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		<title>Crise de l'automobile : Mettons nos propres alternatives sur la table</title>
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		<dc:creator>Sam Gindin</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Voil&#224; maintenant cent ans qu'Henry Ford a introduit la cha&#238;ne de montage dans les usines d'assemblage d'automobiles. Depuis ce temps, seule la &#171; grande d&#233;pression &#187; a eu des impacts comparables &#224; celle que nous traversons, sur les industries am&#233;ricaines de ce secteur, sur leurs fournisseurs, sur les travailleurs et les communaut&#233;s qui leur sont li&#233;es. &#192; l'&#233;poque, les travailleurs ont r&#233;pondu en s'engageant massivement dans leurs syndicats. Est-ce que les travailleurs de l'auto d'aujourd'hui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L97xH150/arton2301-1e89d.jpg?1631470211' class='spip_logo spip_logo_right' width='97' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voil&#224; maintenant cent ans qu'Henry Ford a introduit la cha&#238;ne de montage dans les usines d'assemblage d'automobiles. Depuis ce temps, seule la &#171; grande d&#233;pression &#187; a eu des impacts comparables &#224; celle que nous traversons, sur les industries am&#233;ricaines de ce secteur, sur leurs fournisseurs, sur les travailleurs et les communaut&#233;s qui leur sont li&#233;es. &#192; l'&#233;poque, les travailleurs ont r&#233;pondu en s'engageant massivement dans leurs syndicats. Est-ce que les travailleurs de l'auto d'aujourd'hui peuvent trouver une r&#233;ponse aussi &#171; cr&#233;ative &#187; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; de PTAG&lt;br class='autobr' /&gt;
mardi 14 avril 2009, par Sam Gindin&lt;br class='autobr' /&gt;
Publi&#233; par The Bullet, produit par The Socialist Project. &lt;br class='autobr' /&gt;
Traduction : Alexandra Cyr.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Les profondes crises &#233;conomiques interrompent le rythme de nos vies et nous obligent &#224; introduire des r&#233;ponses radicales dans le d&#233;bat public. Dans le cas de l'industrie automobile am&#233;ricaine toutefois, le radicalisme a &#233;t&#233; plut&#244;t univoque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans leurs propres alternatives, les travailleurs se sont retrouv&#233;s pi&#233;g&#233;s dans le d&#233;veloppement de &#171; leurs compagnies &#187;. Ils sont toujours pris dans ce pi&#232;ge. D'une part, les compagnies et les gouvernements les ont agressivement attaqu&#233;s et r&#233;ussi &#224; mettre fin &#224; leur r&#244;le de pionniers dans les luttes pour des conditions de travail qui ont b&#233;n&#233;fici&#233; &#224; toute la classe ouvri&#232;re. D'autre part, cela s'est fait quasi sans arr&#234;t de travail ni de r&#233;ponse politique de la part des syndicats du secteur.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une route sans issue&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lors de sa premi&#232;re conf&#233;rence de presse, le nouveau pdg de GM, Fritz Hendersen, a paru donner un peu de soulagement aux travailleurs canadiens de l'automobile. Il a d&#233;clar&#233; que leur nouvelle convention collective les rendait concurrentiels en Am&#233;rique du Nord. [1]. Bien s&#251;r &#231;a ne disait pas tout. Peu apr&#232;s, M. Hendersen pr&#233;venait : &#171; Nous devons aller plus loin ; nous ne pouvons pas nous permettre de restreindre les points de n&#233;gociation &#187; [2]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le renvoi de Richard Wagoner, le pr&#233;c&#233;dent pdg de GM, a &#233;t&#233; organis&#233; pour, entre autre, augmenter la pression sur le syndicat am&#233;ricain des travailleurs de l'automobile (UAW), afin qu'il rouvre leur convention collective et fasse encore plus de concessions. Et tel que &#231;a se pr&#233;sente, GM va s&#251;rement revenir &#224; la charge et formuler de nouvelles demandes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fut un temps dit-on, o&#249; les compagnies offraient des emplois en &#233;change des reculs consentis par les travailleurs. Bien s&#251;r cette analyse de pass&#233; tient du mythe. Les reculs dans les conditions de travail n'ont jamais pr&#233;serv&#233; d'emplois. Dans l'&#233;conomie capitaliste, les compagnies, dont le but est le profit, dans un environnement sans grande comp&#233;tition et d&#233;pendantes, bien s&#251;r de la demande des consommateurs, ne peuvent pas ou ne veulent pas donner de garanties quant aux emplois. Aujourd'hui elles demandent toujours plus de concessions avec toujours moins d'emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin des ann&#233;es soixante-dix, lors de la premi&#232;re n&#233;gociation o&#249; les syndicats am&#233;ricains ont accept&#233; des reculs, le Syndicat des travailleurs am&#233;ricains de l'auto (UAW) comptait 450,000 membres chez GM. Aujourd'hui, apr&#232;s de nombreuses signatures de conventions collectives o&#249; de multiples concessions ont &#233;t&#233; consenties aux titres des salaires, des b&#233;n&#233;fices marginaux et des emplois contre de &#171; pr&#233;tendues &#187; garanties de s&#233;curit&#233; d'emploi, les syndiqu&#233;s de GM ne sont plus que 64,000. Et si la compagnie r&#233;ussit sa restructuration 40,000 autres seront licenci&#233;s. Trente ans de concessions aboutissent &#224; 90% de pertes d'emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc les concessions, non seulement ne pr&#233;servent pas les emplois, elles pavent le chemin des pertes. Quelle compagnie ne voudrait pas profiter d'une telle ouverture ? Laquelle ne voudrait pas, au moment d'engager de nouveaux investissements, d'abord demander des &#171; sacrifices &#187; &#224; ses employ&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette politique de pression pour des reculs de la part des travailleurs, combin&#233;e aux mises &#224; pieds effectu&#233;es par les compagnies en train de se restructurer afin de redevenir profitables, diminue les chances que l'argent introduit par les gouvernements &#171; stimule &#187; effectivement la demande et la cr&#233;ation d'emplois. Ils participent &#224; la contradiction en l'aggravant, en r&#233;clamant eux aussi encore plus de concessions avant de consentir des pr&#234;ts &#224; ces compagnies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute cette logique ne se r&#233;v&#232;le que si une alternative solide est mise de l'avant. Les dirigeants syndicaux peuvent publiquement proclamer que les travailleurs ne sont pas responsables de cette crise. Mais aussi longtemps qu'ils acceptent passivement les concessions, ils finissent par valider l'id&#233;e qu'ils sont bien &#171; le probl&#232;me &#187;. Le d&#233;bat public finit par se concentrer sur &#171; combien &#187; de compensations devrait leur &#234;tre consenties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pire pour les travailleurs, c'est que cet engagement dans les concessions n'est pas un recul temporaire ; c'est une d&#233;faite &#224; long terme ; dans la mesure o&#249; les reculs influencent les attentes, minent les &#171; bonnes raisons &#187; de se syndiquer et &#233;videmment la confiance dans l'action collective. Avec leurs organisations, ils s'affaiblissent et s'acheminent vers un avenir incertain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour toutes ces raisons, et parce que le d&#233;bat est centr&#233; sur les travailleurs qui seraient &#171; le probl&#232;me &#187;, les solutions qui pourraient pr&#233;server des emplois ne sont ni &#233;labor&#233;es ni mises de l'avant. Les concessions syndicales sont donc une route sans issue.