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		<title>2005 : r&#233;volte dans les banlieues fran&#231;aises</title>
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&lt;p&gt;Il y a un an : r&#233;volte dans les banlieues fran&#231;aises LECLERC Anne &lt;br class='autobr' /&gt;
12 octobre 2006 &lt;br class='autobr' /&gt; tir&#233; de Rouge n&#176;3466 &lt;br class='autobr' /&gt;
En octobre-novembre 2005, les quartiers populaires se soulevaient et le gouvernement leur r&#233;pondait par l'&#233;tat d'urgence. En un an, loin de r&#233;pondre aux attentes, Villepin et Sarkozy n'ont fait qu'aggraver la crise sociale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 27 octobre 2005, Ziad et Bouna, deux adolescents de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), mouraient &#233;lectrocut&#233;s dans un transformateur &#233;lectrique, apr&#232;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a un an : r&#233;volte dans les banlieues fran&#231;aises&lt;br class='autobr' /&gt;
LECLERC Anne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 octobre 2006&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; tir&#233; de Rouge n&#176;3466&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En octobre-novembre 2005, les quartiers populaires se soulevaient et le gouvernement leur r&#233;pondait par l'&#233;tat d'urgence. En un an, loin de r&#233;pondre aux attentes, Villepin et Sarkozy n'ont fait qu'aggraver la crise sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 27 octobre 2005, Ziad et Bouna, deux adolescents de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), mouraient &#233;lectrocut&#233;s dans un transformateur &#233;lectrique, apr&#232;s avoir eu peur de la police. Des jeunes contr&#244;l&#233;s syt&#233;matiquement, plusieurs fois par jour, par les forces de l'ordre : voil&#224; une des facettes de la politique s&#233;curitaire qui s&#233;vit dans les quartiers. Ce drame a d&#233;clench&#233; une r&#233;volte, pendant plusieurs semaines, dans les banlieues et les quartiers populaires de plusieurs r&#233;gions. Il est utile de rappeler que, quelques jours plus t&#244;t, le ministre de l'Int&#233;rieur, Nicolas Sarkozy, en visite &#224; Argenteuil, avait affirm&#233; aux habitants qu'il allait &#171; s'occuper de la racaille &#187;, en r&#233;ponse &#224; des jeunes qui le chahutaient. Ces propos &#233;taient dans la continuit&#233; de ses d&#233;clarations ant&#233;rieures sur le &#171; nettoyage des cit&#233;s au Karcher &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis plusieurs mois, la tension montait dans les quartiers en raison d'un sentiment d'abandon et de &#171; no future &#187; de plus en plus r&#233;pandu, notamment parmi la jeunesse, et d'une stigmatisation de plus en plus forte de ces quartiers, aliment&#233;e par les propos haineux et provocateurs de Sarkozy. Cette r&#233;volte a d'abord pris la forme d'affrontements avec la police, puis le feu a &#233;t&#233; mis dans de nombreux b&#226;timents publics - &#233;coles, gymnases, salles associatives, entrep&#244;ts. Cette r&#233;volte, qui n'est pas sans rappeler les jacqueries, a fait &#233;merger la situation d'exclusion sociale et &#233;conomique que vivent les habitants de ces quartiers. Ces derniers ont d'ailleurs &#233;t&#233; partag&#233;s entre la solidarit&#233; et la compr&#233;hension de ce ras-le-bol, et la lassitude de voir br&#251;ler leur voiture ou l'&#233;cole de leur quartier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des ann&#233;es de politiques lib&#233;rales ont men&#233; &#224; cette situation : destruction des services publics - comme le d&#233;mant&#232;lement de l'&#201;ducation nationale qui g&#233;n&#233;ralise l'&#233;chec scolaire et la suppression de nombreux centres de sant&#233; de proximit&#233; -, d&#233;gradation de l'habitat et s&#233;gr&#233;gation urbaine, licenciements et fermetures d'entreprises dans les villes et cit&#233;s ouvri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Lib&#233;ralisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les quartiers qui br&#251;laient &#233;taient souvent situ&#233;s dans les villes class&#233;es &#171; zone sensible urbaine &#187;, o&#249; le taux de ch&#244;mage est le double du chiffre national (20,7 %). Le fait d'&#234;tre jeune, immigr&#233; ou femme, accro&#238;t les risques de ch&#244;mage dans ces quartiers : 36 % des gar&#231;ons et 40 % des filles n'ont pas d'emploi ! Dans de nombreux quartiers populaires, les enfants n'ont jamais vu leurs parents avoir un v&#233;ritable travail. Les zones franches cr&#233;&#233;es dans ces quartiers ne b&#233;n&#233;ficient jamais aux habitants, mais favorisent les entreprises, qui b&#233;n&#233;ficient de multiples exon&#233;rations de charges sans obligation d'embaucher des salari&#233;s sur place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de ces semaines de r&#233;volte, m&#234;me si il y a eu une surm&#233;diatisation des images d'incendie, les m&#233;dias, pour la premi&#232;re fois, ont &#233;t&#233; oblig&#233;s d'&#233;voquer les discriminations &#224; l'embauche ou au logement et le racisme subis par les populations de ces quartiers : discriminations li&#233;es au lieu d'habitation, &#224; la couleur de la peau, &#224; la consonance du nom de famille, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui s'est pass&#233; a r&#233;v&#233;l&#233; aussi l'&#233;chec des diff&#233;rentes politiques de la ville men&#233;es depuis plus de vingt ans et fond&#233;es essentiellement sur un &#171; accompagnement social &#187; des politiques lib&#233;rales. Cens&#233;es amortir, par des saupoudrages de cr&#233;dits et des mesurettes, le creusement des in&#233;galit&#233;s, elles se heurtent forc&#233;ment &#224; l'accumulation visible des richesses par quelques-uns, ce qui ne peut que provoquer sentiment d'injustice et r&#233;volte. Cette politique lib&#233;rale et de classe s'accompagne d'une politique de r&#233;pression. Les politiques s&#233;curitaires - lois Perben et Sarkozy - ont pour objectif de contenir et punir les pauvres, de r&#233;primer celles et ceux qui contestent le lib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre &#224; cette situation de r&#233;volte, loin de traiter l'urgence sociale, le gouvernement a r&#233;pondu par la mise en place, sur une dur&#233;e de trois mois, de l'&#233;tat d'urgence, c'est-&#224;-dire d'un v&#233;ritable &#233;tat d'exception. Il a r&#233;activ&#233; cette loi datant de 1955 - en pleine guerre coloniale -, qui a permis les pires atteintes aux libert&#233;s lors de la guerre d'Alg&#233;rie. La r&#233;pression a &#233;t&#233; s&#233;v&#232;re : entre 2 500 et 3 000 jeunes ont &#233;t&#233; poursuivis. Les tribunaux, par la proc&#233;dure de comparution imm&#233;diate pour les majeurs, ont pris des d&#233;cisions graves de fa&#231;on massive, et ils ont prononc&#233; de tr&#232;s lourdes sanctions. De nombreux jeunes ont aujourd'hui un casier judiciaire et ont connu la prison. Contrairement &#224; ce qui avait &#233;t&#233; dit &#224; l'&#233;poque par le gouvernement et son ministre de l'Int&#233;rieur, la plupart des jeunes arr&#234;t&#233;s n'&#233;taient pas connus des services de police. La r&#233;activation de la double peine a constitu&#233; une provocation de plus du ministre de l'Int&#233;rieur. La LCR, comme d'autres associations ou organisations, a exig&#233; une loi d'amnistie pour les jeunes condamn&#233;s. Mais il a &#233;t&#233; difficile de mobiliser toute la gauche, sur l'amnistie comme sur l'abrogation de l'&#233;tat d'urgence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Riposte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les raisons qui ont g&#233;n&#233;r&#233; cette r&#233;volte n'ont pas disparu. Malgr&#233; quelques effets d'annonce, rien n'a &#233;t&#233; fait. En 2005, le gouvernement avait amput&#233; de fa&#231;on drastique les subventions aux associations - diminution de 70 % - et, en pleine crise, il avait &#233;t&#233; oblig&#233; d'annoncer leur r&#233;tablissement. Les nombreuses associations qui permettent de faire le lien social, en lieu et place d'une politique de l'emploi et de service public, attendent toujours l'arriv&#233;e de ces subventions. Si on regarde du c&#244;t&#233; des services publics, les suppressions de postes du budget 2006 s'ajoutent &#224; celles pr&#233;vues pour 2007, notamment dans l'&#201;ducation nationale... Concernant le logement, la nouvelle loi Borloo, vot&#233;e en d&#233;but d'ann&#233;e, renforce le financement du tout-propri&#233;t&#233; et l'abandon du logement social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, nous ne pouvons &#234;tre qu'inquiets, car le traitement policier de la crise sociale s'&#233;tend. Ce qui s'est pass&#233; r&#233;cemment aux Tarter&#234;ts, puis aux Mureaux, confirme l'&#233;tat d'exasp&#233;ration des jeunes. Sarkozy met en sc&#232;ne des proc&#233;dures exp&#233;ditives, sous l'&#339;il des cam&#233;ras, il affirme des choses fausses sur l'identit&#233; des pr&#233;sum&#233;s coupables, en contradiction avec les proc&#233;dures judiciaires en cours. Ce populisme s&#233;curitaire fait office de programme de campagne pr&#233;sidentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est urgent que nous trouvions les voies d'une riposte associant l'ensemble de ces quartiers et reconstruisant les solidarit&#233;s militantes. En associant habitants des quartiers, salari&#233;s, jeunes, pour que, par une mobilisation d'ampleur, nous imposions la construction d'une v&#233;ritable alternative politique en rupture avec les politiques lib&#233;rales et sociales-lib&#233;rales. Il faut un plan d'urgence social pour les quartiers qui, en s'appuyant sur un tout autre partage des richesses, doit se traduire par le d&#233;veloppement et l'extension des services publics, le r&#233;tablissement et l'augmentation des subventions aux associations de terrain et aux politiques de pr&#233;vention, une politique qui ait pour fil &#224; plomb la formation et l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LECLERC Anne&lt;br class='autobr' /&gt;
* Paru dans &#171; Rouge &#187; n&#176; 2176 du 12 octobre 2006.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mis en ligne le 13 octobre 2006&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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