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La répression plutôt que la négociation pour des familles algonquines au Lac Barrière

jeudi 16 octobre 2008

Québec et Canada utilisent la police anti-émeutes, le gaz lacrymogène et la force sur les familles Algonquines non violentes du Lac Barrière . Soumettre par la douleur : "la parfaite description de la politique des Conservateurs à l’égard des premières nations" dit le porte-parole de la communauté.

Kitiganik/Lac Rapide, Territoire Algonquin / - Hier après-midi, le gouvernement Conservateur et du Québec ont utilisé des policiers antiémeutes, des gaz lacrymogènes et des méthodes de soumission par la douleur pour mettre fin à une barricade pacifique érigée par des familles Algonquines de Lac Barrière, plutôt que de négocier tel que demandé par la communauté. La barricade érigée sur la route 117 en Abitibi a débuté à 6 :00 lundi matin. Près d’une centaine de membres de tous âges de la communauté et leurs supporteurs promettaient de rester jusqu’à ce que le gouvernement Conservateur du Canada et Québec honorent les accords signés et la gestion coutumière de Lac Barrière. Aux alentours de 16 :00, une soixantaine d’agents québécois et de policiers antiémeutes ont entouré les familles après leurs repas et, sans avertissement, ont lancé des bombes lacrymogènes, dont l’une d’elles a atteint un enfant directement dans la poitrine.

« Nos demandes sont raisonnables, » a affirmé Norman Matchewan, un porte-parole qui a été victime d’insultes raciales venant d’un assistant du ministre Lawrence Cannon plus tôt dans la campagne électorale. « Nous demandons seulement aux gouvernements de respecter les ententes qu’ils ont signées et d’arrêter s’ingérer illégalement dans notre gouvernance usuelle. Le message que nous avons reçu aujourd’hui est que Stephen Harper et Jean Charest ne veulent même pas jouer selon leurs propres règles. »

« Nous ne tolérerons pas ces violations brutales de nos droits, » a ajouté Matchewan. « Les opérations forestières ne seront pas permises sur notre territoire défini par l’entente trilatérale, et nous continuerons encore plus de faire des actions directes non-violentes. »

Neuf personnes, incluant une femme âgée, une femme enceinte, et deux mineurs, ont été brutalement arrêtées. Pendant qu’une ligne policière bloquait la vue des observateurs humanitaires des Christian Peacemaker Teams, des officiers de police utilisaient de fortes méthodes de soumission sur des manifestants qui s’étaient réfugiés derrière des barils remplis de ciment. Il ont tordu des bras, disloqué des mâchoires, pour les abandonner le visage meurtri et avec des difficultés à respirer.

« Lors de cette seule campagne électorale, les Conservateurs nous ont étiqueté comme des alcooliques et ont dénigré la majorité de notre communauté en les définisant de ’dissidents’ », selon Michel Thusky, un autre porte-parole de la communauté, se référant à une lettre ouverte publiée par le ministre Lawrence Cannon dans un journal régional. « Maintenant, eux et Québec ont choisi la violence plutôt que de respecter leurs propres obligations face à notre communauté. La soumission par la douleur est la description parfaite de la politique autochtone du gouvernement Conservateur. »

Les membres de la communauté du Lac Barrière avaient promis de maintenir la barricade jusqu’à ce que le Gouvernement du Canada honore l’Entente trilatérale de 1991, soit, comme le souhaite par les Nations Unies et la Commission Royale sur les peuples autochtones, un développement durable du territoire et une entente de cogestion des ressources. Pour en finir avec l’ingérence fédérale dans leur gestion territoriale, ils souhaitaient que le Gouvernement du Canada nomme des observateurs pour être témoins d’une nouvelle sélection de la direction en accord avec leur code habituel de sélection, respecte le résultat, et cesse ensuite de s’ingérer dans leur gouvernance interne.