<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.lagauche.ca/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>La Gauche</title>
	<link>https://www.lagauche.ca/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.lagauche.ca/spip.php?id_auteur=138&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>La Gauche</title>
		<url>https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L144xH75/siteon0-d17a8.jpg?1629928024</url>
		<link>https://www.lagauche.ca/</link>
		<height>75</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Plus qu'une r&#233;cession : un mod&#232;le &#233;conomique en d&#233;composition</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Plus-qu-une-recession-un-modele-economique-en-decomposition</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Plus-qu-une-recession-un-modele-economique-en-decomposition</guid>
		<dc:date>2008-10-16T04:11:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Joel Geier</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Joel Geier est r&#233;dacteur d'International socialist review (ISR), la revue bimestrielle de l'International Socialist Organisation (ISO, Organisation socialiste internationale, la plus grande organisation de la gauche r&#233;volutionnaire aux &#201;tats-Unis). L'article que nous reproduisons ici est une version r&#233;vis&#233;e de l'expos&#233; pr&#233;sent&#233; &#224; une conf&#233;rence de l'ISO en f&#233;vrier 2008. Il a &#233;t&#233; publi&#233; dans ISR n&#176; 58, de mars-avril 2008. &lt;br class='autobr' /&gt; Plus qu'une r&#233;cession : un mod&#232;le &#233;conomique en d&#233;compositionPar (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Economie-50-" rel="directory"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Joel Geier est r&#233;dacteur d'International socialist review (ISR), la revue bimestrielle de l'International Socialist Organisation (ISO, Organisation socialiste internationale, la plus grande organisation de la gauche r&#233;volutionnaire aux &#201;tats-Unis). L'article que nous reproduisons ici est une version r&#233;vis&#233;e de l'expos&#233; pr&#233;sent&#233; &#224; une conf&#233;rence de l'ISO en f&#233;vrier 2008. Il a &#233;t&#233; publi&#233; dans ISR n&#176; 58, de mars-avril 2008.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Plus qu'une r&#233;cession : un mod&#232;le &#233;conomique en d&#233;compositionPar Joel Geier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes &#224; un tournant important. La r&#233;cession qui se manifeste maintenant marque la fin d'une p&#233;riode longue de vingt-cinq ans de croissance &#233;conomique fond&#233;e sur le mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral, qui fut durant ces ann&#233;es une b&#233;n&#233;diction pour les capitaux et un grand malheur pour la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mesures n&#233;olib&#233;rales ont &#233;t&#233; adopt&#233;es &#224; la suite du long boom qui a suivi la seconde guerre mondiale et de sa crise au cours des ann&#233;es 1970, dans le but de restaurer la rentabilit&#233; capitaliste. Ces politiques impliquaient ce que l'on appelle une &#233;conomie de l'offre, incluant des r&#233;ductions d'imp&#244;t pour les riches, la d&#233;r&#233;glementation de l'&#233;conomie et les privatisations, la r&#233;duction de la protection sociale, la remise en cause des syndicats et la r&#233;duction des salaires. Ces politiques ont abouti &#224; une &#233;norme accumulation de la dette. Le mon&#233;tarisme englobant la politique fiscale et le cr&#233;dit bon march&#233; ont commenc&#233; &#224; &#234;tre per&#231;us comme la solution pour les ralentissements &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces politiques ont produit un d&#233;sastre &#233;conomique &#8212; d'abord pour les travailleurs, mais maintenant pour le syst&#232;me capitaliste lui-m&#234;me. Les cons&#233;quences destructives du n&#233;olib&#233;ralisme vont maintenant n&#233;cessiter une r&#233;organisation du syst&#232;me du cr&#233;dit et des banques et un r&#233;ajustement des d&#233;s&#233;quilibres du syst&#232;me commercial mondial. Cette crise est plus profonde qu'une r&#233;cession cyclique classique &#8212; elle va entra&#238;ner de longues et douloureuses ann&#233;es de crises et de restructurations. Le programme capitaliste pour en sortir n'est pas encore d&#233;fini, mais ce qui est ind&#233;niable c'est que nous entrons dans une nouvelle p&#233;riode, &#233;conomique et politique, qui va remodeler l'&#233;quilibre des pouvoirs entre les principaux pays du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un an il est devenu clair que l'&#233;conomie des &#201;tats-Unis ralentissait et se dirigeait vers une r&#233;cession. Le cycle &#233;conomique a culmin&#233; et la surproduction immobili&#232;re a conduit &#224; la stagnation puis &#224; la baisse des prix ; pendant que le march&#233; des &#171; subprime &#187; (1) se d&#233;gradait. Cet effondrement, toujours en cours, de la bulle immobili&#232;re a produit une lente d&#233;liquescence de la bulle de cr&#233;dit, que The Economist avait caract&#233;ris&#233;e il y a quelques ann&#233;es d&#233;j&#224; comme &#233;tant la plus grande bulle financi&#232;re mondiale. L'impact des hypoth&#232;ques en faillite a lanc&#233; les premi&#232;res ondes de choc qui eurent un effet de levier sur la structure du syst&#232;me financier fortement endett&#233;. Les pertes massives du fait des cr&#233;ances