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Nouveau souffle : Forum Social Mondial 2009 à Belém

vendredi 30 janvier 2009

La réunion du Forum social mondial (FSM) se tient à Belém, principale ville de l’Amazonie au Brésil, du 27 janvier au 1er février.

Notre réseau politique international y est présent et ses militantEs sont pour beaucoup dans l’initiative d’une conférence de la gauche anticapitaliste internationale lors du forum.

Les commentaires ci-dessous de François Sabado nous mettent dans l’ambiance...


Tiré de Rouge n° 2284, 29/01/2009


Belém, 30 janvier 2009 DR

Plus de 100 000 personnes représentant 150 pays étaient attendues au Forum social mondial, avec 4 000 organisations, associations, syndicats et partis. 2 000 conférences et ateliers de débats devaient rythmer la semaine après la grande marche du mardi 27 janvier. Le 28 janvier, devait se dérouler le jour de la « Pan Amazonie ». Cette année, le FSM revient au Brésil, sa terre natale, et il choisit l’Amazonie pour cadre historique, politique, social, culturel de ses travaux. À travers l’Amazonie, le FSM met au centre de ses préoccupations la crise de civilisation que connaissent le système capitaliste et toute la planète. Il souligne la combinaison entre la crise économique et la crise écologique. Il met en accusation les multinationales qui détruisent la forêt amazonienne et dénonce les responsabilités du gouvernement Lula dans sa politique de déforestation, d’agrobusiness et d’agrocarburants.

Une des caractéristiques les plus impressionnantes du forum est la mobilisation des associations indigènes d’Amérique latine, plus de 3 000 Indiens, qui se dressent contre les plans de restructuration et de privatisation néolibéraux, au nom de la défense de leur terre et du « bien vivre », de la recherche d’harmonie entre leurs besoins sociaux et la nature.

Ce FSM est le premier à se tenir depuis le déclenchement de la crise économique mondiale. Il traite de la crise dans toutes ses dimensions, économique, sociale, alimentaire, écologique et climatique. Il intervient après une défaite majeure, politique et idéologique, du néolibéralisme, dont la cohérence des idées a explosé avec la crise. Non seulement celles-ci ont confirmé leur caractère destructeur, mais tous les pouvoirs en place qui les ont soutenues connaissent une énorme crise de légitimité.

Le FSM se situe aussi à un moment géopolitique particulier, avec l’arrivée au pouvoir d’Obama et le sentiment d’un affaiblissement de l’Empire, même s’il porte beaucoup d’illusions. La solidarité avec la lutte du peuple palestinien est aussi un des objectifs en discussion. Tout cela concourt à redonner un nouvel élan au mouvement altermondialiste, qui a connu un essoufflement ces dernières années et peut aujourd’hui rebondir s’il offre des perspectives de résistance et de transformation radicale du système. Et c’est là que rejaillit une série de débats.

La crise pousse aux clarifications. Il est décisif de poursuivre tous les processus liés aux forums sociaux, leur caractère pluraliste, unitaire, marquant la formidable alliance sociale et humaine qui se dresse contre les attaques néolibérales. Mais, en même temps, il faut aller au-delà. Avec la crise globale du système capitaliste, l’antilibéralisme se confond avec l’anticapitalisme. Il faut non seulement des plans de résistance sociale, mais aussi s’attaquer aux fondements même du système : la recherche du tout-profit, la répartition inégale des richesses, la propriété capitaliste, l’appropriation sociale et publique des « biens communs », la nationalisation des systèmes bancaires sous contrôle des travailleurs. Les propositions de toute une aile du mouvement altermondialiste, se limitant à un autre fonctionnement du capitalisme avec plus de régulations publiques, à des propositions pour de nouvelles coopérations Nord-Sud qui ne remettent pas en cause les lois du marché capitaliste mondial, ou à des propositions sociales ou éthiques qui accompagnent un « nouveau capitalisme vert » ne sont pas à la hauteur des enjeux de cette crise.

C’est en ce sens et dans le sillon de ces forums que le NPA, avec le Psol (parti anticapitaliste brésilien d’Heloisa Helena), a pris l’initiative d’une conférence de la gauche anticapitaliste internationale à Belém, afin de faire avancer les relations des organisations et courants anticapitalistes dans le monde. ■

De Belém, François Sabado