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		<title>Candidate voil&#233;e : Johsua (NPA) r&#233;pond &#224; Laurent et M&#233;lenchon&#034; </title>
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		<dc:creator>samuel JOSHUA</dc:creator>



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&lt;p&gt;Tir&#233; de la revue ''Marianne'' samedi 13 f&#233;vrier 2010 &lt;br class='autobr' /&gt; Samuel Johsua, dirigeant historique de la LCR, &#233;tait jusque-l&#224; &#171; simple &#187; directeur de campagne du NPA en Paca o&#249; se pr&#233;sente Ilhem Moussa&#239;d, cette jeune militante voil&#233;e. Mais face &#224; ce qu'il estime &#234;tre une &#171; campagne raciste &#187;, il a finalement d&#233;cid&#233; d'appara&#238;tre sur la liste et de r&#233;pondre &#224; Jean-Luc M&#233;lenchon et Pierre Laurent qui se sont exprim&#233;s sur le sujet sur Marianne2. &lt;br class='autobr' /&gt;
De mon point de vue, la coordonn&#233;e principale, et de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; de la revue ''Marianne''&lt;br class='autobr' /&gt;
samedi 13 f&#233;vrier 2010&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; Samuel Johsua, dirigeant historique de la LCR, &#233;tait jusque-l&#224; &#171; simple &#187; directeur de campagne du NPA en Paca o&#249; se pr&#233;sente Ilhem Moussa&#239;d, cette jeune militante voil&#233;e. Mais face &#224; ce qu'il estime &#234;tre une &#171; campagne raciste &#187;, il a finalement d&#233;cid&#233; d'appara&#238;tre sur la liste et de r&#233;pondre &#224; Jean-Luc M&#233;lenchon et Pierre Laurent qui se sont exprim&#233;s sur le sujet sur Marianne2.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mon point de vue, la coordonn&#233;e principale, et de loin, de la pol&#233;mique en cours tient &#224; la possibilit&#233; d'assumer en tant que parti f&#233;ministe un symbole (le foulard) de soumission des femmes aux hommes. Passons sur le fait que la gauche l'accepte sans souci quand il s'agit d'&#233;lues &#224; Creil ou &#224; &#201;chirolles. C'est certainement un d&#233;bat majeur : une fois act&#233; sans contestation possible que le symbole historiquement attest&#233; est bien celui-l&#224;, peut-on admettre pour autant que certaines femmes refusent cette interpr&#233;tation pour elles-m&#234;mes, et que le parti leur confie pourtant une t&#226;che de repr&#233;sentation ? Question l&#233;gitime, d'une importance id&#233;ologique majeure, que le NPA (pour ce qui le concerne) abordera &#224; son congr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cet aspect se m&#233;lange d'une mani&#232;re totalement indue &#224; de soi-disant principes la&#239;ques. Abandonnons la droite &#224; ses haines, et attristons nous de l'incroyable ignorance de ces interrogations chez le r&#233;publicain qu'est Jean-Luc M&#233;lenchon. Il nous dit doctement : &#171; Le mouvement ouvrier a toujours pay&#233; le passage &#224; la religion et &#224; l'ostentation &#187;. Pardon ? Quand la JOC s'est rapproch&#233;e de la gauche (dans JOC il y a &#171; chr&#233;tien &#187; non ?), on l'a &#171; pay&#233; &#187; ? Les plus anciens gardent le souvenir respectueux de l&#8216;engagement du groupe &#171; T&#233;moignage Chr&#233;tien &#187; dans la d&#233;fense du droit &#224; l'ind&#233;pendance du peuple alg&#233;rien. Une question &#224; M&#233;lenchon et Laurent : si ce groupe demandait &#224; rejoindre le Front de Gauche, vous refuseriez ? Et si maintenant un groupe &#171; T&#233;moignage Musulman &#187; se pr&#233;sentait avec la m&#234;me demande ? Allez savoir pourquoi je suis si s&#251;r de la r&#233;ponse dans les deux cas&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous menons suffisamment de combats communs contre le racisme avec le PG pour ne pas engager une seule seconde contre lui un mauvais proc&#232;s. Mais, en ne prenant pas la mesure (lui comme le PCF) de la nature profond&#233;ment x&#233;nophobe de la temp&#234;te m&#233;diatique cr&#233;&#233;e par la droite contre le NPA, ils prennent une lourde responsabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Aur&#233;lie Filippetti qui demande &#224; Besancenot de &#8220;relire Marx&#8221; n'a jamais d&#251; le feuilleter &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Incroyable ignorance disais-je. Car derri&#232;re le terme de la&#239;cit&#233; se cachent de nombreuses interpr&#233;tations, et, en ce qui concerne la gauche, au moins deux principales.Aur&#233;lie Filippetti qui demande &#224; Besancenot de&#171; relire Marx &#187;n'a jamais d&#251; m&#234;me le feuilleter pour faire un tel contresens sur le fameux&#171; opium du peuple &#187;. Le principal de ce que dit l'illustre barbu dans ce texte est que&#171; &#233;xiger qu'il soit renonc&#233; aux illusions concernant notre propre situation, c'est exiger qu'il soit renonc&#233; &#224; une situation qui a besoin d'illusions. &#187;. C'est le c&#339;ur d'une position constante : seul le combat commun sans condition pr&#233;alable contre les racines du capitalisme permettra d'&#233;teindre le besoin de religion. M&#233;lenchon dit :&#171; On ne peut pas d&#233;battre de ce qui rel&#232;ve de la v&#233;rit&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e &#187;. Certes, mais justement, il s'av&#232;re que pour Marx la question se r&#232;gle bien moins au niveau du n&#233;cessaire d&#233;bat que de la lutte commune.M&#233;lenchon dit encore&#171; (&#8230;)tirer les le&#231;ons de l'histoire de France(&#8230;)parce que nous avons connu trois si&#232;cles de guerres de religions &#187;. Bien s&#251;r ! Mais justement, ces le&#231;ons font d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; Guesde, le point de vue de Jaur&#232;s (bien plus mod&#233;r&#233; politiquement, mais incontestablement plus proche de Marx sur ce terrain pr&#233;cis) lors du d&#233;bat sur la loi de s&#233;paration en 1905, est qu'il faut non pas chercher &#224; d&#233;truire la religion elle-m&#234;me, mais &#224;&#171; la mettre de c&#244;t&#233; &#187;pour ainsi dire. Et, selon la formule c&#233;l&#232;bre dans les rangs r&#233;volutionnaires (qui se retrouve dans les principes fondateurs du NPA, mais dont on ignore souvent l'origine), chercher &#224; unir le prol&#233;tariat par-del&#224; ses divisions nationales et religieuses (on y ajoutera depuis de genre, etc&#8230;).La loi de 1905 est celle de Jaur&#232;s, pas de ses adversaires au sein du socialisme. Etonnant, vraiment, que M&#233;lenchon l'ignore &#224; ce point !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'interpr&#233;tation que fait M&#233;lenchon de la la&#239;cit&#233; &#171; est une construction mythique, totalement fantaisiste &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que domine souvent une interpr&#233;tation particuli&#232;re, celle (que reprend donc inconsid&#233;r&#233;ment M&#233;lenchon) de la la&#239;cit&#233; comme un partage entre le domaine&#171; priv&#233; &#187;individuel &#8212; o&#249; je pense ce que je veux &#8212; et domaine&#171; public &#187;&#8212; o&#249; je me tais (&#171; Elle a le droit de pratiquer, mais pas dans la sph&#232;re politique &#187;comme il dit). C'est une construction mythique, totalement fantaisiste. D&#232;s le vote de la loi de 1905, il est apparu que &#231;a n'avait aucun sens. Dans l'ann&#233;e qui a suivi, des maires ont cherch&#233; &#224; interdire les processions avant de se rendre &#224; l'&#233;vidence. Si le droit au culte est destin&#233; au&#171; priv&#233; &#187;individuel, autant dire qu'il est quasi clandestin. Il en d&#233;coulerait aussi que tout parti ou syndicat faisant explicitement r&#233;f&#233;rence au christianisme devrait &#234;tre interdit par la loi. La CFTC par exemple, laquelle pourtant participe &#224; des processus &#233;lectifs r&#233;publicains (&#233;lections de d&#233;l&#233;gu&#233;s du personnel, des &#233;lus prud'homaux) et, &#224; l'&#233;vidence, le parti chr&#233;tien-d&#233;mocrate de Boutin devrait &#234;tre interdit d'&#233;lection. C'est vraiment cela le programme du PG et du PCF ? C'est intenable. On en viendrait nous aussi &#224; interdire les minarets (mais aussi les clochers, je sais bien que nous ne ferions pas de diff&#233;rence&#8230;). Ce que r&#232;gle la loi