<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.lagauche.ca/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>La Gauche</title>
	<link>https://www.lagauche.ca/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.lagauche.ca/spip.php?id_auteur=112&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>La Gauche</title>
		<url>https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L144xH75/siteon0-d17a8.jpg?1629928024</url>
		<link>https://www.lagauche.ca/</link>
		<height>75</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Fondation de la Greater Toronto Worker's Assembly : vers un renouveau de la gauche militante torontoise </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Fondation-de-la-Greater-Toronto-Worker-s-Assembly-vers-un-renouveau-de-la</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Fondation-de-la-Greater-Toronto-Worker-s-Assembly-vers-un-renouveau-de-la</guid>
		<dc:date>2010-02-22T17:42:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Xavier Lafrance</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Tir&#233; de PTAG mardi 26 janvier 2010, par Xavier Lafrance &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 16 janvier dernier avait lieu la deuxi&#232;me rencontre de la Greater Toronto Workers' Assembly. Plus de deux cents personnes, membres de 35 organisations luttant pour la justice sociale et de 20 syndicats locaux s'y sont r&#233;unies afin d'adopter un texte fondateur affirmant leur volont&#233; de s'unir autour d'une vision politique &#171; anti-capitaliste, anti-raciste, anti-imp&#233;rialiste, f&#233;ministe et pro-queer &#187;. Cette rencontre de l'Assembl&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Politique-canadienne-" rel="directory"&gt;Politique canadienne&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; de PTAG &lt;br class='autobr' /&gt;
mardi 26 janvier 2010, &lt;br class='autobr' /&gt;
par Xavier Lafrance&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Le 16 janvier dernier avait lieu la deuxi&#232;me rencontre de la Greater Toronto Workers' Assembly. Plus de deux cents personnes, membres de 35 organisations luttant pour la justice sociale et de 20 syndicats locaux s'y sont r&#233;unies afin d'adopter un texte fondateur affirmant leur volont&#233; de s'unir autour d'une vision politique &#171; anti-capitaliste, anti-raciste, anti-imp&#233;rialiste, f&#233;ministe et pro-queer &#187;. Cette rencontre de l'Assembl&#233;e marque un point tournant dans la reconstruction de la gauche militante torontoise.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;velopper une nouvelle forme de politique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le processus de construction de l'Assembl&#233;e a &#233;t&#233; lanc&#233; lors d'une premi&#232;re rencontre en octobre dernier, &#224; l'initiative du Socialist Project. Il d&#233;coule du constat de l'incapacit&#233; des forces populaires &#224; r&#233;sister efficacement aux attaques r&#233;p&#233;t&#233;es du capital et de l'&#201;tat au cours de la pr&#233;sente p&#233;riode n&#233;olib&#233;rale. Les luttes demeurent trop souvent isol&#233;es, d&#233;tach&#233;es les unes des autres alors qu'elles s'opposent &#224; un ennemi commun. Si des coalitions sont misent sur pied de fa&#231;on ponctuelles elles permettent rarement de lancer des d&#233;bats strat&#233;giques s'inscrivant dans la dur&#233;e et prenant le recul n&#233;cessaire &#224; l'analyse radicale de l'adversaire et des moyens &#224; prendre pour le d&#233;faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La formation d'un parti municipal ou provincial appara&#238;t cependant pour le moment pr&#233;matur&#233;e dans le contexte torontois et ontarien. Il s'agit donc de d&#233;velopper une organisation cr&#233;ant un espace de d&#233;bat et d'organisation se situant entre la coalition et le parti. La nature d'une telle organisation demeure &#224; d&#233;finir, dans la lutte. C'est ce que l'Assembl&#233;e vise &#224; faire en appelant, dans son texte fondateur, les &#171; activistes &#224; se joindre &#224; un processus d&#233;mocratique pour cr&#233;er une nouvelle forme de politique &#187;.Si cette forme d'engagement politique rester &#224; d&#233;velopper, il est d'hors et d&#233;j&#224; entendu que ce d&#233;veloppement doit se faire &#224; partir d' &#171; en bas &#187;, par l'auto-activit&#233; des