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		<title>L'Autre Colombie</title>
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		<dc:date>2008-12-01T03:34:26Z</dc:date>
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		<dc:creator>Ra&#250;l Zibechi</dc:creator>



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&lt;p&gt;Nous publions ici un article de qui date du 24 octobre 2008. Depuis, de nombreux &#233;v&#232;nements sont intervenus : Urribe a d&#233;cr&#233;t&#233; l'&#233;tat d'urgence social. De nombreux &#233;pargnants ruin&#233;s sont descendues dans la rue. La ''Minga'' (marche de protestation autochtone) est arriv&#233;e &#224; Bogota le 21 novembre. Toute une &#233;bullition sociale face &#224; la violente repression d'un &#233;tat colombien qui peut h&#233;las se targuer d'un accord de libre-&#233;change avec le Canada. &lt;br class='autobr' /&gt; &#8220;Quelque chose de nouveau se passe dans le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1951-78bde.jpg?1630020378' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ici un article de qui date du 24 octobre 2008. Depuis, de nombreux &#233;v&#232;nements sont intervenus : Urribe a d&#233;cr&#233;t&#233; l'&#233;tat d'urgence social. De nombreux &#233;pargnants ruin&#233;s sont descendues dans la rue. La ''Minga'' (marche de protestation autochtone) est arriv&#233;e &#224; Bogota le 21 novembre. Toute une &#233;bullition sociale face &#224; la violente repression d'un &#233;tat colombien qui peut h&#233;las se targuer d'un accord de libre-&#233;change avec le Canada.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#8220;Quelque chose de nouveau se passe dans le pays&#8221;, dit Alfredo Molano, journaliste et sociologue poursuivi par le r&#233;gime uribiste pour dire ce qu'il voit et exprimer ce que sentent des millions de colombiens pour lesquels les m&#233;dias sont ferm&#233;s. Il ne le dit pas dans un bureau ferm&#233;, mais &#224; ciel ouvert au Forum de la Solidarit&#233; &#224; Moravia, quartier pauvre de Medell&#237;n construit sur une &#233;norme montagne de d&#233;chets que les d&#233;plac&#233;s dus aux guerres successives convertirent en trame urbaine, p&#233;riph&#233;rique et r&#233;sistante, avec comme base un impressionnant r&#233;seau de solidarit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau est l'amplitude, l'extension et la profondeur de la protestation, et surtout la confluence d'acteurs qui sont pouss&#233;s dans les cordes par le gouvernement d'&#193;lvaro Uribe. Les gr&#232;ves les plus montr&#233;es par les m&#233;dias sont celles du secteur public pour les salaires, comme celle de la justice, qui a amen&#233; le gouvernement &#224; d&#233;cr&#233;ter l'&#233;tat de &#8220;commotion int&#233;rieure&#8221;. Ensuite suivirent les fonctionnaires du syst&#232;me &#233;lectoral [Registradur&#237;a], les professeurs, les camionneurs et autres agents du service public qui voient leurs salaires r&#233;duits par l'incessante augmentation des prix. Cependant, ce qui inqui&#232;te le plus les puissants est la confluence d'en bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 15 septembre pass&#233;, a d&#233;but&#233; la gr&#232;ve de 10 milles coupeurs de canne &#224; sucre qui occupent huit engins de Valle del Cauca [sud-ouest de la Colombie]. Les coupeurs de cannes travaillent sans rel&#226;che et dans des conditions f&#233;odales. Quasi tous afrocolombiens, ils se l&#232;vent &#224; quatre heure du matin, travaillent de six heure du matin &#224; cinq heure de l'apr&#232;s-midi sous un soleil de plomb et rentrent &#224; huit heure du soir chez eux, apr&#232;s avoir donn&#233; 5 400 coups de machette et inhaler la fum&#233;e de canne br&#251;l&#233;e et le glyphosate [herbicide] utilis&#233; dans les plantations. Ils gagnent un peu plus que le salaire minimum, payent de leur poche la s&#233;curit&#233; sociale, les outils, les habits de travail et le transport jusqu'&#224; la cannaie. A la fin de la journ&#233;e, on les voit, silhouettes brunes &#233;lanc&#233;es &#224; bord de la Panamericana, entre Cali et Popay&#225;n, brimbalant comme des zombis apr&#232;s une journ&#233;e de travail criminelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des plus pauvres a surpris tout le monde, autant pour sa dur&#233;e que pour le suivi massif avec le syndicat Sinalcorteros. Pour le gouvernement et l'Association des Cultivateurs de Canne &#224; Sucre (Asociaci&#243;n de los Cultivadores de Ca&#241;a de Az&#250;car) la gr&#232;ve est un probl&#232;me ; elle a d&#233;j&#224; oblig&#233; d'importer du sucre d'Equateur et de Bolivie, paralys&#233; la production d'&#233;thanol et augment&#233; le prix de l'essence, parce que des bras bris&#233;s des coupeurs sort l'&#233;thanol pour vos voitures. Peut-&#234;tre pour cela le ministre de la Protection Sociale (ironie de ceux d'en haut) dit au parlement que la gr&#232;ve n'est pas un probl&#232;me social, mais une protestation de d&#233;linquants, et accusa les coupeurs d'&#234;tre infiltr&#233;s par les FARC [Forces Arm&#233;es R&#233;volutionnaires de Colombie].