de 1905, donc la conception de Jaur&#232;s, c'est la s&#233;paration de l'&#201;tat et des institutions religieuses par l'interdiction de tout m&#233;lange entre les deux. Il en ressort qu'aucun lien organique ne doit exister entre eux, et qu'en cons&#233;quence, l'espace public ne doit en aucun cas d&#233;pendre directement de d&#233;cisions, de pressions, d'orientations fix&#233;es par les religions institu&#233;es. Les citoyens ont par exemple le droit de s'opposer &#224; l'avortement au nom de principes religieux, mais c'est du vote de tous (en fait de la mobilisation de la soci&#233;t&#233; comme on le sait bien) que d&#233;pend le choix, pas d'un synode des &#233;v&#234;ques. Pas plus, pas moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s (mais apr&#232;s seulement) le d&#233;bat devient plus politique, en particulier &#224; gauche. Que Boutin ait le droit de se revendiquer chr&#233;tienne n'implique nullement que nous &#224; gauche qui nous battons au nom de valeurs universelles, mettions ce genre de crit&#232;res en avant. Cette interrogation est l&#233;gitime, mais le cheminement historique a quand m&#234;me &#233;t&#233; marqu&#233; par l'&#233;volution de courants chr&#233;tiens vers la gauche au nom m&#234;me d'une vision du christianisme explicitement revendiqu&#233;e. L&#224; encore, vraiment &#233;tonnant que ni M&#233;lenchon ni Laurent ne s'en souviennent. Ce mouvement a eu sa traduction politique avec un parti comme le PSU, mais aussi des adh&#233;sions massives au PC et &#224; l'extr&#234;me gauche, puis au PS. On voit bien l&#224; vivre cette deuxi&#232;me orientation, celle de Jaur&#232;s, qui continue &#224; lutter contre les empi&#232;tements constants des religions comme institutions (et donc pour la la&#239;cit&#233;), mais autorise les rapprochements avec des croyants qui se pr&#233;sentent explicitement comme tels, &#224; condition bien entendu que la religion passe au second plan dans le combat commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il recommencer aujourd'hui le processus pour l'Islam (alors que les cl&#233;ricaux catholiques, s'ils sont largement d&#233;faits, peuvent toujours en profiter pour rependre du poil de la b&#234;te), c'est un d&#233;bat politique parfaitement acceptable (il a lieu au sein m&#234;me du NPA et il est passionnant). Mais en son principe ce choix est possible au sein m&#234;me du combat la&#239;que. D&#233;cr&#233;ter le contraire ne peut pas avoir d'autres significations que de b&#226;tir justement un principe d'interdiction contre l'Islam en tant que tel, qu'on n'a pas mis en &#339;uvre pour d'autres religions. Quand m&#234;me, camarade M&#233;lenchon, avant de confirmer un tel choix dont la gravit&#233; ne peut pas t'&#233;chapper, on y r&#233;fl&#233;chit &#224; deux fois.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La grande crise des ann&#233;es trente aux Etats-Unis. Une pr&#233;sentation critique des diverses explications</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/La-grande-crise-des-annees-trente-aux-Etats-Unis-Une-presentation-critique-des</link>
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		<dc:date>2009-10-06T02:19:21Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>samuel JOSHUA</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dossier paru dans &#171; La Revue Tout est &#224; nous &#187; du NPA, n&#176; 2, juin-juillet 2009. &lt;br class='autobr' /&gt;
La grande crise am&#233;ricaine l'a emport&#233; sur toutes les autres en intensit&#233; et en dur&#233;e. Il est donc logique que ce soit &#224; son sujet qu'aient &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;es la plupart des grilles de lecture du grand effondrement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une th&#232;se souvent &#233;voqu&#233;e est celle de la sous-consommation (aujourd'hui aussi fr&#233;quemment d&#233;fendue &#224; propos de la crise actuelle). Au cours des ann&#233;es vingt, on aurait constat&#233; une croissance des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Economie-50-" rel="directory"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Dossier paru dans &#171; La Revue Tout est &#224; nous &#187; du NPA, &lt;br class='autobr' /&gt;
n&#176; 2, juin-juillet 2009.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La grande crise am&#233;ricaine l'a emport&#233; sur toutes les autres en intensit&#233; et en dur&#233;e. Il est donc logique que ce soit &#224; son sujet qu'aient &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;es la plupart des grilles de lecture du grand effondrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une th&#232;se souvent &#233;voqu&#233;e est celle de la sous-consommation (aujourd'hui aussi fr&#233;quemment d&#233;fendue &#224; propos de la crise actuelle). Au cours des ann&#233;es vingt, on aurait constat&#233; une croissance des salaires r&#233;els bien plus lente que celle de la productivit&#233; du travail ; d'o&#249; aurait r&#233;sult&#233; un partage de plus en plus in&#233;gal de la valeur ajout&#233;e (&#224; l'avantage des profits) et une disproportion grandissante entre les rythmes d'expansion de la section II (produisant des biens de consommation) et de la section I (fabricant des biens de production). D'o&#249; une crise des d&#233;bouch&#233;s. Mais le d&#233;calage entre les taux de croissance des salaires r&#233;els et de la productivit&#233; du travail, av&#233;r&#233; pour l'industrie manufacturi&#232;re, ne l'est pas au niveau national. D'ailleurs, au cours de ces ann&#233;es vingt, la part des salaires dans le revenu national est stable et celle de la consommation dans le Produit national brut (PNB) est croissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre explication soutenue avec insistance (et, l&#224; aussi, c'est encore le cas aujourd'hui) est d'ordre financier : le krach boursier du 24 octobre 1929 serait &#224; l'origine de l'effroyable d&#233;pression. D&#232;s le d&#233;part, cette explication qui met en cause la finance malfaisante a eu les faveurs du grand public (&#224; nouveau, comme aujourd'hui). Elle n'est pourtant pas fond&#233;e. Le sommet de l'activit&#233; est dat&#233; d'ao&#251;t 1929, avant le krach, et de nombreuses statistiques particuli&#232;rement sensibles &#224; la conjoncture culminent en ao&#251;t ou septembre. Le cours des actions baisse de 19,2% en 1930, mais il s'&#233;tait d&#233;j&#224; effondr&#233; (toujours aux Etats-Unis) de 22,7% en 1877 et de 18,7% en 1907, sans provoquer de grande crise. Il est vrai que l'indice industriel, jusque-l&#224; stagnant, entame une chute acc&#233;l&#233;r&#233;e &#224; partir d'octobre 1929, ce qui laisse penser que le krach, bien que n'&#233;tant pas au point de d&#233;part, a contribu&#233; &#224; transformer une crise en grande d&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'hypoth&#232;se mon&#233;tariste est particuli&#232;rement pris&#233;e aux Etats-Unis. Trois grandes vagues de faillites bancaires auraient provoqu&#233; la chute dramatique de plus d'un tiers du stock de monnaie du d&#233;but &#224; la fin de la d&#233;pression am&#233;ricaine (avec des effets d&#233;sastreux sur l'activit&#233; &#233;conomique) sans provoquer de r&#233;action ad&#233;quate de la Fed, la banque centrale am&#233;ricaine, qui n'aurait pas r&#233;agi comme elle le faisait jusque-l&#224;. En r&#233;alit&#233;, la premi&#232;re vague de crises bancaires n'a pas eu d'impact sensible sur l'&#233;conomie r&#233;elle. La deuxi&#232;me vague (qui d&#233;bute en juin 1931) est le r&#233;sultat du d&#233;marrage de la crise bancaire europ&#233;enne (avec l'effondrement de la Creditanstalt autrichienne en mai 1931) et de la chute de la livre sterling (qui quitte sa base or en septembre 1931), ce qui d&#233;clenche une violente sp&#233;culation contre le dollar. La Fed r&#233;agit conform&#233;ment &#224; sa doctrine, &#233;l&#232;ve ses taux pour d&#233;fendre le lien du dollar &#224; l'or et fait passer le soutien aux banques au second plan. La troisi&#232;me vague de d&#233;faillances bancaires d&#233;bute au cours du dernier trimestre de 1932 : elle d&#233;coule de l'&#233;lection de Roosevelt et de la conviction du public que le Pr&#233;sident