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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>L'Egypte, nouvelle &#233;tape de la r&#233;volution arabe</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/L-Egypte-nouvelle-etape-de-la-revolution-arabe</link>
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		<dc:date>2011-02-03T01:59:15Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Damien MILLET , Fathi Chamkhi, J&#233;rome Duval , Sophie Perchellet</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;gypte</dc:subject>
		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s le peuple tunisien, plus d'une centaine de citoyens &#233;gyptiens ont pay&#233; de leur vie pour que leur pays ait une chance d'&#234;tre d&#233;barrass&#233; d'un r&#233;gime dictatorial et corrompu. Le processus r&#233;volutionnaire qui a commenc&#233; le 17 d&#233;cembre 2010 &#224; Sidi Bouzid en Tunisie, et qui a r&#233;ussi &#224; chasser Zine el Abidine Ben Ali du pouvoir un mois plus tard, est le m&#234;me qui enflamme l'Egypte depuis la journ&#233;e historique du 28 janvier. 30 janvier 2011 &lt;br class='autobr' /&gt; Ce mouvement, qui malgr&#233; une r&#233;pression farouche (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Egypte-+" rel="tag"&gt;&#201;gypte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Tunisie-+" rel="tag"&gt;Tunisie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s le peuple tunisien, plus d'une centaine de citoyens &#233;gyptiens ont pay&#233; de leur vie pour que leur pays ait une chance d'&#234;tre d&#233;barrass&#233; d'un r&#233;gime dictatorial et corrompu. Le processus r&#233;volutionnaire qui a commenc&#233; le 17 d&#233;cembre 2010 &#224; Sidi Bouzid en Tunisie, et qui a r&#233;ussi &#224; chasser Zine el Abidine Ben Ali du pouvoir un mois plus tard, est le m&#234;me qui enflamme l'Egypte depuis la journ&#233;e historique du 28 janvier.&lt;br class='autobr' /&gt;
30 janvier 2011&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce mouvement, qui malgr&#233; une r&#233;pression farouche s'&#233;tend &#224; toute l'Egypte, est port&#233; par un seul mot d'ordre : &#8216;le peuple veut la chute du r&#233;gime'. Au quatri&#232;me jour de protestation, le pays s'enflamme : les manifestations s'&#233;tendent dans tout le pays pour exiger le d&#233;part du dictateur Moubarak au pouvoir depuis 30 ans. Empruntant la voie r&#233;volutionnaire ouverte par les masses populaires et la jeunesse en Tunisie, rien ne semble pouvoir arr&#234;ter le processus insurrectionnel en marche. La rue &#233;gyptienne s'embrase.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#194;g&#233; de 82 ans, Hosni Moubarak, le plus proche alli&#233; arabe des &#201;tats-Unis, r&#233;p&#232;te la funeste erreur de Ben Ali en ordonnant &#224; sa police de r&#233;primer durement les manifestations, esp&#233;rant ainsi tuer dans l'&#339;uf la r&#233;volution qui s'annonce. Dans le m&#234;me temps, Internet est totalement censur&#233; et le g&#233;ant britannique des t&#233;l&#233;communications Vodafone confirme que les compagnies de t&#233;l&#233;phonie mobile se sont soumises &#224; l'ordre de couper toutes les communications. Il est frappant de voir comment, d&#232;s qu'elles agissent au service de la r&#233;volution, les nouvelles technologies de communication peuvent &#234;tre totalement et imm&#233;diatement coup&#233;es &#224; l'&#233;chelle d'une nation enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la capitale, le m&#233;tro est ferm&#233;, deux commissariats et le si&#232;ge du Parti national d&#233;mocrate (PND) au pouvoir sont incendi&#233;s. Selon l'Associated Press, le minist&#232;re des Affaires &#233;trang&#232;res aurait &#233;t&#233; pris &#224; partie par les manifestants. A Alexandrie, c'est le si&#232;ge du gouvernorat, un symbole du r&#233;gime, qui est br&#251;l&#233;. La r&#233;pression s'abat aussi sur plusieurs membres de la presse &#233;trang&#232;re. Alors que l'arm&#233;e est appel&#233;e &#224; pr&#234;ter assistance aux forces de police, un couvre-feu est d&#233;cr&#233;t&#233;, mais n'est pas respect&#233; et le peuple tient la rue. Dans la confusion la plus totale, la foule se d&#233;place au milieu de colonnes de chars, certains policiers et des conducteurs de blind&#233;s pactisant avec les manifestants qui dansent sur les chars !