membres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Red&#233;finir et reconstruire la classe ouvri&#232;re&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La construction de l'Assembl&#233;e se base aussi sur l'id&#233;e que le succ&#232;s de notre r&#233;sistance devra n&#233;cessairement passer par la remobilisation de la classe des travailleuses et travailleurs. Celle-ci ne doit cependant pas &#234;tre per&#231;ue comme une abstraction pr&#233;d&#233;finie, suivant laquelle ses membres sont plus ou moins exclusivement per&#231;us comme des cols-bleus travaillant en usine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe des travailleuses et travailleurs doit plut&#244;t &#234;tre comprise comme une entit&#233; historique, diversifi&#233;e et en flux constant. Partant de l&#224;, l'Assembl&#233;e souhaite &#171; construire l'unit&#233; et la solidarit&#233; dans la casse ouvri&#232;re, d&#233;finie dans les termes les plus larges : les travailleurs syndiqu&#233;s et non-syndiqu&#233;s ; les personnes ayant perdu leur emploi ; les personnes ayant &#233;t&#233; admises au Canada pour y travailler tout en n'ayant droit qu'&#224; une reconnaissance partielle ou nulle de leur statut ; les personnes pratiquant un travail domestique pay&#233; ou non-pay&#233; ; et les personnes handicap&#233;es et autres vivant dans une pauvret&#233; abjecte aux confins de la soci&#233;t&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle compr&#233;hension de la classe &#8211; comme ph&#233;nom&#232;ne non-fixe et non-monolithique &#8211; a d'importantes cons&#233;quences politiques et strat&#233;giques1. Tout d'abord, elle nous impose la responsabilit&#233; &#8211; et nous offre la possibilit&#233; &#8211; de participer activement &#224; son fa&#231;onnement en unifiant les diff&#233;rents groupes qui la forment autour d'une vision commune de leurs int&#233;r&#234;ts de classe et des int&#233;r&#234;ts oppos&#233;s de la classe dominante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, cette compr&#233;hension de la classe nous permet de ne pas nous confiner &#224; la seule question salariale, comme le font trop souvent les organisations syndicales. Tout en demeurant central, ce n'est pas le seul probl&#232;me affectant les conditions de vie des membres de la classe. Si on reconna&#238;t le caract&#232;re diversifi&#233; de ses membres et les multiples facettes de leur vie, on comprend alors toute l'importance de la lutte pour le droit au logement, contre le profilage racial, pour la pr&#233;servation environnementale de nos quartiers et communaut&#233;s, pour le droit &#224; un service de garde gratuit et public, etc. On comprend alors aussi que ces luttes ne sont pas d&#233;connect&#233;es entre elles et on saisit la n&#233;cessit&#233; de s'unir pour lutter.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Se mettre en marche&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me rencontre des membres de l'Assembl&#233;e &#224; permis d'adopter un texte fondateur et de jeter les bases de sa structure organisationnelle. Il s'agit maintenant de choisir un premier th&#232;me de campagne. Plusieurs id&#233;es ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; lanc&#233;es : lutte contre la hausse des tarifs du transport en commun, campagne contre la privatisation de Toronto Hydro, participation &#224; l'organisation de l'opposition au sommet du G20 qui aura lieu &#224; Toronto en juin prochain, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quelque soit le choix de campagne, le but sera de faire des gains concrets tout en d&#233;veloppant nos capacit&#233;s de r&#233;sistance et en forgeant un espace collectif d'organisation et de discussion rejetant le sectarisme. Il s'agit de red&#233;finir notre culture du possible et d'&#233;laborer notre propre vision de ce que devrait &#234;tre Toronto.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Soyons r&#233;alistes, exigeons l' &#171; impossible &#187;</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Soyons-realistes-exigeons-l-impossible</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Soyons-realistes-exigeons-l-impossible</guid>
		<dc:date>2008-05-14T06:04:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Xavier Lafrance</dc:creator>


