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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>Liban : L'&#233;chec am&#233;ricain</title>
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		<dc:creator>Nicolas QUALANDER </dc:creator>



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&lt;p&gt;Entam&#233;e le 7 mai, la courte guerre civile aura fait une soixantaine de morts et des centaines de bless&#233;s. Le mouvement de d&#233;sob&#233;issance civile, lanc&#233; par l'opposition anti-am&#233;ricaine, aura finalement tourn&#233; &#224; l'avantage de celui-ci. &lt;br class='autobr' /&gt; LIBAN &lt;br class='autobr' /&gt;
tir&#233; de Rouge n&#176; 2253, 22/05/2008 &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;chec am&#233;ricain &lt;br class='autobr' /&gt;
Entam&#233;e le 7 mai, la courte guerre civile aura fait une soixantaine de morts et des centaines de bless&#233;s. Le mouvement de d&#233;sob&#233;issance civile, lanc&#233; par l'opposition anti-am&#233;ricaine, aura (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Moyen-Orient-" rel="directory"&gt;Moyen-Orient&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entam&#233;e le 7 mai, la courte guerre civile aura fait une soixantaine de morts et des centaines de bless&#233;s. Le mouvement de d&#233;sob&#233;issance civile, lanc&#233; par l'opposition anti-am&#233;ricaine, aura finalement tourn&#233; &#224; l'avantage de celui-ci.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LIBAN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://www.rouge-hebdo.fr/article-rouge?id=8071&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rouge n&#176; 2253, 22/05/2008&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;chec am&#233;ricain&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entam&#233;e le 7 mai, la courte guerre civile aura fait une soixantaine de morts et des centaines de bless&#233;s. Le mouvement de d&#233;sob&#233;issance civile, lanc&#233; par l'opposition anti-am&#233;ricaine, aura finalement tourn&#233; &#224; l'avantage de celui-ci. Le 9 mai, l'ensemble de Beyrouth-Ouest &#233;tait tenu par les forces militaires du Hezbollah et de ses alli&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si des combats ont persist&#233; au Nord-Liban et dans la montagne druze jusqu'au 15 mai, le gouvernement pro-occidental de Fouad Siniora, s'appuyant sur sa coalition du 14 Mars, n'en aura pas moins pli&#233;. Il a abrog&#233;, le 14 mai, les deux d&#233;cisions consid&#233;r&#233;es par l'opposition et le Hezbollah comme une d&#233;claration de guerre, &#224; savoir le limogeage du responsable de la s&#233;curit&#233; de l'a&#233;roport de Beyrouth, proche du Hezbollah, et le d&#233;mant&#232;lement du r&#233;seau interne de communication de la r&#233;sistance libanaise (lire Rouge n&#176; 2252).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'un double &#233;chec pour la Maison Blanche et son alli&#233; principal dans la r&#233;gion, le royaume saoudien. Ce dernier est, en effet, l'un des principaux soutiens du gouvernement et de sa principale composante, le Courant du futur de Saad Hariri, parti &#224; dominante sunnite largement d&#233;fait, sur le terrain, par le Hezbollah chiite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier &#233;chec est d'avoir largement surestim&#233; les capacit&#233;s politiques et militaires de la coalition du 14 Mars. L'opposition n'a pas seulement montr&#233; qu'elle pouvait conqu&#233;rir Beyrouth en 24 heures, elle a &#233;galement prouv&#233; qu'elle pouvait s'appuyer sur de fortes minorit&#233;s dans les confessions tenues par la coalition du 14 Mars et le gouvernement, &#224; savoir les druzes et les sunnites. L'h&#233;g&#233;monie de Walid Joumblatt, pilier de la coalition du 14 Mars, dans la communaut&#233; druze, est aujourd'hui &#233;corn&#233;e par les partisans druzes de l'opposition, notamment le Parti d&#233;mocratique libanais de Talal Arslan et le pro-syrien Wiam Wahhab. Dans la communaut&#233; sunnite, l'existence de courants nationalistes arabes et islamiques favorables &#224; l'opposition entame de fait l'h&#233;g&#233;monie du Courant du futur, m&#234;me si ce dernier y reste majoritaire. La communaut&#233; chr&#233;tienne, quand &#224; elle, est verticalement coup&#233;e en deux, le Courant patriotique libre (CPL) du g&#233;n&#233;ral Aoun &#233;tant l'une des principales composantes de l'opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me &#233;chec am&#233;ricano-saoudien est sans doute d'avoir compt&#233; sur l'arm&#233;e libanaise pour s'opposer au Hezbollah, car cette derni&#232;re n'a pas soutenu le gouvernement Siniora, refusant de d&#233;cr&#233;ter l'&#233;tat d'urgence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie d'endiguement du Hezbollah est donc, pour le moment, un &#233;chec. Apr&#232;s la d&#233;faite isra&#233;lienne de l'&#233;t&#233; 2006, les tentatives d'application de la r&#233;solution onusienne 1559 demandant le d&#233;sarmement du mouvement chiite sont un fiasco total. Si, en tourn&#233;e au Moyen-Orient, le pr&#233;sident Bush a appel&#233; &#224; &#171; s'opposer aux terroristes du Hezbollah, financ&#233;s