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CHILI

Les prisonniers mapuche mettent fin à 3 mois de grève de la faim

À la suite du retrait des charges sous la loi antiterroriste

lundi 11 octobre 2010, par Antoine Casgrain

Le 9 octobre, les derniers autochtones en grève de la faim ont déposé leur moyen de pression. Le porte-parole des grévistes Jorge Huenchullan a affirmé que « l’accord n’est pas totalement satisfaisant pour le peuple mapuche », mais que la mesure a été adoptée pour des raisons humanitaires.

Si les revendications mapuche n’ont pas été entendues dans leur totalité, les mesures les plus urgentes ont été octroyées. Dans les derniers jours se sont multipliés les intenses pourparlers entre les porte-parole du gouvernement et des organisations mapuche, sous l’égide de l’Église catholique. Le secrétaire général de la présidence a lui-même visité trois prisonniers le jour précédant l’accord.

Le ministre de l’Intérieur, Rodgrigo Hinzpeter, a pour sa part annoncé le retrait de toutes les accusations sous la loi antiterroriste. Les crimes supposés seront requalifiés afin que les procédures se fassent devant des tribunaux civils ordinaires. Les porte-parole mapuche, en partie insatisfaits, reprochent qu’aucune garantie ne soit donnée pour que la loi d’exception soit utilisée à l’avenir.

Après plus de 85 jours de grève de la faim, plusieurs prisonniers d’origine autochtone avaient été transférés à l’hôpital pour surveiller leur critique état de santé. Plus de trente prisonniers d’une demi-douzaine de prisons du sud du pays ont participé à cette grève de la faim. La plupart ont été arrêtés en 2009 lors d’une vague de mobilisation incluant des blocages de routes, des occupations de terres et des incendies de machinerie agricole.

Le gouvernement de l’époque, celui de la présidente Michelle Bachelet, avait réprimé durement la résistance et décidé d’utiliser la Loi antiterroriste contre ses dirigeants. Cette loi, installée par la dictature de Pinochet, a été utilisée systématiquement depuis dix ans contre les militants mapuche. Elle a recours à des tribunaux militaires, permet des témoins anonymes et l’occultation de la preuve à l’accusé, tout en multipliant les peines pour des crimes de droits communs. Au caractère antidémocratique de la Loi antiterroriste s’ajoute le critère raciste de son application, presque exclusivement mise envers les Mapuche.

Le peuple mapuche est la nation autochtone la plus importante du Chili avec près de 600 000. Les Mapuche revendiquent des terres et des territoires, des droits politiques et l’arrêt de l’exploitation capitaliste de leurs ressources naturelles.

Cette semaine prend fin l’une des grèves de la faim les plus longues de l’histoire du Chili. Les Mapuche espèrent que le dialogue entamé avec le gouvernement se poursuive afin de répondre à leurs revendications historiques.

Une campagne internationale efficace

La pression internationale a joué un rôle important pour la cause des prisonniers politiques mapuche. Les médias et le gouvernement chilien ont constamment évoqué la mauvaise image internationale de ces événements.

Soulignons l’action d’appui à la cause mapuche le mardi 5 octobre à Montréal, lors de laquelle l’ancienne présidente Michelle Bachelet a été interrompue lors d’une allocution. Rappelons que Bachelet, aujourd’hui encensée sur la scène internationale pour son progressisme, a permis l’application de la loi antiterroriste et la répression du peuple mapuche sous son mandat.

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