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Pauline Marois ou le retour de l’affirmationnisme !

lundi 15 juin 2009, par Bernard Rioux


tiré de Presse-toi à gauche

mardi 9 juin 2009, par Bernard Rioux


Pauline Marois redécouvre à son tour l’affirmationnisme. Vous vous rappelez Pierre-Marc Johnson et son projet d’en finir avec la souveraineté au PQ. Son affirmationnisme n’a pas fait long feu. Alors les Marois et Cie, qui ont un bagage historique certain, n’allaient pas répéter la même erreur. Il fallait se débarrasser de l’option tout en affirmant qu’il s’agissait de préparer le terrain à la tenue d’un référendum et que la souveraineté demeurait un objet lointain, mais essentiel.

Le nouveau plan Marois c’est le plan de la gouvernance… provincialiste !

Le programme de politique Marois, c’est le programme de la gouvernance provincialiste. Fini le programme de 2005. Finie la tenue d’un référendum dans une échéance prévisible ! L’intervention du peuple souverain est reportée aux calendes grecques. Les technocrates et autres ministrables péquistes vont enfin avoir les mains libres pour devenir les gestionnaires tranquilles d’un gouvernement provincial. S’il s’agissait de rompre définitivement avec la mobilisation et la souveraineté populaire, Pauline peut affirmer fièrement, mission accomplie !

Une cheffe toujours prête à composer avec le fédéralisme canadien

Le plan de Pauline Marois est un autonomisme qui s’assume, mais qui refuse de dire son nom. C’est un autonomisme prudent, timide, édenté qui ne dresse aucune liste des pouvoirs à rapatrier. Même la perspective de référendums sectoriels est mise de côté laissant sans doute trop de place à l’intervention populaire. Ce plan (!) ne présente pas l’ombre d’une stratégie pour la construction d’un rapport de force capable de briser l’intransigeance fédérale qui est toujours au rendez-vous quand il est question de donner plus de pouvoirs au Québec.

Sans perspective d’un rapport de force à créer, sans volonté de rupture, le Plan stratégique de Marois se fixe le glorieux objectif d’assumer les pouvoirs de la province reconnus par la Constitution canadienne. Et elle ose affirmer avec une naïveté feinte : « Si le gouvernement canadien n’est pas capable de respecter sa Constitution, on a un problème. » En effet. Et voilà le PQ transformé en défenseur de la Constitution de 1867. Misère. Comme perspective de combat national, on a déjà vu mieux !

Le plan prévoit faire de la recherche de la primauté de la langue française un objectif, mais il laisse entendre que cet objectif sera possible sans casser l’empire de la Cour suprême du Canada sur le Québec. Et tout le reste est à l’avenant.

La souveraineté reste l’ultime objectif affirme, Pauline Marois. L’ultime dans le sans de dernier sans doute. Pauline Marois nous sert une nouvelle mouture de la stratégie des conditions gagnantes ! La mouture la plus surprenante : celle qui propose la défense de l’application de l’Acte de l’Amérique du Nord Britannique comme l’étape actuelle d’une nouvelle théorie des étapes… reprenant celle de Zénon d’Élée, vous connaissez ? Avant de franchir une distance, il faut d’abord en franchir la moitié et ainsi de suite. C’est ainsi qu’il démontrait que le mouvement n’existait pas.

Au surplace perpétuel consacré à l’aménagement du fédéralisme canadien, voilà à quoi Pauline Marois convie les péquistes. C’est le temps que les indépendantistes qui restent au PQ quittent ce navire en perdition. Un accueil positif à un tel renoncement leur ferait perdre toute dignité !