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une alternative&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que d'attendre que les compagnies mettent de nouvelles demandes sur la table de n&#233;gociation, les travailleurs doivent d&#233;velopper leurs propres alternatives et les d&#233;poser. Ce qui suit est une de ces alternatives possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que toute l'attention se porte sur GM et Chrysler, des centaines de leurs fournisseurs et &#233;quipementiers ont d&#233;j&#224; ferm&#233; boutique ou sont sur le point de le faire. [3] Les &#171; march&#233;s &#187; ou les propri&#233;taires de ces usines les ont jug&#233;es non rentables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d'un point de vue social, elles repr&#233;sentent le genre de potentiel productif auquel tout pays se pr&#233;occupant de sa base industrielle doit s'accrocher. On ne doit pas permettre qu'elles ferment, qu'elles se vident et que les &#233;quipements et machines soient transf&#233;r&#233;s ailleurs. Sp&#233;cialement alors que nous sommes au beau milieu d'une profonde crise &#233;conomique. Toute usine qui ferme, ou qui est en passe d'&#234;tre ferm&#233;e, devrait &#234;tre expropri&#233;e dans l'int&#233;r&#234;t social et mise sous la responsabilit&#233; d'une nouvelle corporation publique. (Un travailleur a propos&#233; que cette entit&#233; soit appel&#233;e Canada at Work, mais l'acronyme CAW est d&#233;j&#224; pris !)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, on ne sait pas ce qu'on pourrait y produire compte tenu de la faible demande et des surplus existants dans l'industrie de l'auto. Mais le projet devrait &#233;videmment viser &#224; produire pour le futur, non pas ce qu'on y a fait jusqu'&#224; maintenant. Lions ces usines &#224; ce qu'exigera la conversion industrielle vers la production environnementale durable au cours du 21i&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous sommes s&#233;rieux quant &#224; la n&#233;cessit&#233; de mettre les exigences environnementales au c&#339;ur de notre &#233;conomie, cela veut dire changer toutes nos mani&#232;res de produire et de consommer, jusqu'&#224; comment nous nous d&#233;pla&#231;ons et vivons. Le potentiel de travail &#224; faire &#224; cet &#233;gard est infini. Les usines de pi&#232;ces et d'&#233;quipements peuvent &#234;tre converties pour y fabriquer autre chose que ce qu'on y a fait jusqu'&#224; maintenant et les travailleurs veulent produire des choses utiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;quipements et la main d'&#339;uvre sp&#233;cialis&#233;e peuvent servir &#224; autre chose qu'&#224; construire de nouvelles autos ou de nouvelles composantes d'autos. On peut aussi bien augmenter le transport public et d&#233;velopper de nouveaux syst&#232;mes de transport. Cette main d'&#339;uvre peut travailler &#224; transformer la machinerie et les moteurs qui la font fonctionner dans chaque installation afin de r&#233;pondre &#224; la nouvelle demande li&#233;e au respect de l'environnement. On peut aussi les affecter au recyclage du mat&#233;riel jusqu'aux voitures elles-m&#234;mes. On va devoir &#233;quiper les maisons avec de nouveaux appareils m&#233;nagers. L'utilisation des panneaux solaires et la production d'&#233;nergie &#233;olienne vont se r&#233;pandre. On va devoir d&#233;velopper la fabrication de nouveaux &#233;quipements &#233;lectriques. Nous allons devoir modifier nos infrastructures urbaines et les r&#233;inventer pour les adapter aux nouvelles exigences en mati&#232;re de transport et d'&#233;nergie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y pas meilleur moment pour lancer des projets qui agiront &#224; la fois sur la crise &#233;conomique et celle de l'environnement. Et il n'y a pas meilleure opportunit&#233; pour garder toutes nos installations et &#233;quipements, ne pas gaspiller notre cr&#233;ativit&#233;, les connaissances de nos ing&#233;nieurs et les habilet&#233;s de nos travailleurs de la production.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'en est-il de GM, Chrysler et m&#234;me Ford ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette proposition n'a des chances d'&#234;tre adopt&#233;e que si les travailleurs affect&#233;s par les fermetures et compressions l'adoptent, se mobilisent et la d&#233;fendent vigoureusement. Car, la r&#233;sistance contre la formation d'une soci&#233;t&#233; d'&#201;tat avec un tel mandat, va &#234;tre extr&#234;mement forte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mobilisation devrait &#234;tre possible chez les travailleurs d&#233;j&#224; licenci&#233;s ou sur le point de l'&#234;tre. D'une certaine fa&#231;on, elle devrait &#234;tre aussi possible chez les travailleurs des &#171; 3 Grands &#187; de D&#233;troit, compte tenu des &#233;checs qu'ils ont connus, face aux co&#251;ts engendr&#233;s par une comp&#233;tition excessive, les pertes venant de la duplication des mod&#232;les, la lenteur &#224; r&#233;pondre aux imp&#233;ratifs environnementaux et finalement le m&#233;pris dont ils ont &#233;t&#233; l'objet chez ces constructeurs. Mais en ce moment, les ins&#233;curit&#233;s face, non seulement aux emplois mais, aussi aux retraites et aux assurances maladie, renforcent les travailleurs encore employ&#233;s, notamment chez GM, Chrysler et Ford.