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Internet n'est qu'un outil et ne doit pas d&#233;tourner notre attention de la vraie raison de cette insurrection : l'envie d'en finir avec un r&#233;gime despotique sous domination imp&#233;rialiste pour enfin satisfaire les aspirations de la population. Ce pays est riche. Il brade ses ressources afin de payer une dette qui n'a en rien b&#233;n&#233;fici&#233; aux populations. Au contraire, elle a notamment servi &#224; financer la r&#233;pression durant ces trois d&#233;cennies de dictature et &#224; enrichir les proches du pouvoir ainsi que les cr&#233;anciers. Les pr&#234;ts sont en grande partie d&#233;tourn&#233;s par l'&#233;lite corrompue du pays, en toute connaissance de cause des pr&#234;teurs qui en partagent donc la responsabilit&#233;. Les avoirs de Moubarak, au m&#234;me titre que ceux de Ben Ali en fuite, constituent des biens mal acquis qui doivent &#234;tre restitu&#233;s au peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis que Moubarak est devenue pr&#233;sident en 1981, apr&#232;s l'assassinat de son pr&#233;d&#233;cesseur Anouar el-Sadate, le peuple &#233;gyptien a rembours&#233; l'&#233;quivalent de 68,5 milliards de dollars au titre de la dette externe. Pourtant, dans le m&#234;me temps, elle n'a cess&#233; d'augmenter, passant de 22 &#224; 33 milliards de dollars. La dette contract&#233;e par le r&#233;gime Moubarak est largement odieuse : en droit international, elle est nulle et non avenue. Elle doit &#234;tre purement et simplement r&#233;pudi&#233;e. Pour cela, un audit de la dette, accompagn&#233; d'un gel des remboursements sans p&#233;nalit&#233;s de retard, doit &#234;tre conduit sous contr&#244;le citoyen par les pouvoirs publics, afin de d&#233;terminer pr&#233;cis&#233;ment ce &#224; quoi ont servi les diff&#233;rents contrats de pr&#234;ts et d'annuler la part ill&#233;gitime de cette dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s des d&#233;cennies de silence, de coop&#233;ration militaire et commerciale, les dirigeants des grandes puissances ont appel&#233; au respect des droits humains fondamentaux. La secr&#233;taire d'Etat Hillary Clinton, apr&#232;s avoir pr&#244;n&#233; la stabilit&#233; du r&#233;gime, s'inqui&#232;te de la tournure des &#233;v&#232;nements : &#171; Nous sommes tr&#232;s inquiets au sujet des &#233;v&#232;nements en Egypte. Les droits fondamentaux doivent &#234;tre respect&#233;s, la violence endigu&#233;e, et la libert&#233; de communication r&#233;tablie. &#187; Mais pourquoi ces voix ne se sont-elles pas faites entendre plus t&#244;t, alors que le peuple &#233;tait musel&#233;, les m&#233;dias aux ordres ou b&#226;illonn&#233;s, et l'opposition incarc&#233;r&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus d'&#234;tre un fid&#232;le alli&#233; &#233;conomique des Etats-Unis, l'Egypte est un pilier g&#233;ostrat&#233;gique important, garant de l'ordre arabe &#233;tabli et de la stabilit&#233; r&#233;gionale vis-&#224;-vis d'Isra&#235;l. Pour le vice-pr&#233;sident Joseph Biden, &#171; Moubarak a &#233;t&#233; notre alli&#233; pour normaliser les relations avec Isra&#235;l, je ne le qualifierais pas de dictateur &#187;. Ces d&#233;clarations cachent mal la volont&#233; de prot&#233;ger les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et strat&#233;giques dans la r&#233;gion. Un chiffre ne trompe pas : l'arm&#233;e &#233;gyptienne est financ&#233;e par des subventions &#233;tats-uniennes (1,3 milliard de dollars en 2010) pour maintenir l'oligarchie au pouvoir par la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le renversement de Moubarak, comme celui de Ben Ali, n'est pas une fin en soi. Il doit &#234;tre la premi&#232;re &#233;tape vers un changement profond : d&#233;sormais, le peuple a entam&#233; la lutte et montr&#233; qu'il veut prendre son destin en main. Tr&#232;s vite, de nombreuses d&#233;cisions devront &#234;tre prises : arr&#234;t des remboursements et audit de la dette en vue de sa r&#233;pudiation, r&#233;formes &#233;conomiques en profondeur pour une juste r&#233;partition de la richesse, d&#233;veloppement des secteurs vitaux (sant&#233;, &#233;ducation, transports publics, logement&#8230;), garantie absolue des droits fondamentaux. La route est longue, mais la chute de Moubarak la rendra enfin possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fathi Chamkhi, Raid Attac/CADTM Tunisie &lt;br class='autobr' /&gt;
J&#233;r&#244;me Duval, Patas Arriba/CADTM Espagne &lt;br class='autobr' /&gt;
Damien Millet, CADTM France &lt;br class='autobr' /&gt;