nouvellement &#233;lu va rompre le lien du dollar &#224; l'or. La sp&#233;culation contre le dollar repart de plus belle, et la Fed r&#233;agit conform&#233;ment &#224; sa doctrine traditionnelle, &#233;l&#232;ve ses taux pour d&#233;fendre le dollar et relativise le soutien aux banques. Au total, les d&#233;faillances bancaires, l'affaissement du stock de monnaie et le comportement de la Fed ne sont pas des causes autonomes de la crise, mais des retomb&#233;es de la crise europ&#233;enne et de la d&#233;fense de la parit&#233;-or du dollar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste la th&#232;se du surendettement, d&#233;fendue &#224; l'&#233;poque en particulier par Irving Fisher, qui met l'accent sur l'articulation entre surendettement et baisses des prix. L'effort des entrepreneurs pour r&#233;duire leurs dettes entra&#238;nerait en effet une rapide baisse des prix, laquelle accro&#238;trait, au total, le poids r&#233;el de ces dettes, malgr&#233; l'effort fait pour s'en d&#233;gager. Le principal secret de la plupart des grandes crises tient, dit Fisher, dans ce paradoxe : plus les d&#233;biteurs payent, plus ils doivent. Mais la th&#232;se de Fisher ne para&#238;t pas fond&#233;e, car le rapport de la dette des entreprises au PNB en 1929 n'a rien d'extraordinaire, si on le compare aux ratios du pass&#233; am&#233;ricain. Par contre, le rapport de la dette des m&#233;nages au PNB atteint alors un niveau tout &#224; fait exceptionnel, un point sur lequel nous revenons dans le reste du dossier.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La crise de 1929 et la double &#233;mergence&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La crise de 1929 est une crise d'organisation du monde. La premi&#232;re mondialisation, qui couvre le dernier tiers du XIXe si&#232;cle, reposait sur une forme bien particuli&#232;re de structuration de l'espace. Vaste zone de libre-&#233;change, sans doute, mais fortement rassembl&#233;e autour d'un pays, le Royaume-Uni (tout &#224; la fois premi&#232;re puissance &#233;conomique, commerciale, financi&#232;re, politique), une zone nettement partag&#233;e en centre et p&#233;riph&#233;rie, disposant d'une monnaie, sinon unique, en tous les cas commune, sous la forme de l'&#233;talon-or. Vers la fin du XIXe si&#232;cle ce dispositif se rompt. L'ancienne organisation du monde est bris&#233;e par une double &#233;mergence, celle, sur le nouveau monde, des Etats-Unis, et celle, sur l'ancien, de l'Allemagne. En 1880, les produits manufactur&#233;s ne repr&#233;sentaient que 11% du total des exportations am&#233;ricaines. En 1925-29, les Etats-Unis cr&#233;ent pr&#232;s de la moiti&#233; de la production industrielle mondiale (URSS exclue). Tard partie, l'Allemagne met les bouch&#233;es doubles : en 1913, elle devance le Royaume-Uni et son produit est alors, selon les estimations, de 60% ou 80% sup&#233;rieur &#224; celui de la France. Il y a donc deux crises dans la grande crise, car il y a deux crises de l'&#233;mergence : l'une, au niveau mondial, qui met surtout en jeu les rapports Etats-Unis / Royaume-Uni ; l'autre, au niveau europ&#233;en, qui situe surtout l'Allemagne face &#224; la France. Ces deux crises s'entretiennent l'une l'autre, mais ont chacune leurs propres racines, et sans ce doublon il n'est gu&#232;re possible de comprendre la gravit&#233; de la grande d&#233;pression. Il ne s'agit pas d'un cercle, mais d'une ellipse, &#224; deux foyers, Etats-Unis et Allemagne. Le Royaume-Uni fait en quelque sorte la navette entre les deux, d&#233;j&#224; trop affaibli sur la sc&#232;ne internationale par la puissance montante am&#233;ricaine pour pouvoir maintenir son ancienne fonction r&#233;gulatrice sur la sc&#232;ne europ&#233;enne. Nous sommes dans un entre-deux : l'Angleterre ne peut plus exercer son ancien r&#244;le, les Etats-Unis ne le peuvent pas encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Crise de l'&#233;mergence am&#233;ricaine, la crise de 1929 l'est &#224; un double titre, &#224; la fois sur le plan int&#233;rieur am&#233;ricain et sur le plan international. De la m&#234;me fa&#231;on qu'une &#238;le surgie du fond de l'oc&#233;an, montant &#224; toute allure &#224; la surface, sera, d'une part, en &#233;quilibre int&#233;rieur instable et va, d'autre part, lever une vague qui ira balayer les continents d&#233;j&#224; &#233;tablis. Sur le premier de ces plans, on peut interpr&#233;ter la grande crise am&#233;ricaine de 1929 comme celle g&#233;n&#233;r&#233;e par le passage brutal d'un monde de petits producteurs &#224; celui du salariat. Au cours du dernier tiers du XIXe si&#232;cle, il y avait d&#233;j&#224; de nombreuses crises &#233;conomiques &#233;clatant &#224; l'est du territoire des Etats-Unis. Mais elles &#233;taient amorties par l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; du milieu &#233;conomique am&#233;ricain, qui combinait soci&#233;t&#233;s et entrepreneurs individuels, salari&#233;s et paysans, petite et grande production. Le recul des formes d'activit&#233; relevant de la petite production a &#233;t&#233; particuli&#232;rement rapide, &#224; la jonction des XIXe et XXe si&#232;cles, ce qui s'explique probablement par la fin de la fronti&#232;re, survenue au m&#234;me moment. En 1880, un peu plus de la moiti&#233; de la population active travaillait dans l'agriculture ; en 1930, &#224; peine plus du cinqui&#232;me. Ce bond en avant de l'espace couvert par les soci&#233;t&#233;s et le salariat a brutalement r&#233;duit la diversit&#233; de l'espace &#233;conomique am&#233;ricain, l'homog&#233;n&#233;isant, ouvrant la voie &#224; la grande d&#233;pression. L'&#233;mergence am&#233;ricaine aura jou&#233; &#233;galement un r&#244;le d&#233;cisif au plan international. C'est ainsi que s'explique la chute de la livre en septembre 1931, la banque d'Angleterre s'av&#233;rant incapable d'attirer les capitaux n&#233;cessaires, car New York et le dollar occupent d&#233;sormais la premi&#232;re place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Double &#233;mergence, avons-nous dit, celle des Etats-Unis mais aussi celle de l'Allemagne. Guerre en quelque sorte inachev&#233;e, le premier conflit mondial a pos&#233; le probl&#232;me de l'&#233;mergence allemande en Europe mais ne lui a pas donn&#233; de r&#233;ponse, a d&#233;bouch&#233; sur un trait&#233; de paix qui n'&#233;tait qu'un armistice et fait des ann&#233;es 1920 la prolongation de la guerre par d'autres moyens. C'est dans ce cadre que l'on peut comprendre l'hyperinflation allemande, les profonds d&#233;s&#233;quilibres structurels qui lui ont fait suite, et enfin l'explosion d'un extraordinaire mat&#233;riel inflammable dans la grande crise bancaire allemande de 1931. Les deux crises d'h&#233;g&#233;monie, europ&#233;enne et mondiale ont aussi entrem&#234;l&#233; leurs effets. Ainsi la question des r&#233;parations a litt&#233;ralement empoisonn&#233; les relations franco-allemandes ; s'y est ajout&#233;e celle des dettes de guerre (opposant les Etats-Unis &#224; leurs alli&#233;s), et les deux dossiers, intimement li&#233;s, ont repr&#233;sent&#233; un obstacle essentiel sur la voie du redressement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;XXe et XXIe si&#232;cles, deux grandes crises&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pouvons-nous comparer la crise de 1929 et l'actuelle ? Sur certains points, s'agissant des Etats-Unis, elles se tiennent proches l'une de l'autre. A chaque fois, une bulle se situe sur la ligne de d&#233;part ; &#224; chaque fois la crise bancaire guide la d&#233;flagration ; &#224; chaque fois le surendettement des m&#233;nages alimente la d&#233;pression. Des pr&#233;cisions s'imposent pourtant. La bulle &#233;tait boursi&#232;re en 1929, immobili&#232;re aujourd'hui ; elle n'a pas d&#233;clench&#233; la crise en 1929 (m&#234;me si elle l'a aggrav&#233;e), elle a &#233;t&#233; au c&#339;ur de la r&#233;cession actuelle. En ce qui concerne la crise bancaire, elle s'est manifest&#233;e lors de la grande crise du XXe si&#232;cle par de tr&#232;s nombreuses fermetures d'&#233;tablissements, alors qu'actuellement (le sauvetage sur fonds publics aidant) il s'agit plut&#244;t de la paralysie de l'appareil