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Les syndicats et la société civile forcent Harper à renoncer au libre-échange avec la Colombie

lundi 15 juin 2009


mardi 9 juin 2009 par Congrès du travail du Canada


Les pressions exercées par le mouvement syndical canadien et les organisations de la société civile ont forcé le gouvernement Harper à retirer la loi sur le libre-échange avec la Colombie du programme législatif - pour le moment.
« Nous n’avons pas gagné la bataille finale sur ce sujet, mais le gouvernement a vacillé, a affirmé le président du Congrès du travail du Canada Ken Georgetti. Nous ne voulons pas que notre gouvernement approuve cet accord de libre-échange avec un pays où plus de leaders syndicaux sont tués que dans tous les autres pays du monde ensemble. »

En novembre 2008, le gouvernement Harper a signé l’accord de libre-échange Canada-Colombie (ALÉCC) et a déposé en mars 2009 la législation visant à ratifier le traité. Des groupes syndicaux et autres ont organisé des pressions politiques vigoureuses et une campagne de défense de l’intérêt publique contre cette entente en raison du passé désastreux de la Colombie quant aux droits de la personne. Les pressions politiques visaient les politiciens de l’opposition. Les députés et députées du NPD et du Bloc Québécois étaient dans notre camp, mais les 77 membres du caucus libéral étaient divisés et le lobby syndical a travaillé avec acharnement pour convaincre les députées et députés libéraux. Le message transmis est que le Premier Ministre Harper a tort quand il affirme que cet accord aura un effet positif sur les dossiers des droits de la personne en Colombie.

Georgetti a déclaré que « les violations des droits de la personne des travailleurs et travailleuses de la Colombie maintiennent les salaires terriblement bas et rendent le pays attirant pour les investisseurs étrangers, particulièrement pour les entreprises canadiennes d’exploitation. Avec de telles conditions, les familles travailleuses de la Colombie ne profiteront jamais de l’activité économique qui pourrait entre engendrée par le libre-échange. »

Les Nations Unies décrivent la situation des personnes déplacées en Colombie comme la pire crise des droits de la personne dans les Amériques, immédiatement après le Darfour, qui est la pire crise au niveau mondial. « Les Canadiens et Canadiennes sont consternés que notre gouvernement veuille faire affaires avec un tel régime, a déclaré Georgetti. Nous continuerons à faire pression contre cette législation aussi longtemps que nécessaire. »

Des accords similaires ayant été bloqués au Congrès américain et au Parlement norvégien, le Canada devient le principal débouché commercial de la Colombie. Le Président Uribe sera au Canada du 10 au 12 juin et le CTC protestera l’accueil au tapis rouge de ce leader d’un régime impliqué dans les meurtres de dirigeantes et dirigeants syndicaux.

Source : Congrès du travail du Canada