irr&#233;couvrables ont atteint les b&#233;n&#233;fices des banques, restreignant leur capacit&#233; cr&#233;ditrice et menant vers une crise du cr&#233;dit et une grave r&#233;cession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait impossible initialement de pr&#233;voir combien de temps prendra cet effondrement &#233;conomique, mais nous avions suppos&#233; qu'il faudra un &#224; deux ans. L'&#233;conomie mondiale &#233;tait encore au sommet de son plus grand boom depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1970. Aux &#201;tats-Unis les profits demeuraient &#233;lev&#233;s et les taux bancaires &#233;taient les meilleurs depuis les ann&#233;es 1920. Nous ne pouvions pr&#233;voir quelles seraient les actions entreprises par le gouvernement pour ralentir le processus r&#233;cessionniste ou pour en diminuer les effets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1998, lorsque la crise asiatique a atteint le syst&#232;me financier mondial, Alan Greenspan, &#224; la t&#234;te de la R&#233;serve F&#233;d&#233;rale (Banque centrale des &#201;tats-Unis), avait eu recours &#224; une approche jusque-l&#224; non employ&#233;e pour stimuler le boom &#233;conomique en cours. Et la r&#233;cession a &#233;t&#233; contenue avec succ&#232;s pendant deux ans. Le co&#251;t en a &#233;t&#233; &#233;lev&#233; : la bulle de la &#171; nouvelle &#233;conomie &#187; a conduit &#224; une implosion du march&#233; boursier et l'&#233;norme d&#233;ficit commercial et l'endettement ext&#233;rieur accumul&#233; par les &#201;tats-Unis ont transform&#233; l'Asie en &#171; acheteur du dernier recours &#187;. La r&#233;cession a finalement atteint les &#201;tats-Unis en 2001, avec la plus importante baisse des profits depuis les ann&#233;es 1930, mais ses effets ont encore &#233;t&#233; amortis par le plus grand programme d'aide publique depuis la seconde Guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le budget gouvernemental qui pr&#233;voyait un exc&#233;dent de 250 milliards de dollars a &#233;t&#233; transform&#233; en un budget d&#233;ficitaire de 300 milliards de dollars ; 1 billion de dollars de r&#233;duction des imp&#244;ts pour les riches et de d&#233;penses militaires ont &#233;t&#233; employ&#233;s pour temp&#233;rer les effets de la crise. Les taux d'int&#233;r&#234;t ont &#233;t&#233; r&#233;duits entre 1 % et 2 % durant trois ans afin d'abaisser les co&#251;ts des entreprises et restaurer leur rentabilit&#233;. Le r&#233;sultat en fut la reprise la plus faible depuis la seconde guerre mondiale. Et son prix ce fut la bulle immobili&#232;re et la bulle de l'endettement, dont l'effondrement produit la crise actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant l'&#233;conomie est en r&#233;cession ou en train d'y entrer. Comme lors de chaque retournement, les indices &#233;conomiques donnent encore des signaux contradictoires. Des secteurs de l'&#233;conomie sont d&#233;j&#224; clairement en r&#233;cession : dans la construction, l'automobile, la finance, le commerce de d&#233;tail &#8212; par exemple &#8212; la cr&#233;ation des emplois a cess&#233;. L'effondrement du cr&#233;dit a atteint les zones les plus stables du syst&#232;me financier. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dimensions mondiales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retournement de la conjoncture est en passe de devenir mondial. La r&#233;cession a commenc&#233;, mais si elle est centr&#233;e aux &#201;tats-Unis, il y a &#233;galement un ralentissement &#233;conomique en Europe et au Japon. L'Italie semble &#234;tre d&#233;j&#224; en r&#233;cession. La bulle immobili&#232;re a &#233;clat&#233; en Grande-Bretagne, en Irlande et en Espagne. D'autres pays, y compris la Chine, devraient suivre. Les banques europ&#233;ennes ont commenc&#233; &#224; faire &#233;tat de probl&#232;mes semblables &#224; ceux des banques am&#233;ricaines. En janvier, un krach boursier international a affect&#233; les &#201;tats-Unis, le Canada, le Japon, la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne, mais aussi les march&#233;s &#233;mergents (Br&#233;sil, Russie, Inde et Chine). Il a dur&#233; trois semaines, du 2 au 23 janvier. Les march&#233;s boursiers ont baiss&#233; de 15 % &#224; 20 %. Plus de 7 000 milliards de valeurs boursi&#232;res ont &#233;t&#233; an&#233;antis. La th&#233;orie pr&#233;tendant que l'&#233;conomie mondiale n'&#233;tait pas directement reli&#233;e &#224; l'&#233;conomie &#233;tats-unienne et que le boom mondial pouvait continuer alors que les &#201;tats-Unis &#233;taient en r&#233;cession s'est effondr&#233;e dans une panique boursi&#232;re internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La part des &#201;tats-Unis dans l'&#233;conomie mondiale a nettement diminu&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es, passant de 30 % &#224; moins de 25 % du produit int&#233;rieur brut (PIB) mondial. Mais ils restent encore le centre du syst&#232;me capitaliste international. La moiti&#233; de toutes les marchandises produites en Asie sont export&#233;es, deux-tiers d'entre elles vers les &#201;tats-Unis et les autres pays industriels avanc&#233;s. Le march&#233; de la consommation aux &#201;tats-Unis atteint 9 500 milliards de dollars par an, alors que les march&#233;s de consommation de la Chine et de l'Inde n'atteignent ensemble que 1 600 milliards de dollars. Les fabricants asiatiques d&#233;pendent du march&#233; am&#233;ricain