bancaire dans sa fonction de distribution de cr&#233;dits. Enfin, le surendettement des m&#233;nages d&#233;coule aujourd'hui de la construction r&#233;sidentielle ; en 1929, il &#233;tait li&#233; au cr&#233;dit &#224; la consommation et &#224; la sp&#233;culation boursi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, on voit poindre dans le d&#233;roulement de la crise actuelle certains des traits marquants de la grande d&#233;pression des ann&#233;es trente. Qu'il s'agisse de la d&#233;flation g&#233;n&#233;rale des prix (p&#233;ril extr&#234;me), des d&#233;pr&#233;ciations comp&#233;titives de monnaies nationales (pour placer ses marchandises sur les march&#233;s &#233;trangers aux d&#233;pens des concurrents) ou encore des capitaux fuyant en masse des pays de la p&#233;riph&#233;rie (comme c'est le cas aujourd'hui pour l'Europe de l'est). Plus fondamentalement, il n'est pas &#233;tonnant que nous retrouvions, pour la crise de 1929 ou pour l'actuelle, ce qui fait l'enjeu des crises majeures : une organisation du monde. Celle de 1929 avait, nous l'avons vu, des origines lointaines, celles d'une double &#233;mergence, am&#233;ricaine et europ&#233;enne. Pour la crise actuelle, l'enjeu de la nouvelle organisation du monde est &#224; rechercher, non au point de d&#233;part, mais &#224; l'arriv&#233;e. En effet, le mod&#232;le qui, &#224; partir des ann&#233;es 1980, a succ&#233;d&#233; &#224; la r&#233;gulation fordiste aux Etats-Unis repose sur un pacte conflictuel entre capitalistes et zones &#233;mergentes de la mondialisation (Chine, etc.). Une bonne part de la question pos&#233;e par la crise actuelle est de savoir si, au bout du compte, ce pacte aura &#233;t&#233; bris&#233; ou s'il aura simplement &#233;t&#233; reconduit sous une nouvelle forme (celle, par exemple, des G20).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur d'autres points pourtant les deux crises se tiennent &#233;loign&#233;es l'une de l'autre. Le syst&#232;me de l'&#233;talon-or &#233;tait, sous des formes diverses, universellement pr&#233;sent en 1929, rien de tel aujourd'hui. La grande crise &#233;tait une ellipse, &#224; double foyer, am&#233;ricain et europ&#233;en, alors que celle d'aujourd'hui irradie surtout &#224; partir de son centre de gravit&#233; am&#233;ricain. Le poids des allocations dans le revenu des m&#233;nages ou celui des d&#233;penses publiques dans le PIB atteignent aujourd'hui des niveaux sans pr&#233;c&#233;dent, et peuvent jouer le r&#244;le de stabilisateurs de l'activit&#233;, ce qui n'&#233;tait pas le cas en 1929. Cela peut-il suffire &#224; rassurer ? Pas s&#251;r, car, sur bien des points, le syst&#232;me capitaliste s'est profond&#233;ment modifi&#233;, aggravant l'instabilit&#233; fonci&#232;re qui est la sienne. La mondialisation actuelle est celle d'un salariat universel, la petite production ne vient plus y freiner les r&#233;cessions naissantes alors que licenciement et chute de la consommation se r&#233;pondent l'un l'autre en une spirale sans fin. Cette mondialisation couvre toute la plan&#232;te, enr&#244;le des continents entiers rest&#233;s jusque-l&#224; &#224; l'&#233;cart, chaque pays rajoutant ses propres fragilit&#233;s pour faire un peu plus bouillir l'immense marmite. L'espace &#233;conomique est couvert d'un r&#233;seau dense et serr&#233; et la rapidit&#233; avec laquelle cette interconnexion a transmis au monde entier les chocs de la crise actuelle en a laiss&#233; plus d'un pantois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, comparer les grandes crises des XXe et XXIe si&#232;cles n'implique pas que la seconde en vienne n&#233;cessairement &#224; reproduire la premi&#232;re. Tout &#233;v&#233;nement historique est unique, et ainsi en est-il de la crise de 1929. Ce que la grande d&#233;pression a d'abord montr&#233;, c'est de quoi le syst&#232;me capitaliste est capable, s'il est laiss&#233; &#224; lui-m&#234;me. La grande crise ne peut recommencer, mais une grande crise le peut. N'est-ce pas la m&#234;me m&#233;canique que nous trouvons au c&#339;ur de toutes les crises, une m&#233;canique o&#249; le caract&#232;re de plus en plus social de la production entre en contradiction avec la forme &#233;triqu&#233;e d'une propri&#233;t&#233; priv&#233;e maintenue ? Soit encore un engrenage o&#249; chaque acteur &#233;conomique prend la d&#233;cision qu'il estime rationnelle pour la d&#233;fense de son int&#233;r&#234;t priv&#233; et compromet ce faisant un &#233;quilibre g&#233;n&#233;ral qui ne pourrait r&#233;sulter que d'une coop&#233;ration universelle. Derri&#232;re chaque crise, se cache le syst&#232;me qui la produit : le capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une chronologie succincte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons distinguer trois phases. La premi&#232;re est proprement am&#233;ricaine. Le sommet de l'activit&#233; est situ&#233; en ao&#251;t 1929. Le recul de la production industrielle s'acc&#233;l&#232;re nettement &#224; partir du krach d'octobre. Le surendettement des m&#233;nages vient rajouter ses effets. Le cr&#233;dit &#224; la consommation (une innovation r&#233;cente) a jou&#233; ici un r&#244;le important (achats d'automobiles). Une premi&#232;re vague de suspensions bancaires d&#233;bute en octobre 1930.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un processus de redressement se dessine au d&#233;but de 1931. Il est interrompu par la deuxi&#232;me vague de suspensions bancaires am&#233;ricaines, qui d&#233;bute en juin 1931. Nous entrons dans la seconde phase de la crise, situ&#233;e sous l'influence des &#233;v&#233;nements europ&#233;ens. C'est le 11 mai 1931 que sont rendues publiques les pertes de la Creditanstalt, d&#233;but de la crise bancaire autrichienne. La vague de d&#233;fiance frappe ensuite l'Allemagne. Malgr&#233; un pr&#234;t accord&#233; &#224; la Reichsbank par les autres banques centrales, malgr&#233; la proposition, le 20 juin 1931, par le Pr&#233;sident am&#233;ricain Hoover de la suspension, pour un an, de tous les paiements sur les dettes intergouvernementales (dettes de guerre et r&#233;parations), la ru&#233;e des d&#233;posants se poursuit et l'une des plus importantes banques allemandes, la Danat, ne peut &#234;tre sauv&#233;e. Le 14 juillet, toutes les institutions financi&#232;res allemandes sont ferm&#233;es et le contr&#244;le des changes instaur&#233;. En volume, le produit national net allemand recule de 3,5% en 1930, mais de 10,8% en 1931.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la monnaie allemande (le reichsmark) vient le tour de la livre sterling, dont la convertibilit&#233;-or est suspendue le 21 septembre 1931. D'ao&#251;t &#224; d&#233;cembre 1931, la monnaie anglaise se d&#233;pr&#233;cie de plus de 30% par rapport au dollar, rest&#233; sur l'or. Le coup est terrible. Les pressions d&#233;flationnistes (&#224; la baisse des prix) s'accentuent un peu partout dans le monde : les prix anglais &#224; l'exportation diminuent &#224; proportion de la d&#233;pr&#233;ciation de la livre et les producteurs &#233;trangers sont contraints, pour r&#233;sister &#224; la concurrence, de suivre le mouvement. Le dollar am&#233;ricain (li&#233; &#224; l'or) est tr&#232;s rapidement attaqu&#233;. Pour d&#233;fendre sa parit&#233;, la banque centrale am&#233;ricaine (la Fed) augmente fortement son taux d'int&#233;r&#234;t, ce qui attire les capitaux, sauve (temporairement) le dollar mais aggrave la situation &#233;conomique. Les volumes de la consommation des m&#233;nages et de l'investissement priv&#233; enregistrent en 1932 les chutes annuelles les plus s&#233;v&#232;res de toutes celles relev&#233;es au cours de la grande d&#233;pression am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Etats-Unis subissent la troisi&#232;me et derni&#232;re phase de leur crise avec une nouvelle vague de suspensions bancaires, qui d&#233;bute au cours du dernier trimestre de 1932 et se conclut le 6 mars 1933 par la fermeture g&#233;n&#233;rale des banques. Cette vague est &#233;troitement li&#233;e au choix de plus en plus &#233;vident du Pr&#233;sident nouvellement &#233;lu, Roosevelt, de pousser le dollar hors de sa base or, ce qui entretient la crainte d'une future d&#233;pr&#233;ciation du dollar et am&#232;ne la Fed &#224; augmenter son taux d'int&#233;r&#234;t, toutes choses qui redoublent les coups port&#233;s &#224; une activit&#233; d&#233;faillante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le creux mondial avait &#233;t&#233; atteint au troisi&#232;me trimestre de 1932. Mais le 19 avril 1933 l'&#233;talon or est officiellement abandonn&#233; par les Etats-Unis. Apr&#232;s la livre, c'est le dollar qui se d&#233;pr&#233;cie. A nouveau la pression d&#233;flationniste s'accro&#238;t pour les pays rest&#233;s fid&#232;les &#224; l'or, bient&#244;t regroup&#233;s en un &#171; bloc-or &#187;, au sein duquel se trouve la France. La Conf&#233;rence de Londres de juin et juillet 1933, convoqu&#233;e pour rem&#233;dier &#224; cette situation, se termine sur un &#233;chec et la crise fran&#231;aise d&#233;bouche sur le Front Populaire.