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		<title>Venezuela : Le laboratoire du socialisme du XXIe si&#232;cle cherche toujours la formule qui marche</title>
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		<dc:creator>fernando Esteban, S&#233;bastien Brulez</dc:creator>


		<dc:subject>Venezuela</dc:subject>

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&lt;p&gt;Apr&#232;s onze ann&#233;es pass&#233;es au pouvoir, et six ans apr&#232;s avoir d&#233;clar&#233; le caract&#232;re &#171; socialiste &#187; de la r&#233;volution bolivarienne, qu'en est-il aujourd'hui du &#171; socialisme du XXIe si&#232;cle &#187; au Venezuela ? &lt;br class='autobr' /&gt; --------------------------- &lt;br class='autobr' /&gt;
Tir&#233; du site INPRECOR BRULEZ S&#233;bastien, ESTEBAN Fernando 15 ao&#251;t 2010 Dans la derni&#232;re d&#233;cennie, le processus de changements sociaux entam&#233; au Venezuela apr&#232;s l'arriv&#233;e au pouvoir du pr&#233;sident Hugo Ch&#225;vez a suscit&#233; de nombreux espoirs tant en Am&#233;rique latine que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Venezuela-73-+" rel="tag"&gt;Venezuela&lt;/a&gt;

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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s onze ann&#233;es pass&#233;es au pouvoir, et six ans apr&#232;s avoir d&#233;clar&#233; le caract&#232;re &#171; socialiste &#187; de la r&#233;volution bolivarienne, qu'en est-il aujourd'hui du &#171; socialisme du XXIe si&#232;cle &#187; au Venezuela ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site INPRECOR&lt;br class='autobr' /&gt;
BRULEZ S&#233;bastien, ESTEBAN Fernando&lt;br class='autobr' /&gt;
15 ao&#251;t 2010&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Dans la derni&#232;re d&#233;cennie, le processus de changements sociaux entam&#233; au Venezuela apr&#232;s l'arriv&#233;e au pouvoir du pr&#233;sident Hugo Ch&#225;vez a suscit&#233; de nombreux espoirs tant en Am&#233;rique latine que sur d'autres continents. Le mouvement entam&#233; par le Venezuela a &#233;t&#233; suivi d'un virage &#224; gauche et d'une nouvelle recomposition r&#233;gionale sud- am&#233;ricaine. Apr&#232;s onze ann&#233;es pass&#233;es au pouvoir, et six ans apr&#232;s avoir d&#233;clar&#233; le caract&#232;re &#171; socialiste &#187; de la r&#233;volution bolivarienne, qu'en est-il aujourd'hui du &#171; socialisme du XXIe si&#232;cle &#187; au Venezuela ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; I. Un projet toujours &#224; d&#233;finir&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re question que l'on peut se poser est celle de la d&#233;finition du projet. Bien qu'ayant apport&#233; des avanc&#233;es dans de nombreux domaines pour les couches les plus d&#233;munies de la population, ainsi qu'en mati&#232;re de participation populaire, il n'en est pas moins contradictoire sur bien des points. Au-del&#224; des slogans, le projet bolivarien manque cruellement de d&#233;bats id&#233;ologiques et d'une analyse en profondeur des conditions objectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le fait remarquer l'historien Steve Ellner, &#171; l'issue favorable de la confrontation du mouvement avec une opposition agressive, mais politiquement vuln&#233;rable, a convaincu les chavistes qu'ils pouvaient faire l'&#233;conomie d'un d&#233;bat id&#233;ologique formel. Les succ&#232;s politiques semblent finalement emp&#234;cher la mise en place de toute &#233;valuation critique des strat&#233;gies adopt&#233;es (&#8230;) Le processus de radicalisation politique au Venezuela a d'abord cherch&#233; &#224; r&#233;pondre aux d&#233;fis suscit&#233;s par l'opposition, et non &#224; suivre des consid&#233;rations id&#233;ologiques ou doctrinales &#187; [1]. L'absence d'une direction collective y est probablement pour beaucoup. Peu d'initiatives sont prises, non seulement de la part des hauts dirigeants mais &#233;galement des trop rares et discrets mouvements sociaux. Si le &#171; Comandante &#187; ne trace pas la ligne, trop peu de visions ou d&#233;cisions politiques &#233;manent de ceux qui devraient pourtant &#234;tre les &#171; cadres &#187; de la r&#233;volution. On assiste donc &#224; un comportement conformiste, souvent opportuniste, et &#224; une profonde institutionnalisation du processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour expliquer cela il faut aller au-del&#224; de la seule analyse politique et se plonger dans les racines de la soci&#233;t&#233; v&#233;n&#233;zu&#233;lienne. Historiquement, comme dans de nombreux pays d'Am&#233;rique latine et centrale, l'absence d'un &#201;tat providence a men&#233; au d&#233;veloppement d'une soci&#233;t&#233; individualiste &#224; l'extr&#234;me, o&#249; le chacun-pour-soi est la r&#232;gle et la loi est celle de la jungle. De plus, dans le Venezuela des ann&#233;es 1960 jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 1990, la perte d'identit&#233; propre a amen&#233; la population &#224; assumer le mod&#232;le nord-am&#233;ricain comme l'exemple &#224; suivre, d&#233;connectant en bonne partie le V&#233;n&#233;zu&#233;lien de sa culture d'origine, plus &#224; m&#234;me de permettre l'&#233;mergence de valeurs communautaires. L'appartenance politique ne tend donc pas ici &#224; &#234;tre une question de tradition ou de militantisme mais plut&#244;t une opportunit&#233; d'obtenir un travail ou une parcelle de pouvoir. &#171; Ne me donne rien, place-moi l&#224; o&#249; je peux me servir &#187;, est une phrase populaire qui est souvent cit&#233;e en r&#233;f&#233;rence &#224; l'&#233;poque de la IVe R&#233;publique [2]. Car la faiblesse de l'&#201;tat n'a pas seulement oblig&#233; tout un chacun &#224; s'assurer une place au chaud, elle a aussi permis &#224; beaucoup de &#171; se servir &#187; dans les caisses constamment renflou&#233;es par la manne p&#233;troli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long du XXe si&#232;cle, le p&#233;trole et son abondance de dollars ont eu un impact sur la culture du pays et sur son mod&#232;le de production. En 1984, l'Institut d'&#233;tudes sup&#233;rieures d'administration (IESA) publiait un ouvrage dans lequel les auteurs affirmaient : &#171; L'abondance d'argent a aussi servi &#224; amortir l'effet des erreurs et &#224; augmenter le nombre d'options possibles, ce qui a certainement contribu&#233; au fait qu'il n'&#233;tait pas important de discuter &#224; fond les erreurs commises ni les options disponibles &#187;. L'argent du p&#233;trole a aussi jou&#233; en d&#233;faveur de l'industrie et de l'agriculture locale. Les lib&#233;ralisations des ann&#233;es 1990 ont termin&#233; de consacrer le mod&#232;le importateur et la fameuse &#171; agriculture des ports &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette culture renti&#232;re, enracin&#233;e m&#234;me dans les couches les plus d&#233;munies de la population, la r&#233;volution bolivarienne n'est jusqu'&#224; pr&#233;sent pas parvenue &#224; imposer son propre imaginaire collectif. L'h&#233;g&#233;monie culturelle bourgeoise n'a pour l'instant pas de soucis &#224; se faire, la telenovela (feuilleton sud-am&#233;ricain &#224; l'eau de rose) et le consum&#233;risme &#224; tout-va ont encore de beaux jours devant eux. L&#224; aussi, le manque de d&#233;finition et de d&#233;bats id&#233;ologiques concrets a amen&#233; le gouvernement &#224; naviguer constamment &#224; vue tant dans sa politique culturelle que communicationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 1.1 Quel mod&#232;le de production ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis le si&#232;cle dernier, le p&#233;trole a donc &#233;t&#233; au centre des politiques de d&#233;veloppement du pays et n'a pas permis l'&#233;mergence d'une industrie ni d'une agriculture diversifi&#233;e. Aujourd'hui le gouvernement parle de &#171; semer le p&#233;trole &#187; (l'id&#233;e n'est pas neuve, l'expression &#233;tait d&#233;j&#224; utilis&#233;e dans les ann&#233;es 1980), en r&#233;f&#233;rence &#224; l'investissement de la manne p&#233;troli&#232;re pour le d&#233;veloppement d'une industrie productive et d'une agriculture qui permettrait de r&#233;duire la d&#233;pendance aux importations. Cependant le Venezuela doit compter avec une population urbaine dans son immense majorit&#233; (voir le point 2.3. sur l'ins&#233;curit&#233;) et une tr&#232;s faible tradition productive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce propos, le r&#244;le jou&#233; historiquement par les grands propri&#233;taires terriens, qui concentraient d'immenses surfaces de terre improductive durant une bonne partie du XXe si&#232;cle, n'est &#233;videmment pas &#224; sous-estimer. Selon l'&#233;conomiste Victor &#193;lvarez, ex-ministre des Entreprises de Base et chercheur au Centre international Miranda (CIM), en 1998, des 30 millions d'hectares que poss&#233;dait le Venezuela pour la production agricole, seulement 1 400 000 &#233;taient utilis&#233;s. Autrement dit, &#224; peine 4,2 % des terres cultivables. Cependant, la politique de redistribution des terres impuls&#233;e par le gouvernement bolivarien apr&#232;s 1998 n'a jusqu'&#224; pr&#233;sent pas r&#233;ussi &#224; inverser la vapeur, bien au contraire. Si entre 1960 et 1971 l'apport du PIB agricole au PIB total &#233;tait de 6,88 %, ce pourcentage n'a depuis plus jamais &#233;t&#233; d&#233;pass&#233;. Entre 1990 et 1994 il &#233;tait de 5,28 % et est tomb&#233; jusqu'&#224; 3,47 % en 2004 [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a &#233;videmment des cons&#233;quences non seulement sur l'&#233;conomie mais aussi sur la d&#233;pendance du pays par rapport &#224; l'ext&#233;rieur, et se traduit par des situations parfois compl&#232;tement surr&#233;alistes : alors que le Venezuela pr&#233;tend (re)devenir un exportateur de caf&#233;, le gouvernement se voit dans l'obligation d'importer des grains du Br&#233;sil pour alimenter une usine de torr&#233;faction r&#233;cemment nationalis&#233;e. Cette faiblesse sur le plan alimentaire n'est que pain b&#233;ni pour la bourgeoisie qui contr&#244;le une bonne partie des moyens de production et de distribution des aliments, provoquant ainsi un d&#233;sapprovisionnement r&#233;current qui vise &#224; exacerber au maximum la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant l'inefficacit&#233; gouvernementale joue aussi son r&#244;le dans le retard pris par exemple dans les importations. Le Venezuela &#233;tant soumis &#224; un strict contr&#244;le des changes, toutes les importations d&#233;pendent en grande partie de l'octroi de devises &#233;trang&#232;res par l'administration publique. Or officieusement il est reconnu que cet octroi se fait souvent avec des d&#233;lais plus longs que pr&#233;vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, on peut s'interroger sur le mod&#232;le de production industrielle qu'est en train de promouvoir le gouvernement bolivarien. D&#233;velopper l'industrie, oui. Mais pour produire quoi ? Jusqu'&#224; pr&#233;sent on assiste &#224; un mod&#232;le de d&#233;veloppement qui ne se pose absolument pas la question de l'impact &#233;cologique et qui n'est pas toujours en accord logique avec les besoins de la population. &#192; titre d'exemple, alors que les principales villes du pays ont cruellement besoin d'un syst&#232;me de transport public efficace et sont &#233;touff&#233;es par une circulation chaotique, la r&#233;volution bolivarienne signe des accords avec l'Iran pour construire une usine d'assemblage de voitures. Une usine qui en trois ans a assembl&#233; &#224; peine 3 000 unit&#233;s, alors que sa capacit&#233; maximale de production atteint, selon le minist&#232;re de Science et Technologie, les 25 000 par an !