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		<title>KOSOVO : Quel avenir apr&#232;s l'ind&#233;pendance ?</title>
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		<dc:date>2008-05-13T01:14:35Z</dc:date>
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		<dc:creator>Adam Nov&#225;k </dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Le Kosovo qui vient de d&#233;clarer son ind&#233;pendance se retrouve devant de nombreux d&#233;fis. Bien que l'on porte surtout attention aux conflits potentiels avec la Serbie et les implications g&#233;opolitiques plus larges, d'autres enjeux se pr&#233;sentent d'une mani&#232;re dramatique pour le nouveau pays. Car le Kosovo est assis sur une sorte de vide &#233;conomique.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Adam Nov&#225;k est le correspondant d'Inprecor &#224; Bratislava (Slovaquie). Il a r&#233;alis&#233; des reportages en ex-Yougoslavie et au Kosovo.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Kosovo qui vient de d&#233;clarer son ind&#233;pendance se retrouve devant de nombreux d&#233;fis. Bien que l'on porte surtout attention aux conflits potentiels avec la Serbie et les implications g&#233;opolitiques plus larges, d'autres enjeux se pr&#233;sentent d'une mani&#232;re dramatique pour le nouveau pays. Car le Kosovo est assis sur une sorte de vide &#233;conomique. La population globalement pauvre vit des envois de l'immigration, des subsides de la communaut&#233; internationale et des divers trafics qui abondent sur le territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le pays le plus pauvre de l'Europe. Le PNB par t&#234;te est de 1 300 dollars annuellement, soit l'&#233;quivalent du Ghana ou du Burkina Faso. Ce qui repr&#233;sente moins de 10 % du PNB des pays les plus pauvres de l'Union europ&#233;enne comme la Bulgarie et la Roumanie. En fin de compte, le niveau de vie actuel au Kosovo est inf&#233;rieur &#224; ce qui pr&#233;valait dans le territoire &#224; l'&#233;poque o&#249; il faisait partie de la Yougoslavie en 1989.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le Kosovo faisait partie de la Yougoslavie, il &#233;tait d&#233;j&#224; le territoire le plus pauvre de la f&#233;d&#233;ration. Son PNB repr&#233;sentait &#224; peine 10 % de celui de la Slov&#233;nie, la partie la plus riche du pays. Mais &#224; cause du syst&#232;me de redistribution qui pr&#233;valait dans la f&#233;d&#233;ration, le Kosovo eut acc&#232;s aux services d'&#233;ducation et de sant&#233;, de m&#234;me qu'&#224; un certain niveau d'industrialisation. &#192; la fin des ann&#233;es 1980, le leader serbe nationaliste Slobodan Milosevic mit fin &#224; l'autonomie r&#233;gionale, propulsant ainsi un mouvement de r&#233;sistance non-violent parmi la population majoritairement albanophone du Kosovo. Celle-ci fut pratiquement expuls&#233;e des emplois dans le secteur public. La population se replia sur l'agriculture familiale et sur les rentr&#233;es d'argent provenant de la vaste &#233;migration kosovare en Allemagne, en Suisse et aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1989, la guerre men&#233;e par l'OTAN a d&#233;truit l'essentiel de l'industrie et de l'infrastructure sur le territoire de la Serbie et du Kosovo. Ce qui restait debout apr&#232;s la guerre a &#233;t&#233; pill&#233; par la population albanophone contente de prendre sa revanche sur le r&#233;gime yougoslave. Apr&#232;s, l'ONU a pris l'administration en charge et a transform&#233; de facto le Kosovo en un protectorat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;sastreux bilan du protectorat de l'ONU&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ONU a &#233;chou&#233; &#224; d&#233;velopper l'&#233;conomie du territoire et donc &#224; am&#233;liorer la situation de la population. L'aide humanitaire, sous forme de dons alimentaires entre autres, a ruin&#233; ce qui restait d'agriculture. Des milliers de paysans ont abandonn&#233; leurs fermes faute de d&#233;bouch&#233;s pour leurs produits. Sous le r&#233;gime de libre &#233;change impos&#233; par l'ONU, le mark allemand est devenu la monnaie courante et de facto, le