par l'Iran &#187;, la marge de man&#339;uvre am&#233;ricaine est cependant tr&#232;s &#233;troite, le reste de la communaut&#233; internationale n'&#233;tant pas favorable, vu le rapport de force, &#224; une intervention militaire au Liban. Les &#201;tats arabes proches de la Maison Blanche (Jordanie, &#201;gypte) ont, pour le moment, renonc&#233; &#224; l'id&#233;e d'une force interarabe au Liban. Et l'Arabie saoudite est maintenant &#233;cart&#233;e des discussions entre la coalition du 14 Mars et l'opposition, l'&#201;mirat du Quatar assurant les discussions interlibanaises &#224; Doha. M&#234;me avec un rapport de force favorable, il n'est cependant pas certain que l'opposition gagne sur sa revendication principale de d&#233;mission du cabinet Siniora. De nouveaux affrontements militaires, &#224; caract&#232;re politico-confessionnels, sont encore possibles. En ce sens, le Parti communiste libanais (PCL) a raison de vouloir &#171; &#339;uvrer dans le sens de tirer cette r&#233;sistance du mar&#233;cage dans lequel l'ont pouss&#233;e les d&#233;cisions du gouvernement &#187;. Un mar&#233;cage confessionnel, dont l'opposition et la r&#233;sistance sortent pour le moment vainqueurs, mais qui pourrait tr&#232;s bien, dans les prochaines semaines, conduire &#224; de nouveaux embourbements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas Qualander&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Liban : sur la corde raide, une p&#233;riode nouvelle</title>
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		<dc:creator>Nicolas QUALANDER </dc:creator>



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&lt;p&gt;Ce qui n'&#233;tait encore mercredi 7 mai qu'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#224; l'appel de la Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale des travailleurs libanais (CGTL) s'est transform&#233; en une vitesse politique fulgurante en confrontation politicomilitaire majeure. &lt;br class='autobr' /&gt; La date choisie par la centrale syndicale s'inscrivait de fait dans un agenda interne libanais et r&#233;gional qui ne pouvait que servir de catalyseur politique, et cristalliser l'ensemble des contradiction exacerb&#233;es ces derni&#232;res semaines entre l'opposition emmen&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Liban-" rel="directory"&gt;Liban&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce qui n'&#233;tait encore mercredi 7 mai qu'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#224; l'appel de la Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale des travailleurs libanais (CGTL) s'est transform&#233; en une vitesse politique fulgurante en confrontation politicomilitaire majeure.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La date choisie par la centrale syndicale s'inscrivait de fait dans un agenda interne libanais et r&#233;gional qui ne pouvait que servir de catalyseur politique, et cristalliser l'ensemble des contradiction exacerb&#233;es ces derni&#232;res semaines entre l'opposition emmen&#233;e par le Hezbollah d'une part, le bloc du 14 mars pro- occidental d'autre part. Si la gr&#232;ve de mercredi &#233;tait pour l'essentiel centr&#233;e sur la revendication de revalorisation du salaire minimum de 150 &#224; 640 dollars, il &#233;tait clair depuis le d&#233;but que la mobilisation syndicale correspondrait en r&#233;alit&#233; &#224; une mobilisation de l'opposition libanaise et de ses principaux partis contre le gouvernement de Fouad Siniora : d'une date sociale et syndicale, le mercredi 7mai est en r&#233;alit&#233; devenu l'occasion pour l'opposition et le Hezbollah de trancher dans le vif sur toutes les questions attenantes &#224; la question nationale et au conflit entre le gouvernement pro- occidental de Fouad Siniora et l'opposition nationaliste, ouvert depuis novembre 2006 et la d&#233;mission des ministres chiites du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que dans l'apr&#232;s- midi du 7 mai, le Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGTL annon&#231;ait la fin de la gr&#232;ve, les principaux leaders de l'opposition appelaient au contraire leurs partisans &#224; entamer un mouvement de d&#233;sob&#233;issance civile, &#224; ne pas quitter les principaux points de circulation routiers occup&#233;s, &#224; prolonger la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, jusqu'&#224; la d&#233;mission du Cabinet Siniora. Un pas semblait donc &#234;tre franchi : alors que le Hezbollah et l'opposition avait g&#233;n&#233;ralement limit&#233; leurs journ&#233;es de protestation &#224; 24 heures, les violences confessionnelles entre sunnites et chiites leur faisant craindre une guerre civile, il semble que cette fois ci l'opposition et le Hezbollah aient consid&#233;r&#233; qu'un pas de trop avait &#233;t&#233; franchi par le gouvernement Siniora, et que le risque d'une confrontation militaire pouvait &#234;tre pris : dans la nuit du 5 au 6 mai, le gouvernement Siniora avait en effet pris deux d&#233;cisions &#233;quivalentes &#224; un tournant politique fondamental dans le conflit interne libanais : celle, premi&#232;rement, de limoger le Colonel Choukair, responsable de la