Sophie Perchellet, CADTM France&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;CHAMKHI Fathi, DUVAL J&#233;r&#244;me, MILLET Damien, PERCHELLET Sophie&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vides et vains, ni G8 ni G20 !</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Vides-et-vains-ni-G8-ni-G20</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Vides-et-vains-ni-G8-ni-G20</guid>
		<dc:date>2010-09-08T02:37:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Damien MILLET , Eric Toussaint, Sophie Perchellet</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Tir&#233; du site du CADTM 28 juin 2010 &lt;br class='autobr' /&gt;
A l'instar des r&#233;unions pr&#233;c&#233;dentes, le sommet du G20, club priv&#233; o&#249; les pays les plus riches de la plan&#232;te ont convi&#233; les chefs d'Etat des principales puissances &#233;mergentes, s'est r&#233;v&#233;l&#233; &#224; nouveau riche en effets d'annonce et vide de d&#233;cisions. Comme en 2008 &#224; Londres puis en 2009 &#224; Pittsburgh, les discussions du G20 r&#233;uni &#224; Toronto ont tourn&#233; autour de la sortie de crise. Mais d'une sortie capitaliste de la crise, favorable aux cr&#233;anciers et aux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site du CADTM&lt;br class='autobr' /&gt;
28 juin 2010&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;A l'instar des r&#233;unions pr&#233;c&#233;dentes, le sommet du G20, club priv&#233; o&#249; les pays les plus riches de la plan&#232;te ont convi&#233; les chefs d'Etat des principales puissances &#233;mergentes, s'est r&#233;v&#233;l&#233; &#224; nouveau riche en effets d'annonce et vide de d&#233;cisions. Comme en 2008 &#224; Londres puis en 2009 &#224; Pittsburgh, les discussions du G20 r&#233;uni &#224; Toronto ont tourn&#233; autour de la sortie de crise. Mais d'une sortie capitaliste de la crise, favorable aux cr&#233;anciers et aux grandes puissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&#233;ritable serpent de mer depuis deux ans, le th&#232;me de la r&#233;glementation financi&#232;re mondiale n'a, sans surprise, men&#233; &#224; rien de tangible. Devant les opinions publiques, qui paient tr&#232;s cher les effets de cette crise dans le d&#233;clenchement de laquelle elles n'ont aucune responsabilit&#233;, les gouvernements font comme s'ils souhaitaient s'inviter dans une red&#233;finition des r&#232;gles du jeu mondial alors que depuis des d&#233;cennies, ils &#339;uvrent en fait pour l'abandon de toute r&#232;gle prot&#233;geant les peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;glementation du march&#233; des produits d&#233;riv&#233;s qui sont des innovations financi&#232;res de pure sp&#233;culation sans utilit&#233; sociale, normes de fonds propres impos&#233;s aux banques, encadrement des bonus des dirigeants des grandes banques qui sont repartis de plus belle, taxation des grandes banques ou des transactions financi&#232;res, autant de sujets qui ont montr&#233; de fortes divergences au sein du G20, ce qui est bien commode pour ne rien d&#233;cider : le sujet a &#233;t&#233; report&#233; au prochain sommet du G20 &#224; S&#233;oul en novembre. Un moyen comme un autre de ne pas avancer sur ce sujet pourtant essentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A chaque show m&#233;diatique, la m&#234;me rengaine contre le protectionnisme est &#233;galement entonn&#233;e. Partout dans le monde, l'Organisation mondiale du commerce (OMC), appuy&#233;e par le Banque mondiale et le Fonds mon&#233;taire international (FMI), s'est donn&#233;e comme mission d'abattre les protections nationales d&#233;cr&#233;t&#233;es comme entraves au libre commerce. Ce faisant, les droits fondamentaux des peuples, comme le droit &#224; la souverainet&#233; alimentaire, sont sacrifi&#233;s sur l'autel de la croissance et du profit des soci&#233;t&#233;s transnationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, les diff&#233;rentes crises qui ont secou&#233; le monde ces derni&#232;res d&#233;cennies puisent leurs racines dans cette lib&#233;ralisation du commerce et des flux de capitaux essentiellement sp&#233;culatifs. La grande d&#233;r&#233;glementation financi&#232;re des ann&#233;es 1990, la d&#233;structuration de pans entiers des &#233;conomies nationales et le d&#233;sagr&#233;gement de l'Etat ont pr&#233;par&#233; le terrain de la brusque offensive des d&#233;tenteurs de capitaux contre les populations du monde entier, au Sud d'abord mais au Nord aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise actuelle et les plans de sauvetage des banques ont d&#233;multipli&#233; les dettes publiques des pays du Nord. L'ouragan d'aust&#233;rit&#233; qui s'abat sur les pays europ&#233;ens organise de drastiques