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Retour sur les partielles

mercredi 14 mai 2008

Mardi 13 mai 2008

Trois circonscriptions électorales sur les 125 que comptent le Québec étaient en élection ce 12 mai. À Bourget, Hull et Pointe-aux-trembles, Le PQ et le PLQ conservent leur chasse gardée. L’ADQ se ratatine conjoncturellement, payant ainsi son incapacité à se démarquer avec crédibilité d’un gouvernement médiatique qui dit une chose et fait le contrainte.

Les candidat-e-s de Québec Solidaire ont réussi des campagnes militantes malgré l’intérêt relatif de la population pour ce scrutin. Citons : le projet de gratuité scolaire de la maternelle à l’université, la défense des transports publics à Montréal face au "tout automobile" prôné par le gouvernement, la nécessité d’une augmentation de salaire minimum à 10$ de l’heure, la défense intransigeante d’un système de santé public.

Bill Clenett a frisé les 10% à Hull et il est apparu comme un militant de longue date en faveur des droits sociaux, présent sur tous les terrains. Marie Josèphe Pigeon (1,6%), candidate dans Pointe-aux-Trembles a appuyé le boycott de Pétro-Canada, en solidarité avec 264 travailleurSes en lock-out depuis le 17 novembre 2007. Elle a condensé le projet social de QS autour d’un projet de constituante pour un Québec souverain. Gaétan Legault (4,4%), mécanicien de métier, écologiste, membre de la coalition pour humaniser la rue Notre-Dame, a su représenter un antidote à la professionnalisation élitiste de la politique.

Ces résultats sont encourageants. Les verts réalisent des scores intéressants. Ils ont su à Montréal présenter un projet intégré sur l’ensemble de la ville notamment sur la question des transports en commun. Cependant, par bien des aspects, le projet du parti s’appuie beaucoup sur le principe des écotaxes : je pollue mais je paie. Principe qui a déjà montré ses limites ici ou ailleurs.

Mais dans l’ensemble, le climat politique est assez morose. Les classes populaires apparaissent assez désabusées, ce qui s’explique si on lit un article récent de Jacques Rouillard sur le 1er mai. Il signale ainsi que sur la longue période, les 25 dernières années, les salariéEs qui forment la majeure partie de la population active n’ont pas vu leur pouvoir d’achat augmenter. Le salaire réel hebdomadaire ou horaire moyen dans l’ensemble des industries a même légèrement diminué depuis 83.

Si on ajoute que le temps de travail a faiblement diminué depuis 25 ans, que le travail précaire est passé de 16,7% en 1976 31,3% en 2001, alors que le PIB et la productivité croissaient, on comprendra que la machine à faire des inégalités a tourné à plein régime. Les riches deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres comme le confirme une récente enquête de statistique Canada.

Tout ceci est le résultat des politiques néolibérales menées par les classes dominantes et on sent tout de même ces dernières années une certaine colère populaire émerger : les mobilisations féministes, le sommet des Amériques, la grève étudiante de 2005… Il manque, c’est vrai une combativité d’ensemble et un projet politique de lutte. Mais si on louchait avec Québec Solidaire, sur l’Amérique du sud, du côté de l’Équateur, de la Bolivie et du Vénézuela, on verrait au travers de la démarche de constituante de ces pays-là, des outils à même de réfléchir la construction d’ un autre Québec, écosolidaire, féministe et démocratique.

1- voir les communiqués de Québec Solidaire sur son site

2- Fête des travailleurs le 1er mai - Y a-t-il de quoi fêter ?
par Jacques Rouillard

3- enquête de statistique canada