s&#233;curit&#233; de l'A&#233;roport international de Beyrouth, et r&#233;put&#233; proche du Hezbollah ; celle, ensuite, de d&#233;manteler le r&#233;seau interne de t&#233;l&#233;communications du Hezbollah et de ses organes de r&#233;sistance militaire. Ces deux d&#233;cisions gouvernementales ont &#233;t&#233; le signal, mardi soir, de la confrontation politico- militaire qui allait se mettre en place le lendemain m&#234;me : percevant les d&#233;cisions gouvernementales comme &#233;manant directement de Washington, jugeant que l'offensive du 14 mars et du gouvernement sur la question du contr&#244;le de l'a&#233;roport et des communications du Hezbollah &#233;tait une mise en application concr&#232;te de la r&#233;solution onusienne 1559 de septembre 2004 demandant le d&#233;sarmement du Hezbollah, consid&#233;rant donc que la d&#233;cision du gouvernement s'inscrivait pleinement dans une nouvelle offensive indirecte de l'administration Bush contre la r&#233;sistance libanaise, dont le d&#233;mant&#232;lement est une condition sine qua non pour le contr&#244;le du Moyen- orient, et constituerait naturellement un affaiblissement imm&#233;diat des positions syriennes et iraniennes, le Hezbollah et l'opposition semblent donc avoir pris une d&#233;cision politique rompant pour partie avec les grandes orientations ouvertes depuis sa constitution en novembre 2006 : celle d'&#233;viter toute forme de confrontation civile. Le jeudi huit mai, une conf&#233;rence de presse du Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du Hezbollah donnait le ton : consid&#233;rant que la r&#233;union gouvernementale du 6 mai constituait une &#171; d&#233;claration de guerre &#187;, et que l'attaque sur le r&#233;seau de communication interne du Hezbollah &#233;tait un pr&#233;lude au d&#233;mant&#232;lement des infrastructures prot&#233;geant les cadres de la r&#233;sistance, Hassan Nasrallah souligna que le Liban &#233;tait entr&#233; dans une &#171; nouvelle &#232;re &#187; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Une nouvelle phase politique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis deux semaines, le conflit ne cessait de s'annoncer, et peut &#234;tre, en un sens, son d&#233;nouement. D&#233;put&#233; druze de la coalition du 14 mars, leader du Parti socialiste progressiste et tr&#232;s li&#233; &#224; l'administration am&#233;ricaine, Walid Jounblatt fut en quelque sorte le porte- voix d'une d&#233;faite annonc&#233;e, pr&#233;cipitant son propre camp dans une confrontation qu'il ne pouvait ma&#238;triser. Il fut le premier, en effet, &#224; en appeler au d&#233;mant&#232;lement du r&#233;seau communicationnel du Hezbollah, s'en prenant &#233;galement aux cam&#233;ras de l'organisation chiite le long de la route de l'a&#233;roport, qui jouxte la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah et &#224; majorit&#233; chiite. L'objectif &#233;tait clair : obtenir une intervention internationale et un &#233;largissement du mandat de la FINUL au Liban, avec &#224; la cl&#233;, une pr&#233;sence militaire occidentale le long de la banlieue sud de Beyrouth. Dans le temps, les appels de Walid Jounblatt concordaient avec les appels du Premier Ministre italien Silvio Berlusconi &#224; &#233;largir le mandat de la FINUL et des forces onusiennes au Liban. Tous les &#233;l&#233;ments &#233;taient donc en place : la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 7 mai s'inscrivait logiquement dans l'agenda interne libanais, mais aussi r&#233;gional et international, et comme l'un de ses points d'inflexion possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les derniers jours correspondent donc en effet &#224; un tournant fondamental de conjoncture politique. Trois phases dans la r&#233;cente histoire libanaise peuvent &#234;tre d&#233;gag&#233;es :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Une premi&#232;re phase, de consensus et de statu quo, courant du retrait syrien de mai 2005 &#224; la d&#233;mission des ministres chiites du gouvernement libanais en novembre 2006 : la coalition anti- syrienne et pro- occidentale du 14 mars, majoritairement soutenue par la France et les Etats- unis, gagne les &#233;lections parlementaires &#224; la suite du retrait syrien, tandis que le Hezbollah accepte un compromis avec la coalition anti- syrienne en entrant dans le gouvernement libanais, dans une logique de consensus politique temporaire entre l'opposition et la majorit&#233;. L'alliance entre le Hezbollah et l'un des principaux partis chr&#233;tiens maronites, le Courant patriotique libre du g&#233;n&#233;ral Michel Aoun, en f&#233;vrier 2006, viendra modifier le rapport de force populaire et confessionnel en faveur de l'opposition, d&#233;sormais b&#233;n&#233;ficiant du soutien de secteurs importants de la communaut&#233; chr&#233;tienne. La guerre de 2006 constituera un basculement fondamental dans les perspectives strat&#233;giques du Hezbollah : suspectant la majorit&#233; du 14 mars d'avoir collabor&#233; indirectement avec l'administration am&#233;ricaine lors de la guerre du Liban, ainsi qu'avec les r&#233;gimes arabes saoudiens, jordaniens et &#233;gyptiens, accus&#233;s d'avoir