r&#233;ductions des d&#233;penses publiques tout en pr&#233;servant les revenus du capital. Le G20 a ainsi pris l'engagement de &#171; r&#233;duire de moiti&#233; les d&#233;ficits d'ici &#224; 2013 et faire diminuer la dette publique rapport&#233;e au PIB avant 2016 &#187;. Ces coupes se font &#224; l'encontre des int&#233;r&#234;ts des classes populaires et &#224; l'avantage des classes sociales favoris&#233;es. Les rem&#232;des frelat&#233;s appliqu&#233;s &#224; partie des ann&#233;es 1980 sont de retour : r&#233;duction ou gel des salaires, hausse de la TVA, lib&#233;ralisation du march&#233; du travail, privatisations des entreprises publiques, r&#233;forme du syst&#232;me des pensions et des retraites sont autant de mesures d'aust&#233;rit&#233; dont les premi&#232;res victimes sont les populations les plus pr&#233;caires. Depuis 2008, le FMI a ouvert des lignes de cr&#233;dits &#224; une dizaine de pays europ&#233;ens. En Islande, la population a clairement fait comprendre qu'elle ne paierait pas pour les errements et les outrances du secteur bancaire et financier. En Roumanie, la r&#233;duction de 15% des retraites a &#233;t&#233; jug&#233;e anticonstitutionnelle malgr&#233; les pressions du FMI. En Ukraine, les relations entre le FMI et le gouvernement &#233;taient bloqu&#233;es depuis la d&#233;cision unilat&#233;rale de ce dernier d'augmenter de 20% le salaire minimum. De nombreuses manifestations populaires ont lieu dans les diff&#233;rents pays victimes de ces politiques, ainsi qu'&#224; Toronto o&#249; les manifestations anti-G20 ont &#233;t&#233; brutalement r&#233;prim&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sommet du G20 ne fut donc qu'une pierre de plus apport&#233;e &#224; l'&#233;difice d'une sortie capitaliste de la crise. Pour tous ceux qui luttent pour la justice sociale, ce G20 est plut&#244;t&#8230; un G vain, qui r&#233;p&#232;te inlassablement les m&#234;mes exigences que rien ne justifie et qui ressort les anciennes &#171; solutions &#187; qui en fait n'en sont pas. Alors, ni G8, ni G20, mais il faut s'attaquer &#224; la racine du probl&#232;me en expropriant les banques pour les transf&#233;rer au secteur public sous contr&#244;le citoyen, en r&#233;alisant un audit citoyen de la dette publique afin d'annuler la dette ill&#233;gitime, en instaurant une v&#233;ritable justice fiscale et une redistribution plus juste de la richesse, en luttant contre la fraude fiscale massive, en remettant au pas les march&#233;s financiers par la cr&#233;ation d'un registre des propri&#233;taires de titres et par l'interdiction des ventes &#224; d&#233;couvert, en r&#233;duisant radicalement le temps de travail pour cr&#233;er des emplois tout en maintenant les salaires et les retraites. Pour cela, il est urgent de cr&#233;er une vaste mobilisation populaire pour faire converger les luttes locales sur le plan international et venir &#224; bout des politiques de r&#233;gression sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Damien Millet - Sophie Perchellet &#8211; Eric Toussaint&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;MILLET Damien, PERCHELLET Sophie, TOUSSAINT Eric&lt;br class='autobr' /&gt;
* Damien Millet, Sophie Perchellet et Eric Toussaint sont respectivement porte-parole, vice-pr&#233;sidente du CADTM France et pr&#233;sident du CADTM Belgique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le double langage d'un FMI d&#233;l&#233;gitim&#233;</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Le-double-langage-d-un-FMI-delegitime</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Le-double-langage-d-un-FMI-delegitime</guid>
		<dc:date>2009-03-31T04:14:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Damien MILLET , Eric Toussaint</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Tir&#233; du site du CADTM mardi 17 mars 2009, par &#201;ric Toussaint, Damien Millet ___________________________________________ &lt;br class='autobr' /&gt;
Avec la crise internationale d&#233;clench&#233;e &#224; l'&#233;t&#233; 2008, tous les dogmes n&#233;olib&#233;raux ont &#233;t&#233; battus en br&#232;che et la supercherie qu'ils repr&#233;sentaient a &#233;t&#233; mise &#224; jour. Ne pouvant nier leurs &#233;checs, la Banque mondiale et le Fonds mon&#233;taire international (FMI) pr&#233;tendent avoir abandonn&#233; les politiques n&#233;olib&#233;rales connues sous le nom de &#171; consensus de Washington &#187;. Bien (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-musique-" rel="directory"&gt;musique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site du CADTM&lt;br class='autobr' /&gt;
