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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>Etats-Unis : une Union dans tous ses &#233;tats</title>
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		<dc:creator>Simon Marceau</dc:creator>



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&lt;p&gt;Dix jours apr&#232;s son premier discours face au Congr&#232;s, Obama a d&#233;fendu son plan de sauvetage du capitalisme, tout en s'avouant incapable de mettre rapidement les salari&#233;s &#224; l'abri de la crise. &lt;br class='autobr' /&gt; _____________________________________ &lt;br class='autobr' /&gt; Paru dans le num&#233;ro 0 de Tout est &#224; nous (NPA Hebdo) du 5 mars 2009. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dix jours apr&#232;s son premier discours face au Congr&#232;s, Obama a d&#233;fendu son plan de sauvetage du capitalisme, tout en s'avouant incapable de mettre rapidement les salari&#233;s &#224; l'abri de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Amerique-du-Nord-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique du Nord&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dix jours apr&#232;s son premier discours face au Congr&#232;s, Obama a d&#233;fendu son plan de sauvetage du capitalisme, tout en s'avouant incapable de mettre rapidement les salari&#233;s &#224; l'abri de la crise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt; Paru dans le num&#233;ro 0 de Tout est &#224; nous &lt;br class='autobr' /&gt;
(NPA Hebdo) du 5 mars 2009.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Dix jours apr&#232;s son premier discours face au Congr&#232;s, Obama a d&#233;fendu son plan de sauvetage du capitalisme, tout en s'avouant incapable de mettre rapidement les salari&#233;s &#224; l'abri de la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La profondeur de la crise fait r&#233;sonner les promesses du dernier discours d'Obama comme une liste de probl&#232;mes. Les rares solutions concr&#232;tes ne sont pas &#224; la hauteur, et c'est alors que resurgit le mot &#171; sacrifices &#187; (surtout pour les exploit&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau plan de relance contient quelques mesures pour l'emploi et la couverture ch&#244;mage, mais il poursuit surtout dans la voie des cr&#233;dits d'imp&#244;t. Si l'&#233;nergie &#171; verte &#187;, la sant&#233; ou l'&#233;ducation sont cens&#233;es &#234;tre des priorit&#233;s budg&#233;taires, une commission est aussi cr&#233;&#233;e pour en limiter les d&#233;penses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Coinc&#233; entre interventionnisme et r&#233;duction des d&#233;ficits et des recettes, sous couvert de sauver l'acc&#232;s &#224; des services essentiels, le plan va surtout aider ceux qui veulent d&#233;gager toujours plus de profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Obama est confront&#233; &#224; de nouveaux probl&#232;mes politiques : plusieurs ministres potentiels ont d&#251; retirer leur candidature, rattrap&#233;s par le fisc et leurs liens avec les grandes entreprises intervenant dans leur domaine (Tom Daschle &#224; la Sant&#233;&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des probl&#232;mes, comme la crise, ont des racines plus anciennes. Obama doit mettre &#224; jour les politiques imp&#233;riales ; cela passe par l'envoi de 17000 soldats de plus en Afghanistan. Et dire que certains militants ont cru faire d'Obama un pr&#233;sident antiguerre en faisant campagne pour lui ! Pour l'Irak, le retrait militaire est pr&#233;vu en 2010, le temps de planifier un autre r&#233;gime d'implantation dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces terrains, comme la Palestine, demeurent &#171; pi&#233;g&#233;s &#187; et Obama navigue &#224; vue. La fermeture de Guantanamo dans le respect du cadre de la &#171; guerre contre le terrorisme &#187; devient in&#233;vitablement un casse-t&#234;te : comment changer juste ce qu'il faut pour qu'au fond, rien ne change ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, un vrai plan de 787 milliards de dollars pour les int&#233;r&#234;ts des exploit&#233;s serait, bien s&#251;r, une nette avanc&#233;e, tout en restant loin du compte. Obama utilise une large part de cet argent pour une minorit&#233; de privil&#233;gi&#233;s responsables de la crise. Parfois accus&#233; de viser le socialisme, il n'est m&#234;me pas keyn&#233;sien. M&#234;me si ce