soutenu indirectement Isra&#235;l au cours de la guerre des trente- trois jours, le Hezbollah et son alli&#233; Amal ( chiite), d&#233;missionnent du gouvernement libanais en novembre 2006, et engagent une s&#233;rie de manifestations populaires &#224; Beyrouth en d&#233;cembre 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Une seconde phase, que l'on pourrait qualifier de guerre de position, allant de novembre 2006 &#224; la fin du Mandat pr&#233;sidentiel de Emile Lahoud, en novembre 2007 : l'opposition libanaise, soutenue par le Pr&#233;sident de la R&#233;publique, poursuit son sit- in au centre de Beyrouth. Le gouvernement est consid&#233;r&#233; comme ill&#233;gitime par l'opposition, ce dernier ne repr&#233;sentant plus la communaut&#233; chiite, et ne repr&#233;sentant qu'une partie de la communaut&#233; chr&#233;tienne. Gouvernement pro- occidental et pr&#233;sidence pro- opposition se neutralisent l'une l'autre. Ponctuellement, des affrontements entre partisans du gouvernement et de l'opposition, traduits sous des affrontements communautaires entre sunnites proches du Courant du Futur et chiites de Amal et du Hezbollah, &#233;clatent au Liban, mais sont en g&#233;n&#233;ral rapidement circonscrits par l'arm&#233;e libanaise.&lt;br class='autobr' /&gt; Une troisi&#232;me phase, de guerre froide, allant de la fin du Mandat Lahoud, le 23 novembre 2007, aux journ&#233;es actuelles de mai 2008. Avec un gouvernement consid&#233;r&#233; comme ill&#233;gitime et ill&#233;gal par l'opposition, et sans pr&#233;sident de la R&#233;publique depuis novembre 2007, le Liban s'enfonce dans une crise polymorphe : institutionnelle et constitutionnelle, &#233;conomique et sociale, avec la multiplication des manifestations populaires dans la banlieue sud de Beyrouth contre l'augmentation des prix des produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; et les coupures d'&#233;lectricit&#233; dans les r&#233;gions chiites. La crise est &#233;galement s&#233;curitaire : les attentats se multiplient, les confrontations politico- communautaires entre chiites et sunnites devenant de plus en plus r&#233;guli&#232;res ; l'arm&#233;e devient par ailleurs un enjeu politique dans le conflit entre l'opposition et le 14 mars, le chef de l'arm&#233;e Michel Sleiman &#233;tant mis en avant comme candidat potentiel et consensuel &#224; la pr&#233;sidence. La confrontation militaire devient une possibilit&#233; concr&#232;te : alors que le Hezbollah ne cache plus qu'il entra&#238;ne des partisans de toutes les composantes de l'opposition en cas de confrontation civile, le 14 mars dispose lui- aussi de milices priv&#233;s, des Forces libanaises (chr&#233;tiennes) au Courant du Futur (sunnite).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Les raisons d'une intervention politico- militaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En un sens, nous sommes d&#233;sormais effectivement entr&#233;s dans un nouveau cycle politique. Nouveau cycle politique marqu&#233; par le changement d'attitude de l'opposition, et par un certain volontarisme offensif politico- militaire de sa part. L'opposition nationale libanaise semble avoir fait les constats suivants, qui ont probablement d&#233;termin&#233; la d&#233;cision du Hezbollah d'intervenir militairement, pour la premi&#232;re fois, dans un conflit interne libanais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, elle pense qu'elle dispose d'un rapport de force populaire, politique et confessionnel interne qui lui est favorable. Le Hezbollah et le mouvement Amal sont ultra- majoritaires dans la communaut&#233; chiite, qui est par ailleurs de loin la plus massive au Liban. L'opposition dispose par ailleurs de tr&#232;s forts appuis dans la communaut&#233; chr&#233;tienne maronite, avec le Courant patriotique libre (CPL) du G&#233;n&#233;ral Michel Aoun. Le Courant des Maradas de l'ancien Ministre Sleiman Frangie, donne un appui chr&#233;tien &#224; l'opposition dans la r&#233;gion de Zghorta, au nord Liban. Il n'existe plus, comme dans les ann&#233;es 1970, de bloc politique chr&#233;tien homog&#232;ne arrim&#233; aux positions occidentales. De ce point de vue, l'alliance Hezbollah- Aoun de d&#233;cembre 2006 peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme historique &#224; deux niveaux : elle coupe verticalement la communaut&#233; chr&#233;tienne, qui &#233;tait r&#233;put&#233;e et per&#231;ue en occident comme naturellement destin&#233;e &#224; faire partie dans son enti&#232;ret&#233; du 14 mars ; elle exprime un tournant dans l'histoire maronite chr&#233;tienne, qui s'&#233;tait distingu&#233;e historiquement par une repr&#233;sentation politique (les Phalanges libanaises notamment) hostile &#224; tout projet anti- imp&#233;rialiste dans la r&#233;gion, d'essence arabiste, tiers- mondiste et/ o&#249; islamo- nationaliste. Enfin, l'opposition est compos&#233;e de courants sunnites et druzes qui constituent une forte minorit&#233; dans leur communaut&#233;. Chez les sunnites, le Front d'action islamique de Fathi Yakan, ainsi que des courants nationalistes arabes, nationalistes de gauche et nass&#233;riens, comme le courant Karame &#224; Tripoli, et