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Le droit au travail

jeudi 14 octobre 2010, par Gauche socialiste

La déclaration universelle des droits humains de 1948, ainsi que des accords subséquents, reconnait le travail comme essentiel à la vie humaine et au développement individuel et collectif. Loin d’être « dépassé », le travail est une forme privilégiée de participation à la vie de la collectivité et du développement personnel.

Problématique

La déclaration universelle des droits humains de 1948, ainsi que des accords subséquents, reconnait le travail comme essentiel à la vie humaine et au développement individuel et collectif. Loin d’être « dépassé », le travail est une forme privilégiée de participation à la vie de la collectivité et du développement personnel.

En même temps, nous considérons que le droit au travail ne vise pas n’importe quel emploi, mais un emploi de qualité, c’est-à-dire à temps plein et stable, à salaire décent, libre de discrimination, avec protection dans les cas de perte d’emploi, d’incapacité, de vieillesse.

Ceux et celles qui pour des raisons familiales ou de santé ne peuvent participer au travail social doivent jouir du soutien de la société à un niveau digne, offert sous une forme respectueuse et qui favorise leur développement personnel. Même si cette question sera traitée dans le cadre de l’enjeu 3, nous en affirmons ici le principe. Plus généralement, la sécurité économique est un droit fondamental, une condition essentielle au développement humain et à la participation pleine et éclairée à la vie démocratique de la collectivité.

Les politiques néolibérales des derniers trente ans ont eu comme conséquence l’aggravation de l’insécurité des travailleuses et des travailleurs par l’augmentation du chômage (bien au-delà du taux officiel de 8,5%) et par la tendance à précariser les emplois qui existent — augmentation des emplois temporaires, autonomes, à temps partiel, sur appel, etc. Cette insécurité pèse lourdement sur la capacité des travailleuses et des travailleurs à défendre leurs droits et leurs intérêts contre l’offensive patronale et des gouvernements menée sous la bannière idéologique du néolibéralisme.

L’augmentation des emplois précaires pèse le plus lourdement sur les femmes. Selon la FFQ, « Les femmes sont plus pauvres que les hommes à cause du statut de leur emploi. Dans les 20 dernières années, la progression de l’emploi féminin total (tous secteurs confondus) repose principalement sur l’augmentation des emplois précaires de tous types occupés par des femmes. En effet, les femmes occupent la majorité des emplois atypiques, précaires, qui n’offrent pas les mêmes protections sociales ni les mêmes avantages sociaux que les emplois à temps plein. Le temps partiel est la facette la plus connue des emplois précaires, mais ceux-ci incluent plus largement tout emploi non standard, comme les mesures et programmes d’employabilité, le travail temporaire à durée déterminée, le travail avec les agences de placement ou le travail autonome. »

L’obstacle principal à la réalisation du droit au travail est politique : le patronat comprend très bien que la sécurité qu’apporte ce droit aux travailleuses et aux travailleurs ferait pencher le rapport de force, tant dans les entreprises que dans la société, du côté de ces dernières et de ces derniers. Et c’est précisément cela que vise Québec solidaire.

Propositions :

— Engagement prioritaire de QS envers le plein emploi par l’expansion de l’emploi public dans les services sociaux, dans la construction et le maintien d’infrastructures, dans l’assainissement de l’environnement, et dans les secteurs-clefs de l’industrie ; mandat obligatoire de la Banque centrale d’accorder la priorité au plein emploi sur le contrôle de l’inflation

— Adoption d’un indice officiel de chômage qui reflète le vrai état des choses

— Création d’un service d’emploi efficace, avec des programmes gratuits et accessibles de recyclage et d’éducation continue, avec soutien financier et allocations de déménagement pour les travailleuses et les travailleurs qui souhaitent apprendre une nouvelle profession ou assumer un emploi dans une autre région

— Adoption de mesures de discrimination positives et autres pour briser les ghettos d’emploi qui enferment les femmes dans les emplois les moins valorisés et qui ont le moins de responsabilités

— Extension et renforcement de l’application des mesures d’équité salariale

— Inscrire dans la Charte des droits de la personne le « principe d’égalité » afin d’interdire toute disparité de condition basée sur le statut d’emploi

— Obligation des propriétaires de justifier devant une instance gouvernementale des mises à pied importantes et application de sanctions contre les entreprises qui licencient en situation économique favorable ; soutien public par des crédits aux travailleuses et travailleurs qui souhaitent reprendre en coopérative une entreprise qui se ferme

— Limitation stricte du recours patronal au temps partiel involontaire, et droit effectif des employéEs de passage au temps plein

— Interdiction du recours aux agences d’emplois pour combler des postes permanents et régulation stricte de ces agences.

— Modulation des cotisations sociales en fonction de la précarité des emplois offerts

— Le salaire minimum fixé aux deux tiers du salaire médian (présentement : $17 X 66.6 = 11.40) ; renforcement progressif de l’importance du salaire social (services publics gratuits ou subventionnés) par rapport au salaire individuel (monétaire)

— Assurer un revenu de remplacement à toutes et à tous lors de la perte d’emploi qui soit en proportion du salaire gagné et d’une durée permettant de se réinsérer en emploi ; la caisse permettant ces revenus de chômage serait composée des contributions à la fois des employeurs, des employés et d’un pourcentage du PIB, le tout sous le contrôle des travailleuses et des travailleurs ; assurer un revenu de remplacement après épuisement des prestations de chômage qui garantit un niveau de revenu décent

— Assurer l’accès à des revenus de retraite décents pour tous (genre une RRQ universelle)