dernier point devait changer, le keyn&#233;sianisme du xxe si&#232;cle fut marqu&#233; par des luttes bien plus fortes que celles d'aujourd'hui. Un d&#233;bat l&#233;gislatif serr&#233; se profile sur les droits syndicaux, mais m&#234;me en cas d'assouplissement, rien ne remplace la mobilisation et l'auto-organisation des salari&#233;s &#224; l'heure o&#249; certains syndicats freinent la combativit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une certaine conscience de la crise contribue peut-&#234;tre &#224; renforcer un peu les luttes (salari&#233;s licenci&#233;s, &#233;tudiants, LGBT, contre la guerre &#224; Gaza ou le racisme). Les militants immigr&#233;s qui pr&#233;parent d&#233;j&#224; la fin des 100 jours et le 1er Mai, en s'adressant &#224; d'autres secteurs de lutte, ont bien raison de vouloir d&#233;fendre des revendications tangibles et unifiantes pour reprendre la main dans la soci&#233;t&#233; et ne pas payer la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MARCEAU Simon&lt;br class='autobr' /&gt;
* Paru dans le num&#233;ro 0 de Tout est &#224; nous (NPA Hebdo) du 5 mars 2009.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Du mythe &#224; la r&#233;alit&#233;</title>
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		<dc:date>2008-10-11T02:02:49Z</dc:date>
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		<dc:creator>Simon Marceau</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Barack Obama se pr&#233;sente comme le candidat du changement. Mais son discours glisse &#224; droite. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Rouge n&#176; 2267, 25/09/2008 On peut aujourd'hui tirer le bilan de la phase de la campagne pr&#233;sidentielle am&#233;ricaine qui s'est d&#233;roul&#233;e entre la fin du processus d'&#233;lections primaires et les conventions nationales des deux grands partis. Cette phase n'a pas fait dispara&#238;tre les contradictions des campagnes de Barack Obama et de John McCain, pas plus que celles de la soci&#233;t&#233;, mais elle a vu (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Editogauches-" rel="directory"&gt;&#201;ditogauches&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Barack Obama se pr&#233;sente comme le candidat du changement. Mais son discours glisse &#224; droite.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de Rouge n&#176; 2267, 25/09/2008&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;On peut aujourd'hui tirer le bilan de la phase de la campagne pr&#233;sidentielle am&#233;ricaine qui s'est d&#233;roul&#233;e entre la fin du processus d'&#233;lections primaires et les conventions nationales des deux grands partis. Cette phase n'a pas fait dispara&#238;tre les contradictions des campagnes de Barack Obama et de John McCain, pas plus que celles de la soci&#233;t&#233;, mais elle a vu les candidats pr&#233;ciser leur discours politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Glissement &#224; gauche de la soci&#233;t&#233;, glissement &#224; droite d'Obama apr&#232;s les primaires, remont&#233;e de McCain dans les sondages, retournement de cette tendance il y a quelques jours&#8230; Difficile de tirer des conclusions dans une soci&#233;t&#233; aussi vaste, divis&#233;e et peu structur&#233;e par le mouvement ouvrier et les mouvements sociaux. Comme cette campagne a peut-&#234;tre d&#233;pass&#233; toutes les autres dans son utilisation des symboles et des mythes, il faut revenir aux &#233;l&#233;ments les plus tangibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Changement en trompe-l'&#339;il&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les rares initiatives visant &#224; faire de la campagne d&#233;mocrate une campagne de &#171; progr&#232;s &#187;, il existe un appel intitul&#233; &#171; Progressives for Obama &#187; (&#171; Les progressistes pour Obama &#187;1), rassemblant des personnalit&#233;s syndicales, militantes, intellectuelles et politiques. Ce groupe d&#233;nonce certaines illusions sur Obama, accus&#233; d'&#234;tre souvent &#171; centriste &#187;. Il revendique son ind&#233;pendance et sa volont&#233; d'organiser un &#171; p&#244;le &#187; progressiste &#171; par en bas &#187;. Cependant, son point de d&#233;part est le soutien &#224; Obama, et non la n&#233;cessit&#233; de mobiliser sur les revendications des &#171; progressistes &#187;, d'ailleurs mal d&#233;finies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mythe est