mardi 17 mars 2009, par &#201;ric Toussaint, Damien Millet&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Avec la crise internationale d&#233;clench&#233;e &#224; l'&#233;t&#233; 2008, tous les dogmes n&#233;olib&#233;raux ont &#233;t&#233; battus en br&#232;che et la supercherie qu'ils repr&#233;sentaient a &#233;t&#233; mise &#224; jour. Ne pouvant nier leurs &#233;checs, la Banque mondiale et le Fonds mon&#233;taire international (FMI) pr&#233;tendent avoir abandonn&#233; les politiques n&#233;olib&#233;rales connues sous le nom de &#171; consensus de Washington &#187;. Bien que discr&#233;dit&#233;es, ces deux institutions profitent pourtant de la crise internationale pour revenir sur le devant de la sc&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir en ligne : &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/spip.php?artic..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/spip.php?artic..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant des d&#233;cennies, elles ont impos&#233; aux forceps des mesures de d&#233;r&#233;glementation et des programmes d'ajustement structurel qui ont conduit immanquablement &#224; l'impasse actuelle. C'est un r&#233;el fiasco pour la Banque mondiale et le FMI qui doivent maintenant r&#233;pondre de leurs actes devant l'opinion publique mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De surcro&#238;t, leurs pr&#233;visions &#233;conomiques ne sont pas fiables : en novembre 2008, le FMI pronostiquait une croissance mondiale &#224; 2,2% pour 2009, avant de la revoir &#224; la baisse &#224; 0,5% en janvier, puis de l'estimer finalement n&#233;gative en mars. En fait, ses experts d&#233;fendent la cause des grands cr&#233;anciers face aux citoyens dont les droits fondamentaux sont de moins en moins garantis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la situation &#233;conomique se d&#233;t&#233;riore rapidement, les grands argentiers du monde s'efforcent de garder la main et de donner &#224; un FMI discr&#233;dit&#233; et d&#233;l&#233;gitim&#233; le r&#244;le du chevalier blanc qui va aider les pauvres &#224; faire face aux ravages de cette crise. Or c'est tout le contraire qui se passe. Les principes d&#233;fendus par le FMI depuis les ann&#233;es 1980 et combattus par le CADTM depuis sa cr&#233;ation sont toujours de mise. Les gouvernements qui signent un accord avec le FMI pour se voir pr&#234;ter des fonds doivent appliquer toujours les m&#234;mes recettes frelat&#233;es, qui aggravent la d&#233;gradation des conditions de vie des populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous la pression du FMI dirig&#233; par Dominique Strauss-Kahn, plusieurs pays confront&#233;s aux effets de la crise s'en sont pris aux revenus des salari&#233;s et des allocataires sociaux. La Lettonie a impos&#233; une baisse de 15% des revenus des fonctionnaires, la Hongrie leur a supprim&#233; le 13e mois (apr&#232;s avoir r&#233;duit les retraites dans le cadre d'un accord ant&#233;rieur) et la Roumanie est sur le point de s'engager aussi dans cette voie. La potion est tellement am&#232;re que certains gouvernements h&#233;sitent. C'est ainsi que l'Ukraine a r&#233;cemment jug&#233; &#171; inacceptables &#187; les conditions impos&#233;es par le FMI, notamment le rel&#232;vement progressif de l'&#226;ge de mise &#224; la retraite et la hausse des tarifs du logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est temps de d&#233;noncer le double langage du FMI et de Dominique Strauss-Kahn, qui, d'une part, demandent &#224; la communaut&#233; internationale d'augmenter les efforts pour atteindre des objectifs de d&#233;veloppement du mill&#233;naire d&#233;j&#224; bien ti&#232;des et, d'autre part, forcent les gouvernements ayant recours &#224; ses services &#224; baisser les salaires dans la fonction publique. Il s'agit l&#224; de l'exact oppos&#233; d'une vraie v&#233;ritable politique d&#233;stin&#233;e &#224; faire face &#224; la crise en d&#233;fendant l'int&#233;r&#234;t de ceux qui en sont victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre &#224; la crise des ann&#233;es 1930, le pr&#233;sident &#233;tats-unien Franklin Roosevelt avait &#233;t&#233; amen&#233; par la mobilisation sociale &#224; r&#233;duire le temps de travail tout en augmentant les salaires, les allocations sociales et les droits des travailleurs, notamment en garantissant le droit de syndicalisation. Avec le New Deal, Roosevelt avait mis en place une r&#233;forme fiscale qui