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LE PQ, UN INSTRUMENT DE RÉCUPÉRATION ET DE DÉVOIEMENT DE LA LUTTE INDÉPENDANTISTE

1ère partie (1968-1992)

dimanche 9 mai 2004, par Bernard Rioux

Le départ

Octobre 67, les positions "souverainistes" de René Lévesque au congrès du Parti Libéral du Québec sont battues largement. Il quitte le PLQ avec un groupe de ses partisans. Octobre 68, le Parti Québécois tient son congrès de fondation. René Lévesque en devient le président.

D’emblée le mouvement nationaliste trouve un personnel politique qui lui donnera sa "respectabilité". L’ensemble des forces nationalistes, si ce n’est quelques forces de gauche, rallient le PQ. Le Ralliement national participe avec le Mouvement souverainiste à la fondation du PQ. Quelques semaines plus tard, le Rassemblement pour l’indépendance nationale se dissout et demande à ses membres d’adhérer au PQ. Rapidement le PQ va se construire comme un large bloc nationaliste et populiste.

Au niveau économique, le PQ se veut interventionniste. "L’État doit adopter comme forme prioritaire d’intervention dans l’économie une extension soutenue du secteur public (entreprises d’État ou mixtes). La solution, Programme du Parti Québécois présenté par René Lévesque, 1970

Au niveau social, il reprend à son compte, une série de revendications démocratiques : ... "égalité de rémunération pour un travail identique, indépendamment du sexe ou du statut familial" ; (La solution, p. 55) ; "impôt sur le gain de capital" (La solution p. 57) ; "tout prélèvement de taxes à la consommation devra être exclus des domaines de consommation nécessaire..." (La solution, p.57) ; "l’accès au syndicalisme pour tous..." ; "instauration de la proportionnelle aux élections" ; "constitution élaborée avec la participation populaire au niveau des comtés et ratifiée par les délégués du peuple québécois réunis en une assemblée constituante..." ; "retrait d’alliances militaires comme NORAD et l’OTAN"... (La solution, p.117)

Par son programme de 1970, le PQ manifestait la volonté de reprendre à son compte une série de revendications syndicales, populaires... Pas étonnant que des secteurs importants des masses, qui aspiraient d’abord à des réformes du système capitaliste, se retrouvent dans ce parti.

Un premier recul

Aux élections de 1970, deux ans après sa fondation, le PQ allait chercher 23.1% des votes et 7 députés. Pour un parti naissant, c’était un succès considérable. Aux élections de 73, le PQ ne fait que 20.2% des voies et fait élire six députés. L’ampleur de la défaite introduit toute une série de débats stratégiques au sein du PQ ? Chez les ex-ministres et ex-fonctionnaires, c’est la consternation... On commence à parler de plafonnement. L’aile droite "technocratique", assoiffée de pouvoir et électoraliste à tout crin... pose au cinquième congrès du Parti en novembre 74, la nécessité de dissocier la lutte pour le pouvoir de la lutte pour l’option. C’est dans ce contexte qu’est introduit la perspective d’un référendum. Il s’agit de se faire élire comme un bon gouvernement et de faire dans un deuxième temps un référendum sur la souveraineté... C’est le début d’une longue glissade sur la pente savonneuse de l’opportunisme électoraliste. La souveraineté est mise pour la première fois en veilleuse... D’instrument de lutte pour la souveraineté-association... le PQ devient prioritairement un instrument de lutte pour un gouvernement "honnête".

L’aile "gauche" au sein du PQ, elle, pose la nécessité de se rapprocher des luttes syndicales et populaires... pour renforcer et élargir sa base sociale. La présence de Lévesque, a côté des leaders syndicaux, lors d’un meeting de soutien aux travailleurs de la UNITED AIRCRAFT est l’expression des pressions de cette aile "gauche".