pour la vente de leur production ; sans ce march&#233; ils auraient une crise de surproduction. Par cons&#233;quent lorsque le march&#233; des &#201;tats-Unis entre en d&#233;clin, cela a un fort impact sur le reste de l'&#233;conomie mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble de plus en plus que l'ensemble du monde peut entrer en r&#233;cession. Nous n'avons pas connu de r&#233;cession internationale coordonn&#233;e depuis 1973. Depuis cette date, lorsque certains pays &#233;taient en r&#233;cession, d'autres &#233;taient en pleine expansion, soutenant ainsi les march&#233;s importateurs et amortissant la r&#233;cession. Si tous les pays entraient en r&#233;cession en m&#234;me temps, c'est l'ensemble du march&#233; mondial qui se r&#233;duirait, approfondissant au contraire la r&#233;cession partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise actuelle est aussi une crise du capital financier, qui a commenc&#233; aux &#201;tats-Unis mais c'est rapidement diffus&#233;e au sein du syst&#232;me bancaire international. Le syst&#232;me bancaire constitue la cl&#233; aussi bien de la production que de la distribution capitaliste, qui ne peuvent fonctionner sans cr&#233;dit. C'est aussi l'un des principaux moyens permettant &#224; l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain de dominer le monde, par l'interm&#233;diaire de son syst&#232;me bancaire international. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une crise n&#233;olib&#233;rale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;b&#226;cle croissante de l'endettement est le produit des politiques n&#233;olib&#233;rales de d&#233;r&#233;glementation bancaire qui ont commenc&#233; avec les &#171; r&#233;formes de lib&#233;ralisation du march&#233; &#187; entreprises par l'administration Reagan au cours des ann&#233;es 1980 ayant permis aux banques de recourir &#224; des op&#233;rations hors-bilan &#224; la Enron (4). Les banques peuvent de ce fait multiplier leurs pr&#234;ts afin d'accro&#238;tre leurs b&#233;n&#233;fices en prenant des risques &#233;normes, sans disposer pour autant de r&#233;serves pour le cas o&#249; le remboursement de ces pr&#234;ts tournerait mal. Les lois fiscales de Clinton et de Bush ont encourag&#233; ces op&#233;rations hors-bilan en taxant les salaires et les b&#233;n&#233;fices des employ&#233;s de banque en tant que &#171; produit des int&#233;r&#234;ts &#187;, un &#233;chappatoire fiscal pour la classe capitaliste permettant de maintenir son taux d'imposition le plus &#233;lev&#233; &#224; seulement 15 % des revenus, ce que le Congr&#232;s majoritairement d&#233;mocrate pr&#233;serve toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous Clinton, le cadeau n&#233;olib&#233;ral offert aux banques fut l'abrogation de la loi Glass-Steagall, datant de l'&#233;poque de la Grande d&#233;pression (1933), mettant fin &#224; la s&#233;paration entre les banques commerciales et les banques d'investissement. Ce sont les banques d'investissement qui ont mis sur le march&#233; les paquets d'emprunts des entreprises. Les agences de notation (Moody's, Standard &amp; Poor's, Fitch) ont &#233;t&#233; pay&#233;es par les cr&#233;ateurs de ces obligations pour leur accorder les meilleures estimations (AAA), de fa&#231;on &#224; ce que les fonds de pension et les compagnies d'assurance puissent les acqu&#233;rir. Goldman Sachs, le plus grand cr&#233;ateur de cette dette mortelle, a beaucoup gagn&#233; en vendant ces obligations &#224; ses clients, tout en gagnant en m&#234;me temps des milliards en sp&#233;culant contre elles dont il savait qu'elles finiraient par un d&#233;faut de paiement et la banqueroute. Il y a quelques gagnants au milieu de la mis&#232;re, de &#171; l'argent fut&#233; &#187; et des &#171; investisseurs sophistiqu&#233;s &#187; parmi les n&#233;gociants et les sp&#233;culateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'arri&#232;re-plan de la crise financi&#232;re du syst&#232;me bancaire il y a la crise de la dette des consommateurs. La principale raison de l'explosion de l'endettement excessif des consommateurs c'est l'&#233;norme in&#233;galit&#233; sociale provoqu&#233;e par la politique n&#233;olib&#233;rale en faveur du march&#233; libre et contre les syndicats. Depuis 1973 l'&#233;conomie des &#201;tats-Unis a presque tripl&#233;, mais toute la croissance a &#233;t&#233; confisqu&#233;e par le capital, les employeurs, les poss&#233;dants, alors que les travailleurs n'ont rien eu. Les salaires r&#233;els sont aujourd'hui inf&#233;rieurs &#224; ce qu'ils &#233;taient en 1973, il y a trente-cinq ans. La seule mani&#232;re de maintenir le niveau de vie a &#233;t&#233; de travailler plus longtemps et d'avoir deux salaires dans la famille. Mais m&#234;me cela c'est av&#233;r&#233; insuffisant : le revenu familial r&#233;el est aujourd'hui plus bas que ce qu'il fut il y a dix ans. Pour pr&#233;server leur niveau de vie les travailleurs se sont donc endett&#233;s de plus en plus. Le dernier acte, et le pire, fut d'emprunter en hypoth&#233;quant leur unique &#233;conomie : l'augmentation de la valeur de leur logement. Entre 2004 et le premier semestre 2007 les propri&#233;taires des logements ont re&#231;u 800 milliards de dollars par an au travers du refinancement de leurs pr&#234;ts immobiliers et des pr&#234;ts hypoth&#233;caires. 