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, le mod&#232;le de d&#233;veloppement bas&#233; sur le p&#233;trole n'est &#224; aucun moment remis en cause. Il est &#233;vident qu'on ne peut demander au Venezuela d'abandonner l'exploitation de sa principale ressource d'un jour &#224; l'autre. Cependant, apr&#232;s onze ans pass&#233;s au gouvernement, les chiffres d&#233;montrent que malgr&#233; le discours officiel de &#171; diversification de l'&#233;conomie &#187;, celle-ci reste une utopie. Les sommets jamais atteints par les cours du brut ces derni&#232;res ann&#233;es auraient pu permettre un large investissement dans diff&#233;rents secteurs, dont celui des &#233;nergies renouvelables, o&#249; le Venezuela aurait pu d&#233;velopper une technologie de pointe et se profiler comme un leader sur le continent. Cependant il semble que la commodit&#233; a &#233;t&#233; plus forte que l'audace. La r&#233;volution bolivarienne n'a ni r&#233;ussi &#224; proposer un nouveau mod&#232;le de d&#233;veloppement ax&#233; sur des valeurs plus humaines et durables, ni entam&#233; la transition vers une &#233;conomie dite &#171; socialiste &#187; (voir point 2.4). Comme le d&#233;clarait r&#233;cemment l'&#233;conomiste Victor &#193;lvarez &#224; la presse, &#171; d&#233;truire l'&#233;conomie capitaliste sans avoir cr&#233;&#233; la socialiste, c'est le raccourci parfait pour rester enferm&#233;s dans le cercle vicieux de r&#233;cession, d&#233;sapprovisionnement, sp&#233;culation, inflation et ch&#244;mage. Les travailleurs qui ont une famille &#224; nourrir pr&#233;f&#232;reront &#234;tre salari&#233;s dans une entreprise capitaliste plut&#244;t que de finir ch&#244;meurs inscrits sur une liste d'attente &#224; l'entr&#233;e des entreprises publiques &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 1.2 D&#233;mocratie participative et contr&#244;le ouvrier, o&#249; en est-on ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s ses d&#233;buts, la r&#233;volution bolivarienne a fait voler en &#233;clat le vieux syst&#232;me de bipartisme par lequel sociaux-d&#233;mocrates et d&#233;mocrates-chr&#233;tiens s'&#233;taient partag&#233; le pouvoir pendant pr&#232;s de 40 ans. Le gouvernement, qui dans un premier temps n'avait pas en main toutes les structures de l'&#201;tat, a alors lanc&#233; une s&#233;rie de programmes parall&#232;les aux institutions classiques pour lutter contre la pauvret&#233;, alphab&#233;tiser ou encore offrir des soins de sant&#233; &#224; une majorit&#233; de la population jusque-l&#224; exclue du syst&#232;me. Plus que de simples mesures assistancialistes, ces &#171; missions sociales &#187; (lanc&#233;es peu apr&#232;s le coup d'&#201;tat d'avril 2002) constituent le germe de la participation. En diagnostiquant eux-m&#234;me les besoins de leur communaut&#233; (soit-elle urbaine, rurale ou indig&#232;ne), les habitants commencent &#224; prendre en main la r&#233;solution de leurs probl&#232;mes [4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avril 2006, &#224; l'initiative de l'Ex&#233;cutif, le Parlement approuve la loi des conseils communaux qui y sont d&#233;finis comme des &#171; instances de participation, d'articulation et d'int&#233;gration entre les diff&#233;rentes organisations communautaires, groupes sociaux et les citoyens et citoyennes &#187;. Ils doivent permettre &#171; au peuple organis&#233; d'exercer directement la gestion des politiques publiques et des projets orient&#233;s &#224; r&#233;pondre aux n&#233;cessit&#233;s et aspirations des communaut&#233;s par la construction d'une soci&#233;t&#233; &#233;quitable et de justice sociale &#187;. Et cela dans des domaines aussi vari&#233;s que le sport, la culture, l'&#233;ducation, la sant&#233;, l'aide aux personnes &#224; bas revenu, les infrastructures, le transport, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Oscar Negrin, militant de quartier et membre de la &#171; Junta Parroquial &#187; [5] depuis 2006, il ne fait aucun doute que les conseils communaux sont des organisations qui consolident le pouvoir populaire. &#171; Nous venons d'une histoire durant laquelle la participation &#224; toujours &#233;t&#233; r&#233;prim&#233;e, aujourd'hui les gens ont acquis un haut niveau d'organisation et de participation, notamment &#224; travers les Comit&#233;s de terres urbaines, la gestion de l'eau potable, les organisations paysannes, les m&#233;dias alternatifs, etc. &#187;. Le sociologue Edgardo Lander, professeur &#224; l'Universit&#233; centrale du Venezuela, confirme cette analyse historique : &#171; Le Venezuela a une tradition limit&#233;e d'organisations sociales autonomes. Jusqu'en 1958 c'&#233;tait une soci&#233;t&#233; qui n'avait pratiquement pas d'exp&#233;rience d&#233;mocratique m&#234;me dans son acception lib&#233;rale. Ensuite la mainmise des partis sur la vie politique a &#233;t&#233; tr&#232;s forte. Les partis dominants, Action D&#233;mocratique et COPEI, ont &#233;t&#233; les vecteurs de la r&#233;partition des ressources de l'&#201;tat, ce qui leur a permis de contr&#244;ler et de soumettre la majorit&#233; des organisations de la soci&#233;t&#233; v&#233;n&#233;zu&#233;lienne &#187; [6].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si les Conseils communaux permettent de pratiquer la d&#233;mocratie locale et d'impliquer la population dans la gestion des communaut&#233;s, ils restent cependant tr&#232;s d&#233;pendants de l'Ex&#233;cutif national en ce qui concerne leur financement et l'ex&#233;cution de leurs projets. Ils ne disposent pas de la souverainet&#233; absolue qui leur permettrait de d&#233;cider &#224; 100 % du budget local, comme c'est le cas par exemple du budget participatif de Porto Alegre au Br&#233;sil [7]. D'apr&#232;s Oscar Negrin, l'&#233;chec de la r&#233;forme de la Constitution propos&#233;e en 2007 (rejet&#233;e par r&#233;f&#233;rendum par 51 % des votants) a repr&#233;sent&#233; un frein dans l'approfondissement de cette d&#233;mocratie participative. &#171; Si nous avions r&#233;ussi &#224; approuver la r&#233;forme nous aurions pu ancrer plus profond&#233;ment le pouvoir populaire et disposer de financements plus importants pour atteindre nos objectifs &#224; court terme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;faite de 2007 a constitu&#233; le premier revers &#233;lectoral du chavisme au niveau national depuis son arriv&#233;e au pouvoir. Cela a aussi &#233;t&#233; la premi&#232;re alarme d'un certain m&#233;contentement au sein de la population. Car face aux d&#233;sirs d'&#233;mancipation de celle-ci, les &#233;lus locaux voient parfois ces organes de participation comme un danger pour leur mainmise politique. Par ailleurs, d&#233;pendants financi&#232;rement et l&#233;galement de l'&#201;tat, les conseils communaux, si leurs attributions ne sont pas &#233;largies, sont condamn&#233;s &#224; se limiter &#224; pallier les carences et l'inefficacit&#233; des maires et gouverneurs. Pour Roland Denis, militant de base et vice-ministre de la Planification et du D&#233;veloppement entre 2002 et 2003, cela va m&#234;me plus loin. La politique participative, bien que toujours pr&#233;sente, est de plus en plus contrecarr&#233;e par ce qu'il d&#233;finit comme &#171; la machine bureaucratique, oligarchique et &#233;conomique &#187;. Il estime que &#171; la forte capacit&#233; financi&#232;re de l'&#201;tat ces derni&#232;res ann&#233;es lui a donn&#233; &#233;norm&#233;ment de pouvoir pour coopter le travail militant &#187; [8].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oscar Negrin confirme lui aussi l'impression d'un certain &#233;puisement chez une partie de la population face aux pratiques client&#233;listes : &#171; La corruption continue d'&#234;tre l'un de nos principaux ennemis et cela a d&#233;&#231;u certaines personnes &#187;. Cependant il rappelle que chaque processus passe par diff&#233;rentes &#233;tapes, &#171; certains conseils communaux avancent &#224; grande vitesse et en sont d&#233;j&#224; &#224; la construction de communes [9], d'autres s'embourbent dans des probl&#232;mes internes de leadership par exemple &#187;. Oscar estime que les structures classiques de pouvoir local sont vou&#233;es &#224; dispara&#238;tre, y compris la &#171; Junta Parroquial &#187; dont il fait partie. Mais il est conscient que tous les &#233;lus locaux ne sont pas pr&#234;ts &#224; renoncer &#224; leurs pr&#233;rogatives et rappelle le dicton qui dit : &#171; Si tu veux conna&#238;tre une personne, donnes-lui du pouvoir &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 1.3 Contr&#244;le ouvrier&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la d&#233;mocratie participative ne se limite pas aux seuls conseils communaux et missions sociales. Depuis quelques ann&#233;es le gouvernement bolivarien impulse l'id&#233;e d'un contr&#244;le des travailleurs sur la gestion des entreprises publiques et r&#233;cup&#233;r&#233;es. Cette promotion du contr&#244;le ouvrier et de la cogestion est l'un des aspects les plus audacieux du processus. Elle atteint son apog&#233;e en 2005 lorsque le pr&#233;sident Ch&#225;vez appela publiquement &#224; l'occupation des entreprises abandonn&#233;es : &#171; Entreprise ferm&#233;e, entreprise occup&#233;e &#187;, d&#233;clarait-il, alors que le minist&#232;re du Travail soutenait l'organisation, la m&#234;me ann&#233;e, de la premi&#232;re rencontre latino-am&#233;ricaine d'entreprises r&#233;cup&#233;r&#233;es. Mais l'euphorie ne mena pas &#224; la conformation d'un solide mouvement des travailleurs et des entreprises r&#233;cup&#233;r&#233;es. De plus, la cogestion entre l'&#201;tat et les coop&#233;ratives des travailleurs succombe souvent sous le poids de la bureaucratie qui impose ses propres pions sur l'&#233;chiquier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines exp&#233;riences continuent sur la voie du contr&#244;le ouvrier, entre avanc&#233;es et reculs. C'est notamment le cas de l'entreprise de papier Invepal et de la fabrique de valves pour l'industrie p&#233;troli&#232;re Inveval. Cette derni&#232;re fonctionne actuellement avec un Conseil d'usine constitu&#233; par 51 % des travailleurs. Cependant sa production reste modeste (500 valves de diff&#233;rents tonnelage produites depuis 2005). Cela est notamment d&#251; au fait que l'entreprise qui leur fournit les mati&#232;res premi&#232;res en amont reste aux mains des capitalistes et ne leur permet pas d'acqu&#233;rir les mati&#232;res premi&#232;res n&#233;cessaires &#224; la fabrication des valves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 1.4 Plan Guayana socialiste 2009-2019&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Par ailleurs, les entreprises de la r&#233;gion de Guayana sont aujourd'hui plong&#233;es dans le Plan Guayana socialiste 2009-2019 qui pr&#233;tend r&#233;organiser tout le secteur de la sid&#233;rurgie avec la participation active des travailleurs. Le lancement de ce plan se doit &#224; la lutte victorieuse des ouvriers de la Sid&#233;rurgie de l'Or&#233;noque Sidor [10] qui ont arrach&#233; la nationalisation de leur usine en mai 2008, apr&#232;s 15 mois de lutte contre le groupe argentin Techint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement les travailleurs participent &#224; des groupes de travail dans chacune des branches de la production, afin de se former au &#171; contr&#244;le social &#187; de l'entreprise. Et la question &#224; d&#233;terminer est peut-&#234;tre encore celle-l&#224; : qu'entend-t-on par contr&#244;le ouvrier ? Un simple &#171; droit de regard &#187; sur la gestion de l'entreprise ou une avanc&#233;e en direction de l'autogestion v&#233;ritable ? Aujourd'hui, &#224; deux ans de la nationalisation de Sidor, pour Jos&#233; Mel&#233;ndez, dirigeant syndical dans l'entreprise et militant de Marea Socialista, la r&#233;ponse est claire : &#171; le principal acquis de la nationalisation est la mise en marche du contr&#244;le ouvrier. Sidor doit se convertir en une entreprise socialiste dans laquelle tout doit &#234;tre dirig&#233; par les travailleurs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cela, Stalin P&#233;rez Borges, lui aussi militant syndical et dirigeant de Marea Socialista, r&#233;sume bien la situation actuelle de la classe ouvri&#232;re v&#233;n&#233;zu&#233;lienne : &#171; prise entre les contradictions que g&#233;n&#232;re le fait d'avoir un gouvernement qui permet, d'un c&#244;t&#233;, d'importants b&#233;n&#233;fices sociaux et conqu&#234;tes politiques, qui affronte les patrons et l'imp&#233;rialisme ; mais qui par ailleurs devient un frein &#224; l'avanc&#233;e vers le socialisme, m&#234;me lorsque qu'il en parle &#233;norm&#233;ment et que beaucoup de choses sont faites en son nom &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 1.5 Mortelle lutte de classes&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Parall&#232;lement, les assassinats cibl&#233;s de dirigeants syndicaux se sont multipli&#233;s de mani&#232;re inqui&#233;tante ces derni&#232;res ann&#233;es au Venezuela et principalement dans l'&#201;tat d'Aragua, situ&#233; &#224; une centaine de kilom&#232;tres de la capitale. D'apr&#232;s le site web d'information alternative Aporrea.org, &#171; ces derni&#232;res ann&#233;es, le sicariat a co&#251;t&#233; la vie &#224; sept dirigeants ouvriers, y compris Richard Gallardo, dirigeant de l'Union nationale des Travailleurs (Unete), sans que jusqu'&#224; pr&#233;sent les autorit&#233;s n'aient avanc&#233; dans les investigations de ces crimes &#187;. Le 25 avril dernier, le syndicaliste Jerry D&#237;az, membre de la direction du syndicat de l'entreprise MANPA-Higi&#233;nicos (qui fabrique du papier hygi&#233;nique), a &#233;t&#233; cribl&#233; de balles en face de chez lui &#224; Maracay (capitale de l'&#201;tat d'Aragua). Les victimes sont presque toujours des cadres syndicaux avec une claire vision de classe et de rupture avec la bourgeoisie. Ce fut &#233;galement le cas de Tom&#225;s Rangel, assassin&#233; le 7 janvier 2010 dans l'&#201;tat de Barinas, o&#249; il occupait le poste de coordinateur r&#233;gional de l'Unete.