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Le Parti québécois : " À droite toute !"

lundi 22 février 2010, par Bernard Rioux


Tiré du site PTAG
mardi 2 février 2010, par Bernard Rioux


Pauline Marois a déclaré vouloir dégraisser la santé et les sociétés d’État. Elle a dit fonder ses positions sur le document intitulé « Des pistes de solution » produit par le Comité consultatif sur l’économie et les finances publiques, qui réunit les plus droitiers des lucides. Ce comité a même soutenu la nécessité de renforcer la concurrence dans le secteur de la santé soit la privatisation.

De plus, elle trouve que les demandes du Front commun syndical sont « un peu trop élevées ». Mais qu’est-ce qui fait courir la cheffe du PQ ? A-t-elle peur que les Joseph Facal, Legault et autres lucides ou rescapés de l’ADQ lancent un parti de la droite musclée ? Fait-elle un tournant préventif ? Ou, plus simplement, se laisse-t-elle porter par une logique néolibérale qui est la seule cohérence que l’on peut déceler dans ses discours et à ses prises de position. Sa déclaration sur le dégraissage de la santé devrait définitivement ouvrir les yeux de ceux et celles qui veulent voir. Le Parti québécois se range résolument à droite… contre le mouvement syndical et les mouvements sociaux.

Pour ne parler que des derniers mois, on se rappellera que le Parti québécois s’est opposé à la loi 40 (légalisant le déficit) en se faisant le défenseur acharné de l’équilibre budgétaire. Pauline Marois n’a pas alors proposé une hausse des impôts pour les plus fortunés. Sa position ne pouvait conduire qu’à un appel à réduire les services publics de façon encore plus drastique que celle envisagée par le PLQ. À l’Assemblée nationale, Charest et autres Bachand qui coupent dans les services et favorisent la privatisation, se sont même payés le luxe de se présenter comme des défenseurs des services publics devant un PQ redevenu un ardent apôtre du déficit zéro.

Les syndicats dénoncent les prises de position de Pauline Marois !

Les syndicats du secteur public ont réagi en dénonçant avec justesse des propos, qui, objectivement, nourrissent les préjugés contre les salarié-e-s du secteur public qui n’ont pas les meilleurs salaires, ni les meilleures conditions de travail, ni une réelle sécurité d’emploi. Ce sont des faits bien établis. En apportant son soutien à la démagogie du Parti libéral du Québec, Pauline Marois ne vise en rien à construire une réelle opposition à Charest. Au contraire, elle cherche à discréditer le mouvement syndical qui est l’épine dorsale de cette opposition. Elle apporte sa contribution à la campagne d’une presse au service du gouvernement et du patronat qui mène présentement une campagne systématique contre les services publics et contre les travailleuses et les travailleurs du secteur public et leurs organisations. Il est plus temps que toutes les composantes du mouvement syndical rompent clairement et définitivement avec un parti politique qui va contre les intérêts les plus immédiats et les plus vitaux des syndiqué-e-s.

Même les responsables du SPQ-Libre sont outrés !

Même le SPQ-Libre, club de syndicalistes oeuvrant au Parti québécois, a trouvé que trop c’était trop. Et il a justement dénoncé les propos de Pauline Marois. Mais leurs interventions n’ont en rien fait bouger la cheffe sur ses positions. Elle les a réaffirmées démontrant qu’il s’agit pour elle de positions réfléchies. Elle adopte une posture conséquemment antisyndicale. D’ailleurs, elle a été soutenue dans cette voie par Nicolas Marceau, critique péquiste en matières de finances publiques. Lui aussi croit que ce sont les salarié-e-s du secteur public qui devraient payer pour la situation difficile créé par une fiscalité inéquitable qui permet aux entreprises et aux plus fortunés d’éviter de payer les impôts qu’ils devraient payer.

Aujourd’hui, le Parti québécois se comporte comme la cinquième roue du carrosse du parti de Jean Charest. Nombre de membres, de militant-e-s et de responsables, sont outrés par de telles prises de position.

Construire une alternative politique est à l’ordre du jour !

Les militantes et militants du mouvement syndical voient clairement que Québec solidaire est le seul parti au Québec qui défende les revendications du mouvement syndical et qui se solidarise avec lui. Son député Pamir Khadir a affirmé soutenir les revendications syndicales et il a dénoncé les offres patronales comme tout à fait insuffisantes.

Il faut définitivement rompre avec le Parti de Pauline Marois qui a déjà une longue tradition d’attaques contre le mouvement syndical et se solidariser avec un parti qui propose de construire une alliance sociale et politique de la population du Québec en défense des services publics. Et ce parti, c’est Québec solidaire !