Ce tournant permettra au PQ de profiter de la montée des luttes, des syndicats, des jeunes, des femmes et des groupes populaires. Cette montée des luttes allait miner le gouvernement Bourassa et permettre au PQ de se construire comme la seule alternative au PLQ. Le PQ est littéralement portée au pouvoir par cette radicalisation populaire contre le gouvernement Bourassa. En 1976, il prend le pouvoir avec 41.4% des voix et fait élire 71 députés.

Le pouvoir et les nouveaux reculs

En mai 1977, le VIème congrès du PQ, s’engage à tenir un référendum sur la souveraineté-association au cours de son premier mandat... Déjà, la direction péquiste commence à prendre des distances vis-à-vis les revendications sociales et nationales alors qu’une grande partie de la population du Québec avait voté pour ce parti dans l’espoir non d’un bon gouvernement provincial mais de changements importants sur les plans national et social.

Malgré que ce congrès ait adopté la revendication pour "l’avortement libre et gratuit", Lévesque dans son discours de clôture affirme que le gouvernement n’est pas lié par les résolutions de congrès du PQ. Ce fait est révélateur à plusieurs égards. Le PQ au gouvernement doit revoir et revoit à la baisse le contenu de son programme. D’autre part, la démocratie interne au sein du Parti s’étiole rapidement et radicalement. Le PQ au pouvoir attire les carriéristes et les arrivistes de tout bord qui occupent de plus en plus de place dans le parti et au gouvernement. Le caucus ministériel développe bientôt un pouvoir absolu dans le parti. Les mécanismes démocratiques internes se grippent. Et le parti, mouvement social se transforme en pure machine électorale. Élu comme bon gouvernement, le premier gouvernement péquiste ne lance aucune campagne sur la souveraineté-association, encore moins pour l’indépendance du Québec... La direction péquiste ne cherche pas à construire sur le modus vivendi créer par sa victoire. Elle cherche à temporiser.

Le gouvernement péquiste, loin de vouloir profiter de la volonté d’en finir avec le fédéralisme, cherche à faire la preuve de sa respectabilité tant devant le gouvernement canadien que devant le gouvernement américain.

Toujours à l’avant-garde des reculades, René Lévesque prononce en octobre 78, à l’assemblée nationale, un discours où il donne son interprétation du trait d’union entre souveraineté et association... "Il n’est pas dans notre esprit, dit René Lévesque, d’obtenir la souveraineté puis de négocier l’association par la suite." (La Presse, 11 octobre 1978.) C’est la proclamation du caractère indissociable de la souveraineté et de l’association. Il précise également dans ce discours, -déjà (eh oui !)-, que le référendum portera sur un mandat de négociation et que si la négociation échoue, on pourra envisager la tenue d’un autre référendum sur la souveraineté après que le PQ ait obtenu un deuxième mandat. Voilà un bel exemple de multiplication des étapes qui deviennent autant de trappes où le but final peut être liquidé.

En novembre 1979, le gouvernement péquiste publie son "Livre blanc" sur le projet de souveraineté association. La question référendaire publiée le mois suivant, demande d’accorder au gouvernement du Québec le mandat de négocier une nouvelle entente avec le reste du Canada. Dans les faits, le PQ renonce à se battre pour la souveraineté-association... pour ne pas parler d’indépendance. Il renonce même à faire reconnaître le droit du Québec à l’autodétermination, le droit du Québec à décider seul de son avenir, car il subordonne tout changement de régime politique à la négociation d’une entente avec l’État fédéral.

Avec une telle question, il n’est pas étonnant, que le référendum n’ait pas donné lieu à aucune campagne de masse, à aucune mobilisation de rue pour la souveraineté du Québec, aucune mobilisation pour dénoncer le fédéralisme. Comme l’écrit Pierre Bourgault dans "Moi, je m’en souviens (p. 109)" : "Les sales tiraient à boulets rouges sur nos positions, et nous leur répondions que nous leur serions reconnaissants de bien vouloir s’associer à notre belle province." Plus loin, il ajoute : "Relisez les journaux parus au cours des trois semaines qui ont précédé le jour du Référendum. Pas une fois, il n’est fait mention d’indépendance et de souveraineté. Les ordres, venus d’en haut, interdisaient qu’on en parlât. Il fallait mettre l’accent sur l’association. " (idem, p.110-111) Pas étonnant que le NON l’emporte au référendum avec 59.56% contre 40.44% pour le Oui, soit 2,187,991 à 1,485 761.