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;finitions&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fronti&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La colonistion du territoire des Etats-Unis s'est effectu&#233; d'est en ouest. La &#171; fronti&#232;re &#187; du pays se d&#233;pla&#231;ait ainsi avec l'avanc&#233;e des pionniers. La fin de la &#171; fronti&#232;re &#187; d&#233;signe le moment o&#249; l'oc&#233;an Pacifique a &#233;t&#233; atteint et l'essentiel du territoire occup&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etalon-or&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me de l'&#233;talon-or peut &#234;tre caract&#233;ris&#233; par deux traits essentiels : la valeur de chaque monnaie est d&#233;finie pas un certain poids d'or, et la convertibilit&#233; (totale ou partielle) de ces monnaies en or est assur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dossier paru dans &#171; La Revue Tout est &#224; nous &#187; du NPA, n&#176; 2, juin-juillet 2009.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Formes &#171; R&#233;seaux &#187; et formes &#171; partis &#187;</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Formes-Reseaux-et-formes-partis</link>
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		<dc:date>2008-12-22T19:46:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Rousset, samuel JOSHUA</dc:creator>



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&lt;p&gt;Formes &#171; R&#233;seaux &#187; et formes &#171; partis &#187; ROUSSET Pierre, JOHSUA Samuel Tir&#233; de Critique Communiste juin 2008 &lt;br class='autobr' /&gt; Cette contribution a &#233;t&#233; publi&#233;e dans un num&#233;ro sp&#233;cial de la revue Critique communiste ayant pour th&#232;me le &#171; Nouveau Parti anticapitaliste &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'interrogation sur les formes d'organisation de celles et ceux qui luttent contre le syst&#232;me capitaliste est ancienne (voir par exemple le d&#233;bat entre Marx et Bakounine), et n'a jamais cess&#233;. Elle prend cependant une nouvelle vigueur sous (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Strategie-" rel="directory"&gt;Strat&#233;gie&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Formes &#171; R&#233;seaux &#187; et formes &#171; partis &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
ROUSSET Pierre, JOHSUA Samuel&lt;br class='autobr' /&gt;
Tir&#233; de Critique Communiste juin 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette contribution a &#233;t&#233; publi&#233;e dans un num&#233;ro sp&#233;cial de la revue Critique communiste ayant pour th&#232;me le &#171; Nouveau Parti anticapitaliste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'interrogation sur les formes d'organisation de celles et ceux qui luttent contre le syst&#232;me capitaliste est ancienne (voir par exemple le d&#233;bat entre Marx et Bakounine), et n'a jamais cess&#233;. Elle prend cependant une nouvelle vigueur sous l'impact de l'&#233;chec du &#171; vieux &#187; mouvement ouvrier &#224; changer le monde, des initiatives originales du mouvement altermondialiste de la derni&#232;re d&#233;cennie (et auparavant des d&#233;bats qui ont accompagn&#233; les combats zapatistes) et aussi l'affirmation de l'individu comme figure sociale centrale. Au moment o&#249; un nouveau parti anticapitaliste est en voie de cr&#233;ation, il n'est pas surprenant que tous ces d&#233;bats prennent une nouvelle vigueur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Forces et faiblesses de l'organisation &#171; en r&#233;seaux &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orisation de la fin de la &#171; forme parti &#187; s'appuie d'une part sur des bilans des partis &#171; r&#233;ellement existants &#187;, de l'autre sur l'exp&#233;rimentation d'une forme d'organisation plus horizontale, dite &#171; en r&#233;seaux &#187;. Cette derni&#232;re a fait plus d'une fois la preuve de son efficacit&#233; en d&#233;pit des r&#233;ticences que pouvait soulever le d&#233;sordre initial propre &#224; cette structuration. En particulier les grandes initiatives altermondialistes ont fourni, &#224; l'&#233;chelle internationale, mati&#232;re &#224; r&#233;flexion sur des pratiques nouvelles (ou renouvel&#233;es : le pass&#233; est plus riche que sa m&#233;moire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si la r&#233;alit&#233; ne correspond pas toujours &#224; la description idyllique qui en est parfois faite (certains &#171; n&#339;uds &#187; du r&#233;seau sont plus &#233;gaux que d'autres), la forme retenue a permis effectivement de b&#226;tir des cadres de convergences de l'&#233;ventail des r&#233;sistances tr&#232;s diverses provoqu&#233;es par la nouvelle &#233;tape de la marchandisation du monde et de la mondialisation capitaliste. Cependant, si le r&#233;seau permet le consensus, il l'exige aussi. Sans le consensus (autrement dit la construction patiente d'&#233;quilibres acceptables par tous, sans jamais de vote couperet), ces initiatives n'auraient tout simplement pas pu exister. Mais ici surgit d&#233;j&#224; un probl&#232;me qui limite la port&#233;e de ce syst&#232;me particulier d'organisation : sans consensus, pas de maintien de tous dans le r&#233;seau. Cela suppose que le consensus soit en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale possible. Donc que le but &#224; atteindre (dont le consensus peut lui-m&#234;me faire partie) ne soit, implicitement, pas objet de d&#233;bat. Si tel est bien le cas, la discussion porte essentiellement sur les mises en &#339;uvre. Alors, la forme du r&#233;seau a amplement montr&#233; sa validit&#233;. L'unit&#233; dans la diversit&#233; des &#171; r&#233;seaux affinitaires &#187; en est un bon exemple. Ces affinit&#233;s ont facilit&#233; des convergences dans l'action (premi&#232;res grandes mobilisations altermondialistes) o&#249; tout le monde &#233;tait d'accord pour agir dans le m&#234;me lieu, le m&#234;me jour, mais o&#249; les composantes se regroupaient suivant leurs m&#233;thodes (plus ou moins au contact des forces de r&#233;pression en particulier), tout en respectant le droits des autres d'agir diff&#233;remment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, si les buts globaux, strat&#233;giques, &#224; atteindre sont eux-m&#234;mes mis en discussion, l'avantage concret des &#171; r&#233;seaux &#187; se perd, voire se transforme en son contraire. Le r&#233;seau ne cr&#233;e pas du consensus sur la strat&#233;gie, il le n&#233;cessite quand il ne l'enregistre pas purement et simplement. Cela s'est r&#233;v&#233;l&#233; un mode tr&#232;s productif de fonctionnement, inclusif comme on dit, quand ces conditions &#233;taient &#233;tablies. Il permet notamment de ne pas donner par des proc&#233;dures formelles des cons&#233;quences trop importantes &#224; des divergences mineures. Il permet aussi de se concentrer sur des objectifs d'action qui font accord, en laissant le temps &#224; d'&#233;ventuelles divergences de se d&#233;canter. Mais il se r&#233;v&#232;le absolument contreproductif d&#232;s qu'il faut trancher des questions d&#233;licates, qui divisent sur le fond. Le consensus &#171; antilib&#233;ral &#187; a fond&#233; la viabilit&#233; du mode d'organisation des grandes initiatives du mouvement