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La proposition pr&#233;sent&#233;e ici, attache une grande importance aux travailleurs qui ne seraient pas imm&#233;diatement int&#233;gr&#233;s &#224; la nouvelle structure. Le d&#233;veloppement d'une nouvelle structure de production de produits environnementaux pourrait contribuer et m&#234;me acc&#233;l&#233;rer la n&#233;cessaire transformation de la construction d'automobiles vers de nouveaux types de v&#233;hicules. Elle offrirait aussi des s&#233;curit&#233;s aux travailleurs. Les fermetures d'usines vont se poursuivre chez les &#171; 3 Grand &#187; Avec un tel projet les travailleurs ne seraient pas laiss&#233;s &#224; leur d&#233;solation face &#224; la perte de leur mode de vie ; ils pourraient se mobiliser pour que leurs usines soient int&#233;gr&#233;es au nouveau projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus, les compagnies auraient la part moins belle pour menacer de fermer toutes leurs installations si les gouvernements ne leur accordent pas autant d'argent qu'elles le veulent, soit, plus que ce que GM a re&#231;u jusqu'&#224; maintenant. Les pressions seraient moins faciles s'il existe d&#233;j&#224; une alternative. Et, si jamais elles font faillite, maintenant ou plus tard, la possibilit&#233; de regrouper toutes ces compagnies dans une soci&#233;t&#233; publique gagnera des appuis.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mais est-ce r&#233;aliste ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Techniquement, oui ! En 1942, la production automobile a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;e &#224; cause des priorit&#233;s de guerre. Au lieu du scepticisme sur les capacit&#233;s de changement de l'industrie, les nouvelles priorit&#233;s ont &#233;t&#233; accept&#233;es et le changement a remarquablement r&#233;ussi. En 1944, GM &#233;tait le plus grand producteur d'avions pour la marine au monde. Au lieu de licencier parce que la production automobile cessait, la compagnie a fait face &#224; une p&#233;nurie de main d'&#339;uvre. Apr&#232;s la guerre le retour &#224; la production automobile s'est effectu&#233; de fa&#231;on aussi spectaculaire, rapide et efficace. [4]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes &#224; un moment historique qui nous oblige &#224; voir grand ou &#224; accepter d'essuyer de plus importantes d&#233;faites. Face &#224; leurs besoins imm&#233;diats, les travailleurs et leurs syndicats deviennent timides et h&#233;sitent &#224; &#233;largir leur vision vers les changements sociaux qui leur paraissent trop abstraits, &#233;loign&#233;s ou intimidants. Pourtant nous savons que si nous ne nous int&#233;ressons qu'&#224; l'imm&#233;diatet&#233;, les options sont toujours limit&#233;es. Nous payons tous, en ce moment, pour cette lacune : avoir peur de voir grand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, toute l'&#233;lite, depuis les financiers jusqu'aux dirigeants de l'industrie automobile, qui n'&#233;tait motiv&#233;e que par l'app&#226;t du gain et la cupidit&#233;, a perdu toute cr&#233;dibilit&#233;. Or, c'est le mouvement ouvrier qui est sur la d&#233;fensive et qui encaisse les coups. Dans ce contexte, ce qui devient tout &#224; fait irr&#233;aliste, ce ne sont pas les nouvelles propositions mais c'est de penser que de s'obstiner dans les m&#234;me recettes perdantes va pr&#233;server de quelque fa&#231;on les droits acquis ou faire gagner une nouvelle s&#233;curit&#233; de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#202;tre r&#233;aliste ne rime pas avec le sauvetage des entreprises. &#199;a ne r&#233;soudra pas la crise. Ce qu'il faut, c'est sauver les capacit&#233;s de production et les bases &#233;conomiques de nos communaut&#233;s. Et parler d'abord, ou exclusivement des travailleurs encore employ&#233;s n'est pas suffisant ; il faut inclure tous ceux et celles qui sont au ch&#244;mage et cherchent de l'emploi ou qui sont sur le point d'entrer dans ces rangs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#202;tre r&#233;aliste veut aussi dire, entreprendre une nouvelle lutte absolument n&#233;cessaire en apportant quelque chose de nouveau dans les discussions. Celle faite ici nous ferait sortir de la d&#233;pendance face aux march&#233;s, &#224; la comp&#233;tition, aux entreprises priv&#233;es et aux valeurs qu'ils repr&#233;sentent. Elle renforce les valeurs syndicales : s'organiser sur ses propres bases et avoir sa propre d&#233;finition &#171; du progr&#232;s &#187;, &#199;a veut dire revitaliser le meilleur du leadership ouvrier capable de donner de la cr&#233;dibilit&#233; &#224; l'action syndicale et qui ne se pr&#233;occupe pas seulement de n&#233;gocier pour ses membres, mais plut&#244;t tient compte de la soci&#233;t&#233; comme un tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#202;tre r&#233;aliste veut dire moins de discours sur l'espoir et plus de place faite &#224; l'action des travailleurs en ce sens. Courageusement, des travailleurs ont occup&#233; leurs usines, mais les emplois ont &#233;t&#233; n&#233;anmoins abolis et ils sont rest&#233;s avec &#171; une portion importante des difficult&#233;s, les payes de s&#233;paration et leurs arri&#233;r&#233;s de vacances ne leur ont pas &#233;t&#233; vers&#233;s. &#187; [5] On devrait les soutenir et les inspirer pour qu'ils exigent le maintien des op&#233;rations et la poursuite du travail productif. En m&#234;me temps il faudrait en finir avec la n&#233;gociation des emplois contre des conditions de travail toujours inf&#233;rieures. En fait, la lutte pour du contr&#244;le social sur la production serait probablement un premier pas pour en finir avec les propositions d&#233;fensives et d&#233;buter la r&#233;flexion sur &#224; quoi pourraient ressembler des milieux de travail vraiment d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'alternative pr&#233;sent&#233;e ici soul&#232;vera, comme tout changement important le fait, de nouveaux probl&#232;mes quant &#224; la d&#233;mocratie, aux responsabilit&#233;s et &#224; l'arbitrage entre des choix difficiles. Il faut aussi insister sur le fait que cette proposition est d'abord politique et non &#171; technique &#187;. Elle est politique en ce qu'elle bouscule le statut quo du droit de propri&#233;t&#233; au nom de la d&#233;mocratie et des droits sociaux et qu'elle oblige &#224; un changement de culture, de comment nous pensons l'&#233;conomie et ce qui est possible. Tout &#231;a ne peut r&#233;ussir, voire m&#234;me d&#233;buter, que si nous &#233;largissons les discussions et le d&#233;bat, mobilisons &#224; l'int&#233;rieur de nos rangs aussi bien qu'&#224; l'ext&#233;rieur, que si nous identifions bien nos alli&#233;s et &#233;laborons nos strat&#233;gies pour rejoindre de nouveaux travailleurs, d'autres syndicats et nos communaut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sam Gidin, professeur d'&#233;conomie politique &#224; l'Universit&#233; York de Toronto,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
