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Olivier Besancenot veut « la rentrée sociale permanente »

ZAPPI Sylvia

vendredi 23 novembre 2007

23 novembre 2007

Pour eux, « la lutte continue ». Olivier Besancenot leur a redit, jeudi 22 novembre à la Mutualité à Paris, pour son meeting « de rentrée sociale ». Quelque 2 000 sympathisants étaient venus écouter leur leader. Jeunes et moins jeunes, séduits par le verbe radical du postier révolutionnaire. Des tout nouveaux, comme Geoffroy, professeur des écoles, qui est là parce qu’« il n’y a pas de réponse de la gauche en ce moment ». Ou des anciens qui reviennent, comme Pierre, médecin, pour « faire un tour ».

A la tribune, l’ex-candidat à l’élection présidentielle s’est entouré des représentants du mouvement social. Il y a là Vincent Pelletier, de l’association Aides, mobilisé contre les franchises médicales, Suzanne, étudiante des Jeunesses communistes révolutionnaires, qui se bat « contre la soumission des facs aux intérêts privés », Bruno Giuliani, agent d’EDF qui fustige les directions syndicales qui ont « refusé de créer les conditions de la reconduction de la grève ». Sont aussi présents des mal-logés de la rue de la Banque. Ou encore Natacha Larchat, agent de la SNCF, qui assure que les cheminots ont « semé des grains d’espoir ». Tous sont convaincus d’être la vraie gauche. Celle qui a cru, dès cet été, que « la rentrée sociale aurait bien lieu contre la politique de Sarkozy ». Et qui est persuadée, comme le pronostique M. Besancenot, qu’elle « ne s’arrêtera pas là », parce que des « dizaines de milliers de gens sont en train de reprendre confiance dans leurs propres forces ». Le jeune dirigeant de la LCR prévoit même « une rentrée sociale permanente ».

« UN SACRÉ SOUFFLE »

Pour lui, si Nicolas Sarkozy a pu « marquer des points », c’est « parce qu’il y a une partie de la gauche qui n’est nulle part ». Une gauche – le PS – qui « s’excuse à chaque début de phrase », qu’on « n’entend jamais pendant le mouvement sauf pour dire qu’il est temps de reprendre le travail ». Lui veut répondre à François Hollande, qui aurait raillé les « éternels porteurs de pancartes » : « Certains responsables socialistes devraient réapprendre à le faire parce que ça peut être vachement efficace. » Le public ravi, hue, siffle, les dirigeants socialistes ou syndicaux « qui ont trahi la lutte ». « Il faut une gauche qui soit capable d’aller à contre-courant », martèle le porte-parole de la LCR. « L’heure est venue de faire du neuf à gauche », scande-t-il, et de « regrouper la masse de ceux qui se battent au quotidien ». « Par le bas, il y a un sacré souffle », insiste-t-il.

M. Besancenot rappelle qu’il veut un parti rassemblant les trotskistes, les guévaristes, les libertaires, les syndicalistes et les féministes. Et conclut : « La clé du succès c’est de se représenter soi-même ».
ZAPPI Sylvia
* Article paru dans le Monde, édition du 24novembre 2007. LE MONDE | 23.11.07 | 10h41 • Mis à jour le 23.11.07 | 10h41.