surtout, l'Organisation populaire nass&#233;rienne de Maarouf Saad, qui tient la mairie de Sa&#239;da, au sud- Liban, permettent de composer une g&#233;ographie politique de la rue sunnite plus complexe que celle g&#233;n&#233;ralement en vogue, opposant naturellement les sunnites aux chiites. L'aspect pro- am&#233;ricain du Courant du futur n'est en effet pas sans provoquer certaines contradictions dans une communaut&#233; phare du nationalisme arabe, et avec une sensibilit&#233; profonde &#224; la question palestinienne. Enfin, si Walid Jounblatt et le PSP semblent bien &#233;videmment dominer la communaut&#233; druze, il s'affronte au sein de la montagne druze, le chouf, &#224; la rivalit&#233; du Parti d&#233;mocratique libanais de la famille Arslan, et du Parti de l'Unit&#233; de Wiam Wahhab. . Enfin, l'opposition b&#233;n&#233;ficie du soutien de partis officiellement non- confessionnels, nationalistes ou nationalistes de gauche, comme le Parti social syrien ou le Mouvement du peuple de l'ancien d&#233;put&#233; Najah Wakim. La repr&#233;sentativit&#233; politique, confessionnelle et id&#233;ologique de l'opposition p&#232;se donc dans le rapport de force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, la prise de d&#233;cision d'une confrontation assum&#233;e et d&#233;cid&#233;e rel&#232;ve &#233;galement d'une certaine appr&#233;ciation du rapport de force politico-militaire, le Hezbollah mesurant bien tout &#224; la fois ses propres capacit&#233;s, et surtout, les incapacit&#233;s notoires de ses adversaires. De ce point de vue, il est assez surprenant que le Courant du futur ait pens&#233;, depuis deux ans, vaincre sur le terrain militaire une organisation rompue &#224; la guerre de gu&#233;rilla depuis pr&#234;t de vingt ans, et ayant &#224; son actif un certain nombres de victoires militaires en face &#224; face avec Isra&#235;l. En &#224; peine 24 heures, dans la nuit du 8 au 9 mai, les miliciens du Hezbollah ont r&#233;ussi &#224; p&#233;n&#233;trer dans les quartiers sunnites domin&#233;s par le Courant du futur, qui n'a offert au final qu'une tr&#232;s faible r&#233;sistance. Les troupes de l'opposition occupent &#224; l'heure actuelle la majorit&#233; de Beyrouth, avec une vitesse de p&#233;n&#233;tration presque surprenante, et une capacit&#233; de r&#233;sistance des milices sunnites tr&#232;s r&#233;duites. La prise de Beyrouth par l'opposition aura au final &#233;t&#233; tr&#232;s rapide : elle rappelle &#224; certains la prise de Gaza par le Hamas il y a un an, et la surestimation par les am&#233;ricains et l'Autorit&#233; palestinienne, &#224; l'&#233;poque, des capacit&#233;s militaires et du soutien populaire du Fatah. Les milices de l'opposition sont actuellement pr&#233;sentes dans la majorit&#233; des quartiers sunnites de la capitale libanaise, elle contr&#244;le les axes routiers, l'a&#233;roport, et est relativement d&#233;ploy&#233;e pr&#232;s des principaux centres politiques et institutionnels, tandis que les deux t&#233;nors du 14 mars, Walid Jounblatt et Saad Hariri, sont assi&#233;g&#233;s dans leurs demeures en plein centre de Beyrouth. A l'heure actuelle, le 14 mars semble sur le recul : si le leader de l'extr&#234;me- droite libanaise, Samir Geagea, lance encore des appels &#224; mener la r&#233;sistance &#224; l'opposition, d'autres dirigeants du 14 mars, r&#233;unis l'apr&#232;s- midi du 8 mai, semblent d&#233;j&#224; appeler &#224; une solution politique comprenant la d&#233;mission du Cabinet Siniora.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, l'opposition et le Hezbollah semble s'&#234;tre orient&#233;s sur une issue militaire sans doute en fonction d'une double consid&#233;ration conjoncturelle : d'une part, l'administration am&#233;ricaine, press&#233;e par un calendrier court du &#224; la tenue des pr&#233;sidentielles d'ici quelques mois, semblait vouloir acc&#233;l&#233;rer le rythme au Liban, le Hezbollah restant l'un des points noirs dans la strat&#233;gie n&#233;o- conservatrice au Moyen- orient, la disparition de ce dernier &#233;tant pour l'administration Bush strat&#233;gique, ouvrant tout &#224; la fois les portes de la Syrie et de l'Iran, pouvant affaiblir par ailleurs les positions palestiniennes, enfin soulageant Isra&#235;l sur le front nord. La d&#233;cision gouvernementale de lundi soir de s'attaquer au r&#233;seau de communication de Hezbollah, conjugu&#233;e aux appels de Berlusconi &#224; revoir et &#233;tendre le mandat de la FINUL, et aux r&#233;centes attaques de Walid Jounblatt contre le Hezbollah ces derniers jours, ont &#233;t&#233; per&#231;u par la formation chiite comme un message clair de la Maison blanche &#224; son &#233;gard. Journaliste proche de l'opposition, Scarlett Haddad souligne ainsi que &#171; le gouvernement croyait pouvoir prendre des d&#233;cisions (&#8230;.) importantes contre le Hezbollah et que ce dernier se contenterait de communiqu&#233;s virulents, voire d'une manifestation, mais n'oserait pas entreprendre une quelconque op&#233;ration sur le terrain. Et m&#234;me s'il devait le faire, il serait entra&#238;n&#233; dans des combats de rue sanglants et violents qui dureraient au moins deux ou trois jours