[1] &#8216;fully competitive with the UAW', Globe and Mail, 21 mars 2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] &#8216;We need to go further, you can't really afford to take anything off the table' CNN-The State of the Union,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Bancruptcy Looms Larger Across Sector, Globe and Mail, 2 avril 2009, About 500 Auto Suppliers at Risk of Failure, Reuters, 12 mars 2009,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] From Auto to Aircraft. General Motors'WW11 Conversion, Naval Aviation News, juillet-ao&#251;t 1995,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] CAW Publication Contact, 27 mars 2009,&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Crise de l'industrie automobile : Au-del&#224; des coupures salariales et du renflouement de l'industrie de l'automobile</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Crise-de-l-industrie-automobile-Au-dela-des-coupures-salariales-et-du</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Crise-de-l-industrie-automobile-Au-dela-des-coupures-salariales-et-du</guid>
		<dc:date>2008-12-22T04:56:42Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sam Gindin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Tir&#233; de PTAG mardi 16 d&#233;cembre 2008 _________________ La grave crise qui nous submerge rapidement menace de devenir aussi grave que la Grande D&#233;pression, et ceci signifie que des mani&#232;res habituelles de faire les choses doivent &#234;tre fondamentalement repens&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'article de Gord Henderson sur les r&#233;ductions salariales devant &#234;tre impos&#233;es aux travailleurs de l'automobile (Windsor Star du 20 novembre 2008) pr&#233;sente une orientation compl&#232;tement fausse comme nous l'a appris la crise des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Politique-canadienne-" rel="directory"&gt;Politique canadienne&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; de PTAG&lt;br class='autobr' /&gt;
mardi 16 d&#233;cembre 2008&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La grave crise qui nous submerge rapidement menace de devenir aussi grave que la Grande D&#233;pression, et ceci signifie que des mani&#232;res habituelles de faire les choses doivent &#234;tre fondamentalement repens&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article de Gord Henderson sur les r&#233;ductions salariales devant &#234;tre impos&#233;es aux travailleurs de l'automobile (Windsor Star du 20 novembre 2008) pr&#233;sente une orientation compl&#232;tement fausse comme nous l'a appris la crise des ann&#233;es 30. Les coupures salariales des ouvriers de l'industrie ne font qu'aggraver la d&#233;pression. Henderson r&#233;pond aux arguments du Pr&#233;sident des Travailleurs canadiens de l'automobile Ken Lewenza d&#233;fendant les salaires des ouvriers par une boutade facile : &#171; Dites cela aux travailleurs de l'automobile mexicains &#187;. Mais qu'est-ce qu'il veut dire au juste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux pr&#233;occupations des consommateurs qui retardent leurs investissements faut-il pr&#233;coniser que les travailleurs de l'automobile acceptent des salaires inf&#233;rieurs et voient diminuer leur pouvoir d'achat ? Et quelle notion de progr&#232;s et quelle vision d'avenir l'invitation &#224; viser les normes salariales mexicaines sugg&#232;re-t-elle ? Le salaire horaire canadien dans l'industrie automobile est maintenant en dessous de celui des &#201;tats-Unis, au m&#234;me niveau que celui du Japon et n'arrive pas aux trois quarts de la r&#233;mun&#233;ration horaire des travailleurs allemands. (U.S. Bureau of Labour data pour 2006, ajust&#233;es aux taux de change courants). Puisque l'industrie canadienne est int&#233;gr&#233;e &#224; l'industrie am&#233;ricaine, le Canada est affect&#233; par les co&#251;ts plus &#233;lev&#233;s aux &#201;tats-Unis, en particulier pour ce qui est des soins de sant&#233;. Mais ici, aussi, la r&#233;ponse c'est qu'il ne s'agit pas de bl&#226;mer les ouvriers, mais d'indiquer plut&#244;t la stupidit&#233; sociale et &#233;conomique des &#201;tats-Unis qui n'ont pas de syst&#232;me de sant&#233; publique alors qu'on le retrouve dans le reste du monde d&#233;velopp&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faiblesses syndicales&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce pour quoi le syndicat peut &#234;tre bl&#226;m&#233;, ce n'est pas pour ce qu'il a r&#233;alis&#233; pour les travailleurs, mais pour son refus de jouer un r&#244;le essentiel dans la remise en question de l'orientation prise par l'industrie automobile, particuli&#232;rement en ce qui concerne sa lenteur &#224; produire des voitures &#233;conomes en combustible et non polluantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le renflouement des entreprises ne suffira pas pour sauver les emplois et se pr&#233;occuper &#233;galement des milliers d'emplois d&#233;j&#224; perdus par des anciens membres. Cela exige de corriger un point faible de l'industrie et cela selon deux modalit&#233;s pr&#233;cises. D'abord, il est absolument essentiel de comprendre que le renflouement ne met pas fin &#224; la crise de l'industrie automobile, m&#234;me si les compagnies &#224; Detroit redessinent leurs mod&#232;les. Et cela parce que l'industrie a des capacit&#233;s de production exc&#233;dentaire consid&#233;rables et une croissance mod&#233;r&#233;e caract&#233;risera la situation durant les prochaines ann&#233;es, sinon au-del&#224;. Ceci signifie qu'au moment m&#234;me o&#249; le syndicat demande de renflouer l'industrie, il doit pr&#233;senter des propositions qui vont au-del&#224; du secteur automobile. Il doit commencer &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; l'utilisation des installations en place et des qualifications pour la production d'un ensemble diversifi&#233; de biens. Ici, l'environnement est pris en consid&#233;ration, mais plut&#244;t que de se voir r&#233;duit &#224; une menace pour l'emploi, il ouvre la possibilit&#233; de cr&#233;ation d'autres emplois. Si l'environnement est s&#233;rieusement pris en compte dans le si&#232;cle actuel, il ne suffira pas de changer le type de voitures que nous conduisons et leur mode de locomotion, mais tout ce qui concerne la fa&#231;on dont nous travaillons, nous consommons, nous nous d&#233;pla&#231;ons et que nous vivons&#8230; &#192; cet effet, les lignes de montage, les outils, les entreprises d'usinage et les qualifications des travailleurs et des travailleuses de cette industrie sont des richesses qui peuvent &#234;tre converties pour produire des &#233;oliennes, des panneaux solaires, des pi&#232;ces pour des v&#233;hicules de transport en commun, des outillages industriels et des appareils m&#233;nagers moins &#233;nergivores.