augmentait les pr&#233;l&#232;vements sur le capital. Le &#171; socialiste &#187; Dominique Strauss-Kahn est bien loin d'avoir la carrure de Franklin Roosevelt et continue co&#251;te que co&#251;te &#224; d&#233;fendre l'int&#233;r&#234;t des grands cr&#233;anciers qui l'ont nomm&#233; &#224; ce poste lucratif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FMI d&#233;montre donc une fois de plus qu'il est un instrument docile au service de ceux-l&#224; m&#234;mes qui ont provoqu&#233; la crise financi&#232;re actuelle. Dans cette p&#233;riode de grande d&#233;stabilisation mon&#233;taire (comme les variations &#233;normes de parit&#233; entre le dollar et l'euro depuis un an), le FMI se r&#233;v&#232;le incapable de proposer la mise en &#339;uvre d'une taxe de type Tobin-Spahn qui r&#233;duirait les variations des cours de change en combattant la sp&#233;culation et qui permettrait de r&#233;unir enfin les fonds n&#233;cessaires pour &#233;radiquer la pauvret&#233; et lib&#233;rer le d&#233;veloppement. Pourtant depuis sa cr&#233;ation en 1944, l'obligation de favoriser le plein emploi figure explicitement dans les missions du FMI qui agit donc en violation de ses propres statuts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise financi&#232;re et &#233;conomique mondiale souligne la faillite de la d&#233;r&#233;glementation des march&#233;s financiers et de l'abandon du contr&#244;le sur les mouvements de capitaux, pr&#244;n&#233;s par le FMI. Cela rend indispensable la recherche d'une nouvelle architecture internationale bas&#233;e sur le Pacte international sur les droits &#233;conomiques, sociaux et culturels (1966) et sur la D&#233;claration des Nations unies sur le droit au d&#233;veloppement (1986). Mais une telle logique ne s'imposera pas sans inversion du rapport de force. Si, sous la pouss&#233;e des mobilisations populaires, un nombre suffisant de gouvernements ne met pas en place une telle alternative, la Banque mondiale et le FMI seront en mesure de surmonter leur crise en mettant &#224; profit la chute des prix des produits de base pour entra&#238;ner les pays exsangues vers une nouvelle d&#233;pendance envers leurs cr&#233;dits, dont la substance visera davantage &#224; sauver le syst&#232;me qu'&#224; satisfaire des crit&#232;res humains et &#233;cologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour toutes ces raisons, la seule solution acceptable passe par l'abolition imm&#233;diate du FMI et de la Banque mondiale, et leur remplacement par des institutions radicalement diff&#233;rentes, centr&#233;es sur la satisfaction des besoins humains fondamentaux.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Article original &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/spip.php?artic..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/spip.php?artic..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Damien Millet est porte-parole du CADTM France (Comit&#233; pour l'annulation de la dette du tiers-monde, &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cadtm.org&lt;/a&gt;). Eric Toussaint est pr&#233;sident du CADTM Belgique. Ils sont auteurs du livre 60 Questions 60 R&#233;ponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale, CADTM/Syllepse, novembre 2008.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>N&#233;gociations de l'OMC : le rouleau compresseur en panne</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Negociations-de-l-OMC-le-rouleau-compresseur-en-panne</link>
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		<dc:date>2008-10-11T02:07:40Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Damien MILLET </dc:creator>



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&lt;p&gt;Le 29 juillet dernier, &#224; Gen&#232;ve, les n&#233;gociations de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) se terminaient sur un &#233;chec. Mieux comprendre l'OMC et sa raison d'&#234;tre est n&#233;cessaire &#224; l'analyse de cette nouvelle crise. Un article de Damien Millet, porte-parole du CADTM-France [1]. &lt;br class='autobr' /&gt; -------------------------------------------------------------- Paru dans Rouge n&#176; 2264, 04/09/2008 Le 29 juillet dernier, &#224; Gen&#232;ve, les n&#233;gociations de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) se terminaient (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 29 juillet dernier, &#224; Gen&#232;ve, les n&#233;gociations de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) se terminaient sur un &#233;chec. Mieux comprendre l'OMC et sa raison d'&#234;tre est n&#233;cessaire &#224; l'analyse de cette nouvelle crise. Un article de Damien Millet, porte-parole du CADTM-France [1].