquait-elle en 2006 dans une interview donnée à Rouge (n° 2159 du 19 mai 2006).

« Trotskyste pour son propre compte », Celia s’est engagée avec passion ‹ mais sans jamais perdre son sens critique ‹ aux côtés des processus révolutionnaires en cours en Amérique latine, convainque que la défense et la poursuite de la révolution n’est pas possible dans une Cuba isolé. Elle établit des contacts avec tous les courants trotskystes, elle regardait avec espoir le processus de construction du nouveau parti anticapitaliste en France. Elle prenait part à tous les débats sur les réformes nécessaires « pour démolir le socle de bureaucratie qu¹il nous reste, parce que c’est de là que peut venir le danger de la restauration capitaliste. »

« ¡Revolución o Muerte ! » (La révolution ou la mort) ‹ c¹est ainsi qu¹elle terminait habituellement ses nombreux écrits. Elle est morte. Il nous reste à poursuivre son combat pour la révolution.

Jan Malewski