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La démagogie de Fournier

samedi 5 mars 2005

Fournier affirmait que la session pouvait être perdue à cause de la grève des étudiants. Il ne sait pas de quoi il parle. Voici pourquoi (tiré de la FAQ de ce site...) :

- Si le ministre décidait d’annuler une session, cela impliquerait : Deux cohortes à gérer dans un cégep

- Deux fois plus de profs

- Deux fois plus de locaux

- Deux fois plus de personnel de soutien, etc. etc.

Cela impliquerait également :

- Des retards d’une session complète dans l’arrivée des diplômes technique sur le marché du travail : plus d’infirmières, de techniciens en génie mécanique, civil, de techniciens comptables, etc.

- Des retards pour les entreprises qui ont besoin de main d’oeuvre qualifiée.

Donc, le ministre est dans le champ ! Il ne peut pas se permettre un tel désordre social et économique.

En quoi une grève construit un rapport de force par rapport au gouvernement ?

Il est effectivement pertinent de se poser la question à savoir si cela fait pression sur le gouvernement du Québec.

La réponse est OUI.

Ce retard dans la session cause des pertes économiques, financières et institutionnelles.

D’une part, une grève reporte la disponibilité des étudiants et étudiantes pour des travaux d’été (des "jobs" d’été). Ainsi, de manière non exhaustive, un centre touristique d’une région donnée, des hôpitaux , le gouvernement et des entreprises perdront leur main d’oeuvre.

Le Parti Libéral du Québec (PLQ) est beaucoup plus proche des entrepreneurs que des syndicats et a donc une oreille attentive aux gestionnaires d’établissement.

D’autre part, les conventions collectives des professeurs stipulent que les employés d’une institution d’enseignement, si pour une raison quelconque (grève, dans ce cas ci), ne peuvent s’acquitter de leurs tâches, doivent quand même être rémunérés. Par conséquent, chaque jour de grève générale représente des pertes énormes pour le gouvernement du Québec.

Pour s’en convaincre, il suffit de diviser le montant total que le gouvernement donne aux cégeps par le nombre total de jours où les cégeps sont ouverts. Le gouvernement donne, annuellement, 1 312 840 000 $ (source : budget du Québec). Les cégeps dispensent au minimum 164 jours de cours. Au plus, ils dispensent 365 jours (une année).

Ça veut donc dire que le gouvernement perd entre 8 000 000 $ (si 165 jours) et 3 600 000 $ (365 jours) par jour de grève générale. Le nombre moyen est d’environ 5 000 000$ par jour de grève. Dans le cas d’une grève de quatre semaines, le gouvernement perd donc 100 000 000$ (100 millions) en salaire et dépenses de "fonctionnement" (chauffage, etc.).

Finalement, les cégeps ont l’obligation de dispenser un minimum de 82 jours de cours par session (source : Réglement sur les études collégiales, section V, article 18). Ce qui veut dire qu’ils doivent, peu importe ce qui se passe et sous peine de poursuite (d’un étudiant, d’un parent, du gouvernement) donner une session de cours. Donc, si une session est annulée parce que la grève a été trop longue, les cégeps ont l’obligation de la reprendre.

De plus, si un étudiant subit un préjudice, il pourrait techniquement poursuivre son cégep pour dommage et intérêt. Ça pourrait représenter des coûts supplémentaires pour les cégeps et, indirectement le gouvernement.

Mais surtout, une session "reprise" implique qu’une institution d’enseignement doit prendre en charge deux cohortes en même temps. Cela impliquerait deux fois plus de profs, deux fois plus d’employés, deux fois plus de locaux, etc. Donc, cela représente une pression énorme.

Évidemment, un grève constitue également un important phénomène social. Cela a un important impact sur le taux d’insatisfaction envers le gouvernement. Ce dernier cherche à se faire réélire et ne souhaite pas être impopulaire.

Bref, le ministre est dans le champ.


(Article tiré du site web www.greve.qc.ca)
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