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La coalition libérale-néodémocrate n’est pas la solution !

dimanche 7 décembre 2008, par Sebastian Lamb

Il est évident que les conservateurs de Stephen Harper on servit avec ferveur les grandes entreprises. Leurs coupures ainsi que leur tentative de maintenir les augmentations de salaire des fonctionnaires fédéraux en dessous de l’inflation et de suspendre leur droit de grève en est encore une fois la preuve. Par contre, le fait que les conservateurs maintiennent une politique agressivement à droite ne veut pas dire qu’une coalition de la droite libérale et du NPD peut être une sorte d’alternative progressiste.


Tiré du site de New socialist group (NSG)
le 3 décembre 2008


Le Parti libéral est un des deux partis historique de Bay Street. Comme Naomi Klein l’a fait remarqué, dans les années 1990 ils « ont continué et approfondit le programme économique néo-libéral de Mulroney. » Ils ont fait « exactement ce qu’Harper vient de faire en utilisant une crise économique pour réaliser un tournant néo-libéral. » Ils ont mis en œuvre l’ALÉNA et supporté la ZLÉA- l’entente dénoncée par des dizaines de milliers de protestataires pour la justice globale à Québec en 2001. Ils ont aussi envoyé les troupes canadiennes prendre part à l’occupation de l’Afghanistan et passer une législation « de sécurité nationale » répressive.

Une des raisons des succès passés des libéraux provient de leur habileté à se faire passer pour un parti favorable aux travailleuses et aux travailleurs et ne pas se faire passer pour le parti des grandes entreprises. Mais ils le sont, et qu’ils soient ou non en coalition avec le NPD ils vont seulement gouverner dans une voie acceptable pour la plus grande partie de la classe capitaliste. Le document de la coalition Un accord politique pour remédier à la crise économique actuelle saute aux yeux : « Cet accord politique est basé sur la responsabilité budgétaire. » Par « responsabilité budgétaire » on entend garder les dépenses gouvernementales dans les limites que les grands capitalistes peuvent tolérer.

Ne faites pas d’erreurs : un gouvernement PLC-NPD sera un gouvernement qui s’efforcera de « gérer l’économie » durant cette crise économique mondiale qui s’empire de plus en plus, cette gestion sera principalement adapté pour aider les entreprises et non pas les travailleuses et les travailleurs ni les sans-emploi.

Dans une coalition avec les libéraux, le NPD sera forcé de supporter des mesures inacceptables. Une coalition libérale-néodémocrate renforcera aussi les éléments les plus conservateurs à l’intérieur même du NPD, ceux qui veulent que le NPD adopte le néolibéralisme de façon plus enthousiaste et qu’il porte moins attention aux travailleurs et aux militants communautaires. Une telle coalition affaiblira le peu qui reste dans le NPD des efforts passé des militantes et militants au Canada pour bâtir un parti politique indépendant de Bay Street.

C’est aussi un danger réel que plusieurs personnes toléreront des politiques gouvernementales attaquant les travailleuses et les travailleurs car elles viennent d’un gouvernement PLC-NPD, plus que si elles venaient du Parti conservateur qui est de façon flagrante pro-patronat. Nous avons vu cela aux États-Unis, où plusieurs personnes avalent les mesures réactionnaires misent de l’avant par les démocrates, mesures qu’ils rejetteraient si elles étaient mises en œuvre par les républicains.

Que devons-nous faire ?

Compter sur un gouvernement PLC-NPD pour livrer ce que le peuple veut est une recette pour la désillusion. Si un gouvernement de coalition est formé (ou s’il ne l’est pas) chaque personne qui croit que le peuple ne devrait pas souffrir de la crise ne doit pas renoncer au besoin de se mobiliser. Il est temps de s’organiser dans les syndicats, dans les groupes communautaires et sur les campus. Il est temps de commencer à planifier des forums où les gens peuvent venir ensemble et discuter des actions pour faire avancer leurs demandes au gouvernement fédéral.

Nous devons construire des campagnes pour demander d’authentiques réformes comme une révision complète en faveur des travailleuses et des travailleurs de l’assurance-emploi, la construction de logements sociaux et un meilleur système publique de transit, le renforcement des pensions publiques, une régulation sévère des émissions de gaz à effet de serre, un statut pour toutes et tous, ainsi que la nationalisation des banques. De vigoureux efforts sont essentiels pour s’opposer à toutes tentatives de pointer du doigt les syndicats et les immigrants comme étant les responsables de la crise et pour appeler un retrait immédiat des troupes canadiennes de l’Afghanistan.

En plus de ces campagnes, c’est aussi une opportunité pour faire de l’éducation populaire concernant le capitalisme. La crise économique peut porter un énorme coup à la confiance dans le système. Plusieurs personnes sont ouvertes à discuter de la crise du capitalisme et des alternatives. Les supporteurs de changements sociaux radicaux ne doivent pas manquer cette opportunité.