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est souvent lors de grandes mobilisations populaires qu'&#233;mergent les id&#233;es progressistes. Cela s'explique par le fait que les gens, rassembl&#233;s et mobilis&#233;s, prennent conscience de leur pouvoir r&#233;el. Un retour sur la grande gr&#232;ve &#233;tudiante de 2005. &lt;br class='autobr' /&gt; Loin de moi de pr&#233;tendre pr&#233;senter ici une analyse profonde, compl&#232;te et finale de la gr&#232;ve &#233;tudiante qu'a connue le Qu&#233;bec au printemps 2005. Une recherche exhaustive, rehauss&#233;e de nombreuses statistiques &#224; propos d'un sujet chaud li&#233; au (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Politique-quebecoise-" rel="directory"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Politique-quebecoise-215-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH150/arton1727-e41ef.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est souvent lors de grandes mobilisations populaires qu'&#233;mergent les id&#233;es progressistes. Cela s'explique par le fait que les gens, rassembl&#233;s et mobilis&#233;s, prennent conscience de leur pouvoir r&#233;el. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un retour sur la grande gr&#232;ve &#233;tudiante de 2005.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Loin de moi de pr&#233;tendre pr&#233;senter ici une analyse profonde, compl&#232;te et finale de la gr&#232;ve &#233;tudiante qu'a connue le Qu&#233;bec au printemps 2005. Une recherche exhaustive, rehauss&#233;e de nombreuses statistiques &#224; propos d'un sujet chaud li&#233; au droit &#224; l'&#233;ducation, ne sera pas non plus l'objet de ces lignes. De tels documents existent d&#233;j&#224; et d'autres sont encore &#224; produire, mais pas ici. Plut&#244;t, par ce court texte, je veux participer, modestement, &#224; la discussion qui s'impose autour des gains et des le&#231;ons &#224; tirer de cette grande gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une entente &#224; rabais qui aura mis fin &#224; la gr&#232;ve. Pourtant, les &#233;tudiantes et les &#233;tudiants ont construit un rapport de force historique en regard du pass&#233; de leur mouvement : 185 000 personnes en gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e, plus de 70 % d'appui dans la population, un gouvernement au plus bas dans les sondages, des dizaines d'actions de perturbation, d'occupations de bureaux, de manifestations. Or, les f&#233;d&#233;rations &#233;tudiantes (F&#233;d&#233;ration &#201;tudiante Universitaire du Qu&#233;bec &#8211; FEUQ &#8211; et F&#233;d&#233;ration &#201;tudiante Coll&#233;giale du Qu&#233;bec &#8211; FECQ), assumant leur r&#244;le de tampon entre le gouvernement et la population &#233;tudiante, n'ont pas m&#234;me r&#233;ussi &#224; arracher un maigre retour &#224; la situation pr&#233;valent avant la r&#233;forme de l'Aide financi&#232;re &#233;tudes (AFE). Par le pass&#233;, des gr&#232;ves &#233;tudiantes autrement moins imposantes avaient permis d'obtenir des gains beaucoup plus importants . Donc : entente &#224; rabais, pas de doute. Entente par ailleurs rejet&#233;e, en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, par une majorit&#233; des gr&#233;vistes (plus de 115 000). Prenons en acte&#8230; Il faudra s'en souvenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, cela dit, autres choses demeurent &#224; souligner. Des gains, il y en a eu, et des gros. L'&#233;norme pression exerc&#233;e par la population &#233;tudiante aura d'abord permis de ramener, &#224; tout le moins, une portion de sommes coup&#233;s &#224; la suite de la r&#233;forme de l'AFE. Pour des milliers de personnes aux &#233;tudes, cela fait toute une diff&#233;rence. La gr&#232;ve aura aussi permis que souffle un fort vent d&#233;mocratique sur le mouvement &#233;tudiant qu&#233;b&#233;cois. Partout sur le territoire qu&#233;b&#233;cois, des gens se sont rassembl&#233;s par centaines, parfois par millier, pour discuter du droit &#224; l'&#233;ducation et des moyens &#224; prendre pour le d&#233;fendre, et cela, pendant des semaines. Autre cons&#233;quences b&#233;n&#233;fiques : au-del&#224; de la gestion de coupures, un d&#233;bat de soci&#233;t&#233; a &#233;t&#233; amorc&#233;. Ce ne sont pas que des &#171; fumeux de potes &#187;, des &#171; utopistes pelleteux de nuages &#187; et autres juv&#233;niles irresponsables qui se sont mis &#224; parler de droit &#224; l'&#233;ducation, m&#234;me des &#233;ditorialistes &#224; la barbe bien taill&#233;e se sont mis &#224; user l'&#233;critoire afin d'aborder le sujet. Vos tantes, cousins, belle-soeur et probablement vous-m&#234;mes, ont &#233;t&#233; amen&#233;s-es &#224; se questionner &#224; propos des coupures et contre-r&#233;formes qui ont touch&#233; l'&#233;ducation au cours des quinze derni&#232;res ann&#233;es. On a parl&#233; d'accessibilit&#233; aux &#233;tudes, de privatisations de l'&#233;ducation, etc. ; on a m&#234;me entendu prononcer le mot &#171; gratuit&#233; &#187; suivi d'un autre : &#171; scolaire &#187; (amalgame courrant en Europe mais encore trop rare de ce c&#244;t&#233; de l'Atlantique). Plus encore, la r&#233;partition de la richesse dans notre soci&#233;t&#233; pas le biais des programmes sociaux aura &#233;t&#233; mise sous les feux de la rampes. Le ministre de l'&#201;ducation, Jean-Marc Fournier, nous aura longtemps cass&#233; les oreilles au sujet de son &#171; cadre budg&#233;taire immuable &#187; avant de se voir obliger de d&#233;roger de ce cadre mythique, qu'appellent de leurs pri&#232;res tous les grands sorciers n&#233;o-lib&#233;raux de ce monde. Tous ces d&#233;bats, c'est &#224; nous de continuer &#224; les entretenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, le plus grand gain de cette gr&#232;ve c'est, je crois, la le&#231;on qu'elle nous enseigne (ou plut&#244;t qu'elle nous rappelle) et que nous devrons mettre en pratique au cours des luttes &#224; venir. Nous l'avons vu une fois de plus, l'&#201;tat n'est pas un arbitre neutre, il ne l'a jamais &#233;t&#233;. Depuis plus de deux d&#233;cennies, nous avons pour preuve manifeste l'application syst&#233;matique de politiques clairement n&#233;olib&#233;rales exig&#233;es par le patronat. Face &#224; cela, on ne peut esp&#233;rer obtenir la satisfaction de revendications l&#233;gitimes simplement parce que, v&#234;tu d'un complet-cravate, on pr&#233;sente &#224; un ministre une recherche coh&#233;rente et d&#233;taill&#233;e sur un sujet donn&#233;. Pendant l'ann&#233;e qui a pr&#233;c&#233;d&#233; le d&#233;clenchement de la gr&#232;ve (et durant quatorze ann&#233;es avant cela) c'est plus ou moins ce qu'on fait les f&#233;d&#233;rations &#233;tudiantes. C'est seulement apr&#232;s une escalade des moyens de pression et &#224; la vieille du d&#233;clenchement de la gr&#232;ve que le gouvernement s'est finalement d&#233;cid&#233; &#224; r&#233;pondre un peu plus s&#233;rieusement aux demandes &#233;tudiantes qui lui &#233;taient adress&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voil&#224; la grande le&#231;on de la gr&#232;ve : la d&#233;fense de nos droits passe par la mise sur pied d'un rapport de force face aux institutions politiques. Comment ? Par la construction d'un mouvement de masse r&#233;unissant des gens bien inform&#233;s-es, pr&#234;ts-es &#224; se mobiliser et exer&#231;ant un contr&#244;le d&#233;mocratique direct sur la structure par laquelle ils et elles s'organisent. Gr&#226;ce &#224; une bonne information et &#224; des structures d&#233;mocratiques permettant le d&#233;bat, la population &#233;tudiante soient pr&#234;te &#224; se mobiliser. Pour d&#233;fendre le droit &#224; l'&#233;ducation, il ne s'agit donc pas de compter sur quelques individus, aux chaussures reluisantes, se fondant aux &#233;lites politiques et &#233;conomiques afin de n&#233;gocier l'avenir de l'&#233;ducation. Cette fa&#231;on de faire, en plus d'impliquer d'importants co&#251;ts li&#233;s au cirage des chaussures, laisse les repr&#233;sentants-es impuissants-es, puisqu'ils et elles ne peuvent s'appuyer sur un rapport de force afin de n&#233;gocier d'&#233;gal &#224; &#233;gal avec leurs interlocuteurs-rices. Une telle strat&#233;gie de d&#233;fense du droit &#224; l'&#233;ducation ne permet, au mieux, que de g&#233;rer les coupures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La n&#233;cessit&#233; de construire un rapport de force gr&#226;ce &#224; de bon moyens d'information, une structure d&#233;mocratique et, &#233;ventuellement, une large mobilisation populaire, ne s'applique pas qu'au mouvement &#233;tudiant. La d&#233;fense de l'ensemble des droits sociaux impose les m&#234;mes conditions. On entretient (&#224; dessein) une illusion sur la mani&#232;re dont se font les grands (et les