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Pologne : « Nous ne payerons pas votre crise ! »

mardi 31 mars 2009

« Nous ne payerons pas votre crise ! » — c’est sous un tel mot d’ordre qu’ont protesté le jeudi 26 mars 2009 dans les rues de Varsovie les représentants des syndicats regroupant les mineurs, les sidérurgistes, des employé(e)s des supermarchés, les ouvriers des chantiers navals et les travailleurs des secours d’urgence médicale.


Tiré du site INPRECOR

http://www.inprecor.fr/article-inprecor?id=684


« Nous ne payerons pas pour votre crise ! », « Viens, protestes avant qu’il ne soit trop tard, Dis non avant qu’ils ne te prennent tout ». Affiche d’appel à manifester le 26 mars 2009 du syndicat libre polonais « Sierpien 80 » (« Août 80 »)

La manifestation a réuni plus de 3 000 manifestant(e)s à l’appel du syndicat libre « Août 80 », du Syndicat national des travailleurs des secours médicaux (KZZPRM) et du Syndicat polonais des travailleurs des services de secours (OZZPSR). Les manifestants rassemblés devant le Ministère de la Santé ont parcouru les rues de la capitale polonaise jusqu’au Ministère de l’Économie, où des pneus ont été brûlés, des pétards ont éclaté et un meeting fut tenu.

« Nous protestons contre la politique du gouvernement qui ne lutte pas contre la crise, mais lutte contre les salariés. Nous sommes prêts à engager cette lutte. Aujourd’hui tout le monde sait qu’il n’y a pas de miracles, ni en Irlande ni en Pologne. Il n’y aura pas d’accord pour que cette politique soit poursuivie. Nous protestons contre la baisse des salaires, contre la détérioration des conditions de travail et contre les licenciements » — disait Boguslaw Zietek, président du Syndicat « Août 80 » et du Parti polonais du travail, que ce syndicat construit. Il a ajouté que la mobilisation est aussi orientée contre les « arrangements dans le Ministère de la Santé », qui frappent les malades et conduit à la privatisation du service de santé.

« Ce qui se passe actuellement dans le secteur de la santé en ce qui concerne le service public de secours d’urgence est inacceptable. On autorise des opérateurs privés à réaliser des prestations de services de secours d’urgence alors que dans de nombreux cas ils ne remplissent pas les conditions pour le faire », expliquait Robert Szulc, dirigeant du KZZPRM. Il ajoutait : « Nous sommes ici pour dire à Mme la Ministre que le secours médical doit être public, comme le sont la police, les pompiers ou la justice. Il y a des secteurs de l’économie qui ne peuvent être privatisés. Nous avons été trompés, vendus et la manière dont Mme la Ministre nous a traités démontre, qu’elle n’en a rien à faire d’un véritable secours médical ! » Les secouristes exigent l’arrêt de la « privatisation sauvage » des centres de santé, l’interdiction des prestations de services publics ouverts à des prestataires privés, la formulation de principes clairs pour les contrats de secours médical et l’arrêt de la liquidation des écoles qui forment les secouristes.

« Notre droit, c’est le droit du travail ! » scandaient les manifestants. « Le printemps arrive, c’est le printemps des peuples, qui balayera ce gouvernement. C’est une mauvaise idée que nous, qui n’avons pas grand chose, devrions partager avec ceux qui ont tout. Et ce qu’ils ont, ils nous l’ont volé ! », disaient les dirigeants syndicalistes. « Ces patrons qui ont perdu des millions en spéculant sur les actions doivent partir » répondaient les militants. « Nous avons produit des centaines de millions de profits dans les mines l’an dernier et aujourd’hui on nous dit que les augmentations de salaires sont impossibles » expliquaient les mineurs. « Mais les patrons se sont accordés des augmentations ! Si ce gouvernement croit, que nous ne serons pas capables de gagner nos augmentations, il se trompe ! »

A la fin les orateurs se sont adressés à la police, groupée devant le Ministère de l’Économie : « Ne craignez rien, à vous aussi ils vont vouloir prendre tout ce que vous avez ! »

Des grèves sont en cours de préparation ou ont déjà commencé dans les mines de charbon, les services de secours d’urgence, les supermarchés… Le gouvernement ultra libéral de Donald Tusk perd chaque jour plus de légitimité. ■