&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Paru dans Rouge n&#176; 2264, 04/09/2008&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Le 29 juillet dernier, &#224; Gen&#232;ve, les n&#233;gociations de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) se terminaient sur un &#233;chec. Mieux comprendre l'OMC et sa raison d'&#234;tre est n&#233;cessaire &#224; l'analyse de cette nouvelle crise. Un article de Damien Millet, porte-parole du CADTM-France [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin de la Deuxi&#232;me Guerre mondiale, le Fonds mon&#233;taire international (FMI) et la Banque mondiale n'&#233;taient pas les seules institutions envisag&#233;es. Les discussions entre Alli&#233;s avaient abouti &#224; l'id&#233;e d'une Organisation internationale du commerce (OIC), charg&#233;e d'organiser les r&#232;gles du commerce mondial. Bien que programm&#233;e, cette OIC n'a jamais vu le jour. Les &#201;tats-Unis ont finalement abandonn&#233; cette id&#233;e en route : la charte de La Havane, qui instaurait l'OIC, sign&#233;e par 53 pays en mars 1948, ne fut pas ratifi&#233;e par le Congr&#232;s. Seuls ont surv&#233;cu les accords de r&#233;duction des barri&#232;res douani&#232;res, sign&#233;s en 1947 dans le cadre de la pr&#233;paration de l'OIC. La structure ayant men&#233; cette n&#233;gociation, pr&#233;vue pour &#234;tre temporaire et dot&#233;e d'un dispositif institutionnel limit&#233;, est finalement rest&#233;e p&#233;renne sous le nom de General Agreement on Tariffs and Trade (Gatt, &#171; Accord g&#233;n&#233;ral sur le commerce et les tarifs douaniers &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pr&#232;s de 50 ans, le Gatt a organis&#233; huit cycles de n&#233;gociations (rounds), qui devaient &#224; chaque fois pousser plus loin la lib&#233;ralisation du commerce. Le dernier de ces cycles, appel&#233; cycle de l'Uruguay (1986-1994), a abouti &#224; la cr&#233;ation de l'OMC, en avril 1994, &#224; Marrakech. L'acte final de ce cycle a nettement &#233;largi le champ de la n&#233;gociation &#224; des secteurs non couverts jusque-l&#224; par le Gatt, comme l'agriculture, le textile et les services. Il a &#233;galement int&#233;gr&#233;, pour la premi&#232;re fois, la question de la protection de la propri&#233;t&#233; intellectuelle au sein du commerce international. Alors que la charte de La Havane faisait r&#233;f&#233;rence explicitement &#224; l'ONU, et donc annon&#231;ait la cr&#233;ation d'une OIC soumise aux textes fondateurs de l'ONU (comme la D&#233;claration universelle des droits de l'Homme), les pays riches ont pris soin de cr&#233;er une OMC sans aucun lien institutionnel avec l'ONU. En toute l&#233;galit&#233;, l'OMC peut donc ignorer les droits humains fondamentaux et combattre sans retenue toute forme de protectionnisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Machine &#224; d&#233;r&#233;guler&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis sa naissance, l'OMC est ainsi charg&#233;e de promouvoir avec vigueur le libre-&#233;change, ce qui revient &#224; &#171; laisser un renard libre dans un poulailler libre &#187;. Car le libre-&#233;change est en fait la strat&#233;gie adopt&#233;e par les ma&#238;tres du jeu international afin de le rester : une fois dominants, ils ont tout int&#233;r&#234;t &#224; laisser agir les seules forces du march&#233;&#8230; Pour l'OMC, lib&#233;raliser, c'est le contraire de prot&#233;ger, c'est contraindre les pays en d&#233;veloppement &#224; abandonner toute forme de protection de leurs &#233;conomies et &#224; les ouvrir aux app&#233;tits f&#233;roces des entreprises transnationales. D&#232;s le xixe si&#232;cle, l'&#233;conomiste Friedrich List avait d&#233;cod&#233; le message : &#171; Toute nation qui, par des tarifs douaniers protecteurs et des restrictions sur la navigation, a &#233;lev&#233; sa puissance manufacturi&#232;re &#224; un degr&#233; de d&#233;veloppement tel qu'aucune autre nation n'est en mesure de soutenir une concurrence libre avec elle ne peut rien faire de plus judicieux que de larguer ces &#233;chelles qui ont fait sa grandeur, de pr&#234;cher aux autres nations le b&#233;n&#233;fice du libre-&#233;change, et de d&#233;clarer sur le ton d'un p&#233;nitent qu'elle s'&#233;tait jusqu'alors fourvoy&#233;e dans les chemins de l'erreur et qu'elle a maintenant, pour la premi&#232;re fois, r&#233;ussi &#224; d&#233;couvrir la