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Les conservateurs et les droits de la personne : Avancer par en arrière !

mardi 6 avril 2010

Voilà qu’on découvre que les droits sociaux et les droits de la personne peuvent être remis en question par un gouvernement aux idées conservatrices voire rétrogrades.


Tiré du site PTAG
mardi 30 mars 2010, par Gazette de la Mauricie


Éditorial de la Gazette de la Mauricie (édition du 24 mars 2010)

Les gouvernements ne font pas de cadeaux ! C’est vrai en toute chose. Ainsi en est-il des sociaux et de droits de la personne. Ceux-ci sont habituellement l’aboutissement de longues luttes menées, au fil des années, par les citoyens regroupés au sein de d’organisations, voire de coalitions.

C’est le cas notamment des droits de la personne qui , résultats des luttes de différents groupes, notamment les syndicats et les organisations féministes, ont constamment progressé au Canada. La décriminalisation de l’homosexualité avec l’adoption en 1969 du fameux « bill omnibus » et, pour les femmes, le droit à l’avortement suite à une série de décisions des tribunaux en constituent des exemples éloquents.

Ces gains et d’autres ont fait en sorte que, exception faite des conditions de vie des autochtones pour lesquelles il est régulièrement blâmé, le Canada s’est acquis, sur la scène internationale, une réputation enviable en matière de droits de la personne. Mais, plus important encore, les premiers bénéficiaires de cette évolution ont été les gens qui ont ainsi pu échapper à la discrimination, à l’arbitraire et à l’injustice.

Alors qu’on croyait ces droits comme des acquis solides parce que correspondant aux valeurs partagées par la majorité, voilà qu’on découvre qu’ils peuvent être remis en question par un gouvernement aux idées conservatrices voire rétrogrades, tel que nous le démontre le gouvernement conservateur de Stéphane Harper.

Ainsi on a appris que le bureau du ministre fédéral de la Citoyenneté et de l’Immigration, Jason Kenney, bien connu pour sa ferme opposition au mariage gai, était intervenu pour faire biffer du nouveau guide remis aux immigrants qui demandent la citoyenneté canadienne toute référence aux droits des homosexuels. Et ce en dépit de l’avis défavorable d’un haut fonctionnaire à l’égard de cette directive.

Il y aussi cette crise qui perdure au sein de l’organisme fédéral Droit et démocratie. Cet organisme reconnu, ici comme ailleurs, pour la grande qualité de ses programmes et ses interventions. Voilà qu’il s’est vu imposé par le gouvernement Harper des administrateurs qui sont manifestement plus préoccupés par la défense inconditionnelle des politiques israéliennes que par la promotion des droits de la personne. Le zèle démontré par cette faction militante pour infléchir les orientations de l’organisme a provoqué une crise telle que la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), qui regroupe 155 organismes dans le monde, a jugé pertinent d’émettre un avis s’inquiétant d’une situation « qui met en péril le travail de cette organisation ».

Et que dire du dossier Omar Kadr, ce jeune Canadien capturé en Afghanistan à l’âge de 15 ans par les Américains. Dans ce dossier les conservateurs bafouent les engagements internationaux du Canada et ses obligations envers ses propres citoyens. Accusé, sous des éléments preuves vivement contestés, d’avoir tué un soldat américain, le jeune homme n’a jamais eu droit à un procès et a fait l’objet de mauvais traitements. Le gouvernement conservateur a toujours fait la sourde oreille aux nombreux appels pour son rapatriement adressés par une multitude de groupes qui, au Canada, s’occupent des droits de la personne. Même après que les tribunaux aient jugé que l’inaction du Canada dans ce dossier contrevenait à la Charte canadienne des droits et des libertés ainsi qu’aux conventions internationales de protection des droits de l’enfant et contre la torture, le gouvernement a multiplié les mesures dilatoires pour éviter de se conformer à ses obligations internationales et à celles qui lui incombent à l’égard de ses ressortissants.

Le peu de considération démontré par les conservateurs de Stephen Harper pour les droits de la personne, les institutions qui en font la promotion ou celles qui veillent à en assurer le respect démontre à quel point la vigilance s’impose quand il s’agit de droits de la personne. Qu’arrive au pouvoir, avec un agenda caché, un gouvernement réfractaire aux avancées sociales en quelque matière que ce soit, il fera tout en son pouvoir pour nous faire avancer par arrière.