Les fédéralistes, Trudeau en tête, en profitent pour approfondir leur offensive contre le Québec. En octobre 80, Trudeau annonce qu’il va rapatrier la constitution de façon unilatérale.

Les reculades jusqu’à la trahison ouverte

Malgré, l’échec au référendum, le PQ reprend le pouvoir en 1981 avec 49% des voix et 80 députés le 13 avril 81. Il n’a pas eu le temps d’être usé par le pouvoir. Le PLQ n’a pas surmonté sa crise de direction. Ryan n’est pas un leader suffisamment crédible aux yeux de la population.

Pourtant, le gouvernement péquiste, et Lévesque tout particulièrement, interprète les résultats du référendum comme le report à plus tard de la lutte pour la souveraineté du Québec. L’option est mise en veilleuse. Pendant ce temps là, Ottawa procède. On se mobilise contre les attaques fédérales, mais Lévesque lui met au point les conditions en vertu desquelles le Québec serait disposer à se rallier au projet de rapatriement.

L’offensive fédérale a pour effet de radicaliser les bases du PQ sur le terrain national. En décembre 81, le VIIIème congrès décide que les prochaines élections porteront sur la souveraineté. Le congrès biffe "l’association" du programme du PQ. Aussitôt, Lévesque menace de démissionner. Il rejette les propositions du congrès. Il agite des épouvantails sur la présence d’agitateurs au congrès. Il met au point un référendum interne au parti, le fameux "renérendum" pour faire rejeter les propositions adoptées par le VIIIè congrès et faire adopter ses propositions : a. nécessité d’une majorité absolue des voix pour pouvoir déclencher le processus de souveraineté ; b. l’association est remise dans le programme, bien qu’il n’y a plus de lien obligatoire entre souveraineté et association ; c. les prochaine élections vont porter principalement sur la souveraineté, pour dire qu’elle n’en sera pas nécessairement l’enjeu.

Cette reprise en main du Parti par Lévesque marquait la fin d’un processus : Le PQ était définitivement cassé comme parti prétendant lutter pour la souveraineté du Québec. Il était aussi cassé comme parti prétendant lutter pour des réformes sociales importantes. Le conseil national de mars 82 votait à l’unanimité des coupures "aveugles" des dépenses sociales.

Le PQ est alors réduit à une simple courroie de transmission des intentions du conseil des ministres. Les membres n’ont qu’un choix, être les porte-parole des intentions de ministres. Et cela était nécessaire à l’heure où on préparait une offensive majeure contre les travailleurs et les travailleuses syndiqués du secteur public. Le gouvernement péquiste fait adopter la loi 70 qui impose une réduction de salaires de 20% dans le secteur public. Il n’était pas question que les revendications sociales puissent s’exprimer, même de façon déformée, à l’intérieur du parti.

Lévesque conduit le PQ a une position "affirmationniste"

En 1984, la consigne de Lévesque à ces ministres est encore la même. L’option doit rester en veilleuse. La victoire des Conservateurs en octobre 84, crée pour lui une nouvelle situation dans l’État canadien. Lévesque espère encore une fois au renouvellement de la constitution. Il parle du "beau risque". Pierre-Marc Johnson exprime ouvertement dans la presse la nécessité de la révision du programme sur l’enjeu de la souveraineté. En novembre 84, René Lévesque abat enfin son jeu, "la souveraineté n’est qu’une police d’assurance pour notre peuple". La crise éclate au sein du Parti. Depuis un moment déjà, c’est l’hémorragie dans les rangs militants. Le nombre de ses membres est passé de 300 000 en 1981 à 76 000 à la fin de 84. Mais maintenant, des députés démissionnent...

