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Sur le budget et les réactions syndicales

mardi 31 mars 2009, par Bernard Rioux


Tiré du site Presse-toi à gauche
24 mars - Bernard Rioux


"Le budget du gouvernement Charest ne cherche qu’à se porter au secours des entreprises privées. Il refuse d’investir directement dans des entreprises publiques vouées à répondre aux besoins sociaux de la majorité. Il maintient tout juste les budgets de l’éducation et la santé. Il laisse toute leur place aux partenariats public-privé. Il ne livre rien pour l’environnement."

La présidente de la Confédération des Syndicats Nationaux (CSN), Claudette Charbonneau, relève avec satisfaction certains aspects économiques du budget. C’est le cas notamment de l’augmentation des liquidités disponibles pour les entreprises et des mesures de formation des travailleurs. Elle en rajoute en disant qu’il y a de l’imagination dans un certain nombre de mesures.

Toutefois, elle s’inquiète de l’avènement d’une nouvelle série de compressions budgétaires qu’elle appréhende pour les services publics. On ne se cachera pas la réalité, c’est l’annonce d’un trait de compressions extrêmement importantes. « Nous saluons un des budgets les plus interventionnistes des dernières années. Particulièrement les sommes additionnelles destinées au Pacte pour l’emploi, à la sylviculture et à la recherche et au développement de nouvelles technologies », de souligner la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau. La critique est pour le moins nuancée.

Pour sa part, le président de la Fédération des travailleuses et travailleurs du Québec (FTQ) et président du conseil d’administration du Fonds de solidarité FTQ, Michel Arseneault, souligne à quel point le Fonds est considéré comme un acteur influent de l’économie québécoise. Dans ce budget, dit-il, le Fonds de solidarité participera notamment aux partenariats technologiques de 150 millions de dollars avec la Caisse de dépôt et de placement. De plus, il participera à des fonds d’urgence avec le gouvernement pour sauver les entreprises. Le Fonds de solidarité va également contribuer à un troisième fonds pour favoriser le démarrage de nouvelles entreprises avec Investissement Québec. Bref, avec ce budget, il est question d’un investissement total de 535 millions de dollars pour le Fonds. Et le président de la FTQ d’ajouter : « On le fait avec beaucoup de fierté… car il faut traverser une crise ensemble, on est à l’heure de la solidarité financière ». Toutefois, le président de la FTQ n’aime pas les hausses annoncées des tarifs et de la TVQ. Il a déclaré à la Presse canadienne qu’il aurait préféré qu’on aille chercher de l’argent chez les plus riches. Ici le soutien enthousiaste trouve à tout le moins un bémol.

Solidarité syndicale et populaire ou solidarité financière

Pourtant aucune des mesures annoncées dans ce budget du gouvernement ne prend la mesure de la gravité de la crise et ce n’est pas les argents publics ou des travailleurs et des travailleuses versés aux entreprises qui sont le garant de la reprise. Le budget n’a pas annoncé d’investissements sociaux significatifs comme le réclamait Claudette Carbonneau dans son discours à l’ouverture du Conseil confédéral de la CSN, une semaine avant le dépôt du budget. Le budget n’annonce aucun plan de relance énergétique des économies propres et renouvelables qui aurait pu avoir des effets multiplicateurs importants. L’économie du Québec va poursuivre son déclin et elle mettra plus de temps encore à se remettre de la récession.

Développer l’accès au capital de risque et soutenir les capacités d’emprunt des entreprises alors que les conditions actuelles ne sont pas propices aux investissements parce que la demande des biens et des services s’effondre sous la pression patronale après un grignotage qui s’est étendu sur de longues années, ce n’est en aucune façon une voie sérieuse pour faire face à une crise d’une telle ampleur.

Soyons clairs ! Le budget du gouvernement Charest ne cherche qu’à se porter au secours des entreprises privées. Il refuse d’investir directement dans des entreprises publiques vouées à répondre aux besoins sociaux de la majorité. Il maintient tout juste les budgets de l’éducation et la santé. Il laisse toute leur place aux partenariats public-privé. Il ne livre rien pour l’environnement.

C’est d’une solidarité populaire agissante dont les travailleuses et les travailleurs ont besoin. Ne faudrait-il par prendre au sérieux le fait que le patronat et les gouvernements à leur service font tout pour socialiser leurs pertes et garder un caractère privé à leurs gains. Devant un tel projet, il est urgent de bien définir les alliances qu’il faut nouer. Ce sont eux les responsables de cette crise. Il faut le réaffirmer haut et fort. C’est contre le projet capitaliste de sortie de crise sur le dos des classes laborieuses qu’il faut construire un front de résistance populaire.