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, nous devons d&#233;placer nos pr&#233;occupations du sauvetage de l'industrie automobile au sauvetage de l'&#233;conomie des communaut&#233;s. L'industrie automobile est concentr&#233;e dans les communaut&#233;s particuli&#232;res qui, comme &#224; Windsor, &#233;taient entr&#233;es en crise bien avant que GM ait demand&#233; un renflouement. La solution n'est pas de simplement s'accrocher &#224; des emplois dans l'industrie automobile alors que la productivit&#233; continue de se d&#233;velopper ce qui continuera &#224; diminuer le nombre d'emplois m&#234;me si un renflouement des grandes entreprises est r&#233;alis&#233;. La solution repose &#233;galement sur le d&#233;veloppement de grands travaux qui mobilisera tous ceux et celles qui sont d&#233;j&#224; sans emploi ou qui sont &#224; la recherche d'un premier emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour aborder cette crise et r&#233;pondre aux besoins de la communaut&#233;, il ne s'agit pas seulement de produire de nouveaux mod&#232;les de voiture, mais d'op&#233;rer une conversion industrielle du vaste potentiel productif de Windsor et d'am&#233;liorer l'infrastructure d&#233;t&#233;rior&#233;e de Windsor et des autres municipalit&#233;s. Windsor a une longue liste de projets dans ses cartons, visant &#224; satisfaire les besoins sociaux qui transforment des villes en communaut&#233;s (des ressources pour les &#233;quipements publics et les sports, convertir des terrains vagues en parcs et jardins publics ; construire des garderies et des centres d'accueil pour les personnes &#226;g&#233;es).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire confiance au march&#233; ou favoriser une planification d&#233;mocratique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il devrait &#234;tre &#233;vident que de tels projets ne se r&#233;aliseront pas si on les laisse aux caprices du march&#233; ou &#224; une intervention publique sans plan d'ensemble. La r&#233;alisation de tels projets exige la planification s&#233;rieuse nationale et municipale ; une planification qui s'appuie sur des structures d&#233;mocratiques pour encourager et faciliter la participation populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci nous m&#232;ne bien au-del&#224; de l'industrie automobile et beaucoup pourraient nous dire : &#171; d&#233;sol&#233;, je suis trop occup&#233; &#224; penser &#224; tout &#231;a &#187; Ce type de r&#233;ponse explique pour une bonne part pourquoi les travailleurs de l'automobile sont dans la situation f&#226;cheuse qu'ils connaissent aujourd'hui. S'il y a quelque chose que le pass&#233; r&#233;cent nous enseigne, c'est que si nous ne commen&#231;ons pas &#224; construire le futur d&#232;s maintenant, si nous pensons qu'il prendra forme sans nous, il sera trop tard pour &#233;viter des probl&#232;mes qui seront d'une plus grande envergure. La survie et l'avenir exigent de l'audace pour penser et agir &#224; la hauteur de nos aspirations d&#232;s aujourd'hui. Quel pays voulons-nous ? Dans quel type de communaut&#233; voulons-nous vivre ? Comment y arrivons-nous ?&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Sam Gindin fut le conseiller de deux ex -pr&#233;sidents des Travailleurs canadiens de l'automobile. Il est actuellement enseignant au d&#233;partement Social Justice &#224; l'Universit&#233; York.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du journal Windsor Star&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction : Bernard Rioux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Crise financi&#232;re : Quelles revendications pour la gauche ?</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Crise-financiere-Quelles-revendications-pour-la-gauche</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Crise-financiere-Quelles-revendications-pour-la-gauche</guid>
		<dc:date>2008-11-28T02:40:08Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sam Gindin</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>

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&lt;p&gt;Ce21 f&#233;vrier avait lieu une conf&#233;rence &#224; l'UQAM avec Sam Gindin, ancien conseiller sp&#233;cial au pr&#233;sident des travailleurs canadiens de l'automobile(TCA) et professeur &#224; l'Universit&#233; York de Toronto. &lt;br class='autobr' /&gt;
Voici le lien pour consulter la vid&#233;o de cette conf&#233;rence (en anglais) http://www.socialistproject.ca/leftstreamed/#ls16 &lt;br class='autobr' /&gt;
et un texte ci-dessous de Sam Gindin traduit en fran&#231;ais. &lt;br class='autobr' /&gt; Plus de 70 personnes pr&#233;sentes, des militantEs bien souvent de Qu&#233;bec Solidaire, des syndicalistes de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Economie-50-" rel="directory"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Economie-225-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH139/arton1907-a6aeb.jpg?1629991773' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='139' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce21 f&#233;vrier avait lieu une conf&#233;rence &#224; l'UQAM avec Sam Gindin, ancien conseiller sp&#233;cial au pr&#233;sident des travailleurs canadiens de l'automobile(TCA) et professeur &#224; l'Universit&#233; York de Toronto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici le lien pour consulter la vid&#233;o de cette conf&#233;rence (en anglais) &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.socialistproject.ca/leftstreamed/#ls16&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.socialistproject.ca/leftstreamed/#ls16&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et un texte ci-dessous de Sam Gindin traduit en fran&#231;ais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Plus de 70 personnes pr&#233;sentes, des militantEs bien souvent de Qu&#233;bec Solidaire, des syndicalistes de diff&#233;rents secteurs ont partag&#233; une discussion sur la crise et la rupture avec le syst&#232;me capitaliste. dans cette p&#233;riode &#224; la fois plus difficile pour les travailleuses et les travailleurs mais o&#252; aussi la cr&#233;dibilit&#233; du capitalisme est ent&#226;ch&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retrouvons un peu dans le texte ci-dessous, le fond de la contribution de Sam Gindin, sachant cependant que ce texte a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; &#224; la demande de militantEs am&#233;ricainEs en novembre 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; cela, nous le consid&#233;rons d'une grande pertinence pour la gauche qu&#233;b&#233;coise. TRADUCTION : David Mandel&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Crise financi&#232;re : Quelles revendications pour la gauche ?&lt;br class='autobr' /&gt;
mardi 4 novembre 2008, par Sam Gindin&lt;br class='autobr' /&gt;