altermondialiste. Mais c'&#233;tait avant que la question des gestions gouvernementales (Lula ou Chavez en Am&#233;rique latine, Prodi en Europe, PCI-M au Bengale occidental&#8230;) ne redevienne concr&#232;te &#8211; donc centrale, et provoque des clivages beaucoup plus difficiles &#224; surmonter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t des forums sociaux ne r&#233;duit pas &#224; la question des &#171; r&#233;seaux &#187;. Ils ont offert un pr&#233;cieux espace de convergences et d'&#233;changes, r&#233;pondant &#224; de multiples besoins. Mais la &#171; qualit&#233; &#187; du processus des forums (par-del&#224; l'&#233;v&#233;nement ponctuel que repr&#233;sente chacun d'entre eux) renvoie n&#233;anmoins aux m&#234;mes questions de fond concernant les conditions de r&#233;alisation du consensus politique &#8211; et, plus pr&#233;cis&#233;ment, de notre point de vue, d'un consensus qui favorise le dynamisme des luttes. [1]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement le fonctionnement en r&#233;seau donne un poids d&#233;mesur&#233; &#224; ceux et celles qui se situent en son c&#339;ur et disposent donc &#224; la fois de l'influence et du carnet d'adresse. Ceci n'est gu&#232;re diff&#233;rent de ce qui se passe, sur ce point, dans un parti classique o&#249; les &#171; sommets &#187; b&#233;n&#233;ficient pr&#233;cis&#233;ment de ce type d'avantages sur &#171; la base &#187;. Mais dans ces derniers, il existe potentiellement (s'il ne s'agit pas de partis d&#233;finitivement bureaucratis&#233;s) des m&#233;canismes de pression politique et de contr&#244;le. La personnalisation donne en plus in&#233;vitablement un pouvoir sp&#233;cifique et ce fut le cas aussi pour Olivier Besancenot. Mais en l'esp&#232;ce, il &#233;tait et demeure un &#171; porte-parole &#187;, comptable en d&#233;finitive devant le collectif qui le soutient. On peut a contrario, comme cas d'&#233;cole, mesurer l'autonomisation du candidat Bov&#233; par rapport aux collectifs cens&#233;s le soutenir, et m&#234;me d'ailleurs par rapport &#224; tous types d'instances, sauf une garde rapproch&#233;e opaque. Tout ceci prolongeait, naturellement pourrait-on dire, le lancement avec caract&#232;re pl&#233;biscitaire de la candidature (le &#171; Bov&#233;thon &#187; point&#233; par l&#8216;un d'entre nous [2]). Rien, &#224; aucun moment, ne permettait de faire contrepoids. C'est ce que l'on peut appeler &#171; l'anarcho-bureaucratisme &#187;, anarchiste en apparence et bureaucratique en fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Le militantisme &#171; post-moderne &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la base de la valorisation de ce mode de fonctionnement, il y a la mont&#233;e de la revendication de l'affirmation des individus et d'un mode &#171; post-moderne &#187; d'engagement. On conna&#238;t ses traits profond&#233;ment n&#233;gatifs : d&#233;valorisation des options et des d&#233;bats de long terme, morale de l'imm&#233;diatet&#233;, survalorisation des ego, zapping organisationnel et politique. Or la somme de ces individualismes, loin de cr&#233;er du collectif, peut cr&#233;er de la manipulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient cependant de d&#233;passer ce cas d'esp&#232;ce pour saisir un ph&#233;nom&#232;ne d'ensemble dans ses contradictions. L'&#233;l&#233;vation massive du niveau d'&#233;tudes coupl&#233;e avec la circulation horizontale rapide de l'information sont &#224; l'origine d'une affirmation certainement irr&#233;versible de la pens&#233;e comme de la prise de position individuelles g&#233;n&#233;ralis&#233;es. Il s'agit, comme nombre d'auteurs l'ont d&#233;fendu, d'atouts nouveaux pour l'extension du domaine d&#233;mocratique, sous la forme de r&#233;seaux entrecrois&#233;s et d&#233;multipli&#233;s. Difficiles &#224; ma&#238;triser par les pouvoirs en place, ils fournissent une trame sous-jacente insaisissable et toujours renouvel&#233;e &#224; la production d'id&#233;es alternatives et donc &#224; une r&#233;sistance potentielle. C'est &#224; cette &#233;chelle que se maintiennent, se d&#233;veloppent et se renouvellent les multiples &#233;quipes qui alimentent un vaste mouvement &#171; d'en bas &#187; qui conteste dans la pratique l'&#233;volution globale &#171; d'en haut &#187;. Ceci, incontestablement, constitue un &#233;l&#233;ment positif [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question devient plus d&#233;licate quand ces &#233;quipes postulent &#224; une activit&#233; politique explicite. Chaque individu ou micro-r&#233;seau devient alors une sorte d'organisation &#224; lui seul. On peut en d&#233;crire deux figures extr&#234;mes. Le porteur d'id&#233;es fixes, dont l'horloge arr&#234;t&#233;e donne par exception l'heure juste deux fois par jour. C'est alors l'heure de la confirmation &#233;clatante, de la revanche, mais fugaces, d&#233;j&#224; d&#233;truites la minute d'apr&#232;s. Et, &#224; l'autre bord, le zappeur fr&#233;n&#233;tique qui produit une id&#233;e g&#233;niale &#224; la minute et qui, par le nombre et au hasard, atteint au m&#234;me r&#233;sultat : cent &#233;checs mais une correspondance miraculeuse qui, &#224; ses yeux, vient valider l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, bien que r&#233;pandues ces figures ne sont pas les seules, loin de l&#224;. Plus g&#233;n&#233;ralement, la question qui se pose quand ce mode post-moderne d'engagement politique se g&#233;n&#233;ralise est celle de la convergence possible de ces processus &#233;clat&#233;s. Les th&#233;ories de la complexit&#233; montrent comment des structures localement ordonn&#233;es, et presque compl&#232;tement ind&#233;pendantes les unes des autres, peuvent, dans certaines conditions et une fois mises en r&#233;seaux, produire une structure globale (dite &#171; &#233;mergente &#187;), ordonn&#233;e &#224; un niveau sup&#233;rieur. Mais elles montrent aussi que les conditions pour que cela se fasse sont tr&#232;s contraignantes et rarement r&#233;unies. Plus fr&#233;quemment, un ordre purement local produit du d&#233;sordre au global. En termes politiques la comparaison conduit &#224; dire que l'union des r&#233;seaux/individus est tout simplement difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme toujours dans l'analyse des ph&#233;nom&#232;ne sociaux, on est conduit &#224; chercher &#224; faire la part de ce qui se passe dans l'interaction locale (ici et maintenant) et de ce qui provient de d&#233;terminations externes (d'ailleurs et d'avant). Autrement dit de faire la part du moment o&#249; on est agent, et de celui o&#249; on est &#171; agi &#187;, par des structures et une histoire qui d&#233;passent et d&#233;bordent les acteurs. Dans les collectifs antilib&#233;raux des ann&#233;es 2006-2007, l'incantation r&#233;p&#233;t&#233;e &#224; &#171; l'unit&#233; dans la diversit&#233; &#187; (donc &#224; l'espoir d'une &#171; structure &#233;mergente &#187;) ne pouvait que se heurter &#224; des donn&#233;es de fond, venant d'avant et d'ailleurs, qui, loin de se r&#233;duire &#171; aux appareils &#187;, se r&#233;fractaient dans la pens&#233;e m&#234;me des acteurs, pourtant per&#231;ue comme &#171; nouvelle &#187; et produite dans l'&#233;v&#233;nement. L'id&#233;e de base &#8211; juste &#8211; de cette recherche d'unit&#233; est qu'il faut &#234;tre le plus nombreux possible &#224; tirer chacun sur sa corde pour mettre en branle &#171; le mouvement social &#187;. Mais pour &#234;tre efficace ceci suppose que toutes les tractions se fassent approximativement dans la m&#234;me direction. Sinon elles se g&#234;nent, voire se neutralisent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fiction post-moderne est que cet ajustement se fera automatiquement, pour peu que &#171; les gens &#187; puissent donner libre cours &#224; leur cr&#233;ativit&#233;, sans imposition intempestive de sch&#233;mas pr&#233;-&#233;tablis. Mais, comme expliqu&#233; plus haut, cet ajustement spontan&#233; est rare. Dans les ph&#233;nom&#232;ne sociaux, on le trouve lors des grands mouvements de masse en phase ascendante, o&#249; la direction &#224; prendre est auto-d&#233;finie et auto-aliment&#233;e par la puissance du mouvement lui-m&#234;me. En dehors