bien mort en tout cas, celui d'une candidature port&#233;e par un mouvement populaire. Certes, la popularit&#233; semble rester forte, m&#234;me dans cette phase o&#249; l'on manque d'indices clairs, et la participation au vote promet d'&#234;tre importante. Mais il n'y a pas, derri&#232;re lui, un mouvement populaire organis&#233;. Les mobilisations sociales faiblissent, comme il est d'usage l'ann&#233;e de l'&#233;lection, et les actions collectives li&#233;es aux &#233;lections n'ont rien d'extraordinaire. Certains signataires le reconnaissent, tout en pr&#233;tendant encore construire un mouvement sur ces bases, tr&#232;s mal d&#233;finies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est r&#233;v&#233;lateur que leur blog contenant l'appel mette en avant une photo d'Obama lors d'une manifestation antiguerre de 2002 et son discours ce jour-l&#224;. Tout cela remonte avant son &#233;lection au S&#233;nat, qui a clarifi&#233; pour de bon son attachement aux int&#233;r&#234;ts de l'imp&#233;-rialisme. Concernant l'Irak, son imp&#233;rialisme &#171; pragmatique &#187; et ses louvoiements sur des questions de d&#233;tails concernant la pr&#233;sence des forces am&#233;ricaines ont fait de lui le candidat id&#233;al pour sauver la strat&#233;gie des &#201;tats-Unis dans le monde, que la classe dirigeante peine &#224; d&#233;finir. Apr&#232;s s'&#234;tre prononc&#233; contre la guerre en Irak en 2002, il va aujourd'hui jusqu'&#224; d&#233;clarer, &#224; un chroniqueur ultrar&#233;actionnaire de Fox News, que l'envoi de troupes suppl&#233;mentaires en Irak, d&#233;cid&#233; par Bush et tol&#233;r&#233; par les d&#233;mocrates apr&#232;s leur victoire aux &#233;lections interm&#233;diaires de 2006, &#233;tait un succ&#232;s &#8211; qu'il a aussit&#244;t qualifi&#233; de surprenant, pour faire bonne mesure avec ses doutes exprim&#233;s &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soutenir Obama et chercher &#224; le tirer vers la gauche est chose plus difficile que jamais. Mi-ao&#251;t, Obama et McCain &#233;taient invit&#233;s par Saddleback, l'une des plus c&#233;l&#232;bres &#201;glises &#233;vang&#233;liques. Le discours d'Obama, devant une foule tr&#232;s conservatrice, a &#233;t&#233; l'occasion de se vanter de toutes les occasions o&#249; il a vot&#233; comme les r&#233;publicains et d'&#233;taler ses propositions r&#233;actionnaires (comme le salaire au m&#233;rite pour les professeurs). Un tel positionnement &#224; droite ne l'emp&#234;che pas de brandir l'&#233;tendard du changement. Il est capable de moduler son discours au fil du temps et en fonction du public qui l'&#233;coute ; le changement consiste, aux &#201;tats-Unis, &#224; savoir trouver des compromis avec l'autre parti ou les adversaires quand c'est n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Retour de flamme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mythe du changement est de ceux qui renaissent de leurs cendres et la bourgeoisie en a bien besoin en ce moment. D&#232;s 2006, elle paraissait d&#233;j&#224; en mal de strat&#233;gie politique, notamment ext&#233;rieure. Aujourd'hui, avec la crise &#233;conomique, son d&#233;sarroi est global, &#224; l'heure o&#249; l'ancien directeur de la Banque f&#233;d&#233;rale des &#201;tats-Unis affirme que la crise financi&#232;re est un &#233;v&#233;nement comme il n'y en a qu'une fois par si&#232;cle. Mais le bon vieux slogan du changement ne suffira pas &#224; faire illusion longtemps, m&#234;me si la situation actuelle est trop confuse pour pronostiquer si la victoire d'Obama sera large ou, au contraire, si le mythe Obama est en train de mourir pour ceux qui l'ont soutenu jusqu'ici. La crise pourrait renforcer l'insatisfaction vis-&#224;-vis du bilan de George W. Bush, dont John McCain et sa colisti&#232;re Sarah Palin vont avoir du mal &#224; se d&#233;tacher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sarah Palin s'est quasiment ridiculis&#233;e en montrant son ignorance de la doctrine Bush lors d'une interview t&#233;l&#233;vis&#233;e, ce qui est, en un sens, un point commun de plus entre cette ultrar&#233;actionnaire et Bush lui-m&#234;me, qui a parfois revendiqu&#233; une certaine m&#233;connaissance du monde et de la politique &#233;trang&#232;re. Pour conna&#238;tre les points communs de McCain avec Bush, il suffit de constater qu'il a vot&#233; dans 90 % des cas en faveur de sa politique. Aupr&#232;s d'un certain &#233;lectorat, c'est un gage de patriotisme et de proximit&#233; avec les &#171; vrais Am&#233;ricains &#187;. Sur tous les points politiques d'actualit&#233;, &#233;gaux &#224; eux-m&#234;mes, les d&#233;mocrates temp&#232;rent souvent leurs critiques, avec cette ann&#233;e le soutien majoritaire des capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme la crise &#233;conomique, d'autres ph&#233;nom&#232;nes vont revenir sur le devant de la sc&#232;ne apr&#232;s l'&#233;lection, voire avant. Parmi eux, l'immigration, dossier qui divise les politiciens comme la soci&#233;t&#233; et sur lequel la crise &#233;conomique aura des retomb&#233;es. Le racisme, li&#233; &#224; l'immigration mais concernant aussi les Noirs, reviendra aussi, malgr&#233; les efforts d'Obama et d'une large part de ses soutiens. Les r&#233;publicains redoublent d'ailleurs d'allusions racistes, parfois calqu&#233;es sur certaines d&#233;clarations d'Hillary Clinton. Le candidat d&#233;mocrate n'est pas plus offensif sur ce dossier que sur les autres, face &#224; la droite radicale, et il craint m&#234;me de susciter trop d'esp&#233;rances qu'il ne pourrait que d&#233;cevoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas ici de minimiser l'&#233;v&#233;nement que serait l'&#233;lection du premier pr&#233;sident noir, mais bien de d&#233;mystifier la victoire possible d'Obama. Le mythe le plus tenace chez les travailleurs des &#201;tats-Unis est qu'&#171; une fois &#233;lu, Obama va troquer son masque centriste pour une politique en notre faveur &#187;. Aujourd'hui, la configuration &#233;lectorale n'offre pas vraiment d'antidote &#224; cette illusion, mais il est d&#233;terminant d'organiser les solidarit&#233;s et les mobilisations, pour que le pr&#233;sident, quel qu'il soit, n'ait pas les mains libres. Sinon, le retour de flamme raciste et conservateur n'en sera que plus violent. &#9632;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simon Marceau&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#201;tats-Unis : Politique spectacle</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Etats-Unis-Politique-spectacle</link>
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		<dc:date>2008-09-11T04:32:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Simon Marceau</dc:creator>



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&lt;p&gt;Les conventions d&#233;mocrate et r&#233;publicaine se sont tenues, en ao&#251;t et au d&#233;but du mois de septembre. Pouvoir d'achat, situation &#233;conomique, politique &#233;trang&#232;re : les candidats ont d&#251; se livrer &#224; un p&#233;rilleux exercice de synth&#232;se. &lt;br class='autobr' /&gt; ------------------------------------------------------- &#201;tats-Unis : Politique spectacle &lt;br class='autobr' /&gt;
Paru dans Rouge n&#176; 2265, 11/09/2008 Les conventions d&#233;mocrate et r&#233;publicaine se sont tenues, en ao&#251;t et au d&#233;but du mois de septembre. Pouvoir d'achat, situation (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Amerique-du-Nord-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique du Nord&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les conventions d&#233;mocrate et r&#233;publicaine se sont tenues, en ao&#251;t et au d&#233;but du mois de septembre. Pouvoir d'achat, situation &#233;conomique, politique &#233;trang&#232;re : les candidats ont d&#251; se livrer &#224; un p&#233;rilleux exercice de synth&#232;se.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&#201;tats-Unis : Politique spectacle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paru dans Rouge n&#176; 2265, 11/09/2008&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Les conventions d&#233;mocrate et r&#233;publicaine se sont tenues, en ao&#251;t et au d&#233;but du mois de septembre. Pouvoir d'achat, situation &#233;conomique, politique &#233;trang&#232;re : les candidats ont d&#251; se livrer &#224; un p&#233;rilleux exercice de synth&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les quatre ans, les deux grands partis des &#201;tats-Unis, le Parti d&#233;mocrate et le Parti r&#233;publicain, tiennent leurs conventions afin de confirmer la d&#233;signation de leur candidat &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, en fonction du vote des d&#233;l&#233;gu&#233;s issus des primaires de chaque &#201;tat. Elles permettent le plus souvent &#224; chaque parti de travailler &#224; son