<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.lagauche.ca/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>La Gauche</title>
	<link>https://www.lagauche.ca/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.lagauche.ca/spip.php?id_auteur=169&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>La Gauche</title>
		<url>https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L144xH75/siteon0-d17a8.jpg?1629928024</url>
		<link>https://www.lagauche.ca/</link>
		<height>75</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Automobile, la fin d'un cycle </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Automobile-la-fin-d-un-cycle</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Automobile-la-fin-d-un-cycle</guid>
		<dc:date>2009-02-23T14:13:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Jean-Claude VESSILLIER</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Automobile, la fin d'un cycle VESSILLIER Jean-Claude &lt;br class='autobr' /&gt; Paru dans Inprecor n&#176; 545-546, janvier-f&#233;vrier 2009. &lt;br class='autobr' /&gt;
En trente cinq ans, depuis le premier choc p&#233;trolier, la production mondiale d'automobiles a &#233;t&#233; multipli&#233;e par deux, passant de 33 millions en 1975 &#224; 73 millions en 2007. Dans la plupart des pays capitalistes d&#233;velopp&#233;s, le mode habituel de la gestion de cette croissance a &#233;t&#233; celui de crise avec des restructurations entre firmes, des fermetures d'usines et des suppressions (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-musique-" rel="directory"&gt;musique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Automobile, la fin d'un cycle &lt;br class='autobr' /&gt; VESSILLIER Jean-Claude&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt; Paru dans Inprecor n&#176; 545-546, janvier-f&#233;vrier 2009.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;En trente cinq ans, depuis le premier choc p&#233;trolier, la production mondiale d'automobiles a &#233;t&#233; multipli&#233;e par deux, passant de 33 millions en 1975 &#224; 73 millions en 2007. Dans la plupart des pays capitalistes d&#233;velopp&#233;s, le mode habituel de la gestion de cette croissance a &#233;t&#233; celui de crise avec des restructurations entre firmes, des fermetures d'usines et des suppressions d'emploi. L'industrie automobile de la plus ancienne &#233;conomie capitaliste, l'Angleterre, a &#233;t&#233; profond&#233;ment r&#233;duite au cours de cette p&#233;riode. Detroit ou Boulogne-Billancourt portent les marques d'usines ferm&#233;es avec des friches industrielles en plein c&#339;ur de ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle crise de l'industrie automobile, qui vient d'exploser en ce deuxi&#232;me semestre de l'ann&#233;e 2008, est singuli&#232;re par sa simultan&#233;it&#233; sur tous les continents, son ampleur, ses cons&#233;quences potentielles sur la force de travail mobilis&#233;e dans cette industrie, ses liens avec la fin du p&#233;trole comme &#233;nergie abondante et la crise de l'environnement. En ce sens, la crise de l'industrie automobile fournit un effet de loupe sur les manifestations bien r&#233;elles de toutes les dimensions de la crise qui ravage aujourd'hui la plan&#232;te. De la m&#234;me fa&#231;on que le premier choc p&#233;trolier de 1973 avait initi&#233; un nouveau cycle dans l'histoire de l'industrie automobile, les &#233;v&#233;nements du dernier trimestre 2008 marquent la fin de ce cycle et pr&#233;facent une nouvelle p&#233;riode o&#249;, au travers de nouvelles crises, c'est bien l'avenir de l'automobile &#224; p&#233;trole et des millions de travailleurs la fabriquant qui est en jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le poids de l'industrie automobile dans l'&#233;conomie mondiale est connu. 8 millions d'ouvriers et salari&#233;s sont employ&#233;s dans le monde par la construction automobile et la fabrication de pi&#232;ces. Le chiffre d'affaires de cette industrie repr&#233;senterait pr&#232;s de 2 mille milliards d'euros en 2007. Cette industrie, internationalis&#233;e et concentr&#233;e en termes capitalistiques, s'organise en usines de plusieurs milliers d'ouvriers. Les usines automobiles ont souvent &#233;t&#233; le creuset du mouvement ouvrier que ce soit en Europe occidentale, &#224; D&#233;troit aux &#201;tats-Unis, en Am&#233;rique latine avec les usines du cordon industriel de S&#226;o Paulo au Br&#233;sil, et plus r&#233;cemment dans l'usine Renault Dacia en Roumanie. Atteignant un