34 millions d'Am&#233;ricains possesseurs de logement &#8212; presque un tiers de la population &#8212; ont emprunt&#233; en hypoth&#233;quant leur maison. Dans leur ensemble ils avaient l'an dernier un taux d'&#233;pargne net n&#233;gatif de 13 %. Autant dire qu'ils vivaient litt&#233;ralement en dehors de leur habitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la bulle immobili&#232;re a &#233;clat&#233; et les taux hypoth&#233;caires ont augment&#233;, un grand nombre de travailleurs ne pouvaient plus faire face au paiements de leur logement, contribuant ainsi &#224; la spirale de d&#233;valorisation de l'immobilier et pr&#233;cipitant la crise du syst&#232;me bancaire. Cela a eu &#233;galement pour effet de mettre un terme aux d&#233;penses de consommation bas&#233;es sur les emprunts hypoth&#233;caires personnels bas&#233;s sur l'accroissement de la valeur de leur maison. A son tour, ceci &#224; r&#233;duit la demande de produits de consommation, touchant en particulier les fabricants des voitures et des appareils m&#233;nagers et rayonnant maintenant dans l'ensemble du commerce de d&#233;tail. Naturellement, puisque les &#201;tats-Unis sont devenus apr&#232;s la crise asiatique de 1997 &#171; l'acheteur de dernier recours &#187;, cet effondrement de la consommation des m&#233;nages aura un impact international sur les pays qui d&#233;pendent des &#201;tats-Unis comme l'un de leurs principaux march&#233;s d'exportation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la panique de 1907 et la cr&#233;ation du syst&#232;me de la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale en 1913, il s'agit de la troisi&#232;me crise financi&#232;re am&#233;ricaine. La premi&#232;re eut lieu au cours des ann&#233;es 1930, lorsque les rapports interimp&#233;rialistes, qui ont conduit &#224; la premi&#232;re et &#224; la seconde guerre mondiale, ont produit entre les deux guerres l'effondrement du syst&#232;me bancaire international aggravant terriblement la d&#233;pression des ann&#233;es 1930. Au cours de cette p&#233;riode il n'y avait pas de garantie des d&#233;p&#244;ts et la crise a entra&#238;n&#233; une ru&#233;e sur les banques, les gens tentant de sauver leur &#233;pargne. La panique qui en a r&#233;sult&#233; a conduit des milliers de banques &#224; la faillite. Le second d&#233;sastre financier ce fut la crise de l'&#233;pargne et des cr&#233;dits des ann&#233;es 1980, limit&#233;e &#224; des pr&#234;ts immobiliers. Ce fut une perte de 180 milliards de dollars, qui a &#233;t&#233; socialis&#233;e par un renflouement des contribuables, avec des biens vendus par la Resolution Trust Company &#224; des prix qui ont permis aux investisseurs de r&#233;aliser des profits &#233;normes. Il y a eu un resserrement du cr&#233;dit, mais il n'a pas &#233;t&#233; assez important pour avoir un impact &#233;conomique &#224; long terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette troisi&#232;me crise est beaucoup plus profonde que ne le fut la deuxi&#232;me ; dans sa premi&#232;re p&#233;riode elle est d&#233;j&#224; plus importante que ne le fut la seconde. Il n'y a toujours pas d'hypoth&#232;ses s&#233;rieuses concernant sa profondeur. Les banques sont d&#233;j&#224; estropi&#233;es par la perte de seulement une partie des hypoth&#232;ques des &#171; subprimes &#187;. Elles ont d&#251; r&#233;unir des capitaux en vendant des participations &#224; Abu Dhabi, &#224; Singapour et &#224; divers autres fonds de placement souverains ce qui les rend partiellement contr&#244;l&#233;es par des gouvernements &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les bulles immobili&#232;res et boursi&#232;res se sont effondr&#233;es au Japon en 1990, les banques japonaises d&#233;tentrices des dettes ont &#233;t&#233; mutil&#233;es par les cr&#233;ances douteuses. Le Japon a subi plus d'une d&#233;cennie de r&#233;cession et de stagnation en d&#233;pit du fait que les taux d'int&#233;r&#234;ts ont &#233;t&#233; r&#233;duits quasiment &#224; z&#233;ro. Il n'est sorti de la r&#233;cession que r&#233;cemment, gr&#226;ce au boom asiatique. L'actuelle crise bancaire pourrait &#234;tre bien plus grave que ne l'a &#233;t&#233; la crise japonaise, en raison du nombre de banques, partout dans le monde, touch&#233;es par la cr&#233;ation des d&#233;riv&#233;s du cr&#233;dit non r&#233;glement&#233;s et les op&#233;rations hors-bilan. Son impact mondial sera plus grand car contrairement aux banques am&#233;ricaines, les banques japonaises n'&#233;taient pas au centre du syst&#232;me financier mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contradictions accumul&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette crise financi&#232;re est potentiellement plus dangereuse car elle se heurte aux profondes contradictions de la p&#233;riode n&#233;olib&#233;rale. Le commerce mondial a pris une forme particuli&#232;re apr&#232;s la crise asiatique de 1997-1998 et la r&#233;ponse de la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale, alors dirig&#233;e par Greenspan, &#224; cette crise. Les &#201;tats-Unis sont ainsi devenus l'acheteur en derni&#232;re instance, l'importateur des marchandises asiatiques moins ch&#232;res et le fournisseur d'&#233;quipements en vue d'externaliser la production en Asie et tout particuli&#232;rement en Chine. Les &#201;tats-Unis ont perdu leur position concurrentielle sur le march&#233; mondial. Leur d&#233;ficit commercial s'est envol&#233;, atteignant au cours des derni&#232;res ann&#233;es 700 &#224; 800 milliards de dollars