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La campagne électorale pour les élections législatives allemandes du 27 septembre est marquée par la question des coalitions gouvernementales.

lundi 5 octobre 2009, par Angela Klein


Articles tirés de ’’Tout est à nous’’
hebdo du NPA


Les élections régionales (Thuringe, Saxe et Sarre) et municipales (Rhénanie-Westphalie) du 30 août 2009 ont changé quelque peu le panorama politique allemand (lire ci-dessous). Non seulement la gauche (Die Linke et le parti social-démocrate SPD) a connu des avancées, mais le SPD s’est déclaré ouvert à une coalition avec Die Linke dans la Sarre – donc pour la première fois dans une région de l’Allemagne de l’Ouest (Berlin, gouvernée depuis 2006 par une coalition SPD / Die Linke, est considérée comme une région d’Allemagne de l’Est). Ces résultats inquiètent beaucoup le patronat allemand. En effet, en 2005, l’essor électoral de Die Linke avait empêché la droite de réaliser une coalition CDU/FPD (libéraux) et l’avait obligée à faire une « grande coalition » avec les sociaux-démocrates. Cela pourrait bien se reproduire aux élections législatives du 27 septembre.

La parlement allemand sera dorénavant composé durablement par cinq partis et, pour la première fois, le résultat électoral pourra permettre plusieurs coalitions gouvernementales.

Les augures de la presse bourgeoise imaginent déjà une majorité SPD /Die Linke /Verts au prochain scrutin de 2013. Dans la social-démocratie, une nouvelle génération s’apprête à prendre le relais, se reconnaissant dans des personnages comme Andrea Nahles, Sigmar Gabriel et Klaus Wowereit, l’actuel chef de la coalition SPD/Die Linke de Berlin. Cette génération cherche la coopération avec Die Linke pour arrêter l’hémorragie électorale du SPD alors que les « vieux », qui dominent le SPD aujourd’hui, sont trop imprégnés d’anticommunisme.

Si les effets de la crise, qui vont s’aggraver, entraînent une résistance croissante dans les entreprises et parmi la jeunesse, il est possible que ces mouvements se répercutent sur la représentation politique. Toutefois il est clair que le grand capital s’opposera avec toutes ses forces à un gouvernement dont il ne ferait pas parti.

Encore faut-il gagner une telle majorité et ce sera difficile. Le SPD n’a progressé qu’en Thuringe, ailleurs il stagne. Die Linke a fait un grand bond en Sarre – où Oskar Lafontaine est plutôt identifié dans son pays à la bonne vieille social-démocratie qu’à une alternative de gauche au SPD. Die Linke a très peu progressé en Thuringe et fortement perdu en Saxe. Sauf dans la Sarre, Die Linke n’a pas attiré les abstentionnistes et son écho parmi les jeunes électeurs est plus que modeste. Le nouveau Parti pirate attire beaucoup plus les jeunes, tout comme les Verts, et même les libéraux du FDP.

Une radicalisation politique est en cours dans la société allemande, sur la droite (dont profitent les libéraux du FDP) comme sur la gauche. De plus en plus, une disposition à un changement radical apparaît dans les sondages. Malheureusement, pour la plupart, il n’y a pas d’idée précise sur le contenu de ce changement. Une tâche urgente de Die Linke devrait être de le préciser.

Angela Klein

* Paru dans « TEAN » n° 23 du 24 septembre 2009.


Camouflet pour la droite allemande !

Vendredi 4 septembre 2009

Les résultats des élections régionales en Allemagne, le 30 août, ont provoqué la surprise.

Le parti d’Angela Merkel, la CDU, donné grand vainqueur des prochaines législatives du 27 septembre, a reculé très nettement en Sarre (de 13%) et en Thuringe (de 11,8%), où il a fait respectivement 34,5% et 31,2%.

En Saxe, il stagne à 41%. Les électeurs ont condamné la politique libérale du parti de droite au pouvoir et n’ont pas épargné les socialistes du SPD qui ont appliqué la même politique au niveau national, dans une coalition gouvernementale avec la CDU.