Tir&#233; du site Socialist project&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Au cours du dernier quart de si&#232;cle, la gauche dans la plupart des pays d&#233;velopp&#233;s a &#233;t&#233; marginalis&#233;e comme force sociale et, en cons&#233;quence, &#171; la culture des possibles &#187; s'est r&#233;tr&#233;cie. Mais avec le quasi-effondrement du syst&#232;me financier am&#233;ricain et l'ampleur de la r&#233;ponse de l'&#201;tat, une ouverture s'est finalement cr&#233;&#233;e, laquelle pourrait permettre de renverser la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, cette ouverture se manifeste principalement au niveau de la pol&#233;mique. L'id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale chancelle et la d&#233;l&#233;gitimation de march&#233;s plus libres comme solution &#224; tout probl&#232;me a d&#233;j&#224; mis la droite sur la d&#233;fensive plus qu'elle ne l'a &#233;t&#233; depuis une g&#233;n&#233;ration. Certes, les politiciens am&#233;ricains restent encore fid&#232;les &#224; la r&#233;duction d'imp&#244;t et au d&#233;ficit z&#233;ro &#8211; et comme le montre la r&#233;cente campagne &#233;lectorale au Canada, les Am&#233;ricains ne sont pas seuls &#224; l'&#234;tre &#8211;, mais d&#233;j&#224; ils n'osent plus appeler &#224; retirer tout contr&#244;le aux entreprises et aux institutions financi&#232;res afin de lib&#233;rer la &#171; cr&#233;ativit&#233; &#187; des march&#233;s, tout comme ils ne peuvent plus rejeter l'intervention de l'&#201;tat comme r&#233;ponse aux besoins sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela est d'une importance cruciale et nous devons &#233;valuer sobrement jusqu'o&#249; cela peut nous amener. M&#234;me si la rh&#233;torique et certaines pratiques du n&#233;olib&#233;ralisme se transforment, les &#233;l&#233;ments essentiels qui constituent le capitalisme mondialis&#233; vont persister : la mondialisation et la libert&#233; du capital de se d&#233;placer comme il veut, la concurrence intensifi&#233;e et la restructuration qui a d&#233;truit des emplois et qui a min&#233; la confiance des travailleurs et des travailleuses, et - m&#234;me s'il y a de la r&#233;sistance - des variantes des programmes d'ajustement structurel dans le tiers monde. De plus, m&#234;me si l'&#201;tat qui a dirig&#233; ces processus a perdu une partie de son attrait, on ne doit pas s'attendre &#224; son effondrement imminent ni &#224; la fin de son r&#244;le dirigeant. L'importance de l'&#201;tat am&#233;ricain reste enti&#232;re : aucun autre &#201;tat ne peut (et aucun ne veut) remplacer les &#201;tats-Unis. La crise a confirm&#233; de nouveau la d&#233;pendance du monde au syst&#232;me financier am&#233;ricain et la r&#233;solution de cette crise, devenue mondiale, d&#233;pend fondamentalement de l'action de l'&#201;tat am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Penser &#224; des alternatives&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;fl&#233;chissant &#224; ce qu'il faut faire, il est utile de commencer par la reconnaissance des capacit&#233;s limit&#233;es de la gauche &#224; ce moment-ci. Une chose que nous ne pouvons certainement pas faire, c'est r&#233;soudre la crise financi&#232;re. Et des appels abstraits &#224; la &#171; r&#233;imposition de la r&#233;gulation &#187;, qui sous-entendent que les &#201;tats et les march&#233;s s'opposent, sont susceptibles de semer encore plus de confusion au lieu de politiser le monde que nous cherchons &#224; mobiliser. Comme le d&#233;montrent les interventions &#233;tatiques les plus r&#233;centes, compte tenu du rapport de force social actuel, la r&#233;gulation est la recherche d'une solution technique au probl&#232;me de la pr&#233;servation des march&#233;s face &#224; leur volatilit&#233;. Il ne s'agit pas d'une refonte des rapports de pouvoir dans la soci&#233;t&#233; pour r&#233;pondre aux besoins sociaux. M&#234;me si l'&#201;tat a permis &#224; certains capitalistes particuliers de s'&#233;craser, le sens de son intervention tourne autour de la reconstitution, et donc de la pr&#233;servation, du pouvoir des capitalistes financiers comme classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me mani&#232;re, la recherche de solutions dans un retour plus s&#233;rieux aux bons vieux temps d'avant le n&#233;olib&#233;ralisme d&#233;montre une mauvaise compr&#233;hension du rapport entre cette p&#233;riode et la pr&#233;sente. Le n&#233;olib&#233;ralisme &#233;tait une r&#233;ponse &#224; l'impossibilit&#233; de continuer dans la voie de la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente. La crise des ann&#233;es 1970 avait ses racines dans les pressions exerc&#233;es par la classe ouvri&#232;re sur les profits des entreprises. Cela a amen&#233; ces derni&#232;res &#224; ralentir leurs investissements et &#224; d&#233;placer leurs capitaux &#224; l'&#233;tranger. &#192; l'&#233;poque, certains &#233;l&#233;ments plus clairvoyants de la gauche comprenaient que les choix s'&#233;taient polaris&#233;s : soit le renforcement du contr&#244;le des banques et des soci&#233;t&#233;s avec une transition vers la planification d&#233;mocratique, soit l'&#233;crasement de la classe ouvri&#232;re afin de restaurer les profits et le pouvoir des entreprises. C'est cette derni&#232;re &#233;ventualit&#233; qui s'est produite. Retourner &#224; la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente n'aurait pour r&#233;sultat que de r&#233;introduire le vieux conflit et de reposer la question sous-jacente : soit restaurer le pouvoir du capital pour r&#233;soudre le conflit, soit se battre pour une alternative d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre r&#233;flexion sur les alternatives doit tenir compte &#233;galement d'un autre facteur : le degr&#233; d'int&#233;gration de la classe ouvri&#232;re dans les march&#233;s financiers. Apr&#232;s les ann&#233;es 70, puisque les salaires stagnaient, les travailleurs et les travailleuses ont &#233;t&#233; oblig&#233;Es de recourir au cr&#233;dit pour acc&#233;der &#224; la consommation. De plus, ils et elles d&#233;pendaient de plus en plus de la bourse pour soutenir leurs pensions de retraite. Ceux et celles qui poss&#233;daient leur propre logement ont applaudi les mont&#233;es des prix des logements parce que l'augmentation de leur richesse r&#233;duisait la n&#233;cessit&#233; de faire des &#233;pargnes, permettant ainsi plus de consommation. Tout cela a contribu&#233; &#224; fragmenter la classe ouvri&#232;re : tandis que la lutte pour les salaires et les programmes sociaux devait s'appuyer sur la solidarit&#233; de classe tout en contribuant &#224; cette solidarit&#233;, la recherche de cr&#233;dits (et des baisses d'imp&#244;t) pour soutenir la vie priv&#233;e a amen&#233; &#224; l'affaiblissement des capacit&#233;s collectives. Dans la crise actuelle, les cons&#233;quences de ce rapport avec les march&#233;s financiers sont tr&#232;s claires : malgr&#233; la col&#232;re populaire face &#224; l'op&#233;ration de sauvetage de Wall Street, il y a eu en fin de compte