et permettraient au gouvernement d'ameuter la communaut&#233; internationale. (&#8230;.) Le gouvernement avait ainsi bien &#233;tudi&#233; son timing, &#224; la veille de la r&#233;union du Conseil de s&#233;curit&#233; destin&#233;e &#224; &#233;tudier le rapport de Terj&#233; Roed-Larsen sur l'application de la r&#233;solution 1559. Il ne serait donc pas n&#233;cessaire de convoquer une r&#233;union sp&#233;ciale du Conseil de s&#233;curit&#233;, mais de profiter de celle qui &#233;tait d&#233;j&#224; pr&#233;vue, pour alerter la communaut&#233; internationale et demander &#224; ceux qui veillent sur la mission de la Finul d'&#233;largir les responsabilit&#233;s de celle-ci pour la pousser &#224; se d&#233;ployer &#224; Beyrouth. Cette situation aurait &#233;t&#233; couronn&#233;e par la prochaine visite du pr&#233;sident am&#233;ricain George Bush dans la r&#233;gion et sa rencontre pr&#233;vue &#224; Charm el-Cheikh la semaine prochaine avec le Premier ministre Fouad Siniora. &#187; [1]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, le Hezbollah consid&#232;re qu'un appui ext&#233;rieur au 14 mars est pour le moment techniquement impossible : Isra&#235;l, en pleine crise politico- institutionnelle en raison des scandales financiers autour du Premier Ministre Olmert, ne peut intervenir imm&#233;diatement ; la communaut&#233; internationale reste divis&#233;e, les russes et les chinois ne suivant pas au sein du Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU les positions am&#233;ricaines ; qui plus est, une intervention internationale mettrait du temps &#224; se mettre en place ; la FINUL, confin&#233;e au sud- Liban, n'a pas les forces pour se d&#233;ployer sur tout le Liban, et Hezbollah sait parfaitement que le commandement de la FINUL entretient une attitude plus ou moins bienveillante &#224; son &#233;gard : apr&#232;s plusieurs attentats de groupes salafistes proches de la mouvance al- quaeda contre la FINUL au sud- Liban, il est parfois possible que la s&#233;curit&#233; des hommes de la FINUL soit moins assur&#233;e par leur exp&#233;rience militaire que par la s&#233;curit&#233; du Hezbollah, ce dernier les tenant ainsi, d'une certaine mani&#232;re, en otage. Ce que l'opposition semble avoir voulu prioritairement &#233;viter, c'est justement une jonction future entre le 14 mars et une intervention ext&#233;rieure, c'est une internationalisation de la crise s'appuyant sur une partie des forces politiques libanaises. Prenant en consid&#233;ration le timing politique acc&#233;l&#233;r&#233; du gouvernement libanais, le Hezbollah a semble t-il d&#233;cid&#233; de couper l'herbe sous le pied de ses adversaires, en agissant vite. Si, d&#233;sormais, la communaut&#233; internationale a toute raison, selon elle, pour intervenir au Liban, elle ne peut le faire que tr&#232;s difficilement, sur un terrain contr&#244;l&#233; par des forces qui lui sont hostiles. Cela ne signifie naturellement pas que le Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU, en premier lieu les Etats- unis et la France, ne demandera pas une intervention internationale : mais celle- ci est d'hors et d&#233;j&#224; consid&#233;rablement compliqu&#233; par l'h&#233;g&#233;monie politico- militaire de l'opposition &#224; Beyrouth, et peut &#234;tre, d'ici quelques jours, dans tout le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sc&#233;narios multiples&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs sc&#233;narios sont d&#233;sormais envisageables. Le pari de l'opposition reste incertain, m&#234;me si elle a prouv&#233; qu'elle pouvait effectivement occuper le terrain massivement. Le pire serait ainsi qu'une guerre civile longue se d&#233;clenche et prenne forme, selon des lignes de d&#233;marcation encore inconnues : en ce cas, effectivement, une intervention ext&#233;rieure occidentale &#224; moyen terme serait possible, sous la forme d'un &#233;largissement du mandat de la FINUL, ou, autre forme, sous le joug d'une intervention directe de forces de l'OTAN (dont la France, en train de r&#233;int&#233;grer le commandement militaire de la force atlantiste, serait probablement partie prenante). Si donc, des poches de r&#233;sistance &#224; l'opposition se cr&#233;ent dans certaines zones, notamment druzes et sunnites, c'est-&#224;-dire probablement dans les montagnes &#224; l'est de Beyrouth ainsi qu'au nord Liban, autour de la ville de Tripoli, le pari de l'opposition sera en partie un &#233;chec : son objectif est visiblement d'obtenir une victoire rapide, et de ma&#238;triser le pays, tout en poussant les principales forces du 14 mars &#224; un accord comprenant en premier lieu la d&#233;mission du Cabinet Siniora, et &#224; un package deal assurant &#224; la r&#233;sistance libanaise la bienveillance s&#233;curitaire d'un &#233;tat libanais dont elle serait partie prenante. Un autre sc&#233;nario &#224; envisager, outre une domination politico- militaire de l'opposition, serait un cycle politico- r&#233;pressif vis- &#224;- vis du 14 mars. Mais l'opposition ne peut tout &#224; fait faire ce que le Hamas a engag&#233; dans la Bande de Gaza : le tissu politique et social libanais est bien plus