Le grand gagnant de ces élections est le Parti de gauche (Die Linke) qui devance le SPD dans l’ancienne Allemagne de l’Est (en Saxe avec 20,6% et en Thuringe avec 27,4%) et qui recueille 21,3% des voix en Sarre (ancienne Allemagne de l’Ouest).

Un rejet net, non seulement de la politique libérale de la droite, mais aussi de ses alliés au gouvernement.

* Paru dans Tout est à nous ! n°20, 3 septembre 2009.


La jeunesse allemande dans la rue...

Mardi 23 juin 2009

« De l’argent pour l’éducation, pas pour les banques ! » : c’est à ce cri que des dizaines de milliers de lycéens et d’étudiants sont descendus dans les rues des villes universitaires, du 15 au 19 juin.

A Hambourg et à Fribourg, ils ont occupé des agences bancaires pour protester contre les 108 milliards d’euros de cadeaux aux banques, alors que le budget de l’enseignement supérieur plafonne à 18 milliards d’euros.

Les jeunes protestent également contre la suppression d’une année de lycée avant le bac et contre l’introduction de 500 euros de frais universitaires par trimestre. Le gouvernement a répondu par le mépris, parlant de « passéisme », car la RFA doit se soumettre aux décisions prises en 1999, à Bologne, afin de « réformer » les cursus universitaires dans toute l’Europe.

L’action doit se poursuivre et s’étendre aux enseignants, bien qu’ils n’aient pas le droit de grève.

* Paru dans Tout est à nous ! n°14, 25 juin 2009.


Allemagne : après la manifestation du 16 mai contre la crise...

Vendredi 19 juin 2009

Vers une campagne unitaire pour un revenu minimum de 500€ une semaine de travail de 30h et 10€ de salaire horaire ?

100 000 personnes à Berlin à l’appel du DGB (confédération syndicale allemande) : comment faire baisser la pression sans proposer aucune perspective...

La mobilisation des syndicats a en effet été très mauvaise. Quand dans une ville de la Ruhr de 200 000 habitants, l’IG Metall ne réserve qu’une douzaine de billets pour le train spécial, cela illustre bien le fait qu’une grande partie de l’appareil syndical s’est désintéressée de cette manifestation. Ce fut donc le syndicat Ver-di des services qui a assuré la plus grande partie de la mobilisation.

En fait, c’est la pression exercée par les manifestations du 28 mars à Francfort et à Berlin, organisées presque exclusivement par la gauche syndicale et sociale, qui a poussé le DGB à organiser ce rassemblement.

La base était prête

La mauvaise volonté de la bureaucratie était en complet divorce avec la base syndicale, prête à manifester contre la crise, à la condition d’y être sérieusement appelée. Ainsi, de Duisburg devait partir tout d’abord un train spécial puis il en a fallu un deuxième et finalement des bus furent affeétés en plus. Rien qu’à Hagen, 500 manifestants sont allés à Berlin. Avec une mobilisation de cet ordre partout, on aurait pu faire venir 500 000 personnes à Berlin

Mais les dirigeants syndicaux n’en avaient pas l’intention. Ils ne souhaitent pas lutter contre la crise, mais retourner s’asseoir autour d’une table de négociations, pour y signer avec les organisations patronales sous l ‘égide du gouvernement un pacte social visant à mieux répartir le poids de la crise. Ce qui revient finalement à faire payer la crise à la classe ouvrière.

C’est donc derrière une banderole « lutter contre la crise- faire pression- vers un pacte social européen » que le secrétaire général du DGB Sommer, le président du SPD Münterfering et quelques dirigeants des Verts ont défilé. Personne ne pouvait mieux qu’eux incarner cette ligne là.

