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Le PCQ se sépare de son vis-à-vis canadien

Comité national du PARTI COMMUNISTE DU QUÉBEC (PCQ)

dimanche 19 juin 2005

C’est par un vote unanime de ses membres que la direction nationale du Parti communiste du Québec (PCQ) a finalement décidé de mettre fin à l’association qui existait jusqu’à là entre le PCQ et son vis-à-vis canadien.

Cette décision fut prise en toute connaissance de cause et découle d’un triste constat. Le PCQ ne peut en effet que constater et déplorer le renforcement , au sein du Parti communiste du Canada (PCC), des idées chauvines vis-à-vis du Québec et l’ampleur du fossé existant de plus en plus sur cette question ainsi que sur l’appréciation générale de la situation au Québec.

Un tel constat n’est pas totalement surprenant puisqu’on pouvait déjà discerner depuis quelques temps, au sein de diverses autres courants politiques se disant progressistes et oeuvrant au Canada anglais, une tendance lourde allant dans le même sens. Cela est particulièremnt évident pour le NPD ainsi que pour le Parti Vert du Canada.

On se serait certes attendu à ce que la direction du PCC évite pour sa part de tomber dans les mêmes travers ; malheureusement, cela n’est pas le cas et force nous est de constater que cette tendance, maintenant très claire au sein du PCC, va en s’accentuant.

Le renforcement, au sein du PCC, des idées chauvines vis-à-vis du Québec était particulièremnt flagrant au moment de la lecture de son « message de solidarité » lors du dernier congrès du PCQ. Ce message multipliait à la fois les attaques contre le PCQ ainsi qu’un grand nombre de faussetés et d’arguments de bas étage pour dénaturer la lutte du peuple québécois sur le plan de la question nationale.

Depuis la tenue de ce congrès, qui avait lieu à la fin d’avril, et au cours duquel les déléguéEs refusèrent de plier devant les pressions du PCC, les choses ont continué à se bousculer : refus de reconnaître la nouvelle direction élue du PCQ, refus de reconnaître toutes les autres décisions prises lors de ce congrès, coupure de l’aide financière qui existait jusqu’à là, multiplication des mesures de représailles, etc.

Ces développements constituent, de la part de nos vis-à-vis canadiens, autant de violations de l’autonomie du PCQ.

Cette autonomie était pourtant explicitement garantie dans la constitution du PCC depuis près de 40 ans. Ce n’est pas peu dire. Dans un tel contexte, l’association entre le PCQ et le PCC pouvait difficilement se poursuivre.

Le PCQ tient à souligner comment une telle cassure n’était pas son premier choix et que c’est l’instransigeance de la part de la direction du PCC dans le dossier de ses rapports avec le PCQ qui, en bout de ligne, aura finalement rendu inévitable cette séparation. Nous rejetons les accusations qui sont encore aujourd’hui colportées contre nous par la haute direction du PCC et profitons de l’occasion pour réaffirmer le fait que ces atteintes à notre autonomie et l’attitude plus générale de la haute direction du PCC sont autant d’erreurs graves. Nous espérons que le PCC saura un jour le reconnaître.

Les statuts du PCQ stipulent que l’asssociation qui existait jusqu’à présent entre le PCQ et le PCC, s’appuyait sur un respect mutuel et qu’il s’agissait d’une union volontaire. Qui dit union volontaire, sousentend du même souffle qu’une telle union peut également prendre fin quand l’une ou l’autre des parties se considère floué.

Le PCQ demeure convaincu de l’importance de continuer à rechercher le maximum de coopération entre les forces de gauche au Québec et celles du reste du Canada, y compris entre communistes. Fort de notre propre expérience, et compte tenu de l’évolution des choses, il nous apparaît en même temps important de dire qu’une telle coopération, pour
avoir la moindre chance de fonctionner à l’avenir, devra ésormais s’appuyer sur des relations d’égal à égal.

Voilà en définitive les grandes lignes qui soutendent notre décision concernant le PCC. Nous sommes bien conscients du fait qu’il ne s’agit pas, ici, d’une décision ordinaire et que cela nécessitera d’apporter au sein du PCQ plusieurs changements, entre autres par rapport à nos statuts. Pour cela, et tels que le stipulent nos propres règlements, nous aurons à organiser un autre congrès du PCQ. La date de ce congrès sera décidé ultérieurement.

D’ici là, nous tenons à réaffirmer devant tous nos membres, amiEs et synpathisantEs, notre engagement à respecter l’ensemble des décisions du XVe congrès du PCQ et à continuer à aller de l’avant, notamment en ce qui a trait aux différentes propositions déjà votées et visant à élargir et à consolider encore plus l’influence et la ontribution du PCQ sur la scène politique québécoise.

Nous espérons en même temps qu’un maximum de nos confères et consoeurs, oeuvrant au sein du PCC, au Canada-anglais, sauront aller au de là des réactions émotives prévisibles dans de telles circonstances et qu’ils amorceront, à leur tour et avec le temps, une réflexion en profondeur de tous les éléments qui ont pu cumulé vers cette séparation pour, en bout de ligne, en tirer les meilleures leçons possibles pour l’avenir.

Le PCQ est membre de l’Union des forces progressistes (UFP)
1945 rue Papineau, Montréal (Qc) H2K 4J3
Téléphone : (514) 522-6815
courriel : pcq@sympatico.ca -site Internet : www.pcq.qc.ca
Le Comité national du PCQ
15 juin 2005