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Ministrables et autres arrivistes imposent leur loi au PQ !

La construction d’un parti de gauche n’en devient que plus urgent !

lundi 7 avril 2008, par Bernard Rioux

C’est clair et net, si le Parti québécois se prétend encore souverainiste, il ne se donne aucun moyen et aucune stratégie pour y parvenir. C’est le souverainisme passif et ostentatoire dans toute son impuissante splendeur.

Des indépendantistes avaient déjà compris. Ce parti a renoncé à tout combat véritable pour l’indépendance du Québec. Le Parti québécois est devenu ouvertement, ce qu’il était depuis longtemps de façon hypocrite, le parti de l’alternance provincialiste à Québec. Le militantisme indépendantiste n’a plus cours dans ce parti. L’élite des « ministrables » dont l’électoralisme est la seule conviction et l’espoir de gestion gouvernementale la seule espérance peut triompher en paix. Elle règne désormais sans partage et sans opposition sur la carcasse du Parti québécois.

La direction Marois… envoie à la poubelle les propositions progressistes.

Pauline Marois refuse la nationalisation de l’éolien. La proposition est rejetée. Le gel des frais de scolarité est reconduit… jusqu’à une prochaine conférence où il sera mis de côté affirme Pauline Marois. Cette conférence vise à établir la part étudiante dans le financement des universités, part qui serait indexée au coût de la vie. En fait, Pauline Marois a déjà refusé de s’engager à annuler la hausse de 30 % sur cinq ans décrétée par le gouvernement libéral. Le vote au Conseil national ne signifie donc en rien le maintien du gel de frais de scolarité. Tout au contraire, ce vote organise son abandon.

Ce Conseil national a soutenu l’appui à l’abolition immédiate de tout impôt sur le capital. Marois avait déjà défendu cette orientation. Pour le PQ, le problème n’est pas celui de la concentration de la richesse aux mains des plus riches, il n’est pas celui de cette répartition de plus en plus inégalitaire des richesses, il est celui de créer les conditions de la création de richesses. « « Nous ne pouvons plus continuellement repartager la même tarte de richesse collective. Il faut accélérer la création de richesse », a-t-elle martelé devant un auditoire de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Le SPQ-libre sur le bord de la porte !

La tentative désespérée du SPQ-libre de sauver la perspective référendaire a été écrasée. Leur motion de référendum d’initiative populaire a été complètement balayée. La volonté du SPQ-Libre de soumettre une autre politique que celle du soutien total de la direction Marois à l’entreprise privée par une fiscalité compétitive, c’est-à-dire inéquitable pour la plus grande partie de la population, n’a trouvé aucun écho. Le PQ a quitté la gauche ! Et c’est le tour maintenant à ce qui reste de la gauche de quitter ce parti qui s’assume comme parti néolibéral et autonomiste. Le SPQ-libre doit maintenant reprendre sa pleine liberté politique pour faire un véritable bilan du PQ et sur la nécessité de construire un parti de gauche au Québec. Alors que nombre de responsables du PQ discutent de la façon de le pousser dehors, il est temps de faire preuve de courage politique et de dire haut et fort que les indépendantistes et les progressistes n’ont plus rien à faire dans ce parti qui construit sa plate-forme électorale pour jouer dans les plates-bandes de Mario Dumont.

Le PQ de Pauline Marois n’est pas un parti porteur d’espérance. Il est l’instrument des assoifé-e-s du pouvoir provincial. La construction d’un Parti véritablement alternatif, progressiste, féministe, écologiste et indépendantiste, c’est la tâche de l’heure. Il faut que les péquistes qui ne se reconnaissent plus dans cette reconfiguration du PQ comme parti autonomiste et néolibéral viennent prêter main-forte à Québec solidaire pour construire un parti de type nouveau, un véritable parti démocratique et de gauche dont le Québec a tant besoin.

tiré du site presse-toi à gauche