unit&#233;, et ouvrent la derni&#232;re phase de la campagne, jusqu'&#224; l'&#233;lection elle-m&#234;me, d&#233;but novembre. Elles sont marqu&#233;es par une grande m&#233;diatisation, parfois quelques manifestations, mais surtout de grands discours face au pays entier : elles sont donc risqu&#233;es, les campagnes jouant g&#233;n&#233;ralement sur des d&#233;clarations contradictoires faites localement &#224; telle ou telle cat&#233;gorie d'&#233;lecteurs, sous pr&#233;texte d'&#171; &#233;quilibrer &#187; les programmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;signation des candidats &#224; la vice-pr&#233;sidence, qui a &#233;galement eu lieu, r&#233;pond aux m&#234;mes exigences : pour faire taire les attaques contre l'inexp&#233;rience d'Obama en politique &#233;trang&#232;re, les d&#233;mocrates nomment Joe Biden, plus &#171; exp&#233;riment&#233; &#187; (comprenez : plus clairement conservateur), en particulier en mati&#232;re de politique &#233;trang&#232;re. C&#244;t&#233; r&#233;publicain, la nomination de l'ultraconservatrice Sarah Palin vise ouvertement &#224; r&#233;concilier le parti avec son candidat, tout en lan&#231;ant un appel aux femmes pour r&#233;cup&#233;rer certains soutiens d'Hillary Clinton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ne pas faire de fausses notes et dissimuler les contradictions de la soci&#233;t&#233; elle-m&#234;me, l'heure est plus que jamais aux effets de manches, &#224; la politique spectacle, &#224; des discours construisant des personnages politiques plus que des programmes. Le recours incessant aux sondages brouille la situation plus qu'il ne l'&#233;claire, en l'absence d'un espace public &#233;tendu et structur&#233; par des organisations ouvri&#232;res ou m&#234;me populaires qui permettrait de mesurer les &#233;volutions politiques. De m&#234;me, apr&#232;s plusieurs tentatives, en 2000 et 2004, il semble tr&#232;s difficile de cr&#233;er les conditions pour mener d&#233;mocratiquement une campagne &#233;lectorale nationale, autour d'un plan d'urgence digne de ce nom. Les mouvements sociaux ont une envergure tr&#232;s limit&#233;e, en particulier dans le contexte &#233;lectoral. M&#234;me si les m&#233;dias le passent sous silence et cherchent &#224; le r&#233;duire, il ne faut pas n&#233;gliger l'&#233;cart r&#233;el entre la communication des grands partis et les pr&#233;occupations de la population. Les attaques de circonstance lanc&#233;es par McCain contre les sympathies &#171; de gauche &#187; des m&#233;dias ne l'emp&#234;chent pas de se servir, lui aussi, des sondages et de la politique de l'image.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour deviner tout de m&#234;me les pr&#233;occupations des travailleurs, quelques donn&#233;es toutes fra&#238;ches : les indicateurs de la consommation et de l'emploi ne sont pas bons. M&#234;me avec des chiffres qui sous-&#233;valuent chroniquement le temps partiel impos&#233;, le ch&#244;mage et la pr&#233;carit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e, on observe un maintien et m&#234;me une augmentation du nombre de demandeurs d'emploi, tandis que la consommation se recentre sur les biens de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;. Contrairement aux salaires, les prix ont nettement augment&#233; ces derniers mois et, de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, ils ne baissent pas. Certains de ces &#233;l&#233;ments inqui&#232;tent Wall Street ; tous frappent la majorit&#233; de la population. Il y a fort &#224; parier que, pour elle, c'est l'enjeu majeur de ces &#233;lections, formulant en des termes &#233;tonnamment clairs le sens du bilan de huit ann&#233;es de pr&#233;sidence Bush. Cela explique en partie l'empressement des r&#233;publicains &#224; rejoindre les d&#233;mocrates sur le terrain du &#171; changement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le boulet du bilan Bush&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P&#233;riodiquement, les repr&#233;sentants politiques de la bourgeoisie sont en mesure, voire dans l'obligation, de se r&#233;approprier le th&#232;me du changement. Pour McCain plus que pour Obama, c'est la quadrature du cercle, &#233;tant donn&#233; que Bush est issu de son parti. Pour r&#233;cup&#233;rer le th&#232;me sans trop se f&#226;cher avec les r&#233;publicains proches du pr&#233;sident, il est oblig&#233; de parler le moins possible du bilan... S'il