Dans sa lettre de démission à Lévesque, Pierre de Bellefeuille dresse un bilan synthétique accablant pour le PQ : "Et nous, qu’avons-nous fait ? Nous avons permis que se crée au Québec une situation dans laquelle, depuis dix ans, personne ne parle de l’indépendance sauf ceux qui sont contre." (Sauf vot’respect, p.76) Puis le 22 novembre 84, cinq ministres démissionnent du Cabinet : Jacques Parizeau, Camille Laurin, Jacques Léonard, Gilbert Paquette et Denise Leblanc quittent le parti. En janvier 85, le PQ devient officiellement un parti affirmationniste. L’élection de Pierre-Marc Jonhson à la présidence du parti quelques mois plus tard sanctionne cette nouvelle transformation du PQ. Deux mois plus tard, le PLQ remportait une victoire éclatante, avec 98 députés élus contre seulement 24 pour le Parti Québécois.

Le gouvernement péquiste avait préparé systématiquement sa défaite par son évolution politique droitière : -abandon de ses objectifs initiaux sur la souveraineté ; développement d’une politique anti-syndicale et anti-populaire qui a littéralement détruit le bloc social qui l’avait porté au pouvoir ; fonctionnement verticaliste du parti où s’exprimait un mépris ouvert des militant-e-s.

1986 et 1987 sont deux années de luttes internes intenses au PQ entre les affirmationnistes liés à Pierre-Marc Johnson et les souverainistes qui sont restés au Parti. Alors que des petites organisations se mettent en place : le Rassemblement démocratique pour l’indépendance, le Parti indépendiste, les affirmationnistes réussissent à maintenir le domination sur le parti au congrès de juin 87...

La reconstruction du PQ comme parti d’alternance crédible

Mais la domination des affirmationnistes sur le PQ, maintenant dans l’opposition, est bien fragile. En effet, l’abandon de tout projet national mobilisant et l’incapacité du PQ de se définir comme porteur des aspirations sociales de la population conduisaient le PQ vers une véritable débandade. La chute du PQ dans les sondages a alors précipité la crise de leadership au Parti. Les orthodoxes, qui attendaient une défaite de Johnson aux prochaines élections pour reprendre le parti en mains ont bien vu qu’il ne resterait rien à reprendre en mains, si la débandade du PQ n’était pas stoppée et si on laissait un espace ouvert à la social-démocratie et aux forces indépendantistes sur le terrain.

Pour remobiliser et reconstruire le Parti, on fit appel à Parizeau qui attendait son heure. En mars 88, il était élu chef du PQ. La perspective de redéfinir le PQ comme parti clairement souverainiste réussissait à remobiliser une partie des forces souverainistes qui avait quitté le PQ depuis quelques années.

Le 25 septembre 89, Bourassa était reporté au pouvoir. Mais le PQ a fait plus de 40% des votes à cette élection. On peut parler de reconstruction du Parti québécois. Mais cette reconstruction n’est pas la reconstruction d’un bloc nationaliste reprenant nombre de revendications des mouvement syndical et populaire des années 70. En fait, la direction Parizeau a réussi à reconstruire le PQ comme parti nationaliste défendant des positions néo-libérales sur le plan social : soutien à la politique de libre-échange, soutien à l’entrée dans les alliances militaires, soutien à l’intervention américain dans la guerre du Golfe... On est loin du programme de 1970.

La stratégie péquiste : éviter toute dynamique d’affrontement pour ménager les possibilités de négociation avec Ottawa...

La crise constitutionnelle devait de nouveau éclater autour du rejet des accords du Lac Meech qui devaient mourir de leur belle mort le 23 juin 1990. Le comportement du PQ dans cette crise mérite d’être examiné de plus près.

