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La grève de la SAQ, un enjeu de société

Membres de l’UFP-Outaouais

vendredi 21 janvier 2005

Lettre envoyée au Droit et au Devoir

Aucune direction d’entreprise sérieuse ne montrerait un tel degré d’intransigeance pour exiger que la gestion des employés à temps partiel se fasse par succursale au lieu de se faire par division. C’est d’ailleurs ce que croyait, à juste titre, la direction syndicale quand elle a déclenché la grève générale avant Noël. En effet, quelques jours de grève en ce temps de fort achalandage aurait normalement suffi à maintenir le statu-quo sur cette question. Pourquoi la direction de la SAQ demeure-t-elle alors intraitable quitte à envenimer pour longtemps les relations de travail ? Est-ce une question de partenariats publics-privés (PPP) ou de sous-traitance ? La direction dit plutôt vouloir ouvrir de nouvelles succursales.

" Visa le noir, tua le blanc " dit la chanson bien connue. Le gouvernement du Québec, en accord avec les gens d’affaires, a besoin de faire un exemple pour sérieusement affaiblir les syndicats des secteurs public et para-public, le fer de lance du mouvement syndical et populaire au Québec. Le gouvernement libéral cherche en effet à briser les acquis sociaux de la Révolution tranquille. Contrairement, cependant, aux autres provinces canadiennes, la tradition québécoise du Front commun des syndicats des secteurs public et para-public l’empêche d’aller jusqu’au bout de cette logique néolibérale dont le noyau dur est les baisses d’impôt. Il faut dire que le PQ avait bien préparé le terrain en endormant le mouvement syndical avec ses Sommets qui lui ont fait accepter le " déficit zéro ". Le Parti libéral ont ensuite constaté l’effet soporifique de la stratégie péquiste quand, en décembre 2003 puis encore en décembre 2004, il a réussi à imposer la facilitation de la sous-traitance puis les PPP.

Pour commencer à arrêter cette débandade dès aujourd’hui, il faut appuyer les grévistes de la SAQ entre autre en boycottant toutes les succursales de la SAQ, y compris les comptoirs dans d’autres magasins. Dommage que les directions des centrales syndicales, profitant des difficultés du syndicat, monnayent à rabais et sur le tard leur appui tout en étalant leurs divisions plutôt que de s’unir pour appuyer cette lutte importante pour l’ensemble du mouvement syndical.

Sébastien Béland, Marc Bonhomme, David Clément, Armande Duval, Mohamed Ali Khreis, Jacqueline Loiselle, François Marchand, Benoît Renaud, Marie-Élaine Rouleau

Membres de l’UFP-Outaouais