par an, pay&#233; par l'endettement ext&#233;rieur atteignant 3500 milliards de dollars &#8212; 80 % de l'&#233;pargne mondiale finance ce d&#233;ficit. Au cours de ce cycle &#233;conomique les entreprises am&#233;ricaines n'ont pas investi dans la cr&#233;ation de nouvelles usines et dans de nouveaux &#233;quipements, c'est-&#224;-dire dans l'expansion des moyens de production. Il y a aujourd'hui moins d'usines aux &#201;tats-Unis qu'il n'y en avait au d&#233;but de la croissance il y a six ans. On compte trois millions d'emplois industriels de moins qu'il y a cinq ans. Mais au cours de cette p&#233;riode les entreprises &#233;tats-uniennes ont massivement investi dans de nouvelles usines en Chine et en Asie du sud-est et la majorit&#233; de la production de ces usines produit pour l'exportation, de mani&#232;re circulaire, en majorit&#233; vers les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce syst&#232;me commercial mondial avec les &#233;normes d&#233;ficits &#233;tats-uniens financ&#233;s par les banques centrales asiatiques ne pourra pas durer &#233;ternellement. Pourtant, il dure depuis si longtemps qu'il est devenu une part naturellement accept&#233;e du commerce et de la finance mondiales. Mais le d&#233;ficit commercial des &#201;tats-Unis devient insoutenable car il se heurte &#224; la crise du cr&#233;dit et de la dette ainsi qu'au d&#233;clin de la valeur du dollar. Les &#201;tats-Unis sont maintenant le plus grand d&#233;biteur mondial, ayant emprunt&#233; 3500 milliards de dollars &#224; l'&#233;tranger, tout en refusant de d&#233;fendre leur monnaie. Ils ont permis (et encourag&#233; pour aider leurs exportations) une d&#233;valuation du dollar de 30 % depuis 2000. Les cr&#233;diteurs &#233;trangers des &#201;tats-Unis ont ainsi perdu 1000 milliards de dollars du fait de la baisse du dollar, le plus grand d&#233;faut de paiement dans l'histoire. On assiste donc &#224; une r&#233;ticence grandissante des banques et des investisseurs &#233;trangers &#224; poursuivre le financement de la dette &#233;tats-unienne en augmentant leurs r&#233;serves en dollars, alors que le dollar continue de baisser du fait des probl&#232;mes de la dette, des r&#233;ductions des taux d'int&#233;r&#234;t, de la faiblesse des profits et des d&#233;ficits commerciaux et budg&#233;taires aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La douloureuse restructuration de l'&#233;conomie &#233;tats-unienne inclut un douloureux r&#233;ajustement du commerce international. Les pays tributaires des exportations vers le march&#233; &#233;tats-unien seront pris dans cette crise. La consommation int&#233;rieure chinoise n'atteint que 35 % de son PIB ; avec le ralentissement des exportations, la Chine sera confront&#233;e &#224; la surproduction de la plupart de ses secteurs industriels. Jusque-l&#224;, la production chinoise &#233;tait maintenue par les rapports commerce/dette avec les &#201;tats-Unis, qui sont devenus de plus en plus intenables. Le gouvernement chinois d&#233;tient 1500 milliards de dollars en r&#233;serve de devises &#233;trang&#232;res, dont l'essentiel est plac&#233; en bons de tr&#233;sor am&#233;ricains, c'est-&#224;-dire dans la dette &#233;tats-unienne. Ce sont des conditions insoutenables qui, m&#234;me si elles durent des ann&#233;es, finiront par &#233;clater. La crise actuelle va mettre cela au premier plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie de guerre accro&#238;t &#233;galement la profondeur de cette crise. En 2000 les d&#233;penses militaires &#233;taient de 299 milliards de dollars, maintenant elles d&#233;passent les 800 milliards, ayant augment&#233; de 500 milliards de dollars en sept ans. Depuis la fin de la guerre du Vi&#234;t-nam jusqu'en 2007, le budget militaire tournait autour de 3 % &#224; 4 % de l'&#233;conomie, &#224; l'exception des quelques ann&#233;es de course aux armements de la &#171; seconde guerre froide &#187; sous l'administration Reagan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La droite demande un d&#233;veloppement des forces militaires et une augmentation des achats des armements. Elle pr&#233;tend que les d&#233;penses militaires repr&#233;sentent actuellement 4 % du Produit national brut (PNB), parlant de 515 milliards de dollars. Mais si on y ajoute les d&#233;penses suppl&#233;mentaires pour la guerre en Irak et en Afghanistan, celles &#8212; croissantes &#8212; de la s&#233;curit&#233; int&#233;rieure, celles de la CIA, la part des armements nucl&#233;aires, du budget de l'&#233;nergie et les d&#233;penses additionnelles pour la sant&#233; des v&#233;t&#233;rans, le chiffre d&#233;passe les 800 milliards de dollars, soit 6 % du PNB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin de l'&#233;conomie de guerre permanente qui co&#239;ncidait avec la d&#233;faite au Vi&#234;t-nam, les &#201;tats-Unis n'&#233;taient plus capables de maintenir les d&#233;penses militaire au niveau de 6 % ou plus du PNB. Un tel effort financier &#233;tait seulement possible lorsque les &#201;tats-Unis dominaient totalement le march&#233; mondial. Lorsque des concurrents apparurent &#224; la fin des ann&#233;es 1960 &#8212; reconstruction de l'Allemagne et du Japon &#8212; les &#201;tats-Unis ne pouvaient plus maintenir une &#233;conomie de guerre permanente &#224; ce niveau. L'histoire se r&#233;p&#232;te. Avec l'affaiblissement de la comp&#233;titivit&#233; am&#233;ricaine sur le march&#233; mondial, l'&#233;norme