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les coupeurs demandent l'obtention d'un contrat directement avec l'entreprise, car ils sont actuellement oblig&#233;s d'entrer dans des coop&#233;ratives qui sont des bourses de travail dans le but d'abaisser les salaires ; qu'on leur payent les jours perdus pour arr&#234;t de travail des entreprises, ainsi que ceux pour raisons m&#233;dicales, en effet les accidents du travail rendent inapte au travail 200 coupeurs chaque ann&#233;e. Ils exigent, de plus, la suppression des &#8220;bascules mobiles&#8221; [b&#225;sculas m&#243;viles] qui p&#232;sent en faveur du patron, l'arr&#234;t de l'utilisation de machines qui font le travail de 150 coupeurs, et une augmentation salariale de 30 pour cent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les 516 ann&#233;es de r&#233;sistance, le 12 octobre dernier a commenc&#233; la Minga de los Pueblos qui reprend les d&#233;cisions du premier Congr&#232;s Itin&#233;rant des Peuples pour la Vie, la Joie, la Justice, la Libert&#233; et l'Autonomie (Congreso Itinerante de los Pueblos por la Vida, la Alegr&#237;a, la Justicia, la Libertad y la Autonom&#237;a), r&#233;alis&#233; en septembre 2004, lequel impulsa le Mandat Indig&#232;ne et Populaire (Mandato Ind&#237;gena y Popular) qui consid&#232;re : le refus du TLC [Trait&#233; de libre &#233;change avec les Etats-Unis], un trait&#233; &#8220;entre patrons et contre les peuples&#8221; ; la d&#233;rogation des r&#233;formes constitutionnelles qui soumettent les peuples &#224; l'exclusion et &#224; la mort ; &#8220;la fin de la terreur du Plan Colombie (&#8230;) qui envahit nos territoires et apportent la mort et les d&#233;placements de population&#8221; ; le respect par l'Etat des accords &#224; l'origine du massacre du Nilo en 1991, o&#249; furent assassin&#233;s 20 nasas ; et la construction de l'Agenda des Peuples (Agenda de los Pueblos), qui propose de &#8220;partager et sentir la douleur d'autres peuples et processus&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Minga, travail collectif dans le monde andin, a commenc&#233; au bord de la route Panamericana, o&#249; quelques 10 milles indig&#232;nes, surtout nasas regroup&#233;s au sein du CRIC (Consejo Regional Ind&#237;gena del Cauca) et de l'ACIN (Asociaci&#243;n de Cabildos Ind&#237;genas del Norte del Cauca), install&#232;rent un territoire de Paix, Vie en Communaut&#233; et Dialogue dans la municipalit&#233; La Mar&#237;a Piendam&#243;. Ils coup&#232;rent la route et furent brutalement attaqu&#233;s par les forces arm&#233;es, ce qui laissa un total de deux morts et 90 bless&#233;s, la plupart par balle. La violence n'a pas r&#233;ussi &#224; les d&#233;loger, mais incita le soutien de toute la Colombie d'en bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Echou&#233;e la n&#233;gociation avec les autorit&#233;s, la Minga se mit &#224; marcher jusqu'&#224; Cali, o&#249; 12 milles indiens escort&#233;s par sa garde indig&#232;ne, auxquels viennent s'ajouter les coupeurs et autres travailleurs regroup&#233;s &#224; la CUT [Central Unitaria de los Trabajadores, congr&#233;gation des unions syndicales de Colombie], arriv&#232;rent le lundi 27 &#224; la troisi&#232;me ville du pays apr&#232;s avoir parcouru 100 kilom&#232;tres par la riche plaine couverte de plantations de canne. Le plus marquant est que la Minga de los Pueblos s'est convertit en une articulation de ceux d'en bas sans appareil bureaucratique, une rencontre sous et dans la lutte, confluence entre de multiples courants qui commencent &#224; former l'&#233;norme lit de l'Autre Colombie (Otra Colombia). L'un d'eux fut l'arr&#234;t de travail national convoqu&#233; par la CUT pour hier, jeudi [23 octobre].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liste des injustices est impressionante. A eux seuls, les indig&#232;nes d&#233;noncent que, durant les six ann&#233;es de gouvernement d'Uribe, ils assassin&#232;rent 1243 indiens de plus de 100 ethnies existantes en Colombie et que 54 milles furent expuls&#233;s de leurs territoires. Dans les 15 derniers jours, on compte d&#233;j&#224; 19 assassinats. &#8220;Nous sommes tous coupeurs, nous sommes tous indig&#232;nes&#8221;, d&#233;clare un communiqu&#233; de ACIN. La longue exp&#233;rience du peuple nasa leur dit que &#8220;aucun secteur agissant seul peut affronter l'agenda d'exploitation et de soumission de ceux qui, au sein du r&#233;gime, le mette en oeuvre&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Minga est le moyen avec lequel ceux d'en bas ont d&#233;cid&#233; de &#8220;convenir d'une parole et de la convertir en chemin&#8221;. Ce n'est &#224; peine qu'un premier pas. Mais c'est celui qui indique le cap et laisse des traces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit par Julien Michel pour &lt;a href=&#034;http://socio13.wordpress.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://socio13.wordpress.com/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Source : rebelion.org (La Jornada, 24-10-2008&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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