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ils s'attaquent aux plus actifs de la classe ouvri&#232;re, y compris &#224; certains qui ont pris leurs distances par rapport au gouvernement. La classe dominante, que ce soit celle du capitalisme d'&#201;tat ou priv&#233;, attaque au niveau paysan, populaire et syndical &#187;, d&#233;nonce Roland Denis. Il regrette &#233;galement le silence des m&#233;dias appartenant &#224; l'&#201;tat : &#171; Il est triste de voir comment les m&#233;dias publics se concentrent sur les petites bagarres &#233;lectorales actuelles, sur les primaires de la droite, et ne rendent m&#234;me pas hommage &#224; ces v&#233;ritables militants. Cela d&#233;montre une froideur et un cynisme terribles, et cela prouve qu'ils ne sont rien d'autre qu'une caste int&#233;ress&#233;e &#224; se maintenir au gouvernement. Ces travailleurs sont des gens qui ont soutenu le gouvernement et ils n'ont m&#234;me pas droit &#224; un salut d'honneur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me ordre d'id&#233;es, l'Union nationale des Travailleurs, lors de son Congr&#232;s extraordinaire r&#233;alis&#233; le 24 avril 2010, a de mani&#232;re unanime d&#233;cid&#233; d'&#171; exiger des autorit&#233;s nationales et r&#233;gionales une r&#233;ponse imm&#233;diate sur les auteurs mat&#233;riels et intellectuels de l'assassinat de Tom&#225;s Rangel et des autres camarades assassin&#233;s &#187;. Par ailleurs, les campagnes ne sont pas &#233;pargn&#233;es. Les organisations paysannes d&#233;noncent pr&#232;s de 220 paysans assassin&#233;s depuis 2001 (date d'entr&#233;e en vigueur de la Loi des Terres) par les hommes de main des grands propri&#233;taires terriens. L&#224; aussi, le manque de r&#233;ponse des autorit&#233;s et de la justice interpelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 1.6. De l'&#201;tat bourgeois &#224; l'&#201;tat Twitter&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 28 avril dernier, Hugo Ch&#225;vez annon&#231;ait l'ouverture de son compte Twitter, afin de partager en direct les &#233;v&#233;nements qui rythment son agenda pr&#233;sidentiel. Aussit&#244;t les compteurs se sont affol&#233;s, et le nombre d'affili&#233;s au compte @chavezcandanga a rapidement battu des records, comptant jusqu'&#224; 23 000 nouveaux membres par jour. On aurait pu se contenter de noter le changement radical de position de Ch&#225;vez vis-&#224;-vis de ce genre de r&#233;seaux sociaux (on se souvient de ses diatribes contre Twitter, l'an pass&#233; lors des &#233;lections iraniennes), tout en ne donnant &#224; tout ceci qu'un caract&#232;re anecdotique. Sauf que, le 7 mai, un nouveau pas a &#233;t&#233; franchi. Ch&#225;vez annon&#231;ait, en effet, la cr&#233;ation de la mission Ch&#225;vez Candanga visant &#224; prendre en compte toutes les demandes que peuvent formuler ses affili&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Environ deux cents fonctionnaires ont donc &#233;t&#233; mobilis&#233;s pour r&#233;pondre quotidiennement aux requ&#234;tes des V&#233;n&#233;zu&#233;liens faites &#224; travers Twitter et du blog &lt;a href=&#034;http://www.chavez.org.ve&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.chavez.org.ve&lt;/a&gt; r&#233;cemment cr&#233;&#233;. Bien &#233;videmment, une telle d&#233;cision conduit &#224; une question : Quid de l'appareil d'&#201;tat ? Quid des nombreuses institutions qui sont cens&#233;es justement r&#233;pondre &#224; ce genre de requ&#234;te ? Il semblerait que Ch&#225;vez ait fait le deuil de r&#233;former en profondeur l'&#201;tat pour tenter de le rendre plus efficace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; de nombreuses reprises nous avons salu&#233; l'impact extr&#234;mement positif des missions de sant&#233; et d'&#233;ducation, tout en soulignant que ces mesures &#233;taient avant tout des mesures d'urgence visant &#224; r&#233;pondre au plus vite aux n&#233;cessit&#233;s vitales des V&#233;n&#233;zu&#233;liens et devaient permettre &#224; l'&#201;tat de prendre le temps de r&#233;former en profondeur les services publics de sant&#233; et d'&#233;ducation. Or, l'&#233;tat des h&#244;pitaux publics, d&#233;montre que cette bulle d'oxyg&#232;ne offerte par les missions n'a pas &#233;t&#233; utilis&#233;e pour r&#233;nover le service public (voir encart sur la sant&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui le choix d'un dialogue direct entre Ch&#225;vez et la population au travers de Twitter semble d&#233;montrer qu'une r&#233;forme en profondeur de l'appareil d'&#201;tat n'est toujours pas &#224; l'ordre du jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, m&#234;me si cela est compr&#233;hensible, il est pr&#233;occupant de constater que la plupart des messages re&#231;us par Ch&#225;vez sont des requ&#234;tes individuelles visant &#224; r&#233;soudre des probl&#232;mes personnels. Cela d&#233;montre le peu de confiance qu'ont les V&#233;n&#233;zu&#233;liens dans les capacit&#233;s d'action de l'&#201;tat. La r&#233;ponse de Ch&#225;vez ne peut pas se r&#233;sumer &#224; engager une partie de l'administration pour r&#233;pondre aux demandes limit&#233;es &#224; 140 caract&#232;res de ceux qui ont acc&#232;s &#224; Internet ou &#224; un Blackberry. La recherche de la solution au probl&#232;me particulier semble en tout cas rentrer en contradiction avec l'id&#233;e r&#233;volutionnaire de transformation sociale qui est de trouver des solutions pour toute la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 1.7. L'int&#233;gration r&#233;gionale et la Ve Internationale&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
S'il est un domaine dans lequel la politique de la r&#233;volution bolivarienne a modifi&#233; les rapports de force, c'est sans aucun doute celui de l'int&#233;gration r&#233;gionale. L'une des grandes victoires de cette d&#233;cennie a &#233;t&#233; la d&#233;faite de la Zl&#233;a (Zone de libre &#233;change des Am&#233;riques, Alca en espagnol) impuls&#233;e par Washington et d&#233;faite lors du Sommet de Mar del Plata en Argentine, en 2005. &#171; Nous sommes venus &#224; Mar del Plata pour enterrer la Zl&#233;a &#187;, avait alors d&#233;clar&#233; le pr&#233;sident Hugo Ch&#225;vez face &#224; plus de 50 000 personnes, lors d'une rencontre avec les mouvements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme alternative, les gouvernements cubains et v&#233;n&#233;zu&#233;liens avaient lanc&#233; la m&#234;me ann&#233;e l'Alba (Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Am&#233;rique &#8212; Trait&#233; de commerce des peuples). Cette derni&#232;re consiste en une organisation internationale bas&#233;e sur la solidarit&#233; et la compl&#233;mentarit&#233; entre les peuples. Elle avait commenc&#233; avec un &#233;change entre p&#233;trole v&#233;n&#233;zu&#233;lien contre m&#233;decins et assistance m&#233;dicale cubaine. Aujourd'hui l'Alba compte huit pays membres [11] et a diversifi&#233; ses accords. Le coup d'&#201;tat perp&#233;tr&#233; en juin 2009 contre le pr&#233;sident Manuel Zelaya au Honduras (qui, &#233;lu sur les listes du Parti lib&#233;ral, avait op&#233;r&#233; un virage &#224; gauche et avait fait adh&#233;rer son pays &#224; l'Alba), &#233;tait en bonne partie d&#251; &#224; son rapprochement avec les pays critiques des politiques de Washington regroup&#233;s au sein de l'Alliance bolivarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de l'Alba, le Venezuela a &#233;galement impuls&#233; d'autres initiatives unitaires au niveau continental comme par exemple l'Unasur (Union des Nations sud-am&#233;ricaines) ou encore le Conseil de D&#233;fense de cette derni&#232;re. La Banque du Sud et la Banque de l'Alba sont &#233;galement des initiatives en marche qui pr&#233;tendent &#234;tre une alternative au syst&#232;me financier h&#233;g&#233;monique. Malheureusement elles restent pour l'instant de simples projets, parfois faute d'accord entre leurs membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau mondial, le Venezuela se caract&#233;rise par le maintien d'une ligne diplomatique en claire opposition &#224; Washington et &#224; ses pr&#233;tentions h&#233;g&#233;moniques. Caracas entretient donc des relations &#233;troites et privil&#233;gi&#233;es avec la Chine, la Russie, l'Iran, la Bi&#233;lorussie et a ouvert ces derni&#232;res ann&#233;es de nombreuses ambassades sur le continent africain. C'est &#233;galement le seul pays &#224; avoir expuls&#233; l'ambassadeur d'Isra&#235;l apr&#232;s l'attaque meurtri&#232;re de Tsahal contre Gaza l'ann&#233;e derni&#232;re (la Bolivie l'a suivi quelques semaines plus tard). De ce point de vue, on peut donc saluer la ligne anti-imp&#233;rialiste de la diplomatie v&#233;n&#233;zu&#233;lienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 1.8. La Ve internationale&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Lors d'une rencontre internationale de partis de gauche tenue &#224; Caracas en novembre 2009, Hugo Ch&#225;vez a lanc&#233; un appel pour une Ve Internationale Socialiste qui, selon lui, devrait rassembler des partis de gauche et des mouvements sociaux. L'annonce a imm&#233;diatement suscit&#233; un grand int&#233;r&#234;t parmi la gauche radicale au niveau mondial et une seconde rencontre devait avoir lieu &#224; Caracas en avril 2010. Le 5 avril, &#224; la surprise g&#233;n&#233;rale, le vice-ministre de Culture annon&#231;ait la tenue de la r&#233;union constituante de la Ve Internationale &#224; Caracas pour la semaine suivante, dans le cadre des festivit&#233;s du bicentenaire de l'Ind&#233;pendance du Venezuela, d'apr&#232;s une information diffus&#233;e par l'agence de presse officielle [12]. En r&#233;alit&#233;, cette r&#233;union n'a finalement pas eu lieu. Le manque de communication, de coordination et de suivi &#224; la proposition lanc&#233;e par Hugo Ch&#225;vez en novembre dernier d&#233;montre une fois de plus la difficult&#233; &#224; se projeter sur le long terme et &#224; aller au-del&#224; des effets d'annonce. De plus, on peut s'interroger sur les chances d'aboutissement d'une Internationale impuls&#233;e par un gouvernement dont les int&#233;r&#234;ts politiques, &#233;conomiques et diplomatiques pourraient entrer en contradiction avec la dynamique m&#234;me de celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins la IVe Internationale a le devoir de s'inscrire dans cette dynamique. Sur la base de la d&#233;claration faite par Fran&#231;ois Sabado [13] au nom du bureau ex&#233;cutif, il est important que les militants s'impliquent, autant que possible, dans la construction de la Ve Internationale, sans pr&#233;jug&#233;s mais en r&#233;affirmant nos positions anti-imp&#233;rialistes, anticapitalistes et &#233;cosocialistes. Une implication n&#233;cessaire pour faire triompher une Ve Internationale qui se doit d'&#234;tre ind&#233;pendante de quelque gouvernement que ce soit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Brulez et Fernando Esteban&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; II. Un contexte particulier &#8211; S&#233;cheresse, &#233;lectricit&#233;, d&#233;linquance, corruption&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 2.1 Une s&#233;cheresse historique&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces derniers mois, le Venezuela a &#233;t&#233; confront&#233; &#224; une des plus importantes s&#233;cheresses de son histoire, cons&#233;quence du ph&#233;nom&#232;ne El Ni&#241;o. Pour l'ann&#233;e 2009, la pluviom&#233;trie indique une