de ces moments exceptionnels, pour y parvenir il faut prendre le temps d'&#233;laborer une direction commune. Les m&#233;canismes de cette &#233;laboration se r&#233;v&#232;lent en fait lents, pesants et surtout, ils contrecarrent les pulsions purement individuelles et locales du micro r&#233;seau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait majeur est le suivant : les m&#233;canismes d'&#233;laboration collective constituent par nature des restrictions de l'espace de libert&#233; de chaque &#171; tireur de corde &#187;, puisqu'ils peuvent conduire &#224; imposer une modification (qui peut &#234;tre importante) des choix pr&#233;alables par le jeu de contraintes et d'argumentations venues &#171; d'ailleurs et d'avant &#187;, ou, au moins, venues&#8230; des autres. Lorsque l'on r&#233;gule et syst&#233;matise cette concertation, quel que soit le nom qu'on lui donne, on est bien dans le domaine d'une &#171; organisation &#187;, celle-l&#224; m&#234;me dont l&#8216;un d'entre nous a d&#233;fendu le principe r&#233;cemment. Il faudrait de plus rappeler ici que si la nouvelle affirmation individuelle en r&#233;seaux (en collectifs &#171; locaux &#187; par exemple) ne conduit en rien par elle-m&#234;me &#224; la convergence &#224; construire (c'est parfois le contraire), elle laisse de toute mani&#232;res intacte les structures des pouvoirs r&#233;ellement dominants, lesquelles ne se soumettent jamais &#224; l'interaction locale de r&#233;seaux. Au contraire, elles leur imposent leur force centralis&#233;e chaque fois que n&#233;cessaire. [4]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Partis et mouvements sociaux : une veille histoire &#224; reprendre&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceci dit, comprendre que, loin de d&#233;passer les partis en termes de d&#233;mocratie, certains modes de fonctionnement &#171; post-moderne &#187; ne repr&#233;sentent en fait qu'une r&#233;gression ne r&#232;gle nullement une s&#233;rie d'autres difficult&#233;s. Une partie d&#233;cisive du probl&#232;me reste b&#233;ante. Le rejet des partis doit certes &#224; l'air du temps post-moderne et lib&#233;ral, mais il s'ancre &#233;videmment aussi dans un bilan critique de la machine &#224; broyer les individus qu'ont pu aussi repr&#233;senter ces partis (surtout &#224; l'aune de la tragique exp&#233;rience stalinienne, mais pas seulement). Aucune nouvelle force ne pourra utilement voir le jour si l'on ne fait pas droit &#224; la nouvelle et l&#233;gitime demande que la parole de chacun-e puisse sp&#233;cifiquement avoir droit de cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, Hannah Arendt, aux prises avec des questions de ce genre, indiquait d&#233;j&#224; que la d&#233;mocratie exige l'existence d'un espace de valeurs partag&#233;es et sous contr&#244;le (ce que ne peut donner le r&#232;gne unidimensionnel de la marchandise) sans lesquelles elle devient la proie des d&#233;chirements sans fin et se noie dans sa n&#233;gation. Si l'on tente un transfert dans le domaine de l'organisation politique, on constate que l'on doit songer &#224; renforcer cette exigence et non pas &#224; la dissoudre. En effet, alors que la soci&#233;t&#233; nous fait membres d'elle-m&#234;me quoi qu'on en ait, rien n'oblige dans un pays non totalitaire &#224; se supporter r&#233;ciproquement dans une organisation politique. Il s'agit d'un pari risqu&#233;, difficile, un pacte &#224; reconstruire en permanence, surtout quand on n'est pas soud&#233;s par l'app&#233;tit des postes de repr&#233;sentation et les capitaux mat&#233;riels et symboliques qui vont avec. C'est pourquoi les options de base (&#171; ce &#224; quoi on croit vraiment ensemble, au fond &#187;) doivent &#234;tre raisonnablement partag&#233;es, et in&#233;vitablement ces &#171; valeurs &#187;, dans le cas d'esp&#232;ce, comportent une dose de vis&#233;e strat&#233;gique pour des organisations qui ne sourdent pas naturellement du syst&#232;me de pouvoir dominant (pour lesquelles cet accord est un &#171; allant de soi &#187;, un &#171; arri&#232;re plan &#187; donn&#233; par avance).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment donc faire surgir d&#233;mocratiquement une volont&#233; majoritaire d'un collectif militant est une premi&#232;re question &#224; regarder de pr&#232;s. Mais le probl&#232;me se complique du fait qu'il ne s'agit pas ici d'un simple probl&#232;me de fonctionnement mais aussi et avant tout d'un probl&#232;me &#224; caract&#232;re strat&#233;gique. La justification fondamentale de la &#171; forme parti &#187; tient &#224; un choix (faire converger les r&#233;sistances vers un changement de pouvoir) et &#224; la compr&#233;hension que l'ennemi dispose lui d'un cadre centralis&#233; d'o&#249; s'organise la domination : un &#201;tat. Si l'on estime que la question du pouvoir ne doit pas se poser, pas besoin de convergence strat&#233;gique. La combinaison des luttes et pratiques alternatives suffit. Mais toute l'exp&#233;rience historique d&#233;montre, qu'en fin de compte, cela revient &#224; laisser le pouvoir au pouvoir, et donc &#224; laisser &#224; dernier les moyens de r&#233;primer ou de r&#233;cup&#233;rer les dynamiques alternatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vague altermondialiste peut nourrir l'espoir que le mouvement social serait &#224; m&#234;me, par son propre d&#233;veloppement, d'op&#233;rer un changement de soci&#233;t&#233; en faisant l'&#233;conomie d'affrontements qui mettraient en jeu le pouvoir d'&#201;tat. Pourtant, si l'on consid&#232;re les rapports de forces mondiaux, le renforcement des appareils &#233;conomiques, politiques, r&#233;pressifs et militaires, comment peut-on pr&#233;tendre que le mouvement social pourrait se suffire &#224; lui-m&#234;me ? Ou alors &#8211; ce qui est en fait souvent le cas &#8211; c'est que l'on se r&#233;signe &#224; le cantonner au r&#244;le de groupe de pression, avec une strat&#233;gie de &#8220; lobbying &#8221; qui laisserait intacts les fondements du pouvoir capitaliste. C'est ce que font bon nombre d'ONG, souvent r&#233;duites &#224; tenir ce r&#244;le dans les coulisses des grandes conf&#233;rences et institutions internationales, dans un rapport de transaction permanent avec ces institutions, du fait qu'il n'existe pas m&#234;me un embryon de d&#233;mocratie mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de la gauche r&#233;volutionnaire, la r&#233;ponse &#224; cette question a longtemps &#233;t&#233; de th&#233;oriser les limites de la port&#233;e politique des mouvements sociaux, de leur capacit&#233; propre d'analyse, de proposition, de mobilisation, d'initiatives d'ensemble. Il en d&#233;coulait un partage strict des t&#226;ches : aux mouvements (aux syndicats en particulier) les &#8220; luttes imm&#233;diates &#8221; ; aux partis de la gauche traditionnelle leur traduction &#233;lectorale, et aux partis radicaux les luttes globales et leur expression politique. Grosse d'&#233;litisme (avec des partis &#8220; en surplomb &#8221; par rapport aux mouvements) et de risques avant-gardistes pour les partis radicaux, cette conception doit &#234;tre d&#233;finitivement rejet&#233;e. Elle est d&#233;mentie par l'histoire des r&#233;volutions, car les exemples ne manquent pas de partis radicaux qui, dans la tourmente r&#233;volutionnaire, se sont trouv&#233;s en retard sur les masses. Elle est mise en d&#233;faut par la capacit&#233; des mouvements &#224; inventer et &#224; exp&#233;rimenter de nouvelles formes de lutte et de nouvelles pratiques sociales, dont ils sont la source principale. Les mouvements sociaux sont capables d'apports programmatiques (f&#233;minisme, &#233;cologie, critique du travail&#8230;) et de synth&#232;ses, et c'est m&#234;me l&#224; que les capacit&#233;s th&#233;oriques novatrices sont les plus productives. Cette conception est enfin contradictoire avec le projet d'une soci&#233;t&#233; o&#249; le pouvoir serait de plus en plus exerc&#233; par des structures autog&#233;r&#233;es. Pour autant, les propositions et programmes des partis restent indispensables pour faire le lien entre les int&#233;r&#234;ts sociaux ou locaux particuliers et un projet d'ensemble pour la soci&#233;t&#233; &#8211; c'est-&#224;-dire, pour