bien de consommation finale dont l'usage fa&#231;onne et d&#233;figure l'espace urbain des m&#233;galopoles du monde entier, les crises de l'automobile ont un impact sur l'ensemble des rapports sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Plus dure sera la chute en 2009&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La chute de ventes d'automobiles est g&#233;n&#233;rale dans la plupart des pays. Cette simultan&#233;it&#233; exceptionnelle est la cons&#233;quence du caract&#232;re mondial de la crise &#233;conomique. La rapidit&#233; du d&#233;veloppement de la crise est, elle aussi, exceptionnelle. Depuis une dizaine d'ann&#233;es et jusqu'&#224; l'automne 2008, le niveau des ventes automobiles variait selon la conjoncture : stagnation en Europe occidentale, en Am&#233;rique du Nord et au Japon, croissance dans le reste du monde. La chute g&#233;n&#233;ralis&#233;e n'a commenc&#233; qu'en septembre 2008 et elle s'est r&#233;pandue sur tous les continents en moins de trois mois [1]. La Chine est aussi touch&#233;e avec un fort ralentissement de la croissance des ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes.&lt;/p&gt;
&lt;table border=5&gt; &lt;tr&gt; &lt;td&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt; USA&lt;/td&gt; &lt;td&gt;Allemagne&lt;/td&gt; &lt;td&gt;France &lt;/td&gt; &lt;td&gt; Italie&lt;/td&gt; &lt;td&gt; Espagne&lt;/td&gt; &lt;td&gt; Japon&lt;/td&gt; &lt;td&gt; Chine&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt;&lt;tr&gt; &lt;td&gt; Oct-d&#233;c 2008 &lt;/td&gt; &lt;td&gt;-35 % &lt;/td&gt; &lt;td&gt;-10 %&lt;/td&gt; &lt;td&gt;-15 %&lt;/td&gt; &lt;td&gt; -13 %&lt;/td&gt; &lt;td&gt; -40 %&lt;/td&gt; &lt;td&gt; -20 %&lt;/td&gt; &lt;td&gt; 2 % &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt;&lt;tr&gt; &lt;td&gt;Total 2008 &lt;/td&gt; &lt;td&gt; -18 %&lt;/td&gt; &lt;td&gt; -7 %&lt;/td&gt; &lt;td&gt;-0,7 %&lt;/td&gt; &lt;td&gt; -13 %&lt;/td&gt; &lt;td&gt; -28 %&lt;/td&gt; &lt;td&gt; -6 %&lt;/td&gt; &lt;td&gt; +6,7 % &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt;&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;La profondeur de la crise ne se lit pas &#224; partir de ces seuls r&#233;sultats car des baisses de l'ordre de 20 % des ventes ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; observ&#233;es dans le pass&#233;. S'il n'y avait que les baisses de vente du dernier trimestre, la crise n'aurait pas les traits singuliers qui la distinguent des pr&#233;c&#233;dentes. La chute du dernier trimestre 2008 pr&#233;figure une d&#233;pression durable sans qu'aucune date &#233;ventuelle de reprise ne soit aujourd'hui pr&#233;vue. Cette incertitude est aggrav&#233;e par les doutes qui p&#232;sent sur l'avenir de l'automobile et de ses motorisations. Ce qui &#233;tait du domaine de la prospective hypoth&#233;tique devient une donn&#233;e qui d&#233;termine les pratiques de toute cette industrie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; La d&#233;pression actuelle, r&#233;v&#233;latrice d'une crise structurelle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les attaques sociales observ&#233;es en ce dernier trimestre 2008 sont d'autant plus violentes qu'elles ne se contentent pas de r&#233;pondre aux baisses observ&#233;es ces derniers mois, elles anticipent une crise de longue dur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industrie automobile est en effet confront&#233;e de fa&#231;on structurelle &#224; une crise de d&#233;bouch&#233;s qui se manifeste de trois points de vue : une crise de d&#233;bouch&#233;s classique au sens o&#249; les produits de cette industrie ne trouvent pas d'acheteurs &#224; leur prix de vente compte tenu des pressions sur les salaires dans les pays capitalistes d&#233;velopp&#233;s, une crise li&#233;e aux types de voitures demand&#233;es potentiellement dans les pays qui aujourd'hui tirent la production et la consommation mondiale, et enfin la crise de l'environnement qui tend &#224; rendre obsol&#232;te le mode de propulsion qui a assur&#233; l'essor de l'industrie automobile depuis plus d'un si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette crise des d&#233;bouch&#233;s aiguise la concurrence entre firmes internationalis&#233;es sur les march&#233;s &#171; traditionnels &#187; des pays d&#233;velopp&#233;s mais aussi dans les autres pays, &#224; commencer par le principal &#171; nouveau &#187; march&#233; en croissance, celui de la Chine. Avant m&#234;me le d&#233;clenchement de la crise de l'automne 2008, les