une acceptation, m&#234;me si &#224; contrec&#339;ur, de la n&#233;cessit&#233; de &#171; sauver le syst&#232;me &#187; dont les travailleurs et les travailleuses sont devenuEs d&#233;pendantEs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question strat&#233;gique devant nous pourrait &#234;tre formul&#233;e de la mani&#232;re suivante : toutes les alternatives doivent commencer par r&#233;pondre aux besoins des gens. Mais pouvons-nous structurer nos r&#233;ponses pour qu'elles renforcent en m&#234;me temps la capacit&#233; de la classe ouvri&#232;re d'agir ind&#233;pendamment de la logique du capitalisme, restreignant en m&#234;me temps, au moins dans une certaine mesure, le pouvoir du capital ? M&#234;me si la crise financi&#232;re se stabilise, il y aura une r&#233;cession et une p&#233;riode de croissance ralentie pendant que la crise &#171; se r&#233;sorbe &#187;. Dans ce contexte, deux questions principales vont se poser : qui paiera les cons&#233;quences de la crise et quelles formes prendront les solutions pour ranimer l'&#233;conomie (et non seulement le secteur financier) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Revendications imm&#233;diates&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois revendications mises de l'avant par la gauche dans les discussions pr&#233;c&#233;dant l'op&#233;ration de sauvetage s'adressent &#224; des besoins populaires, tout en portant un potentiel strat&#233;gique plus large : un syst&#232;me de soin de sant&#233; public et universel, le d&#233;veloppement du syst&#232;me public de pensions de vieillesse, la construction d'infrastructures publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacune de ces revendications r&#233;duit la d&#233;pendance de la classe ouvri&#232;re face aux march&#233;s et au secteur priv&#233;. Le syst&#232;me public de soins de sant&#233; signifie qu'on ne perdra pas ses b&#233;n&#233;fices si on perd son emploi. Cela r&#233;duit donc la pression int&#233;rioris&#233;e pour renforcer &#171; votre &#187; entreprise, en faisant des concessions si n&#233;cessaire, pour garder une police d'assurance familiale. Des pensions publiques signifient une d&#233;pendance r&#233;duite de la bourse (et la s&#233;curit&#233; contre la tendance des employeurs &#224; se d&#233;barrasser des pensions n&#233;goci&#233;es avec les syndicats). Des infrastructures publiques, surtout si elles constituent des r&#233;ponses &#224; la crise environnementale, cr&#233;ent des emplois et d&#233;placent l'accent des stimulants marchands pour faire directement ce qui doit &#234;tre fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui plus est, chacune des ces revendications r&#233;duit le contr&#244;le priv&#233; sur nos vies &#8211; que ce soit des compagnies d'assurance, des gestionnaires des fonds institutionnels ou des soci&#233;t&#233;s qui demandent des all&#233;gements fiscaux et des r&#232;gles favorables (&#224; nos d&#233;pens). Le plus important, c'est que ces revendications mettent l'accent sur les droits universels et les besoins collectifs, ce qui renforce la solidarit&#233; de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une quatri&#232;me revendication, le logement public, soul&#232;ve une autre dimension importante des droits universels et s'attaque &#224; la contradiction qui est &#224; la base de la crise financi&#232;re : des politiques qui ont maintenu des gens dans la pauvret&#233; ont limit&#233; leur capacit&#233; de faire les paiements de leurs hypoth&#232;ques, ce qui ne pouvait &#234;tre cach&#233; pour longtemps. La r&#233;ponse ici n'est pas seulement de s'&#233;loigner du march&#233; comme r&#233;ponse &#224; la pauvret&#233;, mais de d&#233;montrer les potentiels plus larges de la prestation publique de services : pouvons-nous imaginer une provision de logements qui, en plus d'&#234;tre accessibles et de fournir aux gens un abri, cr&#233;e un sens nouveau de communaut&#233; et un nouveau rapport avec la ville qui l'entoure ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'&#233;ternelle question de savoir qui va payer, il n'y aura pas de meilleur moment que maintenant pour commencer &#224; &#171; faire payer les riches &#187;, d'autant plus qu'ils ont fait des fortunes en pr&#233;parant le d&#233;sastre actuel. Cette revendication a le plus souvent port&#233; sur l'imp&#244;t sur le revenu, mais il faut viser aussi la richesse qui est si monstrueusement distribu&#233;e aux &#201;tats-Unis. Toutefois, cibler les riches ne suffira pas. Pour &#234;tre efficace, il faut que l'augmentation des imp&#244;ts touche &#233;galement des couches de la classe ouvri&#232;re. Pour cela, il faudra remettre en question les sentiments populistes antiimp&#244;t qui renforcent un certain type d'individualisme nuisible &#224; la solidarit&#233; de classe et qui mine toute conception de besoins collectifs (ils minent &#233;galement l'int&#233;r&#234;t individuel, puisque la baisse d'imp&#244;t est normalement &#171; vendue &#187; sous la forme de quelques centaines de dollars pour les travailleurs et les travailleuses, tandis que le gros morceau va aux riches. De plus, la r&#233;duction des services pour payer la baisse d'imp&#244;t tombe lourdement sur la classe ouvri&#232;re.). Des programmes d'infrastructure en particulier peuvent se payer par des bons du gouvernement, lesquels ont jou&#233; un grand r&#244;le durant la Deuxi&#232;me Guerre mondiale. Aujourd'hui, &#233;tant donn&#233; la peur du monde des affaires d'investir &#224; cause de l'incertitude, ce genre de bons pourraient leur offrir un d&#233;bouch&#233; s&#233;curitaire pour leur argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contradictions&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque de telles r&#233;formes seraient entreprises dans le cadre d'une soci&#233;t&#233; qui est encore capitaliste, elles se heurteraient &#224; des limites in&#233;vitables. L'expansion de programmes sociaux doit s'appuyer sur une &#233;conomie en expansion mais si la croissance d&#233;pend du secteur priv&#233;, comment peut-on lutter contre le capital priv&#233; tout en le maintenant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les capitalistes ne vont-ils pas refuser d'investir s'ils croient qu'ils ne gagneront pas assez ou ne vont-ils pas quitter le pays &#224; la recherche d'un taux de profit plus &#233;lev&#233; et de plus de libert&#233; ? En plus de se demander pourquoi des gens sont pauvres et incapables de se payer des logements, il faut repenser les espaces urbains, dont les logements font partie (y compris les besoins en transport accessible, surtout si les logements se trouvent en dehors des centres-villes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les sociaux-d&#233;mocrates, de telles contradictions ont dict&#233; la