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L’Union Nationale des Travailleurs (UNT) va occuper 800 entreprises

dimanche 2 octobre 2005

L’Union Nationale des Travailleurs (UNT), centrale ouvrière s’inscrivant dans le processus "bolivarien" d’Hugo Chávez, a fait savoir par l’intermédiaire de sa coordinatrice, Marcela Máspero, qu’elle va procéder à la reprise de 800 entreprises qui sont actuellement en arrêt de travail au Venezuela, dont les transnationales Parmalat (transnationale italienne, spécialisé dans les produits laitiers, appartenant à la famille Tanzi qui "explosa" sous les effets de manipulations financières frauduleuses effectuées avec l’appui de nombreuses banques européennes ; actuellement l’avenir de Parmalat est entre les mains du gouvernement italien et le procès de Tanzi a commencé) et Heinz (entreprise alimentaire mondialisée à capitaux américains).

" Devant les attaques du néolibéralisme et du capitalisme, nous allons utiliser les leviers propres aux travailleurs, actuellement soutenus par des groupements locaux, pour occuper ces entreprises" a indiqué Máspero selon le journal local El Universal.

La dirigeante a ajouté que les travailleurs ont déjà occupé huit entreprises, y compris les silos du groupe Polar et une unité de traitement de tomates de la compagnie étatsunienne Heinz.

Parmi les installations occupées, dont certaines ont été déclarées d’utilité publique et confiées à des coopératives et d’autres ont été reprises sur demande des entrepreneurs endettés, se trouvent deux entreprises de Parmalat, une du secteur de la sidérurgie Sideroca, l’entreprise frigorifique Fribarsa, une usine à papier Venepal et l’usine de textile Inveval.

Parmalat a récusé les déclarations de Máspero et a précisé que les deux usines qui selon l’UNT seraient occupées, sont en fait "sous administration extraordinaire du gouvernement italien, elles sont opérationnelles et dans la phase finale de vente".

Parmalat a qualifié les déclarations de la dirigeante syndicale de "tentative d’intimidation" et comme se situant "hors de la norme légale", et a assuré que la vente des deux installations était prévue dans le plan de restructuration de l’entreprise italienne depuis sa faillite en 2004.

Máspero a déclaré que les occupations réalisées par la centrale "chaviste" pourront compter sur la protection des militaires car "nous ne pouvons pas par nous-mêmes nous charger de la sécurité". Elle a affirmé que d’abord des décisions seraient prises en ce qui concerne occupations, et que "la question de la propriété sera résolue dans un deuxième temps, car il y a toujours des raisons pour une occupation".

Selon la constitution vénézuélienne, l’Etat peut intervenir dans les entreprises déclarées d’"intérêt social" par l’Assemblée Nationale, après que les tribunaux ont prononcé les jugements et défini les indemnisations.

Cette année, le gouvernement est intervenu dans deux entreprises privées : une industrie de tuyaux et une usine de papier, qui avaient fermé leurs portes pendant et après la grève pétrolière entre 2002 et 2003, et elles ont été déclarées d’utilité publique et attribuées à des coopératives de travailleurs.

La multinationale Heinz a déclaré qu’elle espérait une explication concernant l’intervention dans son usine de traitement de tomates, et a soutenu que si cette usine était en récession, c’est parce que les paysans fournisseurs de tomates n’avaient pas rempli leurs engagements. Septembre 2005

(tiré du site À l’encontre)