tente ce coup difficile, c'est &#224; la fois parce que le mot d'ordre semble canaliser une partie du m&#233;contentement populaire, et qu'il demeure tr&#232;s vague et mall&#233;able &#8211; Obama l'a &#233;galement compris. Un autre aspect du probl&#232;me, pour McCain, est qu'apr&#232;s avoir choisi pour la vice-pr&#233;sidence une candidate aussi peu exp&#233;riment&#233;e qu'Obama, il ne peut plus l'attaquer sur ce point et doit inventer une opposition &#171; Obama la star m&#233;diatique &#187; contre &#171; les vrais Am&#233;ricains &#187;. Il aboutit &#224; un renversement rh&#233;torique d&#233;lirant : si la majorit&#233; s'est rendue impopulaire par sa politique r&#233;actionnaire, qu'&#224; cela ne tienne, les sortants ou leurs alli&#233;s sont donc des outsiders, et les gens en col&#232;re doivent donc voter pour eux ! Il peut m&#234;me utiliser la baisse de popularit&#233; de la majorit&#233; du Congr&#232;s, d&#233;mocrate depuis 2006 (en cohabitation), comme Obama l'outsider en a jou&#233; dans les primaires. Dans cet univers qui donne le tournis, on comprend qu'un des ma&#238;tres mots soit la collaboration &#171; bipartisane &#187; entre &#233;lus, autre prodige rh&#233;torique faisant appara&#238;tre des vertus d'abn&#233;gation et de pragmatisme, dans la simple collaboration entre les repr&#233;sentants de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au stade o&#249; en est la campagne, le discours image m&#234;le quelques propositions politiques. On peut penser que les d&#233;mocrates sont plus &#224; l'aise aujourd'hui ; il ne faut pas n&#233;gliger les s&#233;quelles de leurs divisions internes (m&#234;me si elles sont, cette ann&#233;e, plus personnelles et moins politiques que celles des r&#233;publicains) : l'&#233;quipe de McCain a m&#234;me pu puiser des armes efficaces contre Obama dans la campagne Clinton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la guerre en Irak comme sur l'Iran, chacun sait d&#233;sormais qu'Obama a effectu&#233; plusieurs revirements depuis son opposition pr&#233;coce &#224; l'intervention en Irak, exprim&#233;e surtout avant qu'il ne soit &#233;lu au Congr&#232;s. Cela correspond cependant assez bien, dans l'esprit sinon dans le d&#233;tail, aux t&#226;tonnements de la classe dirigeante, entre tensions int&#233;rieures et ext&#233;rieures, entre envois de troupes et calendriers de retrait. McCain se montre &#233;galement prudent, m&#234;me en traitant Obama de d&#233;faitiste. La bourgeoisie, pour incorporer dans ses partis politiques une partie du m&#233;contentement et &#171; sauver &#187; sa strat&#233;gie g&#233;n&#233;rale au Moyen-Orient, peut donc s'appuyer sur l'un ou l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question vient s'articuler avec celle qui semble plus importante aujourd'hui pour les travailleurs : la situation &#233;conomique. Le sentiment antiguerre prend sans doute une tournure plus isolationniste (ce qui pourrait rendre possible de nouvelles luttes ou reposer le probl&#232;me du r&#233;actionnaire Ron Paul). Concernant l'&#233;conomie, devant l'&#233;tendue du probl&#232;me, la politique de la bourgeoisie para&#238;t aussi difficile &#224; d&#233;finir aujourd'hui, qu'elle ne l'&#233;tait en 2006 sur la guerre. Si les styles diff&#232;rent un peu (accent mis sur &#171; les entreprises &#187; ou sur &#171; l'embauche &#187;), personne ne promet d'emplois stables, ni de hausse des salaires. Le plan Obama sur la sant&#233;, cens&#233; &#234;tre un des fers de lance de sa politique sociale, repose quant &#224; lui sur des perspectives de financement fantaisistes. Il table sur une r&#233;duction exag&#233;r&#233;e des co&#251;ts, en partie revers&#233;e aux employeurs, et n'&#233;voque que timidement un plancher de contribution pour eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;duction budg&#233;taire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le meilleur des cas, les progr&#232;s de la couverture sant&#233; se feront au d&#233;triment des autres aspects de la politique sociale, alors qu'aucun changement significatif dans la redistribution des richesses n'est &#224; l'ordre du jour. McCain et Obama proposent globalement de r&#233;duire les imp&#244;ts et le d&#233;ficit, m&#234;me si les d&#233;mocrates parlent d'augmenter l&#233;g&#232;rement la pression fiscale sur les 5% les plus riches. Ils font aussi allusion aux hausses de salaire de l'&#232;re Clinton, sans &#233;voquer la situation &#233;conomique et la sp&#233;culation d'alors, ni la persistance des in&#233;galit&#233;s. Concr&#232;tement, les deux candidats poursuivront la r&#233;duction budg&#233;taire et administrative de l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral, engag&#233;e il y a 30 ans. Au nom de la lutte contre la bureaucratie, c'est surtout les services publics qu'on s'arrangera pour mutiler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les divisions profondes qui persistent dans la population sont constamment instrumentalis&#233;es, pour d&#233;tourner les travailleurs de leurs int&#233;r&#234;ts, et s'attaquer notamment aux femmes, aux immigr&#233;s et aux Noirs, descendants d'esclaves. La nomination de Palin a donn&#233; une s&#233;rie de garanties aux r&#233;publicains les plus r&#233;actionnaires, malgr&#233; l'appel du pied aux supporters d'Hillary Clinton et aux femmes en g&#233;n&#233;ral. Son indulgence face &#224; la grossesse hors mariage de sa fille est bien l'exception qui confirme la r&#232;gle, elle demeure une ennemie du droit &#224; l'avortement, de l'acc&#232;s &#224; la contraception, des droits des femmes, des droits LGBT ; elle reste conservatrice sur le &#171; droit de porter des armes &#187; et la religion. Malgr&#233; le sort &#233;lectoral contrast&#233; de ces &#171; guerres culturelles &#187;, le parti avait du mal &#224; s'unir pour McCain, moins conservateur. L'immigration n'entre pas dans le d&#233;bat, ce qui laisse un espoir d&#233;mesur&#233; &#224; certains militants, tandis que d'autres constatent l'intensification de la r&#233;pression dans ce silence complice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Valeurs conservatrices&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, Obama met en place un discours faussement &#233;quilibr&#233;, pr&#233;tendant allier la d&#233;fense des biblioth&#232;ques et de ses &#171; amis homosexuels &#187; contre la droite, &#224; la foi chr&#233;tienne et aux traditions nationales contre la gauche. De plus, dans cette campagne, les allusions aux &#171; travailleurs &#187; visent presque toujours les Blancs, et mettent constamment en doute leur capacit&#233; &#224; soutenir un candidat noir, renfor&#231;ant le racisme existant. Clinton a parfois jou&#233; ce jeu. En contrepoint, Obama appelle les Noirs, non pas &#224; lutter pour l'&#233;galit&#233;, mais &#224; se montrer &#171; responsables &#187;, les rendant ainsi coupables des in&#233;galit&#233;s et du racisme. Certains de ses soutiens en arrivent alors &#224; le minimiser ; il est pourtant l'une des principales menaces de d&#233;faite pour Obama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cette raison, et d'autres plus li&#233;es aux ann&#233;es Bush, une victoire d'Obama ne serait pas sans effets positifs.Mais m&#234;me dans ce cas, les espoirs plac&#233;s en lui par une grande partie des travailleurs iraient au-devant de grandes d&#233;sillusions. En plus des &#233;l&#233;ments de programme cit&#233;s, l'impopularit&#233; de Bush et l'aspiration au changement ont entra&#238;n&#233; le basculement en faveur d'Obama de la majorit&#233; des capitalistes, qui comptent bien obtenir par tous les moyens leur retour sur investissement. Loin d'&#234;tre une premi&#232;re dans l'histoire du Parti d&#233;mocrate, cette situation est dans son essence m&#234;me. Si, en France, le vote PS en soi ne permet plus ne serait-ce qu'un ralentissement des attaques contre la classe ouvri&#232;re, on peut dire que le vote d&#233;mocrate ne l'a jamais permis. La majorit&#233; de la population saura-t-elle transformer ses espoirs en revendications et s'organiser pour am&#233;liorer vraiment sa situation ? Pour les r&#233;volutionnaires, les anticapitalistes, dans les limites de leurs forces actuelles, la d&#233;mystification m&#233;thodique d'Obama et des d&#233;mocrates ne remplace pas le travail constant de mobilisation sociale et de structuration politique, pour emp&#234;cher les secteurs les plus conscients de la classe ouvri&#232;re d'attendre les bras crois&#233;s, avant comme apr&#232;s ces &#233;lections. Il y a une occasion &#224; saisir pour politiser l'espoir, mais &#224; ce stade, m&#234;me dans les consciences, rien n'est acquis. &#9632;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simon Marceau&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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