v&#233;rit&#233;. &#187; Il ne s'agit donc en rien d'un quelconque mouvement naturel de l'histoire : cette lib&#233;ralisation se fait aux forceps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au xixe si&#232;cle, la Grande-Bretagne &#233;tait la puissance dominante et elle a us&#233; de cet argument, comme l'a compris, aux &#201;tats-Unis, le pr&#233;sident &#233;tatsunien Ulysses Grant (1868-1876) : &#171; Pendant des si&#232;cles, l'Angleterre s'est appuy&#233;e sur la protection, l'a pratiqu&#233;e jusqu'&#224; ses plus extr&#234;mes limites, et en a obtenu des r&#233;sultats satisfaisants. Apr&#232;s deux si&#232;cles, elle a jug&#233; commode d'adopter le libre-&#233;change, car elle pense que la protection n'a plus rien &#224; lui offrir. Eh bien, Messieurs, la connaissance que j'ai de notre pays me conduit &#224; penser que, dans moins de 200 ans, lorsque l'Am&#233;rique aura tir&#233; de la protection tout ce qu'elle a &#224; offrir, elle adoptera le libre-&#233;change. &#187; C'est justement le but de l'OMC&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la crise de la dette, au d&#233;but des ann&#233;es 1980, le FMI et la Banque mondiale organisent une reprise en main &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire au profit des classes capitalistes et imposent au tiers monde des plans d'ajustement structurel drastiques : privatisations massives et recul de l'&#201;tat, tout &#224; l'exportation, r&#233;duction des subventions aux produits de base et des budgets sociaux, abandon du contr&#244;le sur les mouvements de capitaux et les investissements &#233;trangers&#8230; L'OMC compl&#232;te la puissante machine de guerre contre les peuples de la plan&#232;te. Le renforcement de la connexion des &#233;conomies du Sud au march&#233; mondial se fait au d&#233;triment de leurs producteurs locaux, de leur march&#233; int&#233;rieur et des possibilit&#233;s de renforcer les relations Sud-Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Servir les puissants&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'OMC est apparue sur le devant de la sc&#232;ne m&#233;diatique &#224; la fin de 1999, lors de la conf&#233;rence de Seattle, quand d'amples mobilisations populaires ont permis de bloquer le sommet. Apr&#232;s les attentats du 11 septembre 2001 aux &#201;tats-Unis, les grandes puissances ont pu faire pression pour que la r&#233;union de l'OMC &#224; Doha, dans l'&#201;tat tr&#232;s policier du Qatar et loin des manifestations d'opposants, aboutisse au lancement de nouvelles n&#233;gociations devant se conclure avant fin 2004. La conf&#233;rence de Cancun (Mexique), en 2003, a vu la consolidation d'un bloc de pays &#233;mergents, baptis&#233; G20, face aux grandes puissances du Nord. Devant l'intransigeance des pays riches, surtout sur le dossier agricole, le Mexique a d&#233;cid&#233; de mettre fin pr&#233;matur&#233;ment au sommet. Apr&#232;s Seattle, ce fut le deuxi&#232;me &#233;chec important de l'OMC. Mais, depuis cette date, les clivages persistent entre pays industrialis&#233;s (&#201;tats-Unis et Union europ&#233;enne, notamment) et pays &#233;mergents (qui ont pour chefs de file le Br&#233;sil et l'Inde, dont les dirigeants r&#234;vent d'acc&#233;der au statut de grande puissance), les pays les plus pauvres &#233;tant compl&#232;tement marginalis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement pilot&#233;e par le socialiste fran&#231;ais Pascal Lamy, ancien commissaire europ&#233;en charg&#233; du Commerce, l'OMC est une pi&#232;ce cl&#233; du dispositif mis en place par les tenants de la mondialisation n&#233;olib&#233;rale pour la pousser encore plus avant. La paralysie actuelle de ce terrible rouleau compresseur est une bonne nouvelle, mais rien ne garantit que la m&#233;canique soit d&#233;finitivement enray&#233;e, d'autant que Lamy et le pr&#233;sident br&#233;silien Lula tentent de relancer tr&#232;s vite le processus. Il est essentiel d'emp&#234;cher toute marchandisation des services et des biens publics fondamentaux comme l'eau, l'&#233;ducation, la sant&#233; ou l'acc&#232;s aux semences, par l'interm&#233;diaire des accords sur les services (AGCS) et les droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle (ADPIC) n&#233;goci&#233;s &#224; l'OMC. Pour toutes ces raisons, les citoyens soucieux de justice sociale et les mouvements sociaux ne doivent cesser de la combattre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MILLET Damien&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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