pluriel, l'opposition aussi, et les dynamiques politiques et communautaires obligent l'opposition &#224; composer au moins avec une partie du leadership de 14 mars, afin, au minimum, de s'assurer d'une dynamique qui n'implique pas la s&#233;dition de toute une communaut&#233;, &#224; savoir la communaut&#233; sunnite. Si le Hamas, confondant la force et le violence, s'&#233;tait distingu&#233; par une incapacit&#233; totale de ses milices &#224; g&#233;rer leur niveau d'intervention, les journ&#233;es de Gaza en 2007 ayant &#233;t&#233; marqu&#233;es par toutes sortes d'exactions, y- compris contre des civils, le Hezbollah et l'opposition semblent avoir pris le chemin inverse : si les principaux m&#233;dias du Courant du futur ont &#233;t&#233; ferm&#233;s par le Hezbollah dans la nuit de jeudi &#224; vendredi, les journalistes sont tous repartis sous protection de l'arm&#233;e ; aucunes exactions contre des civils n'ont pour le moment &#233;t&#233; constat&#233;s, ni contre des personnalit&#233;s politiques, tandis que les miliciens du Hezbollah ont associ&#233; leurs partenaires sunnites et druzes de l'opposition &#224; la prise de la ville, voulant &#224; tout pris &#233;viter l'image des chiites envahissant les sunnites ; surtout, une certaine coordination de fait semble s'&#234;tre &#233;tablie avec l'arm&#233;e libanaise, qui n'est pas intervenue dans le conflit : aussit&#244;t les milices de l'opposition prenant des positions, l'arm&#233;e se d&#233;ploie peu apr&#232;s. L'attitude de l'arm&#233;e est par ailleurs un maillon central de l'affaire : si elle semble garder une neutralit&#233; affich&#233;e, elle a de fait favoris&#233;e les positions de l'opposition : le G&#233;n&#233;ral en chef de l'arm&#233;e, Michel Sleiman, a ainsi refus&#233; la demande du Premier Ministre Fouad Siniora de d&#233;cr&#233;ter l'&#233;tat d'urgence, laissant ainsi toute latitude &#224; l'opposition pour mener les combats. Toute la complexit&#233; politique pour l'opposition consiste justement &#224; obtenir un rapport de force militaire favorable sans pour autant favoriser une dynamique d'&#233;clatement communautaire et de partition du pays. Sur ce point l&#224;, rien n'est encore tout &#224; fait gagn&#233;, et un rapport de force militaire favorable ne fait pas forc&#233;ment une espace national unifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un espace politique libanais o&#249; les dimensions nationales restent &#233;troitement d&#233;pendantes des dynamiques r&#233;gionales et internationales, reste &#224; savoir &#233;galement comment ce qui se passe actuellement au Liban modifie quelque peu l'espace strat&#233;gique moyen- oriental : une victoire de l'opposition renforce naturellement les positions syriennes et iraniennes, dans un contexte d'affrontement politique avec le Royaume saoudien, et affaiblirait en cons&#233;quence les positions am&#233;ricaines dans la r&#233;gion. Elle encourage &#233;galement, de fait, l'ensemble des luttes dans le monde arabe, au premier chef en Palestine, et les dynamiques de r&#233;sistance &#224; l'ordre imp&#233;rial, ainsi qu'aux r&#233;gimes arabes align&#233;s sur Washington. Au contraire, une guerre civile prolong&#233;e pourrait en retour favoriser les plans am&#233;ricains de partitions du Moyen- orient, prenant acte ainsi d'un Liban d&#233;coup&#233; en zones chr&#233;tiennes, chiites et sunnites. Les prochaines semaines sont ainsi capitales pour saisir les nouveaux rapports de force r&#233;gionaux &#224; l'&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, si l'opposition pr&#233;tend d&#233;sormais clairement au pouvoir politique, tout du moins &#224; une partie de ce pouvoir, la question reste pos&#233;e de sa capacit&#233; &#224; r&#233;pondre &#224; la double question sociale/ nationale. La question sociale reste l&#224;, en filigrane, l'opposition ayant souvent mobilis&#233;e ses troupes sur les probl&#232;mes des coupures d'&#233;lectricit&#233;, des salaires ou de la vie ch&#232;re, sans pour autant apporter encore de r&#233;ponses programmatiques &#224; ces questions, d'o&#249; la critique du Parti communiste libanais &#224; l'encontre de l'opposition, dont il se consid&#232;re pourtant comme proche. La question nationale reste quand &#224; elle la question structurelle et strat&#233;gique majeure au Liban : depuis l'ind&#233;pendance et le Pacte national de 1943, le Liban reste d&#233;chir&#233; sur son identit&#233; nationale. La guerre civile de 1976, opposant deux blocs historiques politico- communautaires, l'un, maronite chr&#233;tien et pro- occidental, l'autre, constitu&#233; des forces palestiniennes et de la gauche libanaise &#224; majorit&#233; musulmane et druzes, symbolise historiquement la partition nationale, id&#233;ologique et politique qui ne cesse de tarauder le Liban, celle qui le voit divis&#233; entre une vision libaniste et pro- occidentale, et une autre, fondamentalement anti- imp&#233;rialiste, sensible &#224; la question palestinienne, arabiste, plut&#244;t d'essence tiers- mondiste. En un sens, le duel entre l'opposition libanaise et le 14 mars semble r&#233;p&#233;ter cette histoire. Le pari de Hezbollah, risqu&#233;, consiste &#224; dire qu'il est apte &#224; vaincre cette dichotomie historique : en s'alliant avec une partie des chr&#233;tiens maronites, et ce sur le long terme et de mani&#232;re strat&#233;gique, il pr&#233;tend briser l'homog&#233;n&#233;it&#233; politique et id&#233;ologique d'une communaut&#233; historiquement arrim&#233;e &#224; l'occident. En faisant valoir son aspect chiite, il pr&#233;serve ses liens structuraux avec l'Iran, partenaire strat&#233;gique incontournable. En faisant valoir son aspect arabiste et anti- imp&#233;rialiste, et en mettant la question palestinienne au centre, il souhaite construire un consensus large apte &#224; lui assurer le soutien de la rue populaire arabe, donc d'une large partie des sunnites. Reste donc &#224; savoir si ce subtil dosage d'identit&#233;s politiques saura r&#233;sister aux journ&#233;es de mai 2008, qui, effectivement, semblent constituer une nouvelle p&#233;riode dans l'histoire politique du Liban.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le nouveau tournant du Hezbollah&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit &#233;galement d'un tournant politique historique dans l'histoire du Hezbollah : si toutes les formations de l'opposition ont &#233;t&#233; engag&#233;es par le pass&#233; dans la guerre civile libanaise qui dura du milieu des ann&#233;es 1970 &#224; la fin des ann&#233;es 1980, le Hezbollah avait construit sa l&#233;gitimit&#233; historique sur sa non- participation &#224; cette guerre civile, et sur l'image d'un parti qui n'&#233;tait aucunement impliqu&#233; dans des massacres confessionnels. Effectivement, en dehors de l'affrontement avec son rival chiite Amal au milieu des ann&#233;es 1980, le Hezbollah s'est retrouv&#233; peu engag&#233; dans les dynamiques d'&#233;clatements communautaires et politiques de l'&#233;poque. Plus, il basait jusqu'&#224; maintenant sa l&#233;gitimit&#233; politique sur sa non- intervention dans les affaires internes libanaises : se d&#233;finissant comme le parti de la r&#233;sistance &#224; Isra&#235;l, il voulait continuer &#224; b&#226;tir le consensus politique autour de ses armes en refusant de les employer dans un conflit interne libanais. Les cadres du Hezbollah reconnaissent donc depuis deux jours qu'il s'agit d'un tournant dans l'histoire contemporaine du Parti. Ils essayent de limiter ce tournant en tentant de prouver qu'ils ne r&#233;it&#233;reront pas les erreurs des partis libanais dans les ann&#233;es 1970 : collaboration avec l'arm&#233;e, refus des dynamiques de vengeance personnelles, contr&#244;le de la violence, refus des massacres confessionnels, voir m&#234;me protection physique des leaders politiques ennemis. A un discours sur l'absence de l'utilisation de ses armes dans le conflit int&#233;rieur libanais se substitue donc un autre discours, sur le contr&#244;le de ses armes et la limitation de la violence dans le cadre de ce m&#234;me conflit. Un discours correspondant selon lui &#224; une nouvelle conjoncture politique, au Liban et dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parall&#232;le avec Gaza ne devrait donc pas &#234;tre trop fort. En un sens, certes, il s'agit d'un sch&#233;ma commun : &#224; Gaza, une partie de la direction de Fatah d&#233;sirait clairement renverser par la force le Hamas, &#233;lu &#224; la t&#234;te de l'Autorit&#233; palestinienne en janvier 2006, et ce avec un soutien logistique am&#233;ricain. Au Liban, le gouvernement Siniora s'orientait dans les prochaines semaines sur une ligne de d&#233;sarmement du Hezbollah, avec une aide militaire occidentale. Dans les deux cas, Hamas et opposition libanaise, une d&#233;cision politique d'enrayement de cette dynamique a &#233;t&#233; prise, d&#233;bouchant sur le coup de force du Hamas &#224; l'&#233;t&#233; 2007, et sur la prise actuelle de Beyrouth par l'opposition au Liban. Le parall&#232;le doit s'arr&#234;ter l&#224;. En Palestine, en effet, la violence n'a pas &#233;t&#233; ma&#238;tris&#233;e par Hamas, qui &#233;tait par ailleurs le seul acteur politique en jeu en face de Fatah. Au contraire, au Liban, l'opposition, si elle se centre autour du Hezbollah, n'en est pas moins tout &#224; la fois multi- confessionnelle, et associe des partis politiques de masse, notamment chr&#233;tiens, avec lesquelles le Hezbollah doit composer et avancer une strat&#233;gie politique commune. Enfin, une s&#233;rie d'exactions violentes ne serviraient en rien les objectifs de l'opposition : bien au contraire, elle mobiliserait la majorit&#233; de la communaut&#233; sunnite contre le Hezbollah. La contradiction centrale qui voit l'opposition libanaise danser sur une corde raide est l&#224; : celle de p&#226;tir des dynamiques r&#233;gionales d'&#233;clatement communautaire et de divisions confessionnelles, tout en s'avan&#231;ant en m&#234;me temps comme l'un des pions centraux de la r&#233;sistance au projet am&#233;ricain dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;QUALANDER Nicolas&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
[1] Scarlett Haddad, L'Orient le Jour, 10 mai 2008.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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