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Transformer l’économie pour qu’elle soit au service du bien commun

jeudi 14 octobre 2010, par Gauche socialiste

La société actuelle est marquée par la combinaison de crises globales : financière, économique, écologique-climatique, alimentaire...

Démocratisation de l’activité économique

La société actuelle est marquée par la combinaison de crises financière, économique, écologique-climatique, alimentaire... Dépasser la situation actuelle suppose des changements fondamentaux de nos rapports à la nature, dans l’utilisation des ressources, dans nos choix sociaux de production et de consommation et le développement d’une véritable démocratie citoyenne sur le terrain économique.

Cette approche démocratique visera à définir collectivement les biens de consommation à produire, leur quantité et leur nature, les types d’énergie à employer pour leur production, les types de consommation à privilégier, les niveaux de réduction de consommation d’énergie et de biens à établir, la transformation des modes d’habitat, de transport des marchandises et des personnes, la relocalisation de la production dans une logique des dépenses d’énergie, l’élimination d’une série de productions qu’on peut identifier à du gaspillage (production d’armements, publicité, productions à obsolescence planifiée…) la diminution du temps de travail pour rompre avec les surproductions en tout genre. La nécessaire transformation culturelle des modes de consommation est inconcevable sans que la population ait un pouvoir collectif réel sur les choix de ce qui est produit.

A. Viser l’appropriation sociale des entreprises clés des secteurs stratégiques de l’économie

Pour créer les bases d’un pouvoir réel de la majorité populaire sur les grandes décisions économiques, il sera nécessaire de :

• Nationaliser de façon démocratique et citoyenne (ou appropriation sociale) de grandes entreprises de certains secteurs stratégiques (ressources naturelles, énergie, transport, télécommunications, banques, production pharmaceutique)

• Mettre en place, dans ces entreprises publiques, un mode de gestion démocratique permettant la participation active des travailleurs, des travailleuses et de leurs syndicats ainsi que des représentant-e-s de différents organismes des régions et des localités à la gestion.

B. S’assurer d’une réappropriation démocratique des ressources naturelles

Les ressources naturelles (eau, mines, forêt...) sont des biens communs. Elles ne peuvent être laissées aux mains d’intérêts privés obsédés par les seuls rendements et leur enrichissement. Le bien-être de la collectivité et la régulation écologique nécessitent

• la socialisation des ressources naturelles pour éviter leur épuisement et/ou l’envolée de leurs prix.

• Il faut donc réclamer la réappropriation réelle de ce bien collectif que sont nos ressources naturelles.

Cela ne peut passer par la simple demande de redevances à des entreprises privées qui restent libres d’en disposer. Il ne s’agit pas seulement de faire des richesses naturelles un bien public, mais de créer les entreprises publiques pour permettre cette socialisation et assurer l’appropriation sociale des grandes entreprises de ces secteurs.

Les salarié-e-s, les usagers, les associations environnementales touchées par les impacts du fonctionnement de ces entreprises, les pouvoirs publics doivent avoir le mot à dire sur les règles d’usage ou de non-usage des biens communs. C’est à l’ensemble des citoyennes et citoyens par la délibération démocratique d’établir quels critères privilégiés dans la prise de décision économique sur l’exploitation ou le refus d’exploiter les ressources naturelles.

C. Socialiser le système bancaire pour se donner les moyens de la transformation démocratique et écologique de l’économie

Le secteur financier, ce sont les épargnes de la collectivité, un bien commun indispensable pour réaliser les projets qui permettront de rompre avec la domination du capital privé. La socialisation du système bancaire a été mise à l’ordre du jour par la crise financière que nous venons de connaître. La crise a démontré que ce secteur ne peut fonctionner sans que l’État agisse comme prêteur, garant, en dernier ressort. C’est pourquoi il ne faut pas le laisser entre les mains du secteur privé qui s’est montré incapable de la gérer dans les intérêts de la collectivité. Il faut donc :

• Créer une banque centrale québécoise responsable d’instaurer et de gérer une monnaie québécoise afin d’encadrer la socialisation des institutions financières et se donner les moyens de financer les activités socialement et écologiquement utiles, choisies démocratiquement, créatrices de bons emplois.

• Favoriser la création des banques publiques coopératives en remplacement des banques privées qui utilisent les épargnes de la population pour spéculer et développer des projets antisociaux et antiécologiques.

• Pour dépasser la logique des nationalisations technocratiques, cette appropriation doit être placée sous le contrôle des salarié-e-s et de la population.

D. Instaurer un moratoire sur la dette publique

La politique fiscale des gouvernements néolibéraux est le principal responsable de la dette publique. Pas question de payer deux fois ceux qui se sont enrichis grâce à des abris, exemptions et niches fiscales de toutes sortes.

• Établir un moratoire sur la dette publique

E. Réformer le système d’imposition

• Instaurer un impôt sur la richesse sous forme d’impôt sur le patrimoine.

• Réinstaurer la progression de l’impôt des particuliers par l’ajout de paliers d’imposition

• rétablir la taxe sur le capital et éliminer les mesures d’évitement fiscales

• instaurer un revenu maximum par la confiscation de tous les revenus qui dépassent un certain seuil pour s’attaquer aux inégalités qui s’approfondissent dans notre société.

F. Développer la volonté du contrôle citoyen sur l’épargne publique.

Pour ce faire, il faut, comme parti,
favoriser la mise en place d’une coalition syndicale et populaire composée des travailleuses et travailleurs des banques et d’organisations de consommateurs et d’usagers des institutions financières ayant pour fonction d’organiser la surveillance des spéculateurs et de favoriser des comportements collectifs au niveau de l’épargne.