Peu avant que la crise constitutionnelle n’éclate, Parizeau parlait de référendums sectoriels et il émettait même l’hypothèse sur la souveraineté du Québec pourrait se faire seulement durant un deuxième mandat du PQ... La direction Parizeau avait réagi vivement à la tentative de faire adopter par le conseil général du Parti l’hypothèse de faire de la prochaine élection provinciale une élection référendaire qui serait suivi d’une proclamation unilatérale de la souveraineté. Pour la direction péquiste, la souveraineté, ça se négocie, ça ne se proclame pas. Pour arracher le morceau et pour faire adopter sa position, la direction Parizeau dû promettre la tenue d’un référendum durant le premier mandat du Parti.

Avec l’échec des accords du Lac Meech, la montée des sentiments souverainistes dans la population, le développement d’une démagogie nationaliste par le PLQ, le PQ devait s’identifier clairement à la souveraineté. Tout un plan de campagne fut élaboré... à cette fin. La déclaration de guerre à Bourassa suite à la signature de l’accord du Lac Meech s’inscrivait dans cette orientation. Bourassa avait trahi le Québec. Il fallait le dénoncer.

Dès le lendemain de l’échec du Lac Meech, Parizeau opéra une réorientation tactique fondamentale. Parizeau rendit hommage à son premier ministre. Il lui donne son absolution. "Il fallait peut-être qu’il prenne ce risque là, l’Histoire le dira. Il serait facile de juger le stratégies et la tactique mais d’aucune façon je ne veux le condamner." Il ne faut pas oublier, que Parizeau parlait alors de la signature des accords du Lac Meech.

Étranger et opposé à une perspective de mobilisation des masses, Parizeau a refusé de mobiliser son parti pour arracher les mécanismes démocratiques qui auraient permis que s’exerce la volonté populaire. Au lieu de dénoncer Bourassa et d’exiger un référendum le plus rapidement possible, Parizeau a cherché à sauver la face de Bourassa et a conclu une entente avec lui même si Bourassa avait rejeté les unes après les autres les propositions que lui avait fait Parizeau : tenue d’Etats-généraux, tenue d’un référendum avant un an. Au nom de l’unité avec le PLQ, Parizeau a accepté la commission parlementaire non-partisane et itinérante... Il avait pourtant affirmé quelques jours auparavant : "une commission, c’est un bon forum pour étudier un projet de loi, pas pour procéder à une démarche constitutionnelle".

Parizeau est même allé plus loin encore sur le chemin des concessions lorsqu’il a déclaré : "Si le rapport de la commission aboutit à un projet de constitution, le premier ministre aura à décider s’il préfère régler la question parle truchement d’une élection, d’un référendum ou de négociations avec le reste du Canada."

Parizeau a accepté, sans honte, la diminution des canaux d’expression démocratiques de la population... L’attitude unitariste de Parizeau et des péquistes qui l’ont suivi n’a servi que Bourassa. Elle a aidé ce dernier à se draper de vertus nationalistes et à chevaucher les aspirations à l’autodétermination nationale pour mieux les dévoyer.

Le compromis de la Commission Bélanger-Campeau marqua une autre reculade du PQ... Ce compromis a conduit le PQ -et les directions syndicales- à abandonner de facto la lutte pour la tenue d’un référendum en 1991 en échange d’une promesse traîtresse de Bourassa. Tout cela a été désorganisateur et démobilisant. Comme le disait Ghislain Dufour du Conseil du patronat : "On voulait donner une dernière chance au fédéralisme, c’est fait." Bourassa, cynique comme toujours, ajoutait : "à moins d’utiliser une logique d’extra-terrestre, il faut bien interpréter le consensus auquel le PQ s’est rallié comme un appui au renouvellement du fédéralisme."

On voit comment la direction du PQ a dévoyé le potentiel de mobilisation dégagé par l’échec des accords du Lac Meech. Plus encore, que le gouvernement péquiste, sous la direction de René Lévesque, la direction Parizeau craignait comme la peste la mobilisation de la population autour de ces revendications nationales et sociales, elle est encore plus aplaventriste devant le gouvernement de Washington et elle est prête à bien des concessions pour arriver à une nouvelle entente avec Ottawa.

Accorder encore une fois sa confiance à tel parti, c’est se préparer des lendemains qui déchantent.

Bernard Rioux