d&#233;ficit commercial et maintenant la d&#233;pendance des emprunts &#233;trangers, les &#201;tats-Unis n'arrivent plus &#224; maintenir les d&#233;penses militaires au niveau exig&#233; par leur statut de superpuissance mondiale. Affaiblis par son &#233;chec politique et militaire sans fin en Irak et en Afghanistan, l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain a maintenant de graves probl&#232;mes &#233;conomiques, qui minent son pouvoir et modifient les rapports de forces internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ann&#233;e, le d&#233;ficit budg&#233;taire pr&#233;vu par le gouvernement passera de 4 milliards &#224; 500 milliards de dollars, dont la majorit&#233; est emprunt&#233;e dans le reste du monde. Les D&#233;mocrates mettent en cause les r&#233;ductions des imp&#244;ts r&#233;alis&#233;s par Bush et l'accroissement de 500 milliards du co&#251;t de la guerre, qu'ils ont pourtant vot&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les raisons &#233;num&#233;r&#233;es ci-dessus, nous sommes maintenant les t&#233;moins de bien plus qu'un d&#233;but de r&#233;cession, d'un tournant similaire &#224; ce que fut la fin du boom de l'apr&#232;s-guerre, en 1970-1973. A cette &#233;poque, les contradictions de l'&#233;conomie de guerre permanente &#8212; les &#201;tats-Unis perdant leur avantage concurrentiel dans l'&#233;conomie mondiale &#8212; ont conduit &#224; une profonde crise de rentabilit&#233; (baisse du taux de profit), qui a &#233;t&#233; suivie par une importante restructuration du capitalisme am&#233;ricain. En douze ans &#8212; de 1970 &#224; 1982 &#8212; il y a eu quatre r&#233;cessions. Les &#201;tats-Unis ont &#233;t&#233; oblig&#233;s d'abandonner l'Accord de Bretton-Woods, mettre fin aux taux de change fixes et laisser flotter le dollar. Au cours des ann&#233;es 1970 les &#201;tats-Unis avaient toujours les salaires les plus &#233;lev&#233;s et la productivit&#233; plus basse que leurs principaux concurrents. A la fin des ann&#233;es 1980 ils avaient des salaires inf&#233;rieurs et une productivit&#233; plus &#233;lev&#233;e que leurs rivaux principaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette restructuration &#233;norme a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e sous le drapeau de l'id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale. Le keyn&#233;sianisme, qui avait &#233;t&#233; l'orthodoxie &#233;conomique officielle depuis la d&#233;pression des ann&#233;es 1930, a &#233;t&#233; jet&#233; aux oubliettes. La redistribution keyn&#233;sienne, dans le but d'accro&#238;tre la demande des consommateurs pour lutter contre la r&#233;cession, a &#233;t&#233; tenue pour responsable de l'inflation. Elle n'apportait pas de r&#233;ponses &#224; la crise de stagflation des ann&#233;es 1970, c'est-&#224;-dire &#224; la simultan&#233;it&#233; de la mont&#233;e de l'inflation et du ralentissement de la croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau mod&#232;le &#233;conomique du n&#233;olib&#233;ralisme marquait un retour aux conditions du &#171; march&#233; libre &#187; qui avaient pr&#233;c&#233;d&#233; la mont&#233;e du syndicalisme, de l'&#201;tat-providence et de la r&#233;glementation gouvernementale au cours des ann&#233;es 1930. La privatisation et la d&#233;r&#233;glementation de l'industrie &#233;taient suppos&#233;es, de mani&#232;re incantatoire, restaurer la concurrence, r&#233;duire les co&#251;ts et freiner l'inflation. Les n&#233;olib&#233;raux &#233;taient les champions de &#171; l'&#233;conomie de l'offre &#187; (oppos&#233;e &#224; &#171; l'&#233;conomie de la demande &#187; attribu&#233;e aux keyn&#233;siens) : le remplacement des d&#233;penses de l'&#201;tat qui visaient &#224; augmenter la demande des consommateurs par des r&#233;ductions des imp&#244;ts pour les capitalistes qui &#8212; en th&#233;orie &#8212; allaient les investir dans l'&#233;conomie, ce qui acc&#233;l&#233;rerait la croissance. L'argument &#233;tait que l'argent remis aux capitalistes allait s'&#233;couler naturellement vers le bas et profiter &#224; tous les secteurs de la soci&#233;t&#233;. Au cours des premi&#232;res ann&#233;es de la d&#233;cennie 1970 la gauche ouvri&#232;re se renfor&#231;ait &#224; l'&#233;chelle internationale, mais &#224; la fin de la d&#233;cennie on a assist&#233; &#224; une d&#233;route compl&#232;te de la classe ouvri&#232;re. Le rapport des forces entre les classes, aux &#201;tats-Unis et &#224; l'&#233;chelle internationale, fut renvers&#233;. Le capital et la droite conservatrice ont gagn&#233;. Leur victoire totale au cours des ann&#233;es 1990 a &#233;t&#233; facilit&#233;e par l'effondrement du stalinisme, qui a donn&#233; naissance au triomphe id&#233;ologique de l'&#233;conomie de march&#233; en tant qu'alternative unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement nous nous heurtons aux limites du n&#233;olib&#233;ralisme. On ne peut pas permettre &#224; la d&#233;r&#233;glementation des hypoth&#232;ques et des op&#233;rations bancaires de produire une nouvelle crise comme celle-ci dans un proche avenir. Les banques vont donc &#234;tre re-r&#233;glement&#233;s. La Northern Rock Bank en Angleterre &#8212; une des victimes de la crise hypoth&#233;caire &#8212; vient d'&#234;tre nationalis&#233;e. C'est la premi&#232;re nationalisation depuis longtemps. D'autres r&#233;ductions des imp&#244;ts pour les riches &#8212; l'id&#233;e qui unifie