surcapacit&#233;s de production &#233;taient manifestes. Seulement 54 % des capacit&#233;s de production de Renault en Europe occidentale &#233;taient utilis&#233;es au premier semestre 2008 [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La concurrence est tellement vive que chaque grand groupe joue, dans cet univers impitoyable, la carte de sa survie. Il n'y a plus d'oligopole stabilis&#233; qui contr&#244;lerait production et march&#233;s. Les menaces qui p&#232;sent &#224; court terme sur le devenir de General Motors ou de Chrysler illustrent bien la fragilit&#233; de l'oligopole mondial aujourd'hui en d&#233;confiture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mergence de nouvelles firmes en provenance de la Chine ou de l'Inde va concurrencer les firmes install&#233;es, accroissant donc au plan mondial les surcapacit&#233;s de production. Une nouvelle r&#233;partition des rapports de force entre constructeurs automobiles et &#233;quipementiers se fait jour depuis une quinzaine d'ann&#233;es. Dans les domaines de l'&#233;lectronique embarqu&#233;e ou des technologies de substitution au p&#233;trole, certaines firmes vont renforcer leurs positions du fait des difficult&#233;s financi&#232;res des constructeurs automobiles traditionnels.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; L'internationalisation des march&#233;s et des produits n'avance pas aussi vite que la mondialisation du capital&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La mondialisation des march&#233;s est encore inachev&#233;e au sens o&#249; les m&#234;mes voitures ne sont ni produites ni vendues dans tous les continents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le doublement observ&#233; de la production automobile dans les trente derni&#232;res ann&#233;es n'est homog&#232;ne ni dans le temps, ni selon les zones g&#233;ographiques. Aux &#201;tats-Unis, la production a baiss&#233; de 15 % au cours des trente derni&#232;res ann&#233;es et cela de mani&#232;re continue tout au long de la p&#233;riode. Dans toute l'Europe, la production a augment&#233; de 60 %, mais en Europe occidentale, elle est stabilis&#233;e depuis vingt ans, l'Europe centrale ayant pris le relais de la croissance depuis 1990. Au Japon, l'essentiel de la croissance interne a eu lieu entre 1975 et 1990. Le ph&#233;nom&#232;ne le plus marquant de la derni&#232;re d&#233;cennie est l'irruption de la Chine qui devrait dans moins de cinq ans produire plus de voitures que le Japon ou les &#201;tats-Unis et devenir ainsi la deuxi&#232;me entit&#233; mondiale productrice d'automobiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance de la production mondiale ne s'accompagne pas d'un accroissement en proportion des &#233;changes. Les voitures sont majoritairement fabriqu&#233;es pour &#234;tre vendues sur place, &#224; l'&#233;chelle de pays ou de groupes de pays. La tendance est ainsi au rapprochement entre grandes zones de production et grandes zones de vente. En cons&#233;quence, il n'y a pas de zone g&#233;ographique vers lesquelles se d&#233;localiserait la majorit&#233; de la production pour &#234;tre ensuite revendue dans le reste du monde. Telle est la r&#233;alit&#233; en 2007 &#224; la veille de l'irruption de la crise de 2008.&lt;/p&gt;
&lt;table border=5&gt; &lt;tr&gt; &lt;td&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt; Europe Import &lt;/td&gt; &lt;td&gt;Europe Export &lt;/td&gt; &lt;td&gt; USA Import&lt;/td&gt; &lt;td&gt; USA Export &lt;/td&gt; &lt;td&gt; Japon Import&lt;/td&gt; &lt;td&gt; Japon Export &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt;&lt;tr&gt; &lt;td&gt; 1990 &lt;/td&gt; &lt;td&gt;12 % &lt;/td&gt; &lt;td&gt;20 %&lt;/td&gt; &lt;td&gt;29 % &lt;/td&gt; &lt;td&gt;3 %&lt;/td&gt; &lt;td&gt;1 % &lt;/td&gt; &lt;td&gt; 55 % &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt;&lt;tr&gt; &lt;td&gt; 2007 &lt;/td&gt; &lt;td&gt;14 % &lt;/td&gt; &lt;td&gt; 20 %&lt;/td&gt; &lt;td&gt; 30 %&lt;/td&gt; &lt;td&gt;13 % &lt;/td&gt; &lt;td&gt; 2 % &lt;/td&gt; &lt;td&gt; 55 % &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt;&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Source : [&lt;a href=&#034;http://www.acea.be/index.php/collection/statistics&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.acea.be/index.php/collection/statistics&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La part des exportations de la production europ&#233;enne automobile vers le reste du monde est rest&#233; &#233;tonnamment stable