Kosovo est ainsi devenu partie prenante de la zone euro (depuis 2002). Comme la Bosnie, il est ainsi devenu totalement ouvert &#224; l'&#233;conomie ouest-europ&#233;enne. Les entrepreneurs locaux se sont retrouv&#233;s incapables de faire face &#224; la concurrence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des paradoxes de la s&#233;paration de facto du Kosovo est le fait que ce sont les entreprises de Serbie qui en ont le plus profit&#233;, tout simplement parce qu'elles sont plus fortes que les entreprises locales. La Serbie est ainsi le plus important partenaire commercial du Kosovo, mais ce commerce est &#224; sens unique. En 2007, le Kosovo a import&#233; des biens pour une valeur de 1,7 milliard d'euros, pendant que ses exportations n'atteignaient m&#234;me pas 150 millions d'euros.&lt;br class='autobr' /&gt;
En fonction de la l&#233;gislation impos&#233;e par l'ONU, le Kosovo est maintenant dirig&#233; par un r&#233;gime fortement n&#233;olib&#233;ral, qui fait en sorte que ses ressources naturelles (charbon, plomb, zinc, nickel) et industrielles peuvent &#234;tre achet&#233;es ou vendues par n'importe qui &#224; n'importe qui. Le r&#233;gime mis en place par l'ONU favorise aussi les partenariats public-priv&#233; dans les infrastructures de base, ce qui peut profiter potentiellement aux multinationales de ce secteur, y compris dans la sant&#233; et l'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise du secteur de l'&#233;nergie &#233;lectrique est un exemple de ce qui se passe. Le Kosovo est constamment affect&#233; par des cessations de courant. L'entreprise publique produit environ 800 m&#233;gawatts par jour, ce qui correspond &#224; moins de 80 % des besoins. Elle ne peut acheter d'&#233;nergie ailleurs, en partie parce que depuis la mise en place de l'administration de l'ONU, presque personne ne paie pour le service. Les experts occidentaux proposent la privatisation de l'entreprise, ce qui permettrait aux prochains propri&#233;taires priv&#233;s d'augmenter les tarifs et de couper le service aux non-payeurs, essentiellement aux pauvres. Il est &#233;galement question d'un nouveau projet de construction d'une centrale au charbon (le Kosovo en a en des quantit&#233;s), mais dont la production serait destin&#233;e &#224; l'exportation dans les pays avoisinants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans son hostilit&#233; au secteur public, l'ONU a cr&#233;&#233; au Kosovo une administration qui survit gr&#226;ce aux taxes sur l'importation et sur les ventes ainsi qu'aux subsides de l'Union europ&#233;enne. Avec l'ind&#233;pendance, l'administration de l'ONU sera absorb&#233;e par le gouvernement national. Les employ&#233;s de l'ONU qui re&#231;oivent un salaire conforme aux normes europ&#233;ennes devront accepter d'&#234;tre int&#233;gr&#233;s &#224; l'administration locale avec des revenus de loin inf&#233;rieurs. Comment cette situation pourra-t-elle &#234;tre g&#233;r&#233;e sans mener &#224; la croissance de la corruption ou &#224; la fuite des travailleurs qualifi&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;lites parasitaires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me est s&#233;rieux, d'autant plus qu'une partie importante de l'administration locale est d&#233;j&#224; dans les mains des chefs de l'U&#199;K (1), surtout &#224; l'ext&#233;rieur de la capitale, Pristina. Ce sont des secteurs mafieux qui contr&#244;lent l'import-export ainsi que les nombreux trafics ill&#233;gaux. Il est maintenant connu que le Kosovo est l'une des principales voies de transit pour le narcotrafic destin&#233; &#224; l'Europe. Le territoire est &#233;galement une des sources importantes du trafic des personnes destin&#233;es &#224; la prostitution. Avec le Mont&#233;n&#233;gro, le Kosovo est enfin utilis&#233; par les trafiquants de tabac. Dans la plupart des cas, ces lucratifs n&#233;goces sont contr&#244;l&#233;s conjointement par des mafias kosovare et serbe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est pr&#233;vu que le gouvernement kosovar va tenter d'affaiblir les mafias qui ont leur origine dans l'U&#199;K en les embauchant