proposer dans la dur&#233;e des options politiques alternatives qui renvoient &#224; des choix strat&#233;giques diff&#233;renci&#233;s, ce que ne peuvent faire les mouvements sociaux sous peine de se diviser eux-m&#234;mes selon des lignes de fait &#171; partidaires &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, des mouvements sociaux extr&#234;mement vari&#233;s sont capables d'introduire des dysfonctionnements s&#233;rieux et quelquefois surprenants dans les machineries automatiques sophistiqu&#233;es mais fragiles des circuits capitalistes. M&#234;me sans projet politique global, il y a dans ces luttes auto-d&#233;velopp&#233;es, sans plan pr&#233;con&#231;u et g&#233;n&#233;ral, sans vis&#233;e de pouvoir, des possibilit&#233;s nouvelles et une force subversive pr&#233;cieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant tout mouvement social est confront&#233; &#224; la question des dominations qui traversent la soci&#233;t&#233; et des rapports de pouvoir qui les organisent, en particulier au pouvoir d'Etat qui articule ces diff&#233;rentes relations. Pour cette raison, nous ne pensons pas que le d&#233;veloppement cumulatif d'une multitude de mouvements, m&#234;me collaborant les uns avec les autres, suffirait &#224; briser, ou &#224; &#8220; dissoudre &#8221; petit &#224; petit, les m&#233;canismes oppresseurs du capitalisme. Ces derniers sont aptes &#224; g&#233;rer ces mises en cause, par l'absorption et la d&#233;naturation du potentiel de contestation, par l'isolement, ou par la r&#233;pression, tant que les organes vitaux de la machinerie &#233;tatique n'ont pas &#233;t&#233; paralys&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, prendre le pouvoir &#8220; en haut &#8221; ne suffit pas ; oui, le pouvoir d&#233;mocratique doit se diffuser et combiner le &#8220; haut &#8221; et le &#8220; bas &#8221;. Mais on ne peut pas esquiver la question en se contentant d'assi&#233;ger le pouvoir central. L'affrontement est in&#233;vitable, il faut s'y pr&#233;parer. Quand la situation est m&#251;re, l'esquive et le refus permettent aux tenants de l'ordre existant de se ressaisir et finissent par leur profiter. Dans des moments de forte mobilisation, les convergences vers une telle confrontation se manifestent au sein des mouvements sociaux. La t&#226;che d'un parti r&#233;volutionnaire est d'y contribuer et de poser la question du pouvoir, non seulement aux moments paroxystiques, mais &#224; chaque moment de la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, outre que le pouvoir dominant agit en permanence contre une &#171; fusion &#187; directe des mouvements sociaux, le surgissement d'un point de vue globalement oppos&#233; &#224; ce pouvoir est n&#233;cessaire. Il exige l'affirmation d'une autre h&#233;g&#233;monie id&#233;ologique, culturelle, pratique, politique, b&#226;tie donc dans l'ind&#233;pendance de classe compl&#232;te par rapport au syst&#232;me dominant. L'ind&#233;pendance de classe est au c&#339;ur de tout v&#233;ritable projet alternatif de soci&#233;t&#233;. Elle peut certes s'affirmer dans le feu des luttes. Mais, dans la dur&#233;e, elle ne peut venir que d'une construction consciente. Celle qui s'appuie sur les bilans de l'histoire (et donc tient le coup dans les p&#233;riodes de recul), sur la mise en liaison d'exp&#233;riences diverses &#8211; sociales, nationales, g&#233;n&#233;rationnelles -, sur l'&#233;laboration constante d'un projet global.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Retour sur la &#171; forme parti &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fonction du parti &#171; de transformation sociale &#187; est d'abord celle-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233; on voit bien o&#249; m&#232;ne cette n&#233;cessit&#233;, si on la &#171; durcit &#187; de trop. &#171; L'esprit de parti &#187; peut alors couler dans le b&#233;ton son propre ordre de valeurs, avec bient&#244;t ses grands pr&#234;tres et ses gardiens d'une orthodoxie toujours menac&#233;e. Un danger d'autant plus pr&#233;gnant que les partis qui contestent le syst&#232;me se moulent pourtant sur celui-ci, sous peine de perdre toute efficacit&#233; (et donc les partis r&#233;volutionnaires sur l'appareil d'&#201;tat centralis&#233; de la bourgeoisie). Ils finissent ainsi le plus souvent par lui ressembler, quand ils ne transigent pas avec lui. La &#171; forme &#187; du parti, centralis&#233;e, tient profond&#233;ment &#224; l'existence de l'&#201;tat. Et, in&#233;vitablement, ce parti aura tendance &#224; h&#233;riter des d&#233;fauts de cet &#201;tat (et de la soci&#233;t&#233; bourgeoise en g&#233;n&#233;ral) : hi&#233;rarchisation, bureaucratie, domination des hommes, de la nationalit&#233; majoritaire. On ne peut pas prendre l'un (le parti) sans l'autre (les dangers antid&#233;mocratiques). C'est cette certitude qui rebute tant de camarades. La seule issue &#224; ce dilemme est dans la conscience de cette situation, et donc dans la lutte opini&#226;tre pour limiter la port&#233;e des d&#233;rives in&#233;vitables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que l'on se saisisse d'un aspect ou de l'autre, le point nodal est celui du contr&#244;le d'une organisation par ses membres, de sa capacit&#233; &#224; &#233;voluer en prenant en compte d'une mani&#232;re productive les apports individuels, tout ne se laissant pas absorber par la soci&#233;t&#233; environnante, dont l'aptitude &#224; la r&#233;cup&#233;ration est sans limites. Comment alors organiser la m&#233;fiance collective et individuelle indispensable face &#224; l'organisation m&#234;me que l'on s'est choisie ? Alors que la l&#233;gitimit&#233; de cette derni&#232;re ne peut se r&#233;sumer &#224; l'addition des engagements et des positions de ses membres pris un &#224; un ? Alors qu'il faut continuer &#224; assurer l'efficacit&#233; de l'intervention militante collective ? Avec, toujours, la tentation de la rigidification et/ou de la r&#233;cup&#233;ration par le syst&#232;me dominant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment aussi s'assurer qu'un parti r&#233;volutionnaire remplisse son r&#244;le propre, tout en sachant que la transformation sociale pour laquelle nous militons ne peut &#234;tre qu'un processus d&#233;mocratique d'&#233;mancipation, un combat d'auto-&#233;mancipation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces interrogations sont anciennes mais n&#233;anmoins fondamentales. Les r&#233;ponses &#224; y apporter doivent occuper une place incontournable dans la marche vers la nouvelle force anticapitaliste &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ROUSSET Pierre, JOHSUA Samuel&lt;br class='autobr' /&gt;
Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
[1] 1Pierre Rousset, &#171; Contribution au d&#233;bat sur le processus du FSM dans l'&#233;tape actuelle &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php&lt;/a&gt; ?article9317&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Pierre Rousset, &#171; En d&#233;fense du principe d'organisation &#187;, 2007, &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php&lt;/a&gt; ?article4979&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Philippe Corcuff er Samuel Johsua, &#171; L'individu enjeu politique &#187;, tribune dans le journal Le Monde, 24 janvier 2008. Disponible sur ESSF : Les individus, enjeu politique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] On sait que nombre d'auteurs (Tony N&#233;gri par exemple) d&#233;fendent l'inverse. Sur ce point nous renvoyons aux nombreuses r&#233;futations donn&#233;es contre ces positions, par Daniel Bensa&#239;d entre autres. Voir par exemple Daniel Bensa&#239;d, &#171; John Holloway : R&#233;volution sans la r&#233;volution &#187;, in Plan&#232;te altermondialiste, coordonn&#233; par Chiara Bonfiglioli et S&#233;bastien Budgen, Collection &#171; La Discorde &#187;, Editions Textuel. Paris 2006. Disponible sur ESSF : John Holloway. : R&#233;volution sans la r&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Paru dans Critique communiste n&#176; 187 de juin 2008.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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