moins grands) choix politiques dans une soci&#233;t&#233;. Il s'agirait d'un processus par lequel s'effectuerait un d&#233;bat d'id&#233;es, s'effectuant le plus souvent dans le cadre restreint de l'ar&#232;ne parlementaire. Ce qu'une telle vision cache est que l'issue de ce d&#233;bat d'id&#233;es d&#233;pend, en derni&#232;re analyse, de l'action ou de l'inaction des mouvements populaires et des rapports de forces existant au sein de la soci&#233;t&#233;. Les gains sociaux et avant cela les libert&#233;s civiles dont nous jouissons aujourd'hui ont d&#233;coul&#233; de luttes populaires. On parle, par exemple, de Claude Castonguay en le pr&#233;sentant comme le p&#232;re de l'assurance-maladie au Qu&#233;bec. C'est ignorer le fait que l'exigence de la cr&#233;ation d'un tel r&#233;gime d'assurance publique avait &#233;t&#233; formul&#233;e des ann&#233;es avant sa mise en place par les mouvement syndicaux et sociaux aux Qu&#233;bec, et &#224; travers le monde occidental. Au d&#233;but du d&#233;brayage &#233;tudiante du printemps 2005, lorsque de d&#233;l&#233;gu&#233;s-es de la Coalition de l'Association pour une Solidarit&#233; Syndical &#201;tudiante &#201;largie (CASS&#201;&#201;) l'on rencontr&#233;, le ministre de l'&#201;ducation leur a affirm&#233; que la gr&#232;ve &#233;tait inutile et ill&#233;gitime puisque la d&#233;mocratie implique un vote au quatre ans. Dans l'intervalle, selon lui, les d&#233;cisions reviennent aux &#233;lus. Quelques semaines plus tard, press&#233; par la gr&#232;ve, le ministre d&#233;rogeait &#224; son principe en annon&#231;ant un r&#233;investissement dans l'AFE (Aide Financi&#232;re aux &#201;tudes). Ainsi, le niveau d'endettement &#233;tudiant n'a pas &#233;t&#233; fix&#233; par des politiciens &#233;changeant sur l'avenir du monde dans un parlement herm&#233;tique mais bien par les rapports de forces existants au sein de la soci&#233;t&#233;. La classe patronale, pr&#244;nant un n&#233;o-lib&#233;ralisme exacerb&#233;s, a d&#251; partiellement reculer sur la question de l'AFE face &#224; la large mobilisation &#233;tudiante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est souvent lors de grandes mobilisations populaires qu'&#233;mergent les id&#233;es progressistes. Cela s'explique par le fait que les gens, rassembl&#233;s et mobilis&#233;s, prennent conscience de leur pouvoir r&#233;el. Ils comprennent que les institutions politiques et &#233;conomiques ne peuvent op&#233;rer sans leur acquiescement. Ils comprennent que les grandes d&#233;cisions d'orientation d'une soci&#233;t&#233; ne peuvent se prendre au d&#233;ni de la volont&#233; de la majorit&#233; de la population, lorsque de larges mouvements populaires investissent l'ar&#232;ne politique. Cette prise de conscience am&#232;ne les gens &#224; d&#233;finir de nouveaux projets politiques et &#224; prendre plus au s&#233;rieux ceux qui &#233;taient auparavant consid&#233;r&#233;s loufoques et irr&#233;alisables. On l'a bien vu pendant la derni&#232;re gr&#232;ve &#233;tudiante : plusieurs associations &#233;tudiantes ont adopt&#233; des positions en faveur de la gratuit&#233; scolaire. La formule est bien simple. Elle consiste &#224; user de tactiques qu'on nous pr&#233;sente faussement comme inefficaces et ill&#233;gitimes pour obtenir ce qui est r&#233;alisable alors qu'on nous soutient le contraire. Ernesto Che Guevara, il n'y a pourtant pas si longtemps, nous l'avait clairement &#233;nonc&#233;e : &#171; Soyons r&#233;alistes, exigeons l'impossible &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Xavier Lafrance&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour plus d'information sur ces gr&#232;ves, voir le texte de Beno&#238;t Renaud, &#171; Six gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales &#187;, disponible en ligne : &lt;a href=&#034;http://www.asse-solidarite.qc.ca&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.asse-solidarite.qc.ca&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 Tels que je les utilise ici, les termes &#171; actions &#187; et &#171; inactions &#187; doivent &#234;tre pris dans leur sens large : il peut s'agir d'activit&#233;s de sensibilisation, de production de documents de r&#233;flexions et de journaux, d'actions symboliques, mais aussi de manifestations, de gr&#232;ves, etc.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
