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Une réaction préliminaire aux propositions du ministre Couillard

Communiqué de Québec Solidaire

dimanche 19 février 2006

Montréal, le 16 février 2006 - Québec solidaire salue la volonté du ministre Couillard de préserver l’étanchéité entre les pratiques médicales privée et publique. Cependant, le nouveau parti politique s’inquiète de l’instauration de cliniques privées affiliées et de l’introduction, même partielle, de l’assurance privée pour des soins de santé.

Les délais d’attente : un problème réel mais une solution inadéquate

Le ministre Couillard propose de recourir à des cliniques privées affiliées pour pratiquer certaines opérations telles des chirurgies de la hanche, du genou ou pour des cataractes. Pourquoi des cliniques privées ? Pourquoi ne pas privilégier des cliniques chirurgicales spécialisées sans but lucratif (qui ont fait leur preuve dans des projets pilotes au Canada), ou coopératives, par exemple ?

Il est à parier que ces cliniques s’installeront surtout dans les grands centres. Dans ce cas, les personnes qui habitent en région n’y auront pas accès. Enfin, l’introduction de ces cliniques ne résout en rien le problème de l’accès à un médecin de famille, problème épineux entre tous pour une bonne partie de la population.

L’ouverture aux assurances privées

Québec Solidaire s’oppose à l’ouverture à l’assurance privée et au financement public des cliniques affiliées privées, car les expériences étrangères démontrent que ce recours ne constitue en rien une solution aux délais d’attente.

Seuls les traitements en cardiologie et en oncologie sont soustraits de la possibilité de souscrire une assurance privée. Ce groupe de patients à haut risque est de toute façon peu rentable pour les compagnies d’assurance.

A court terme, le ministre ouvre la voie aux assurances privées pour des chirurgies de la hanche, du genou et pour les cataractes. De plus, la possibilité que le réseau public achète ces services dans des cliniques privées au-delà des 9 mois d’attente permet à des médecins non-participants d’être financés par le système public. Ceci viole l’étanchéité entre les pratiques publique et privée que le ministre dit vouloir maintenir. De plus, rien n’est prévu pour empêcher que cette brèche ne s’élargisse.

Un débat nécessaire sur le système de santé

Le ministre Couillard dit vouloir élargir le débat au financement du système de santé au cours de la consultation prévue au mois d’avril. Cette consultation est trop courte pour permettre un débat nécessaire ou la population devrait avoir le temps d’être entendue.