le Parti r&#233;publicain &#8212; ne peuvent plus &#234;tre assur&#233;es ; les plus hautes tranches des imp&#244;ts seront plus tax&#233;es, quel que soit la vainqueur des &#233;lections. Le programme adopt&#233; par les deux partis, D&#233;mocrates et R&#233;publicains confondus, de redistribution de 150 milliards de dollars &#8212; tout insuffisant qu'il soit &#8212; a d&#233;j&#224; rompu avec le n&#233;olib&#233;ralisme. Car il s'agit l&#224; d'une politique d'inspiration essentiellement keyn&#233;sienne, visant &#224; augmenter la demande des consommateurs. Et ce programme est limit&#233; &#224; ceux qui sont suppos&#233;s d&#233;penser l'argent re&#231;u, &#224; ceux dont les revenus sont inf&#233;rieurs &#224; 150 000 dollars par an. On peut l'appeler comme on voudra, mais il ne s'agit plus d'une r&#233;duction des imp&#244;ts pour les riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le n&#233;olib&#233;ralisme est maintenant &#233;puis&#233; en tant que strat&#233;gie &#233;conomique au service du capital. Pour les travailleurs, il a toujours &#233;t&#233; un ennemi. Mais, alors qu'en 1982 l'indice du march&#233; boursier &#233;tait &#224; 750 &#224; New York, en 2007 cet indice a atteint 14 000, refl&#233;tant le succ&#232;s du mod&#232;le dans la restauration des profits au d&#233;triment de la classe ouvri&#232;re. Les capitalistes ont aim&#233; le n&#233;olib&#233;ralisme, car il les avait rendu immens&#233;ment riches ; ils sont peu dispos&#233;s &#224; y renoncer et vont lutter pour le conserver autant que possible. Le n&#233;olib&#233;ralisme ne va pas dispara&#238;tre tant que la classe dominante ne le remplacera pas par une strat&#233;gie alternative, mais ce qui a chang&#233;, c'est que le capital doit aujourd'hui affronter et r&#233;soudre les &#233;checs de sa propre politique n&#233;olib&#233;rale et que cela ne se fera pas sans une lutte politique et sans une crise id&#233;ologique entra&#238;n&#233;e par les d&#233;faillances du march&#233; libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nouvelles politiques &#233;conomiques seront d&#233;velopp&#233;es. Ceci ne se produira pas du jour au lendemain. Au d&#233;but de la crise des ann&#233;es 1970 le conservateur Nixon avait dit &#171; Nous sommes tous des keyn&#233;siens &#187;. Mais &#224; la fin de la d&#233;cennie il n'y avait m&#234;me pas beaucoup de lib&#233;raux [au sens am&#233;ricain de progressistes] pour d&#233;fendre le keyn&#233;sianisme. La classe dirigeante n'a toujours pas &#233;labor&#233; une strat&#233;gie nouvelle ; elle n'a pas de plan pour ce match. Elle est toujours dans le d&#233;ni, esp&#233;rant que le boom mondial va la sauver, les yeux fix&#233;s sur le court terme et sur l'urgence. Il y aura des tentatives d'amortir la spirale de la crise hypoth&#233;caire, de conserver la protection des cautions municipales, de maintenir &#224; flot les pr&#234;ts &#233;tudiants. Mais &#224; ce stade seuls des efforts isol&#233;s ont &#233;t&#233; propos&#233;s et non une nouvelle strat&#233;gie &#233;conomique. Il doit &#234;tre clair &#233;galement, que toute strat&#233;gie nouvelle, quel que soit le nom qu'on lui donnera, impliquera la poursuite, voire l'aggravation, de l'offensive de la classe dominante en vue de r&#233;duire les salaires et les avantages sociaux et d'accro&#238;tre la productivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours pas de strat&#233;gie nouvelle&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La politique c'est de l'&#233;conomie concentr&#233;e &#187; aimait dire L&#233;nine. La crise &#233;conomique produira de nouveaux programmes et de nouvelles solutions politiques. Le n&#233;olib&#233;ralisme suivra la politique &#233;trang&#232;re des n&#233;oconservateurs dans le d&#233;sert id&#233;ologique. La d&#233;faite clarifie l'esprit ; les faillites imposent le d&#233;veloppement d'options nouvelles. Mais la conscience se tra&#238;ne derri&#232;re l'exp&#233;rience. La droite est dans le d&#233;sarroi et bat en retraite, &#233;tant &#224; juste titre tenue pour responsable du montage du d&#233;sastre militaire et &#233;conomique, condamn&#233;e pour sa c&#233;cit&#233;, son incomp&#233;tence et sa corruption. Mais elle est trop forte, trop li&#233;e au capital pour dispara&#238;tre. Son programme va changer ; elle ne peut plus esp&#233;rer l'emporter avec des r&#233;ductions des imp&#244;ts pour les riches, la d&#233;r&#233;glementation et un gouvernement r&#233;duit effectuant des coupes dans les d&#233;penses sociales. Il y aura une droite diff&#233;rente, peut-&#234;tre s'inspirant de Lou Debbs &#8212; un populisme de droite qui attaque les immigr&#233;s et propage le protectionnisme &#8212; ou peut-&#234;tre encore plus extr&#234;me. Peut-&#234;tre une d&#233;faite &#233;lectorale importante aux &#233;lections &#224; venir ouvrira-t-elle un processus de r&#233;ajustement conservateur, mais les id&#233;es favorables &#224; une nouvelle droite capitaliste sont encore trop rudimentaires et r&#233;actives pour qu'il soit possible d'imaginer leur coh&#233;rence &#224; long terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que la crise &#233;conomique se d&#233;voilait au cours des derniers mois, les lib&#233;raux se sont d&#233;cal&#233;s &#224; gauche, bien que de mani&#232;re h&#233;sitante, ne fut-ce que dans la rh&#233;torique. La r&#233;ponse massive qu'&#224; re&#231;u le vague appel de Barack Obama pour le changement