baisse de 30 % &#224; 60 % en fonction des r&#233;gions, selon l'Institut national de m&#233;t&#233;orologie et d'hydrologie (Inameh). Cette carence de pluies a notamment affect&#233; le fleuve Caroni, qui a vu le niveau d'eau de ses affluents diminuer de 80 %. Dans l'&#201;tat de Bolivar (sud du pays), o&#249; se concentre une grande partie des centrales hydro&#233;lectriques, le niveau de l'eau du barrage du R&#237;o Gur&#237; a baiss&#233; de plus de neuf m&#232;tres. Partout dans le pays la s&#233;cheresse s'est doubl&#233;e d'une forte augmentation des temp&#233;ratures. &#192; Caracas, le thermom&#232;tre a flirt&#233; durant plusieurs semaines avec les 40 degr&#233;s, au lieu des 27-28 degr&#233;s habituels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle s&#233;cheresse a bien &#233;videmment un impact dramatique. En premier lieu au niveau de l'&#233;cosyst&#232;me local, fortement perturb&#233;. Mais les r&#233;percussions pour les V&#233;n&#233;zu&#233;liens sont aussi extr&#234;mement importantes. Le gouvernement a d&#251; d&#233;cider des rationnements d'eau et des rationnements d'&#233;lectricit&#233;, vu la baisse notable de la production hydro&#233;lectrique. Tout ceci n'est pas sans poser un certain nombre de probl&#232;mes et g&#233;n&#233;rer un m&#233;contentement important au sein de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire face &#224; la p&#233;nurie d'eau, le gouvernement a d&#233;cid&#233; une vaste campagne visant &#224; la fois au rationnement et &#224; la conscientisation afin de diminuer les gaspillages. Selon Alejandro Hitcher, ministre de l'Environnement, ces mesures ont permis, dans le seul cas de Caracas, une diminution de 30 % de la consommation d'eau, soit l'&#233;quivalent de 70 millions de m&#232;tres cube [14]. Ces mesures n'ont toutefois pas suffit &#224; limiter l'effondrement de la production agricole. La production de lait et de viande a diminu&#233; de 40 %, celle de tournesol de 30 %. Du coup, les prix flambent. Ceux de certains fruits et l&#233;gumes comme la tomate, la goyave, la past&#232;que, ont augment&#233; de plus de 50 %. L'Assembl&#233;e nationale s'est ainsi vue contrainte &#224; prendre un certain nombre de mesures afin de limiter les cons&#233;quences sur la production agricole, en pr&#233;vision d'une prolongation de la s&#233;cheresse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 2.2. Les failles du syst&#232;me &#233;lectrique national&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un pays qui d&#233;pend &#224; plus de 70 % de la production d'&#233;nergie hydro&#233;lectrique, la s&#233;cheresse a aussi un impact &#233;norme sur l'alimentation du r&#233;seau. Dans un d&#233;cret pr&#233;sidentiel, Hugo Ch&#225;vez a du d&#233;clarer le Venezuela en &#171; urgence &#233;lectrique &#187; [15]. La p&#233;nurie d'eau intervient dans un contexte o&#249; la consommation hydro&#233;lectrique a augment&#233; annuellement de 7 % ces derni&#232;res ann&#233;es. De plus, l'an pass&#233; la Colombie a diminu&#233; ses ventes d'&#233;lectricit&#233; au Venezuela de 140 000 m&#233;gawatts, car elle-m&#234;me est touch&#233;e par la s&#233;cheresse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concr&#232;tement, le d&#233;cret &#171; urgence &#233;lectrique &#187; vise &#224; diminuer la consommation &#233;lectrique. Les administrations publiques ferment leurs portes l'apr&#232;s-midi, les entreprises priv&#233;es sont invit&#233;es &#224; diminuer leur consommation de 20 % (arr&#234;t des syst&#232;mes de climatisation, des escaliers m&#233;caniques&#8230;), les centres commerciaux (gros consommateurs d'&#233;nergie) ouvrent plus tard et ferment plus t&#244;t, toutes les villes (sauf Caracas, o&#249; le fiasco provoqu&#233; par le rationnement avait co&#251;t&#233; son poste au ministre de l'&#201;nergie &#233;lectrique, Angel Rodr&#237;guez) subissent des coupures volontaires d'&#233;lectricit&#233; de plusieurs heures&#8230; Par ailleurs des efforts ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s pour tenter d'incorporer de nouveaux syst&#232;mes de production &#233;lectrique. L'objectif ? Tenter de limiter les r&#233;percussions de la baisse continuelle du barrage du R&#237;o Gur&#237;, responsable &#224; lui seul de 73 % de la production &#233;lectrique nationale ! Le gouvernement v&#233;n&#233;zu&#233;lien s'est fix&#233; comme objectif de se doter d'un appareil de production thermo&#233;lectrique capable de produire 5 900 m&#233;gawatts pour la fin 2010. N&#233;anmoins de nombreuses interrogations se font jour sur la capacit&#233; du gouvernement &#224; remplir cet objectif. Selon l'Agence bolivarienne de l'information (ABN), seuls 605 m&#233;gawatts nouveaux ont &#233;t&#233; ajout&#233;s &#224; la fin du mois de f&#233;vrier 2010. Selon certains experts, le barrage du R&#237;o Gur&#237;, aura besoin de deux ans minimum pour retrouver son niveau ant&#233;rieur. Pendant ce temps, les nombreuses coupures &#233;lectriques, souvent impr&#233;vues, alimentent le m&#233;contentement g&#233;n&#233;ral. Si Caracas est &#233;pargn&#233; par les coupures &#233;lectriques, celles-ci font d&#233;j&#224; partie int&#233;grante du quotidien de la population vivant dans l'ouest du pays. Non seulement elle doit faire face aux coupures pendant les heures de pointe, mais l'approvisionnement irr&#233;gulier signifie &#233;galement que de nombreux appareils et machines finissent par subir des dommages, souvent irr&#233;parables... Cette situation appara&#238;t &#224; beaucoup d'autant plus intol&#233;rable que de nombreux experts soulignent que la s&#233;cheresse n'est pas seule responsable des failles &#233;lectriques, mais que le manque de planification influe pour beaucoup sur la crise &#233;nerg&#233;tique que traverse le pays. Certains sont m&#234;me extr&#234;mement alarmistes. Pour Pedro Rond&#243;n, syndicaliste de Sidor, si la consommation &#233;lectrique ne diminue pas de 1 600 m&#233;gawatts tr&#232;s rapidement, on pourrait assister &#224; un effondrement du syst&#232;me &#233;lectrique national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, le minist&#232;re de l'&#201;nergie et des Mines a lanc&#233; un plan d'urgence pour r&#233;parer les installations hydro&#233;lectriques endommag&#233;es dans la r&#233;gion andine. Mais si aucune mesure n'est prise rapidement, les V&#233;n&#233;zu&#233;liens pourraient conna&#238;tre, dans les deux ans, des rationnements dus &#224; un manque de production et non plus aux seuls probl&#232;mes actuels de transmission. La compagnie nationale d'&#233;lectricit&#233; (Cadafe) a averti qu'il faudrait un investissement d'environ sept milliards de dollars au cours des cinq prochaines ann&#233;es pour &#233;viter le risque de pannes &#233;lectriques de grande ampleur, et un investissement de vingt milliards de dollars dans les dix prochaines ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que de nouveaux barrages sont actuellement en construction et qu'il est pr&#233;vu d'en construire d'autres, la solution &#224; long terme semble plus dans le d&#233;veloppement de l'&#233;nergie thermique, &#224; la fois en construisant de nouvelles centrales et en r&#233;parant celles existantes. Le Venezuela a aussi r&#233;cemment sign&#233; un accord avec la Russie pour d&#233;velopper le nucl&#233;aire civil sur le long terme. Si quelques parcs &#233;oliens sont actuellement en construction, comme dans la p&#233;ninsule de Paraguan&#225; [16], l'option dominante semble bien &#234;tre celle d'un mod&#232;le de d&#233;veloppement classique bien &#233;loign&#233; de toute pr&#233;occupation environnementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1999, le parlement a adopt&#233; une loi sur les services &#233;lectriques encourageant l'investissement priv&#233; dans la production d'&#233;lectricit&#233;. L'objectif de cette loi &#233;tait de permettre la libre concurrence dans la production &#233;lectrique tout en conservant dans le domaine public, la distribution et la transmission. Aujourd'hui, la mauvaise maintenance dans le syst&#232;me de distribution fait qu'il existe de nombreux points noirs qui agissent comme des goulots d'&#233;tranglement, alors que les compagnies &#233;lectriques priv&#233;es continuent de s'enrichir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De leur c&#244;t&#233;, les travailleurs du secteur &#233;lectrique revendiquent depuis plusieurs mois leur participation aux prises de d&#233;cisions. Ils d&#233;noncent, par ailleurs, &#224; la fois une gestion du mod&#232;le de production &#233;lectrique qui continue &#224; &#234;tre d'inspiration lib&#233;rale o&#249;, aux erreurs d'appr&#233;ciation de la IVe R&#233;publique, se sont ajout&#233;es les erreurs de la Ve, et un manque de rationnement coh&#233;rent de la consommation &#233;lectrique qui pourrait &#233;viter un certain nombre de gaspillages [17].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, si le gouvernement v&#233;n&#233;zu&#233;lien ne prend pas rapidement les mesures ad&#233;quates en &#233;coutant notamment les nombreuses voix qui s'&#233;l&#232;vent du c&#244;t&#233; des travailleurs du secteur &#233;lectrique, il y a fort &#224; parier que l'addition se paye lors des prochaines &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 2.3. Les probl&#232;mes r&#233;currents de l'ins&#233;curit&#233; et de la corruption&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Un autre th&#232;me, qui va sans aucun doute peser sur la d&#233;cision des &#233;lecteurs lors des prochaines l&#233;gislatives, est celui de l'ins&#233;curit&#233;. Celle-ci frappe indistinctement et affecte surtout les couches populaires qui sont les plus expos&#233;es au crime et &#224; la d&#233;linquance. Si les m&#233;dias et la droite utilisent, comme en Europe, le sujet &#224; des fins &#233;lectorales, le probl&#232;me n'en est pas moins r&#233;el et de taille. Dans la derni&#232;re d&#233;cennie Caracas s'est hiss&#233;e au rang des villes les plus dangereuses du continent et le nombre d'homicides au Venezuela est pass&#233; de pr&#232;s de 6 000 &#224; plus de 13 000 par an [18]. Entre 1999 et 2008, pr&#232;s de 22 000 personnes sont tomb&#233;es sous les balles de la d&#233;linquance, rien qu'&#224; Caracas (2 millions d'habitants selon l'Institut national de Statistiques). Au niveau national, un document du Corps d'investigations scientifiques, p&#233;nales et criminelles (CICPC), divulgu&#233; l'ann&#233;e derni&#232;re dans la presse, avance le chiffre de 101 141 homicides en dix ans (pour une population totale de 28 millions d'habitants en 2008).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le rapport 2007 des Nations Unies sur l'&#233;tat des villes dans le monde, l'augmentation de la violence est un ph&#233;nom&#232;ne global et est surtout notoire dans les pays en voie de d&#233;veloppement qui connaissent une forte croissance urbaine. Avec une population concentr&#233;e &#224; 93 % dans les villes, le Venezuela d&#233;passe largement la moyenne r&#233;gionale qui tourne autour de 79 %. A titre d'exemple, au Br&#233;sil, depuis les ann&#233;es 1970, le taux d'homicides a tripl&#233; &#224; Rio de Janeiro et quadrupl&#233; &#224; S&#227;o Paulo. A Caracas, en vingt ans il a &#233;t&#233; pratiquement multipli&#233; par dix. L'Organisation panam&#233;ricaine de la Sant&#233; (OPS) signale qu'entre 1980 et 2002, le taux d'homicides au Br&#233;sil est pass&#233; de 11,4 &#224; 28,4 pour 100 000 habitants. Le Venezuela a, lui, effectu&#233; un bond de 19,4 &#224; 50,9 entre 1998 et 2003. A contrario, le Salvador et la Colombie, jusqu'ici les plus violents du continent, ont amorc&#233; une baisse de cette mortalit&#233; (respectivement de 62,5 &#224; 54,9 et de 64 &#224; 38).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 2.4. La gauche sans solutions ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que Hugo Ch&#225;vez dirige le pays depuis plus de onze ans maintenant, l'opposition n'h&#233;site pas &#224; faire le parall&#232;le entre l'augmentation de la violence et la gestion du pr&#233;sident. &#171; Dites &#8220;non&#8221; &#224; l'ins&#233;curit&#233;, votez &#8220;non&#8221; ! &#187;, &#233;tait l'un des slogans utilis&#233;s pendant la campagne du r&#233;f&#233;rendum constitutionnel remport&#233; en f&#233;vrier 2009 par le camp bolivarien. Et il est fort &#224; parier que la campagne des l&#233;gislatives sera de nouveau fortement ax&#233;e sur le sujet. Il faut dire que d&#233;j&#224; en novembre 2008, les &#233;lections r&#233;gionales avaient laiss&#233; appara&#238;tre un certain m&#233;contentement dans les zones les plus peupl&#233;es. Sur les sept &#201;tats perdus lors de ce scrutin, quatre figurent parmi les plus violents du pays (le district de Caracas et les &#201;tats de Carabobo, Zulia et Miranda).