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Le Venezuela s’attaque au problème alimentaire

dimanche 15 mars 2009


Tiré du site du Nouveau Parti anticapitaliste
15 mars 2009


Prenant sans doute acte des revendications populaires qui ont fait jour durant la dernière campagne référendaire, Hugo Chavez a décidé de s’attaquer de front à l’un des problèmes majeurs de l’économie vénézuélienne, à savoir l’inflation et la pénurie dans le secteur alimentaire.

Il n’est pas rare d’avoir du mal à trouver des produits de première nécessité dans le supermarché du coin, quand dans les grands centres commerciaux où la bourgeoisie fait ses courses les rayons sont pleins de produits de luxe. La raison ? Une pénurie contrôlée par les multinationales qui approvisionnent au compte goutte pour générer du mécontentement.

S’appuyant sur une loi sur la souveraineté alimentaire décrétée il ya six mois et qui renforce le contrôle de la production des entreprises du secteur alimentaires, Chavez a donc décidé d’agir. Ainsi deux usines de riz viennent d’être réquisitionnées par l’Etat bolivarien. La première appartenant à une filiale mexicaine du céréalier mexicain Cargill est situé dans l’Etat de Portuguesa (centre), la seconde est elle la propriété du groupe Alimentos Polar, de la famille Mendoza, l’une des plus riches familles du pays. Chavez en a d’ailleurs profité pour recommander au président de Empresas Polar, Lorenzo Mendoza, de ne pas se laisser emporter par les groupes d’opposition qui tentent de le renverser à tout prix. Il faisait ainsi allusion à la récente rencontre qui à eu lieu en Espagne entre José María Aznar, et les principaux chefs d’opposition vénézuéliens, Julio Borges, Omar Barboza et Luis Ignacio Planas.

Toutefois tout en réquisitionnant ces usines, il serait bon que l’Etat enquête sur les responsables de ces pénuries chroniques. Cette enquête pourrait ainsi être accompagnée de mesure visant à développer dans ces usines le contrôle ouvrier, afin de garantir la bonne marche de la production et de la distribution.

Mais l’entreprise Polar n’a pas été la seule à subir les foudres présidentielles. Dimanche 8 mars, Hugo Chavez a donné deux semaines au groupe mexicain Coca-Cola Femsa, principale société d’embouteillage de sodas en Amérique latine, pour libérer un terrain de Caracas où elle gare ses véhicules. Ce terrain d’un hectare est en effet destiné à la construction de logement à bas prix dans le quartier de Catia à Caracas. Par ailleurs, Chavez s’est dit inquiet de la hausse des prix dans les restaurants, notamment dans les areperas (la arepa, pain de mais fourré, est la base de l’alimentation vénézuélienne). Notant notamment que le coût des hôtels et restaurants avait augmenté deux fois plus en février que le taux d’inflation mensuel, il s’est dit prêt à ouvrir des restaurants pour le peuple afin de contrer cette inflation démesurée.

De Caracas Fernando Esteban.