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L’expulsion de SPQ libre du PQ : Encore fois les masques sont tombés !

mercredi 17 mars 2010, par Paul Cliche

En expulsant le club politique Syndicalistes pour un Québec libre (SPQ libre), l’exécutif du Parti québécois a démontré une fois de plus qu’il n’y pas de place au sein d’une formation à l’idéologie néo-libérale pour tout groupe progressiste qui a la moindre épine dorsale. Cet incident s’est produit au moment même où des militants du PQ participaient, en fin de semaine, à un colloque où les dirigeants, en mal d’attirer des votes adéquistes lors des prochaines générales, leur proposaient que l’enrichissement personnel supplante l’enrichissement collectif.

Cette position, qui constitue un reniement de l’orientation que le PQ professait depuis sa fondation, fait disparaître les quelques différences idéologiques qui subsistaient encore avec le Parti libéral. Au moins les libéraux ne sont pas hypocrites. Ils assument leur orientation néo-libérale et ne prétendent pas, comme la chef Pauline Marois vient à nouveau de le faire, que le parti demeure progressiste. A t’on déjà vu un parti progressiste expulser son seul noyau articulé de militants progressistes qui en plus était fortement minoritaire au sein de la formation ?

Ce qui me surprend dans cette affaire c’est que Monique Richard, l’ancienne présidente de SPQ libre maintenant députée, ne se soit pas opposée à l’expulsion pas plus d’ailleurs que l’actuel président du PQ et ancien député de Joliette, Jonathan Valois qui a défendu la décision de l’exécutif, ainsi que le député Pierre Curzi pour ne nommer que ceux-là. Ces abstentions en disent long sur l’état des forces progressistes qui subsisteraient encore dans le parti.

Les syndiqués de la fonction publique présentement en négovciation constateront aussi que le préjugé favorable du PQ envers les travailleurs est bel et bien chose d’un passé lointain.

Les militant(e)s de SPQ libre ont donc perdu le pari qu’ils avaient fait en 2004. Qu’ils se consolent car il existe un autre parti souverainiste, celui-là résolument progressiste et tourné vers l’avenir, qui est prêt à les accueillir. Bienvenue à Québec solidaire, camarades, comme aurait chanté le regretté Jean Ferrat.

Paul Cliche, Montréal,

14 mars 2010


Tiré du site de QS :

L’équation du PQ : abandonner la justice sociale pour créer de la richesse

Le 14 mars 2010
Montréal, le dimanche 14 mars 2010 - Pour Québec solidaire, l’expulsion du club politique Syndicalistes pour un Québec libre (SPQ-libre) par l’exécutif du Parti québécois démontre avec clarté la ligne de faille de plus en plus apparente entre cette formation et les forces progressistes au Québec.

Au moment où les forces de droite lancent une campagne pousser le gouvernement à augmenter des taxes et tarifs de services publics qui vont affecter le pouvoir d’achat des classes moyennes et les appauvrir, le PQ a choisi son camp.

« Le symbole est fort : Madame Marois organise un colloque pour célébrer les vertus de l’enrichissement personnel et en profite pour expulser des syndicalistes progressistes qui ne demandaient rien de plus que le PQ reste fidèle à des principes de justice sociale. Québec inc. n’en demandait pas tant ! » ironise Amir Khadir le député de Québec solidaire.

Le Parti québécois se range résolument à droite de l’échiquier politique aux côtés du Parti libéral et de l’ADQ. Cette position renie l’orientation que le PQ professait à sa fondation, mais est très cohérente avec ce que Mme Marois et la direction du PQ mettent de l’avant depuis plusieurs années.

« Comme les travailleurs et les travailleuses syndiqués-es de la fonction publique en négociation, les gens à revenu modeste et les classes moyennes constatent que le préjugé favorable du PQ envers les salariés, c’est bel et bien fini, estime Françoise David, présidente de Québec solidaire. Mme Marois trouve que les syndiqués de la fonction publique en demandent trop et ensuite elle se débarrasse du SPQ-Libre. Tout cela est très cohérent avec l’équation du PQ : la priorité à l’enrichissement individuel ne peut se faire qu’en tassant la justice sociale, ingrédient pourtant nécessaire de la prospérité collective. »

« Prendre un virage à droite, qui rappelle celui de Tony Blair avec le parti travailliste, n’a rien d’audacieux, car il sert les intérêts de l’élite économique et politique du Québec, remarque M. Khadir. Ce virage avait valu aux élites britanniques un enrichissement au détriment des plus faibles salariés, qui ont vu les écarts de revenu se creuser. »

« Défendre les syndiqués du secteur public, insister pour qu’on reconnaisse le travail du personnel de la santé et qu’on cesse de les appauvrir risquerait de déplaire à notre élite économique. Le PQ manque cruellement du courage politique nécessaire pour tenir tête à ces puissants intérêts », conclut Amir Khadir.