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le criminologue Andr&#233;s Antillano, la d&#233;linquance pose un r&#233;el probl&#232;me aux gouvernements progressistes d'Am&#233;rique latine : &#171; Il n'y a pas de discours de gauche consistant sur le sujet. L'agenda de l'ins&#233;curit&#233; est un agenda colonis&#233; par la droite, dans la plupart des pays &#187;. Professeur &#224; l'Institut des sciences p&#233;nales de l'Universit&#233; centrale du Venezuela (UCV), M. Antillano consid&#232;re que les progressistes se limitent &#224; concevoir le probl&#232;me sous forme de mythes. &#171; Le premier est le mythe de la n&#233;gation : il n'y a pas d'ins&#233;curit&#233;, c'est une invention des m&#233;dias, c'est une fa&#231;on de criminaliser le peuple, etc. Cela a &#233;t&#233; la position de ce gouvernement durant une certaine &#233;poque &#187;. Un autre mythe est celui qu'il qualifie de &#171; fonctionnalisme de gauche &#187; et qui revient &#224; penser que &#171; simplement &#187; en am&#233;liorant les conditions de vie et l'inclusion sociale, on peut faire baisser les chiffres de l'ins&#233;curit&#233;. &#171; La r&#233;alit&#233; du Venezuela d&#233;montre que cela n'est pas vrai, qu'il n'y a pas de relation m&#233;canique. Il y a en plus un effet paradoxal, car non seulement les politiques d'inclusion sociale n'entra&#238;nent pas une diminution de l'ins&#233;curit&#233;, mais en plus l'ins&#233;curit&#233; elle-m&#234;me augmente l'exclusion sociale &#187;, commente-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Venezuela, le taux de ch&#244;mage est pass&#233; de 10,2 % en 1995 &#224; 7,5 % en 2009. La pauvret&#233; est quant &#224; elle pass&#233;e de 49,4 % de la population en 1999 &#224; 27,6 % en 2008. Mais le segment de la population le plus touch&#233; par la violence demeure le secteur le plus marginalis&#233; par rapport au reste de la soci&#233;t&#233; : les hommes jeunes, habitants de localit&#233;s socio-&#233;conomiquement d&#233;prim&#233;es des grands centres urbains du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 2.5. Policiers d&#233;linquants&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais si le nombre d'homicides a effectivement augment&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es, l'ins&#233;curit&#233; appara&#238;t comme un probl&#232;me structurel puisant aussi ses racines dans les politiques publiques des d&#233;cennies pass&#233;es. En particulier au niveau des forces de l'ordre r&#233;guli&#232;rement accus&#233;es d'inefficacit&#233;, voire de complicit&#233;. Dans les barrios, les policiers ne sont pas vraiment per&#231;us comme la solution au probl&#232;me, mais plut&#244;t comme des auteurs potentiels de graves d&#233;lits, tels qu'enl&#232;vements, extorsions, vols ou trafics de drogue. &#171; Les flics ici revendent la drogue qu'ils confisquent aux trafiquants, ou leur font payer une &#8221;vacuna&#8221; (ran&#231;on) pour fermer les yeux. Certains agents vont m&#234;me jusqu'&#224; louer leur arme aux d&#233;linquants &#187;, t&#233;moigne Francisco P&#233;rez, militant alternatif et habitant du quartier populaire de La Vega, &#224; Caracas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le ministre de l'Int&#233;rieur et Justice, Tareck El Aissami, 20 % des d&#233;lits commis dans le pays sont perp&#233;tr&#233;s par ces m&#234;mes fonctionnaires. Il faut dire que la multiplicit&#233; des corps de police ne facilite pas la t&#226;che ni le contr&#244;le sur les effectifs. Au Venezuela il existe 25 polices d&#233;partementales et 67 municipales. A cela viennent s'ajouter le CICPC, les autorit&#233;s de transport et circulation (qui ne portent pas d'arme), ainsi que la Garde nationale et les forces arm&#233;es. Et il aura fallu attendre 2001 pour que soit approuv&#233; le d&#233;cret de &#171; coordination de s&#233;curit&#233; citoyenne &#187;, qui a pour t&#226;che de relier entre eux les diff&#233;rents organismes de maintien de l'ordre. Un second pas, en avril 2006, a &#233;t&#233; la cr&#233;ation d'une Commission nationale de r&#233;forme polici&#232;re (Conarepol) qui a fait le m&#234;me constat qu'une pr&#233;c&#233;dente commission en 1991 : le Venezuela paie &#171; l'inexistence d'une politique nationale en mati&#232;re de police, la carence de m&#233;canismes de coordination polici&#232;re, la superposition de fonctions entre les diff&#233;rents corps de s&#233;curit&#233; &#187;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 2009, le gouvernement a annonc&#233; l'activation de &#171; sept fronts contre la violence &#187;, avec la cr&#233;ation d'un Conseil national de pr&#233;vention et de s&#233;curit&#233; citoyenne, int&#233;gr&#233; par plusieurs minist&#232;res. Figurent aussi au menu la cr&#233;ation d'un Syst&#232;me int&#233;gr&#233; de polices, ainsi que d'une nouvelle Police nationale actuellement en projet-pilote dans quelques secteurs populaires de Caracas et qui est cens&#233;e travailler main dans la main avec les conseils communaux et les communaut&#233;s organis&#233;es. Par ailleurs, une Universit&#233; nationale exp&#233;rimentale de la S&#233;curit&#233; vient d'&#234;tre cr&#233;&#233;e r&#233;cemment afin d'am&#233;liorer le niveau de formation des fonctionnaires. A plus long terme, l'ambition est de r&#233;former les polices d&#233;partementales et municipales. Un sujet d&#233;licat dans ce pays si polaris&#233;, o&#249; l'opposition s'accroche &#224; quelques bastions locaux. Plusieurs lois sont &#233;galement en cours d'&#233;laboration &#224; l'Assembl&#233;e nationale. C'est le cas de l'am&#233;lioration du statut social et professionnel du policier et du durcissement des peines pour port d'armes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;2.6. Le paramilitarisme s'installe&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En plus de la d&#233;linquance &#171; classique &#187;, certaines r&#233;gions du pays et certains quartiers populaires de la capitale voient s'installer une violence infiniment plus sournoise : celle due aux groupes paramilitaires. Inspir&#233;s du &#171; mod&#232;le &#187; colombien, ces groupes sont li&#233;s au trafic de drogue et d'essence dans les &#201;tats frontaliers et sur la c&#244;te, mais ils ont aussi des objectifs politiques qui visent &#224; d&#233;stabiliser le processus bolivarien. Ils s'implantent au sein de la population et, en l'absence d'un &#201;tat capable de faire respecter l'ordre, gagnent la sympathie des habitants en contr&#244;lant les quartiers et en pr&#234;tant d'importantes sommes d'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#201;tat de Sucre, sur la c&#244;te nord orientale, la pr&#233;sence de ces groupes est connue de la population. Ils intimident les p&#234;cheurs et pratiquent des actes de piraterie. En plus de provoquer un grand sentiment d'impuissance et d'ins&#233;curit&#233;, ils dissuadent les habitants de pratiquer la p&#234;che artisanale et accentuent de cette mani&#232;re le d&#233;sapprovisionnement. Certains p&#234;cheurs, surtout chez les plus jeunes, finissent par se &#171; reconvertir &#187; en ramasseurs de paquets parachut&#233;s en pleine mer et destin&#233;s &#224; &#234;tre &#233;coul&#233;s par d'autres voies. Ils en tirent ainsi deux avantages non n&#233;gligeables : ils sont &#224; la fois &#224; l'abri des agressions et touchent en plus une r&#233;compense qui d&#233;passe largement leur salaire de simple p&#234;cheur. C'est le premier pas vers la dangereuse int&#233;gration du paramilitarisme &#224; la soci&#233;t&#233; par l'&#233;tablissement d'une &#233;conomie mafieuse dont une partie de la population finit aussi par b&#233;n&#233;ficier. Face &#224; cela, les moyens d&#233;ploy&#233;s par l'&#201;tat frisent le ridicule : quelques agents mal entra&#238;n&#233;s et bien souvent mouill&#233;s dans le trafic, et &#224; peine quelques barques bien insuffisantes pour couvrir la zone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les groupes paramilitaires qui s&#233;vissent dans les &#201;tats frontaliers ont &#233;tabli des contacts avec des groupes de la capitale. La pr&#233;sence des Aguilas Negras [19] a &#233;t&#233; rapport&#233;e dans certains quartiers. Des activistes communautaires sont parfois tu&#233;s dans des circonstances &#233;tranges, pris &#171; entre deux feux &#187; de bandes rivales. Et les assassinats cibl&#233;s effectu&#233;s par des sicarios (tueurs &#224; gage) font parfois preuve d'une violence et d'une puissance de feu peu communes. Dans le quartier populaire du 23 de Enero ce ph&#233;nom&#232;ne a aussi &#233;t&#233; identifi&#233;. &#171; Ici chaque groupe de la communaut&#233;, chaque collectif apporte son travail social, son travail politique, afin d'emp&#234;cher la d&#233;linquance et le trafic de drogue de s'installer dans le quartier. Il y a d'ailleurs eu des affrontements et des camarades ont &#233;t&#233; assassin&#233;s par les narcotrafiquants &#187;, explique Juan Contreras, membre de la Coordinadora Sim&#243;n Bol&#237;var (CSB), un regroupement d'associations et de collectifs du quartier. Mais Contreras ne manque pas d'identifier l'origine historique et politique de ce fl&#233;au : &#171; Ici nous menons une lutte de longue date contre la drogue et la d&#233;linquance. D&#232;s la fin des ann&#233;es 1970, l'&#201;tat a commenc&#233; &#224; mener une &#8220;guerre sale&#8221; et &#224; inonder le quartier de drogue afin de venir &#224; bout des luttes sociales qui r&#233;clamaient la transformation de la soci&#233;t&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent l'&#201;tat v&#233;n&#233;zu&#233;lien semblait pr&#234;ter peu d'attention &#224; ce ph&#233;nom&#232;ne inqui&#233;tant. Cependant, en mai dernier, Hugo Ch&#225;vez a finalement ordonn&#233; la cr&#233;ation d'un &#171; commando unifi&#233; &#187; afin de garantir la s&#233;curit&#233; maritime dans l'&#201;tat de Sucre. La Colombie voisine devrait servir comme avertissement d'un exemple &#224; ne pas suivre. Et les arrestations d&#233;j&#224; survenues de groupes paramilitaires arm&#233;s jusqu'aux dents devraient faire r&#233;fl&#233;chir le gouvernement aux cons&#233;quences d&#233;sastreuses que pourrait avoir ce fl&#233;au &#224; long terme sur le processus bolivarien et sur la soci&#233;t&#233; v&#233;n&#233;zu&#233;lienne dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;2.7. Le fl&#233;au de la corruption&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Un autre fl&#233;au qui affecte la cr&#233;dibilit&#233; de la gestion bolivarienne est celui de la corruption. Malgr&#233; le discours officiel de lutte contre toute forme de corruption, force est de constater que la justice n'agit pas de la m&#234;me mani&#232;re quand il s'agit d'opposants ou de fonctionnaires chavistes. Un exemple parlant est celui de l'ex-ministre de la D&#233;fense, Ra&#250;l Isa&#237;as Baduel, qui n'a jamais &#233;t&#233; inqui&#233;t&#233; lorsqu'il exer&#231;ait ses fonctions au sein du gouvernement bolivarien. Mais une fois ses distances prises avec le chavisme (en novembre 2007 pr&#233;cis&#233;ment, lors de la campagne pour la r&#233;forme de la Constitution &#224; laquelle il s'opposait), il s'est vu accuser d'actes de corruption datant de l'&#233;poque o&#249; il &#233;tait ministre. Il a finalement &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; 8 ann&#233;es de prison pour le d&#233;tournement de pr&#232;s de 4 millions de dollars durant sa gestion. D'autres cas de personnes de moindre calibre dans l'appareil d'&#201;tat (gouverneurs et d&#233;put&#233;s principalement), ont &#233;t&#233; marqu&#233;s par la m&#234;me logique : aucun ennui tant qu'ils &#233;taient consid&#233;r&#233;s comme bolivariens, mais une fois leur veste retourn&#233;e on voit alors appara&#238;tre les &#171; linges sales &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, un scandale a &#233;clat&#233; en mai dernier apr&#232;s la d&#233;couverte de plus de 2 000 containers contenant de la nourriture p&#233;rim&#233;e dans diff&#233;rents ports du pays [20]. Import&#233;s par l'entreprise publique PDVAL &#8212; filiale de la p&#233;troli&#232;re PDVSA [21] &#8212; les containers &#233;taient &#171; oubli&#233;s &#187; dans les ports afin de b&#233;n&#233;ficier aux entrep&#244;ts et entreprises priv&#233;es. Suite &#224; cette affaire, plusieurs membres de l'ancienne direction de PDVAL ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ex vice-pr&#233;sident de la R&#233;publique, Jos&#233; Vicente Rangel, a salu&#233; les mesures prises par la justice dans l'affaire des containers mais les a jug&#233;es insuffisantes. &#171; Il faut approfondir le sujet, car ce qui est en train de se passer est r&#233;v&#233;lateur de l'absence de contr&#244;les, de l'inefficacit&#233; et de l'incapacit&#233; m&#233;lang&#233;e &#224; la corruption &#187;, a-t-il d&#233;clar&#233; lors de son programme t&#233;l&#233;vis&#233; du dimanche 13 juin. Selon Rangel, journaliste de profession, &#171; l'exp&#233;rience est dure et indique que nous devons &#234;tre plus vigilants &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me du processus r&#233;volutionnaire si nous voulons faire face aux menaces provenant des ennemis externes &#187; (22).