mod&#233;ration dans les revendications. Cela n'a pas fonctionn&#233; et la le&#231;on &#224; en tirer n'est pas de r&#233;duire nos attentes mais de penser &#224; un niveau plus ambitieux et de pr&#233;parer l'offensive. Si la d&#233;mocratie est un type de soci&#233;t&#233; et non pas seulement une forme de gouvernement, l'&#233;conomie &#8211; qui fa&#231;onne si fondamentalement nos vies &#8211; devra &#233;ventuellement &#234;tre d&#233;mocratis&#233;e. Cela devra inclure la nationalisation des banques et leur transformation en service public g&#233;r&#233; d&#233;mocratiquement et dont la t&#226;che sera de contr&#244;ler tout le syst&#232;me financier et d'affecter l'&#233;pargne nationale. Si le capital menace de s'en aller &#8211; ce qu'il fera assez rapidement &#8211; nous devons &#234;tre pr&#234;ts &#224; mettre &#224; l'ordre du jour l'imposition de contr&#244;les sur le mouvement du capital. Par contre, si nous voulons utiliser l'&#233;pargne de la soci&#233;t&#233; pour combler des besoins sociaux, ces contr&#244;les devront r&#233;guler non seulement le mouvement du capital &#224; l'int&#233;rieur du pays mais &#233;galement sur la sc&#232;ne internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin de compte, cela posera la question de la planification. Si, par exemple, nous prenons au s&#233;rieux la crise &#233;cologique, alors il ne suffira pas d'ajouter simplement quelques projets environnementaux &#224; la reconstruction des infrastructures. Une r&#233;ponse &#224; la crise &#233;cologique signifie changer tout dans la fa&#231;on dont nous produisons. Cela ne peut se faire par moyen de d&#233;cisions marchandes chaotiques (quand des entreprises isol&#233;es ne savent pas ce que les autres vont faire et prennent des d&#233;cisions exclusivement sur la base de calculs de rentabilit&#233;). La planification soul&#232;ve toutes sortes de questions techniques qui concernent la d&#233;mocratie et elles ne devraient pas &#234;tre sous-estim&#233;es. La question la plus importante qu'elle pose est celle du pouvoir. La condition pr&#233;alable de toute r&#233;flexion sur la transformation sociale est le renforcement de notre capacit&#233; de changer la distribution de pouvoir dans notre soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans le contexte du renforcement des capacit&#233;s individuelles et collectives que la question du temps de travail, d&#233;laiss&#233;e par le mouvement ouvrier, doit &#234;tre pos&#233;e de nouveau. Le mouvement ouvrier a, pendant une longue p&#233;riode, lutt&#233; pour la r&#233;duction du temps de travail comme moyen pour partager les meilleurs emplois &#224; temps plein, cr&#233;ant ainsi de nouveaux emplois, ou au moins prot&#233;geant ceux qui existent d&#233;j&#224;. Cela peut jouer un r&#244;le tr&#232;s important dans des secteurs particuliers, en plus d'&#234;tre un principe pr&#233;cieux de solidarit&#233;. Mais la signification la plus importante de cette revendication est ailleurs, dans une autre perspective de la classe ouvri&#232;re qui remonte &#224; l'aube du mouvement syndical : c'est la reconnaissance que l'exercice des droits de citoyennet&#233; et la participation politique demandent qu'on ait du temps &#8211; du temps pour lire, r&#233;fl&#233;chir, apprendre, assister &#224; des r&#233;unions et &#224; des &#233;v&#233;nements, d&#233;battre, participer &#224; &#233;laborer des strat&#233;gies et &#224; l'organisation d' autres personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion : de politiques alternatives &#224; faire la politique autrement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contradiction la plus s&#233;rieuse qu'affronte &#171; le mouvement &#187; aujourd'hui est l'&#233;cart entre les bonnes id&#233;es et la capacit&#233; de les r&#233;aliser. La barri&#232;re principale n'est pas tellement l'absence de politiques alternatives (m&#234;me si pour cela il y a encore beaucoup d'&#233;laboration &#224; faire) mais la faiblesse de notre action politique. Depuis les d&#233;faites du mouvement ouvrier &#224; partir du d&#233;but des ann&#233;es 1980, l'&#233;nergie contestataire s'est d&#233;plac&#233;e dans d'autres lieux, notamment dans le mouvement altermondialiste et dans les luttes locales. Ces mouvements ont des aspects tr&#232;s admirables, mais ils n'ont pas produit de perc&#233;e au niveau politique. Le mouvement altermondialiste a &#233;t&#233; trop distant &#8211; pour ce qui est des enjeux qui l'int&#233;ressaient, du langage utilis&#233;, et de ses formes d'organisations &#8211; pour qu'il puisse s'enraciner fermement &#224; la base. Les luttes locales, malgr&#233; leur cr&#233;ativit&#233; et leur courage, ont &#233;t&#233; en fin de compte trop fragment&#233;es pour pouvoir faire face &#224; l'ampleur des probl&#232;mes qu'elles cherchaient &#224; r&#233;soudre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux n'ont pu - il y avait m&#234;me souvent une d&#233;cision consciente de ne pas le faire &#8211; amener la lutte sur le terrain o&#249; les relations de propri&#233;t&#233; et de pouvoir en fin de compte se d&#233;cident : le terrain de l'&#201;tat nation. Il est vrai que les &#201;tats nations sont ench&#226;ss&#233;s dans un r&#233;seau international, o&#249; les luttes qui se m&#232;nent ailleurs peuvent inspirer nos luttes et nous donner des le&#231;ons pr&#233;cieuses pour &#233;largir l'espace politique de nos luttes. Mais la lutte pour la transformation sociale commence chez nous, dans le sens qu'il nous faut l'emporter sur notre propre classe capitaliste. Et cela est d'autant plus vrai aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas de remplacer une bureaucratie par une autre, avec des gens qu'on aime mieux. Il s'agit, comme l'a d&#233;montr&#233; la mont&#233;e de Chavez au Venezuela, de saisir le lien entre mouvements et pouvoir &#233;tatique (par exemple, le r&#244;le de l'&#201;tat en facilitant et cultivant la mobilisation et le renforcement des mouvements sociaux) et, en fin de compte, il s'agit de transformer l'&#201;tat en outil d&#233;mocratique &#8211; outil n&#233;cessaire pour la transformation de l'&#233;conomie (une t&#226;che qui continue &#224; poser des probl&#232;mes pour la r&#233;volution v&#233;n&#233;zu&#233;lienne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cr&#233;er un nouveau mouvement politique ne signifie pas se retirer des luttes globales et locales, mais donner &#224; ces derni&#232;res une nouvelle dimension qui fait le lien entre nos pratiques, nos programmes alternatifs et le d&#233;veloppement de capacit&#233;s politiques qui seront &#224; la hauteur des d&#233;fis. C'est cela en fin de compte la question des alternatives.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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