leur a indiqu&#233; l'aspiration populaire d'un tournant &#224; gauche et a pouss&#233; Obama et Hilary Clinton &#224; rench&#233;rir pour obtenir le soutien de la classe ouvri&#232;re. Ce fut la principale caract&#233;ristique des primaires &#224; partir de celles de l'&#233;tat d'Iowa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cembre John Edwards a sorti de sa poche un programme redistributif &#224; 70 milliards de dollars ; en janvier Clinton a rench&#233;ri lui aussi, proposant 110 milliards ; Obama a r&#233;pliqu&#233; &#8212; 120 milliards &#8212; et maintenant m&#234;me Bush les a d&#233;pass&#233; en offrant 150 milliards. Au-del&#224; de ces r&#233;ponses imm&#233;diates, le plus important c'est comment le lib&#233;ralisme se d&#233;finira pour la nouvelle p&#233;riode qui commence. Il y aura des tentatives diverses pour d&#233;poussi&#233;rer les id&#233;es keyn&#233;siennes ou r&#233;gulatrices, pour pr&#233;senter un cautionnement gouvernemental des hypoth&#232;ques et une limitation des saisies, car le capital priv&#233; s'est av&#233;r&#233; incapable de r&#233;soudre ses propres probl&#232;mes. Mais il n'y a toujours pas de programme lib&#233;ral pour faire face &#224; la crise du capitalisme am&#233;ricain, seulement des r&#233;ponses imm&#233;diates, limit&#233;es, face &#224; des cibles sans cesse en mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des derniers mois les D&#233;mocrates ont fait beaucoup de promesses, vagues le plus souvent, mais qui ont suscit&#233; des attentes de la population et des espoirs pour une am&#233;lioration de la vie des gens. Ils ont aujourd'hui les meilleures chances de remporter les &#233;lections. La droite a &#233;t&#233; discr&#233;dit&#233;e. La mani&#232;re dont les lib&#233;raux seront capables de traiter les probl&#232;mes de la guerre et de la r&#233;cession, et la fa&#231;on dont ils traiteront la d&#233;sillusion quand ils se montreront incapables de r&#233;aliser nombre de leurs promesses, formeront le contexte politique de la p&#233;riode suivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous venons de passer trente ans de r&#233;action, de politique n&#233;olib&#233;rale de march&#233; libre, de l'id&#233;ologie TINA (There Is No Alternative &#8212; Il n'y a pas d'alternative), que la majorit&#233; de la population a plus ou moins accept&#233;e. Apr&#232;s 1991 m&#234;me la gauche est arriv&#233;e &#224; la conclusion que le march&#233; libre constitue la seule mani&#232;re efficace de faire fonctionner l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui a frein&#233; le d&#233;veloppement du mouvement socialiste ce fut l'acceptation g&#233;n&#233;rale du march&#233; libre comme &#233;tant l'unique alternative, coupl&#233;e avec l'id&#233;e que la classe ouvri&#232;re ne peut changer la soci&#233;t&#233;. La crise id&#233;ologique n&#233;e des &#233;checs du march&#233; libre ne conduit pas automatiquement &#224; son rejet. Mais &#224; la place de la croyance que le march&#233; libre &#233;tait un bien positif, cette crise peut conduire, ind&#233;pendamment de son impact sur les travailleurs, &#224; la conviction que le march&#233; libre et son mode de fonctionnement ont des cons&#233;quences horribles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si nous ne pouvons pas encore pr&#233;dire l'impact que la crise pourrait avoir sur les niveaux de la lutte de la classe ouvri&#232;re, nous pouvons dire que la crise id&#233;ologique du n&#233;olib&#233;ralisme qui l'accompagne cr&#233;e des possibilit&#233;s plus grandes pour gagner les gens &#224; la n&#233;cessit&#233; d'une alternative au capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit par J.M. (de l'am&#233;ricain) pour Inpr&#233;cor n&#176;539-540, juin 2008. Les coupures sont de la r&#233;daction de La Gauche-&lt;a href=&#034;http://www.lcr-lagauche.be&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.lcr-lagauche.be&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Il s'agit de pr&#234;ts hypoth&#233;caires &#224; taux d'int&#233;r&#234;t variable. L'augmentation des taux d'int&#233;r&#234;t de base par la R&#233;serve F&#233;d&#233;rale a provoqu&#233; l'incapacit&#233; de tr&#232;s nombreux foyers de poursuivre le remboursement de ces pr&#234;ts, devenus trop chers, alors que simultan&#233;ment la surproduction immobili&#232;re r&#233;duisait la valeur des logements, provoquant l'incapacit&#233; des cr&#233;diteurs &#224; r&#233;cup&#233;rer leurs fonds, m&#234;me apr&#232;s avoir repris les logements en expulsant les &#171; propri&#233;taires &#187; en faillite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Enron fut l'une des plus grandes entreprises am&#233;ricaines par sa capitalisation boursi&#232;re. Outre ses activit&#233;s propres dans le gaz naturel, cette soci&#233;t&#233; texane avait mont&#233; un syst&#232;me de courtage par lequel elle achetait et revendait de l'&#233;lectricit&#233;, notamment au r&#233;seau des distributeurs de courant de l'&#201;tat de Californie. En d&#233;cembre 2001, elle fit faillite en raison des pertes occasionn&#233;es par ses op&#233;rations sp&#233;culatives sur le march&#233; de l'&#233;lectricit&#233; ; elles avaient &#233;t&#233; masqu&#233;es en b&#233;n&#233;fices par des manipulations comptables. Cf. Andrew Pollack, EnronOnline et l'&#233;conomie pas si nouvelle, Inprecor n&#176; 468/469 de mars-avril 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