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 2.8. Un mod&#232;le &#233;conomique qui se cherche&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En ce qui concerne l'&#233;conomie, le pays ne cesse de conna&#238;tre une inflation galopante. Selon les chiffres officiels de la Banque Centrale du Venezuela, si l'on prend comme indicateur l'Indice national des prix &#224; la consommation (INPC), on s'aper&#231;oit que durant les onze ans de processus bolivarien, l'inflation cumul&#233;e a &#233;t&#233; de 747 %. Bien s&#251;r, il convient de rappeler que durant les 11 ann&#233;es ant&#233;rieures &#224; Ch&#225;vez, elle &#233;tait de 8 250 %, soit onze fois plus &#233;lev&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le pr&#233;sident de l'Institut national de Statistiques (INE), le taux d'inflation du Venezuela est en grande partie d&#251; &#224; la sp&#233;culation croissante qui existe dans un certains nombre de secteurs de la production. Par exemple, dans la grande distribution alimentaire, chaque interm&#233;diaire contribue &#224; l'augmentation des prix de telle mani&#232;re qu'il existe une diff&#233;rence de 30 % entre le prix fix&#233; par le producteur et le prix pay&#233; par le consommateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le vice-pr&#233;sident de la Commission des Finances du Parlement, le d&#233;put&#233; Simon Escalona, &#171; les entreprises priv&#233;es utilisent l'inflation comme une arme politique, en mettant de c&#244;t&#233; des produits afin d'alimenter la p&#233;nurie et ainsi g&#233;n&#233;rer une hausse des prix dans le seul but de d&#233;stabiliser le gouvernement et d'affecter les indicateurs &#233;conomiques &#187;. L'&#233;conomiste et militant du PSUV, Jes&#250;s Far&#237;as, a examin&#233; ce ph&#233;nom&#232;ne. Pour lui, &#171; la sp&#233;culation priv&#233;e est la principale cause de l'inflation, et ne pourra &#234;tre combattue que par un accroissement de la production initi&#233; par le gouvernement et une attaque syst&#233;matique des monopoles par la cr&#233;ation de milliers d'entreprises, publiques et priv&#233;es, avec une vision socialiste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la base de l'analyse des donn&#233;es officielles de la Banque Centrale du Venezuela (BCV) et de l'INE, V&#237;ctor &#193;lvarez, ancien ministre des Industries de base et chercheur au Centre international Miranda (CIM) fait valoir que, en d&#233;pit des critiques anticapitalistes du gouvernement bolivarien, apr&#232;s onze ans de r&#233;volution, le poids de l'&#233;conomie capitaliste, loin d'avoir diminu&#233;, a augment&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi le poids du secteur priv&#233; dans l'&#233;conomie nationale est pass&#233; de 64,7 % en 1998 &#224; 71 % en 2008. Et m&#234;me si la Banque centrale dans son dernier rapport annuel indique que &#171; la participation du secteur public dans le PIB est pass&#233; en 2009 &#224; 30,3 % contre 29 % l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente &#187;, ce chiffre est encore inf&#233;rieur au poids du secteur public en 1998 qui &#233;tait de 35,3 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces donn&#233;es montrent que, entre 1998 et 2009, l'&#233;conomie v&#233;n&#233;zu&#233;lienne est devenue plus capitaliste, ce qui entre en totale contradiction avec les objectifs &#233;tablis par le gouvernement bolivarien pour construire un nouveau mod&#232;le socialiste de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, le Venezuela est sans aucun doute en train de gagner la bataille contre la pauvret&#233; et l'exclusion sociale. La grande r&#233;ussite ind&#233;niable du gouvernement bolivarien, poursuit &#193;lvarez, est la r&#233;duction significative du taux de ch&#244;mage et du pourcentage de personnes en &#233;tat de pauvret&#233; et d'extr&#234;me pauvret&#233;. Le ch&#244;mage est tomb&#233; &#224; seulement 7 % en d&#233;cembre 2009, alors qu'il atteignait les 20,3 % en f&#233;vrier 2003. Le pourcentage de personnes pauvres a diminu&#233;, passant de 62,1 % en 2003 &#224; 25 % en 2008. De m&#234;me, le pourcentage de personnes dans la pauvret&#233; extr&#234;me est pass&#233; de 29 % en 2003 &#224; moins de 10 % &#224; la fin de 2009 [22].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, les investissements dans les programmes sociaux, par le biais des missions, a permis de compenser une r&#233;partition r&#233;gressive des revenus dans le secteur priv&#233; de l'&#233;conomie, o&#249; la part que s'accapare le capital a augment&#233; au d&#233;triment de la part des travailleurs. En 1998, les travailleurs recevaient 39,7 % de la valeur cr&#233;&#233;e, contre 36,2 % pour les revenus du Capital. Dix ans plus tard, la part des travailleurs est tomb&#233;e &#224; 32,8 % tandis que celle des capitalistes est pass&#233;e &#224; 48,8 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Brulez et Fernando Esteban&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; III. Les &#233;lections l&#233;gislatives du 26 septembre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 26 septembre 2010, les V&#233;n&#233;zu&#233;liens sont appel&#233;s aux urnes pour d&#233;signer les d&#233;put&#233;s qui si&#233;geront &#224; la nouvelle Assembl&#233;e nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est bon de rappeler que lors des &#233;lections l&#233;gislatives pr&#233;c&#233;dentes, en 2005, l'opposition avait boycott&#233; le scrutin en retirant ses candidats, pr&#233;textant le &#171; manque de fiabilit&#233; &#187; de la Commission nationale &#233;lectorale (CNE). La coalition chaviste de l'&#233;poque (MVR, PPT, PCV, Podemos, MEP et autres petits partis) avait donc remport&#233; 100 % des si&#232;ges. Ce n'est qu'en 2007, lors de la campagne pour la r&#233;forme de la Constitution, que Podemos d&#233;cida de se ranger du c&#244;t&#233; de l'opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contexte actuel est radicalement diff&#233;rent. D'abord parce que, depuis lors, le PSUV (Parti socialiste uni du Venezuela) a fait son entr&#233;e sur la sc&#232;ne politique. Ensuite, parce que cette fois l'opposition a su tirer le bilan n&#233;gatif de sa politique absent&#233;iste et compte bien jouer les trouble-f&#234;tes. De fait, alors qu'elle se caract&#233;rise par son incapacit&#233; &#224; s'unir et une absence totale de programme politique alternatif, son positionnement critique syst&#233;matique, pourrait cette fois, lui assurer de gagner des d&#233;put&#233;s, au vu des difficult&#233;s actuelles que traverse le processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 3.1. Les primaires au sein du PSUV&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
De son c&#244;t&#233; le PSUV a enclench&#233; un large processus &#233;lectoral visant &#224; d&#233;signer l'ensemble de ses candidats. Le 2 mai 2010, plus de 2,5 millions d'adh&#233;rents se sont d&#233;plac&#233;s aux urnes pour ces primaires, soit un taux de participation de 38 %. Un tel niveau de participation peu sembler peu &#233;lev&#233; mais cela n'est pourtant pas si mal au vu de plusieurs &#233;l&#233;ments. D'abord parce qu'une machine aussi lourde que le PSUV a d&#233;montr&#233; son efficacit&#233;. Ce sont 3527 candidats qui se sont affront&#233;s lors de ces primaires pour 110 postes. 3820 bureaux de vote ont &#233;t&#233; mis en place dans les 87 circonscriptions &#233;lectorales du pays [23]. Ensuite, parce qu'il est de notori&#233;t&#233; publique qu'une bonne partie des personnes affili&#233;es au PSUV le sont dans le but de pouvoir en soutirer quelques avantages. Ces personnes-l&#224; ne participent pas &#224; la vie politique et d&#233;mocratique du parti. Enfin, parce que traditionnellement, les &#233;lections l&#233;gislatives battent des records d'abstention (entre 25 % et 30 % de participation). Voir des primaires obtenir pr&#232;s de 10 points au-dessus du taux de participation habituel des &#233;lections est donc, de ce point de vue, un bon r&#233;sultat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne l'&#233;lection des candidats, on peut observer trois tendances. La premi&#232;re est la consolidation d'une certaine ligne &#171; officialiste &#187;. Les quelques grands leaders du PSUV qui se sont pr&#233;sent&#233;s, membres de la direction nationale, sont pass&#233;s sans encombre, comme c'est le cas d'Arist&#243;bulo Ist&#250;riz, vice-pr&#233;sident du PSUV ou de Freddy Bernal, ancien maire de Caracas. La seconde est un fort renouvellement des candidatures. Seuls 22 d&#233;put&#233;s sortants ont &#233;t&#233; reconduits et pourront ainsi &#224; nouveau &#234;tre candidats. Enfin, il est &#224; noter une pouss&#233;e notoire de la jeunesse. Les jeunes du PSUV raflent dix candidatures, ce qui repr&#233;sentera forc&#233;ment un souffle nouveau, m&#234;me si ces jeunes ont b&#233;n&#233;fici&#233; de tout le poids de l'appareil et ne sont pas forc&#233;ment issus des courants les plus radicaux du PSUV. Car le signal le plus fort est sans conteste celui-ci : la bureaucratie a su se renouveler. De nouvelles t&#234;tes seront envoy&#233;es &#224; l'Assembl&#233;e pour d&#233;fendre la ligne officielle du PSUV, alors que pendant ce temps, les courants minoritaires radicaux (tel Marea Socialista) ont &#233;t&#233; incapables de s'unir et se retrouvent ainsi sans candidat. Pire encore, les scores obtenus les rel&#232;guent aux marges du PSUV. Seul Juan Contreras, militant historique du quartier populaire (barrio) de Caracas, 23 de Enero, &#233;chappe &#224; la d&#233;route et parvient &#224; arracher un poste de suppl&#233;ant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut toutefois souligner que 52 candidats n'ont pas &#233;t&#233; &#233;lus par les militants du PSUV, mais directement d&#233;sign&#233;s par Hugo Ch&#225;vez, le 25 mai dernier. On retrouve sans surprise dans cette liste les fid&#232;les du &#171; Comandante &#187;, chefs de file de la boli-bourgeoisie [24], comme Cilia Flores, Pr&#233;sidente de l'Assembl&#233;e nationale, Tania D&#237;az, ministre de la Communication, H&#233;ctor Navarro, ministre de l'&#201;ducation, et surtout Diosdado Cabello [25], ministre des Infrastructures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 3.2. Les batailles partidaires de l'opposition&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le processus de d&#233;signation des candidats de l'opposition tranche radicalement avec celui choisi par le PSUV. Comme toujours, les int&#233;r&#234;ts divergents de chacun des principaux partis d'opposition (Primero Justicia, Un Nuevo Tiempo, Acci&#243;n Democratica, COPEI) rendent difficile, voire impossible, quelque accord unitaire que ce soit. N&#233;anmoins, une tentative unitaire a conduit l'opposition &#224; organiser, le dimanche 25 avril, des primaires, mais avec beaucoup moins de succ&#232;s et d'ampleur que le PSUV. Seulement 380 000 &#233;lecteurs se sont d&#233;plac&#233;s pour choisir 22 candidats dans 15 circonscriptions sur un total de 87 que compte le pays. Ces 22 candidats ont &#233;t&#233; s&#233;lectionn&#233;s parmi les 78 qui ont eu &#224; payer environ 3 000 dollars pour avoir le droit de se pr&#233;senter. Quand au reste des candidats de l'opposition, ils ont &#233;t&#233; choisis ult&#233;rieurement par &#171; consensus &#187; ou &#171; sondages &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, cette m&#234;me opposition, qui il y a quelques mois soutenait les &#233;tudiants de l'Universit&#233; centrale du Venezuela (UCV) protestant contre la Loi organique de l'&#201;ducation (LOE), a refus&#233; aux dirigeants &#233;tudiants la possibilit&#233; d'&#234;tre candidats &#224; l'Assembl&#233;e. Cela n'a d'ailleurs pas &#233;t&#233; sans provoquer quelques remous, ce dont ont profit&#233;, de mani&#232;re bien l&#233;gitime, les jeunes du PSUV en soulignant l'importante place qui leur a &#233;t&#233; faite au sein des primaires et en d&#233;non&#231;ant la manipulation des jeunes par les partis d'opposition. Plus globalement, au vu du gigantisme des primaires du PSUV, les primaires de l'opposition ont fait bien p&#226;le figure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait l'opposition semble &#234;tre tiraill&#233;e entre deux strat&#233;gies totalement diff&#233;rentes pour combattre le processus bolivarien. Il y a d'une part une vieille opposition, revancharde et aveugl&#233;e de haine, qui assume totalement le coup d'&#201;tat rat&#233; du 11 avril 2002 et qui souhaite se d&#233;barrasser de Ch&#225;vez par tous les moyens sans attendre 2012, date de la fin du mandat pr&#233;sidentiel. Pour mieux la d&#233;finir, on pourrait lui trouver un certain nombre de similitudes avec la droite chilienne qui avait renvers&#233; Allende en 1973. Cette opposition semble aujourd'hui d&#233;boussol&#233;e apr&#232;s ses &#233;checs r&#233;p&#233;t&#233;s en 2002 (tentative de coup d'Etat), 2003 (tentative de blocus &#233;conomique des grandes entreprises pour asphyxier l'&#233;conomie et ainsi obliger Ch&#225;vez &#224; d&#233;missionner) et 2004 (perte du r&#233;f&#233;rendum r&#233;vocatoire). Elle est aujourd'hui clairement en perte de vitesse et a du mal &#224; mobiliser ses troupes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il existe une autre opposition, plus moderne, pr&#234;te &#224; jouer le jeu d&#233;mocratique, qui est aussi beaucoup plus dangereuse. Cette droite, dont le leader est Julio Borges (Primero Justicia), est &#224; la fois traditionnaliste, ultralib&#233;rale et d&#233;veloppe certaines th&#233;matiques qui n'ont rien &#224; envier &#224; l'extr&#234;me droite europ&#233;enne. Elle a clairement pris ses distances avec les partisans de la d&#233;stabilisation permanente, m&#234;me s'il est clair qu'en cas de nouveau coup d'&#201;tat elle se rangerait sans &#233;tats d'&#226;me du c&#244;t&#233; des putschistes. Mais cette image qu'elle cultive d'une droite &#171; plus raisonnable &#187; fait qu'elle se r&#233;v&#232;le du coup plus dangereuse, car elle peut para&#238;tre comme une alternative pour une partie d'un &#233;lectorat qui se cherche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 3.3. Calculs &#233;lectoraux&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutefois les h&#233;sitations d&#233;montr&#233;es et les erreurs commises durant la gestion de la crise &#233;lectrique et la p&#233;nurie d'eau, plus une incapacit&#233; notoire &#224; r&#233;gler les probl&#232;mes r&#233;currents du pays (corruption, ins&#233;curit&#233;, inflation), font craindre &#224; nombre de chavistes, si ce n'est la perte de la majorit&#233; &#224; l'Assembl&#233;e, au moins une perte cons&#233;quente de d&#233;put&#233;s. Et la direction du PSUV n'est pas loin de partager cette analyse. Aussi, une r&#233;forme &#233;lectorale a &#233;t&#233; concoct&#233;e afin d'&#233;viter quelques surprises d&#233;sagr&#233;ables. L'&#233;lection &#224; l'Assembl&#233;e Nationale se d&#233;roule de la mani&#232;re suivante : 60 % des si&#232;ges sont distribu&#233;s de mani&#232;re nominale, 40 % &#224; la proportionnelle. Un des points de la r&#233;forme indique que la liste qui obtient plus de 50 % recevra 75% des si&#232;ges r&#233;serv&#233;s au scrutin proportionnel. Or, si aujourd'hui l'opposition est loin d'&#234;tre ridicule dans les grandes villes du pays, le PSUV &#233;crase toute concurrence dans l'ensemble des &#201;tats ruraux. Et si seulement 15 % des V&#233;n&#233;zu&#233;liens vivent &#224; la campagne, il y a depuis longtemps une surrepr&#233;sentation &#224; l'Assembl&#233;e des &#201;tats ruraux, puisqu'ils sont repr&#233;sent&#233;s par environ 30 % des d&#233;put&#233;s. De quoi laisser penser au PSUV qu'il pourrait atteindre les 50 % et ainsi rafler les trois-quarts des 40 % de si&#232;ges r&#233;serv&#233;s au scrutin proportionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre changement, annonc&#233; le 19 janvier 2010 par Tibisay Lucena, Pr&#233;sidente du Conseil national &#233;lectoral, est un savant red&#233;coupage des circonscriptions. Celui-ci vise clairement &#224; favoriser le PSUV. Dans l'&#201;tat de Miranda par exemple, le transfert de la parroquia [26] Leoncio Martinez (acquise &#224; l'opposition) de la circonscription n&#176; 3 &#224; la circonscription n&#176; 2, devrait permettre une victoire facile du PSUV dans cette m&#234;me circonscription n&#176; 3 [27].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle &#171; popotte &#187; &#233;lectorale devrait normalement &#233;viter une d&#233;faite du PSUV lors des prochaines &#233;lections, ce qui permettra de renforcer un certain discours officialiste mais qui cache difficilement une r&#233;alit&#233; toute autre. A savoir un lent divorce, chaque jour plus marqu&#233;, entre le PSUV et une partie de la population, hier gagn&#233;e au processus et aujourd'hui totalement d&#233;sorient&#233;e. Si le processus ne prend pas rapidement les mesures n&#233;cessaires pour r&#233;pondre aux inqui&#233;tudes de ces V&#233;n&#233;zu&#233;liens, il y a fort &#224; parier que, tr&#232;s prochainement, l'incomp&#233;tence de l'opposition et les cuisines &#233;lectorales ne suffiront plus pour assurer des succ&#232;s faciles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et de fait si l'opposition se r&#233;v&#232;le incapable de construire et pr&#233;senter un programme politique alternatif cr&#233;dible, elle sait mettre le doigt l&#224; o&#249; &#231;a fait mal. A ses th&#232;mes favoris, comme l'inflation galopante ou l'ins&#233;curit&#233;, elle a ajout&#233; le manque d'efficacit&#233; et de planification des mesures visant &#224; diminuer l'impact de la s&#233;cheresse, ainsi que le manque de vision &#224; long terme concernant la production &#233;lectrique nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on sait le peu de mobilisation des chavistes pour les &#233;lections o&#249; Ch&#225;vez n'est pas directement candidat (en g&#233;n&#233;ral moins de 30 % de participation), on peut craindre des mauvaises surprises face &#224; une opposition qui peut compter de mani&#232;re constante sur 4 millions d'&#233;lecteurs. De fait, un r&#233;cent sondage publi&#233; par le quotidien Ultimas Noticias, montre que trois V&#233;n&#233;zu&#233;liens sur quatre ne savent pas quelles sont les attributions exactes d'un d&#233;put&#233;. Aller voter pour quelqu'un sans savoir &#224; quoi il va r&#233;ellement servir, dans un contexte de malaise global d&#251; aux probl&#232;mes r&#233;currents dans la gestion locale et nationale, laisse pr&#233;sager de nombreuses d&#233;fections dans les rangs des &#233;lecteurs chavistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 3.4. Quelles perspectives ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme souvent, les r&#233;formes propos&#233;es par le gouvernement bolivarien ne cessent de surprendre. Aux r&#233;formes aux claires avanc&#233;es sociales, qui semblent &#234;tre un pas de plus dans la construction du Socialisme du XXIe si&#232;cle, peut succ&#233;der une s&#233;rie d'attitudes et de d&#233;cisions qui ont de quoi d&#233;stabiliser et qui nous permettent de douter de la coh&#233;rence dans la ligne politique &#233;tablie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ne pas applaudir devant la prise de contr&#244;le ouvrier &#224; Ciudad Guayana ? Comment ne pas approuver, par exemple, la Loi des Terres urbaines qui vise &#224; donner un titre de propri&#233;t&#233; &#224; toutes les personnes qui se sont install&#233;es durant des ann&#233;es de mani&#232;re ill&#233;gales et anarchiques dans les Barrios ? Ou bien encore la Loi contre les jouets de guerre, interdisant la fabrication, la vente ou la location des jouets et jeux vid&#233;o de guerre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ne pas soutenir la Loi organique d'&#201;ducation, instaurant l'enseignement obligatoire, gratuit et garantissant la justice sociale, l'&#233;quit&#233;, la tol&#233;rance, le respect des valeurs multiculturelles, interculturelles ? Une loi qui s'inscrit dans le cadre de la la&#239;cit&#233;. Les coll&#232;ges religieux pouvant continuer &#224; fonctionner, mais les cours d'&#233;ducation religieuse n'&#233;tant plus d&#233;sormais int&#233;gr&#233;s dans les cursus de l'enseignement g&#233;n&#233;ral mais sont optionnels. Une loi s'inspirant des principes de Bolivar, de souverainet&#233; et d'ind&#233;pendance nationale, de justice sociale, d'&#233;galit&#233; entre les hommes, d'&#233;panouissement des individus&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant d'actes concrets qui ne peuvent nous faire douter de l'int&#233;r&#234;t de l'exp&#233;rience bolivarienne et de l'exemple qu'elle peut repr&#233;senter de par le monde, dans un contexte o&#249; l'on ne cesse de nous faire croire qu'il n'existe qu'un seul mod&#232;le viable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, de s&#233;rieuses r&#233;serves se font jour. Comment accepter l'appui &#224; peine voil&#233; de la bureaucratie chaviste aux patrons de Mitsubishi dans leur tentative d&#8216;&#233;craser la lutte initi&#233;e par les travailleurs il y a plus d'un an ? [28] Comment justifier le silence de la Justice dans les cas d'assassinats de paysans ou de travailleurs par les int&#233;r&#234;ts priv&#233;s ? Comment justifier l'expulsion du militant basque internationaliste Walter Wendelin [29], alors que les autorit&#233;s espagnoles n'avaient pas demand&#233; son extradition ? Comment comprendre le fait que le secteur priv&#233; soit devenu plus important dans l'&#233;conomie nationale durant les dix derni&#232;res ann&#233;es ? Comment accepter la corruption toujours plus grande au sein d'une bureaucratie chaviste devenue boli-bourgeoisie, qui au fil des ans &#224; mis la main sur la majorit&#233; des postes cl&#233;s de l'&#201;tat et entretient des relations parfois tr&#232;s &#233;troites, voire incestueuses, avec les int&#233;r&#234;ts du capital priv&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s onze ann&#233;es de pouvoir, on peut supposer que le processus a su construire un certain nombre de fondamentaux. Il est donc plus que temps que ce processus s'acc&#233;l&#232;re, sous peine de se trouver paralys&#233;. Une acc&#233;l&#233;ration dans la prise de contr&#244;le ouvrier, dans la participation populaire. Une acc&#233;l&#233;ration dans la lutte contre la corruption et la bureaucratie. Une acc&#233;l&#233;ration dans la prise de contr&#244;le des banques et de l'appareil productif. L'unique moyen de stopper l'inflation est de relancer l'&#233;conomie nationale. Et si le secteur priv&#233; joue contre le gouvernement, il revient &#224; l'&#201;tat de se donner les moyens de produire et de faire produire. L'unique moyen d'obtenir ce saut qualitatif du processus, c'est d'enfin avoir une planification coh&#233;rente, concert&#233;e et ambitieuse afin que le chemin vers le socialisme du XXIe si&#232;cle ne se convertisse pas en une chim&#232;re de plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Brulez et Fernando Esteban&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;BRULEZ S&#233;bastien, ESTEBAN Fernando&lt;br class='autobr' /&gt;