Heureusement, il y avait aussi d’autres forces, parmi lesquelles un « black block » d’un genre inattendu et très remarqué, celui de la jeunesse de Ver-di, avec ses manifestants habillés en noir. Mais alors que le 28 mars les différentes forces de la gauche politique et anti-capitaliste dominaient, les bouts de cortèges combatifs avec leurs banderoles et pancartes anticapitalistes sont restés isolés, les mots d’ordres de revenu minimum de 500€, de semaine de travail de 30h et de salaire horaire minimum de 10 € défiscalisé tombant à plat dans une manif traîne savates. A côté de Ver-di, il y avait également le parti « die Linke » avec de nombreux drapeaux, mais cela ne suffisait pas pour réchauffer l ‘ambiance. L’entrain de la gauche n’a pas entamé le conservatisme syndical.

Les perspectives

Le 13 juin à Francfort à l’invitation des gauches syndicales et de l’alliance Rhein-Main, une réunion nationale a permis de discuter du contenu et des prochains rendez-vous du mouvement social. Malgré le retrait d’Attac, le lancement d’une vraie une campagne commune sur les mots d’ordre 500-30-10 est à l’ordre du jour.

* Article traduit d’un article du journal du RSB « Avanti », adapté et actualisé par Gérard Torquet et Pierre Vandevoodre.


Allemagne : vers un renouveau du mouvement social ?

Vendredi 3 avril 2009

Six mois après le début de la crise du système capitaliste, Berlin et Francfort, avec deux grandes manifestations de 30000 et 25000 personnes, ont sonné, samedi 28 mars, le réveil du mouvement social. Ce sont là les premiers signes encourageants de la résistance des salariés qui refusent de supporter de cette crise, et les prémices de la reconstruction du mouvement social.

Depuis le début de la crise, les syndicats, qui auraient les moyens de mettre beaucoup de monde dans la rue, sont restés sans réaction. Ils n’avaient même pas appelé à ces deux manifestations. Il est réjouissant de voir que de nombreux syndicalistes ont manifesté sans et même contre leurs directions. Beaucoup d’adhérents du puissant syndicat de la métallurgie, IG Metall, et du syndicat des salariés des collectivités locales et des services publics, Verdi, avaient amené leurs banderoles. Les points forts de cette mobilisation syndicale ont été les Länder du Sud (Bavière, Bade-Württemberg et Hesse), où des unions locales et régionales avaient appelé à la manifestation. L’appel à manifester a mis la pression sur les directions syndicales, qui devront répondre à l’ampleur de ce mouvement . Pour éviter que sa base ne lui échappe, la bureaucratie syndicale du DGB accentuera donc sans nul doute ses efforts de mobilisation pour la manifestation nationale qu’elle organise le 16 mai à Berlin.

Attac et Die Linke ont fortement influencé la préparation de ces manifestations. Mais Die Linke a peu mobilisé, tout en imposant ses deux leaders, Gregor Gysi et Oskar Lafontaine comme orateurs, ce qui revenait à instrumentaliser les manifestants. Un mauvais signal de plus de la part d’un parti qui a pour horizon les élections générales de septembre et le succès qu’elles lui promettent. Tous deux, sans remettre en question le capitalisme, n’ont fait que proposer des solutions pour le réguler.

Lors de ces deux manifestations, on a vu apparaître, portés par un réseau anticapitaliste et repris par une partie des manifestants, les mots d’ordre de 500 euros de revenu minimum (plus coût du loyer et du chauffage), 30 heures de travail hebdomadaire, 10 euros de salaire horaire. C’est une évolution significative, un chiffrage des revendications partant des besoins vitaux, sans se préoccuper de ce que tel syndicat ou tel parti juge « responsable ». Ainsi, le DGB ne veut pas aller au-dessus de 7,50 euros de l’heure, et Die Linke de 435 euros par mois.

La prochaine étape donc est la grande manifestation nationale du DGB à Berlin le 16 mai. L’enjeu pour la gauche syndicale est de réussir à former un bloc important autour de ses revendications (500-30-10), base nécessaire à la reconstruction d’un mouvement social plus combatif.


KLEIN Angela, Correspondant(es)
Mis en ligne le 25 septembre 2009