dans l'arm&#233;e, ce qui sera facilit&#233; par l'OTAN et les &#201;tats-Unis qui ont promis d'employer les ex-miliciens dans leurs op&#233;rations militaires en Irak ou en Afghanistan. Ce qui s'inscrirait dans une certaine tradition dans cette partie du monde o&#249; les Albanophones ont &#233;t&#233; utilis&#233;s par divers empires, notamment l'Empire ottoman, comme force mercenaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre-temps, la population tente de survivre. L'agriculture minifundiaire, la tr&#232;s petite industrie et les services emploient moins de 50 % de la population. Un tiers de la population a moins de 14 ans et le Kosovo est le pays d'Europe o&#249; le taux de croissance d&#233;mographique est le plus &#233;lev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes la minorit&#233; serbe (10 % de la population) est encore plus d&#233;munie puisqu'elle a perdu ses acc&#232;s privil&#233;gi&#233;s &#224; l'&#201;tat serbe. Les jeunes le quittent s'ils le peuvent. Aujourd'hui, le PNB par t&#234;te de la Slov&#233;nie, qui &#233;tait d&#233;j&#224; le d&#233;cuple de celui du Kosovo avant la guerre, est de 16 fois sup&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation difficile n'est pas tr&#232;s connue. Une des raisons est le fait que la classe moyenne kosovare, celle qui est &#233;duqu&#233;e et qui est employ&#233;e par l'administration de l'ONU, accepte cette situation dont elle b&#233;n&#233;ficie. Les initiatives non-gouvernementales sont souvent contr&#244;l&#233;es par ce m&#234;me groupe davantage soucieux de s&#233;curiser son acc&#232;s aux ressources occidentales que de reconstruire le pays, contrairement &#224; ce qu'on voit dans le reste de l'ex-Yougoslavie o&#249; des ONG sont en campagne permanente contre la mafia, la corruption et la r&#233;pression des droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;lite kosovare semble obnubil&#233;e par un m&#233;lange d'id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale et un nationalisme hyst&#233;rique et ethniciste qui justifie l'agressivit&#233; contre les minorit&#233;s non-albanophones du pays. Cet ultranationalisme semble &#233;galement cr&#233;er un faux sentiment de s&#233;curit&#233; comme si l'Union europ&#233;enne &#171; devait &#187; aider le Kosovar ind&#233;finiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, l'UE devra payer la facture pour une longue p&#233;riode. Mais cette aide ne sera pas gratuite et inclura l'ouverture de l'&#233;conomie aux capitaux europ&#233;ens, ainsi qu'&#224; la r&#233;duction des trafics. Il serait par ailleurs surprenant de voir les capitaux affluer dans une situation aussi pr&#233;caire et en tenant compte du fait que les pays voisins comme l'Albanie, la Gr&#232;ce et la Turquie sont mieux plac&#233;s pour accueillir les investisseurs. Les divers &#201;tats de la r&#233;gion sont tous impliqu&#233;s dans une course effr&#233;n&#233;e pour attirer ces capitaux sur la base de conditions salariales en dessous de tous les standards europ&#233;ens. M&#234;me dans les meilleurs des cas, l'ouverture &#224; l'Europe sera pour le Kosovo d&#233;savantageuse par rapport &#224; ce que le territoire recevait en tant que composante de la f&#233;d&#233;ration yougoslave.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Ushtria &#199;lirimtare e Kosov&#235;s (U&#199;K, Arm&#233;e de lib&#233;ration du Kosovo) a ses origines dans les groupes nationalistes mao&#239;stes, apparus au d&#233;but des ann&#233;es 1960. Le principal dirigeant politique de ce courant, Adem Demaci, favorable &#224; une strat&#233;gie fond&#233;e sur l'alliance avec les oppositions de gauche en Serbie et oppos&#233; &#224; l'intervention de l'OTAN, a d&#233;missionn&#233; de la direction de l'UCK et a &#233;migr&#233; en Slov&#233;nie en 1999, alors que la direction de l'U&#199;K &#233;tait prise par un courant militariste align&#233; sur les &#201;tats-Unis. Cf. Geoff Ryan, &#171; Le mouvement national albanais au Kosovo &#187;, Inprecor n&#176; 435 de mai 1999.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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