Notes[1] Ellner (S.), &#171; Une r&#233;volution sans objectifs ? Le &#8220;processus r&#233;volutionnaire&#8221; au Venezuela &#187;, in Le Venezuela au-del&#224; du mythe. Ch&#225;vez, la d&#233;mocratie, le changement social, sous la dir. d'Olivier Compagnon, Julien Rebotier et Sandrine Revet, les &#201;ditions de l'Atelier/&#201;ditions ouvri&#232;res, Paris, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] La IVe R&#233;publique d&#233;signe la p&#233;riode du bipartisme entre sociaux-d&#233;mocrates et d&#233;mocrates-chr&#233;tiens, qui s'ouvre avec la chute de la dictature du g&#233;n&#233;ral Marcos P&#233;rez Jim&#233;nez en 1958 et se termine en 1999 avec l'arriv&#233;e de Hugo Ch&#225;vez au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] &#193;lvarez (V.), Venezuela, Hacia d&#243;nde va el modelo productivo ?, &#201;ditions du Centro Internacional Miranda, Caracas, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Voir Venezuela, A la recherche d'une &#8220;deuxi&#232;me ind&#233;pendance&#8221; sociale, (S.) Brulez, Casa, mai 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] &#171; Conseil de quartier &#187;, il s'agit de l'une des anciennes structures d'organisation locale encore en place aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Voir l'interview par Franck Gaudichaud, sur ESSF : Le processus bolivarien : un projet alternatif en tension ?.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] &#171; Les conseils communaux au Venezuela : Un outil d'&#233;mancipation politique ? &#187;, in Le Venezuela au-del&#224; du mythe. Ch&#225;vez, la d&#233;mocratie, le changement social, op.cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] S&#233;bastien Brulez, &#171; Le projet d'Hugo Ch&#225;vez se heurte au mur de la bureaucratie &#187;, Le Courrier, 14 novembre 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Les communes devraient &#234;tre dans le futur des regroupements de conseils communaux sur base g&#233;ographique mais aussi sur base d'activit&#233;s socio-productives. Le concept de communes figurait dans le projet de r&#233;forme constitutionnelle rejet&#233; en 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Sidor est la principale usine sid&#233;rurgique du Venezuela. Elle a &#233;t&#233; nationalis&#233;e en avril 2008 apr&#232;s une lutte des travailleurs de plusieurs mois. Voir l'article de S&#233;bastien Brulez et Fernando Esteban, &#171; Venezuela : Un an apr&#232;s sa nationalisation, la nouvelle Sidor explore les chemins de la participation &#187;, Tout Est &#192; Nous du 23 juin 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Il s'agit du Venezuela, de Cuba, de la Bolivie, de l'&#201;quateur, du Nicaragua, de Saint Vincent et les Grenadines, d'Antigua et Barbuda, et de la Dominique. Le Honduras a quitt&#233; l'Alba apr&#232;s le coup d'&#201;tat militaire contre le pr&#233;sident l&#233;gitime Manuel Zelaya.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Agencia Bolivariana de Noticias, 5 avril 2010, &#171; Reuni&#243;n constituyente de V Internacional Socialista ser&#225; en Caracas la pr&#243;xima semana &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.abn.info.ve/noticia.php?..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.abn.info.ve/noticia.php?..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Fran&#231;ois Sabado, Chavez : pour une Ve Internationale !.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Conf&#233;rence de presse du 13 mars 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] D&#233;cret pr&#233;sidentiel N&#176; 7 228 du 8 f&#233;vrier 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] La premi&#232;re pierre du chantier du &#171; Parc &#233;olien de Paraguan&#225; &#187; a &#233;t&#233; pos&#233;e en novembre 2006 par le Pr&#233;sident v&#233;n&#233;zu&#233;lien et l'inauguration &#233;tait pr&#233;vue pour 2007. A l'heure actuelle, le complexe n'est toujours pas entr&#233; en fonctionnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] Aporrea.org du 15 janvier 2010, &#171; Los Trabajadores El&#233;ctricos se pronuncian ante la crisis del sector &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.aporrea.org/endogeno/n14...&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.aporrea.org/endogeno/n14...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] Cette partie se base sur l'article de Brulez (S.) intitul&#233; &#171; La d&#233;linquance aura-t-elle la peau de la &#8220;R&#233;volution bolivarienne' ? &#187;, publi&#233; dans le quotidien suisse Le Courrier (&lt;a href=&#034;http://www.lecourrier.ch&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.lecourrier.ch&lt;/a&gt;) le 26 mai 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] Les Aguilas Negras sont n&#233;es en Colombie apr&#232;s le d&#233;mant&#232;lement du principal groupe paramilitaire d'extr&#234;me droite, les Autod&#233;fenses unis de Colombie (AUC).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[20] &#171; Ministerio P&#250;blico realiza investigaci&#243;n en caso de contenedores con alimentos vencidos &#187;, Aporrea.org, 10 juin 2010, &lt;a href=&#034;http://www.aporrea.org/contraloria/..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.aporrea.org/contraloria/..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[21] P&#233;trole du Venezuela S.A. (PDVSA) est la plus importante entreprise publique du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[22] &#171; J. V. Rangel pide sancionar a los responsables en el caso de Pdval &#187;, Ciudad CCS, 13 juin 2010, &lt;a href=&#034;http://www.ciudadccs.org.ve/?p=76190&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ciudadccs.org.ve/?p=76190&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[23] Les r&#233;sultats d&#233;taill&#233;s des &#233;lections internes du PSUV ne sont pas publics. N&#233;anmoins, la liste des candidats &#233;lus lors de ces primaires est consultable en ligne &lt;a href=&#034;http://www.psuv.org.ve&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.psuv.org.ve&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[24] Le terme boli-bourgeoisie d&#233;finit la nouvelle classe dominante issue du processus bolivarien et qui s'est consid&#233;rablement enrichie ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[25] Fid&#232;le d'entre les fid&#232;les, Diosdado Cabello &#233;tait en outre Vice-pr&#233;sident de la R&#233;publique Bolivarienne lors du coup d'&#201;tat du 11 avril 2002. Plusieurs fois ministre, il est consid&#233;r&#233; par beaucoup comme la figure embl&#233;matique de la droite endog&#232;ne et affairiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[26] La parroquia, &#171; paroisse civile &#187; est, au Venezuela, une subdivision administrative, directement h&#233;rit&#233;e de la paroisse religieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[27] Conseil National &#201;lectoral (CNE), Direction G&#233;n&#233;rale des Statistiques &#201;lectorales, Circonscriptions &#233;lectorales pour les &#233;lections parlementaires du 26 septembre 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[28] Les lecteurs d'Inprecor qui lisent l'espagnol peuvent notamment s'informer au jour le jour de cette lutte en se connectant au blog, &lt;a href=&#034;http://concienciaobrera.blogspot.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://concienciaobrera.blogspot.com/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[29] &#171; Llega a Euskadi el activista Walter Wendelin despu&#233;s de ser expulsado de Venezuela &#187;, Aporrea.org, 1er avril 2010, &lt;a href=&#034;http://www.aporrea.org/ddhh/n154260.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.aporrea.org/ddhh/n154260.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Inprecor N&#176; 564-565, ao&#251;t-septembre 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* S&#233;bastien Brulez est journaliste et collaborateur du quotidien suisse Le Courrier et de la revue de la section belge de la IVe Internationale La Gauche. Fernando Estaban est membre du Nouveau parti anticapitaliste (NPA, France) et collaborateur Tout est &#224; nous !, Viento Sur et Inprecor. Tous deux vivent au Venezuela depuis plusieurs ann&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>V&#233;n&#233;zuela : majorit&#233; pour Chavez </title>
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		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>

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&lt;p&gt;Dimanche 15 f&#233;vrier, les V&#233;n&#233;zu&#233;liens &#233;taient de nouveau appel&#233;s aux urnes afin de modifier un amendement de la Constitution permettant &#224; n'importe quel &#233;lu de briguer un nouveau mandat &#224; la fin de son mandat actuel. Cet amendement visait principalement &#224; permettre &#224; Hugo Chavez d'&#234;tre de nouveau candidat en 2012. &lt;br class='autobr' /&gt; Avec 6 003 594 de voix (54,36%) en faveur du &#171; oui &#187;, Chavez a donc gagn&#233; son pari, et le Venezuela a, une fois de plus, d&#233;montr&#233; son attachement &#224; l'exercice &#233;lectoral. Devant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dimanche 15 f&#233;vrier, les V&#233;n&#233;zu&#233;liens &#233;taient de nouveau appel&#233;s aux urnes afin de modifier un amendement de la Constitution permettant &#224; n'importe quel &#233;lu de briguer un nouveau mandat &#224; la fin de son mandat actuel. Cet amendement visait principalement &#224; permettre &#224; Hugo Chavez d'&#234;tre de nouveau candidat en 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Avec 6 003 594 de voix (54,36%) en faveur du &#171; oui &#187;, Chavez a donc gagn&#233; son pari, et le Venezuela a, une fois de plus, d&#233;montr&#233; son attachement &#224; l'exercice &#233;lectoral. Devant plusieurs centaines de milliers de personnes, du haut du balcon du palais pr&#233;sidentiel, Chavez n'a pas tard&#233; &#224; annoncer qu'il &#233;tait pr&#233;candidat &#224; sa succession en 2012. Quant &#224; l'opposition, tout en reconnaissant sa d&#233;faite, elle a enfourch&#233; son cheval de bataille favori : le p&#233;ril dictatorial. Le probl&#232;me est tout autre. Dans un moment o&#249; le processus peine, o&#249; la crise financi&#232;re se fait sentir, Chavez se devait de remobiliser son camp. Et, dans un pays o&#249; le culte du leader reste tr&#232;s important (h&#233;ritage de Bolivar oblige), la meilleure fa&#231;on pour lui &#233;tait encore de donner un enjeu personnel &#224; cette consultation. C'est donc ce qu'il s'est employ&#233; &#224; faire tout au long de la campagne. Les V&#233;n&#233;zu&#233;liens ont d'ailleurs parfaitement compris le message, en se rendant massivement aux urnes (plus de 67% de participation).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette consultation est apparue, au fur et &#224; mesure de la campagne, de plus en plus comme un pl&#233;biscite de la politique de Chavez et du processus bolivarien, se pose aujourd'hui la question de l'&#233;volution politique de ce processus. Si on ne peut que se r&#233;jouir de voir confirm&#233;e la p&#233;rennit&#233; d'un processus r&#233;volutionnaire par la voie d&#233;mocratique, l'enjeu r&#233;side aujourd'hui dans son approfondissement. De nombreuses questions restent pos&#233;es, quant &#224; son avenir et &#224; ses capacit&#233;s &#224; r&#233;soudre les probl&#232;mes de vie quotidienne des V&#233;n&#233;zu&#233;liens. Le processus a r&#233;ussi &#224; &#233;duquer son peuple, &#224; am&#233;liorer consid&#233;rablement sa sant&#233;, hissant le Venezuela parmi les pays d'Am&#233;rique latine les plus d&#233;velopp&#233;s, avec un coefficient de Gini1 de 0,42 (contre 0,36 pour la France). Si r&#233;soudre les questions de sant&#233; et d'&#233;ducation est fondamental, il s'agit bien ici de faire faire au processus un saut qualitatif. R&#233;soudre des enjeux essentiels quant &#224; la participation populaire, au contr&#244;le des travailleurs, &#224; la lutte contre la corruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La victoire de Chavez ne doit pas cacher un danger important. Pour la premi&#232;re fois depuis dix ans, l'opposition a augment&#233; son nombre de votes de mani&#232;re consid&#233;rable. Alors que, jusqu'ici, elle stagnait aux alentours de 4 millions de votes, elle a obtenu hier soir 5040082 voix (45,63%). Tout le travail de Chavez et de son gouvernement consiste donc, non pas &#224; se reposer sur cette victoire, mais bien &#224; &#233;couter la revendication populaire. T&#226;che qui s'annonce des plus ardues, dans un contexte de crise &#233;conomique internationale, avec un baril du p&#233;trole &#224; moins de 40 dollars. Il y a fort &#224; parier que, d'ici 2012, date de la fin du mandat actuel de Chavez, le processus ait &#233;volu&#233; de mani&#232;re &#224; clarifier (en bien ou en mal) une situation qui reste confuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Caracas, Fernando Esteban.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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