autour de 20 % du total produit dans le continent, celle de ses importations passant de 12 % &#224; 14 %. Les exportations japonaises vers le reste du monde sont, elles aussi rest&#233;es au niveau de 55 % de la production car c'est avant 1980 que la croissance des exportations de v&#233;hicules japonais a eu lieu. En ce qui concerne les &#201;tats-Unis, la part des importations est rest&#233;e au niveau de 20 % du total de la production. L'irruption de la Chine au cours de la derni&#232;re d&#233;cennie ne contredit pas jusqu'&#224; pr&#233;sent cette tendance puisque la grande majorit&#233; des voitures produites en Chine est destin&#233;e au march&#233; int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mondialisation de l'industrie automobile a &#233;t&#233; celle des firmes qui ont cr&#233;&#233; filiales et usines hors de leurs territoires d'origine et qui se sont lanc&#233;es dans de nombreuses op&#233;rations de fusion-restructuration. Cette internationalisation croissante des firmes rend encore plus synchrones les crises observ&#233;es actuellement. Alors que dans la d&#233;cennie 1990, la pr&#233;sence sur plusieurs continents &#233;tait pr&#233;sent&#233;e comme une &#171; assurance &#187; contre des variations trop fortes dans l'un des pays, la simultan&#233;it&#233; de la crise cumule ses effets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette internationalisation a d'abord concern&#233; les march&#233;s les plus profitables, c'est-&#224;-dire la triade constitu&#233;e par l'Am&#233;rique du Nord, l'Europe occidentale et le Japon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les firmes am&#233;ricaines ne produisent plus que la moiti&#233; de leur production aux &#201;tats-Unis. Aux filiales existantes en Europe depuis 1945 (Ford, Opel et Vauxhall), se sont ajout&#233;es des activit&#233;s dans le continent sud-am&#233;ricain, en Chine et des rachats d'entreprises, General Motors &#233;tant ainsi la firme am&#233;ricaine la plus engag&#233;e dans cette strat&#233;gie d'implantation mondialis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les firmes japonaises pratiquent le m&#234;me type de d&#233;ploiement. Depuis 2005, plus de la moiti&#233; des voitures de marques japonaises est produite en dehors du Japon dans des usines situ&#233;es au plus pr&#232;s de leurs d&#233;bouch&#233;s. C'est le cas aux &#201;tats-Unis et en Europe o&#249; l'augmentation des ventes de voitures japonaises s'est faite &#224; partir de voitures produites sur place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industrie automobile europ&#233;enne s'internationalise de la m&#234;me fa&#231;on avec des implantations privil&#233;gi&#233;es en Am&#233;rique latine et en Chine. Elle dispose &#224; son voisinage d'un nouvel espace de d&#233;veloppement, celui constitu&#233; par les pays ex-staliniens. L'attirance qui am&#232;ne tous les constructeurs europ&#233;ens &#224; y construire des usines est li&#233; &#224; l'int&#233;r&#234;t imm&#233;diat pour le patronat de disposer de travailleurs qualifi&#233;s aux salaires plus faibles qu'en Europe occidentale, mais aussi &#224; la politique g&#233;n&#233;rale visant &#224; rapprocher la production des nouveaux march&#233;s. C'est bien la combinaison de ces deux facteurs qui explique cette &#171; ru&#233;e vers l'Est &#187;. La production d'automobiles en Europe centrale et orientale a atteint en 2007 le volume de 2 900 000 v&#233;hicules alors que les ventes ne d&#233;passaient pas 1 300 000 unit&#233;s. La plupart des pays de cette zone connaissent des nouvelles implantations : Pologne, Tch&#233;quie, Slovaquie, Roumanie et Slov&#233;nie. Les &#233;carts de d&#233;veloppement et de motorisation automobile entre les deux parties du continent europ&#233;en indiquent que les ventes de voitures augmenteront davantage en Europe centrale, mais il s'agira de voitures plus petites qui g&#233;n&#232;rent moins de profit que le type de mod&#232;les ayant assur&#233; la rentabilit&#233; des firmes automobiles dans les d&#233;cennies pr&#233;c&#233;dentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compar&#233;e &#224; la politique du leader europ&#233;en Volkswagen VAG, l'industrie automobile fran&#231;aise a particip&#233; avec retard &#224; ce d&#233;ploiement. Mais maintenant les deux groupes fran&#231;ais PSA et Renault r&#233;alisent la majorit&#233; de leur production et de leurs ventes en dehors de leur base historique nationale, les deux groupes restant encore majoritairement europ&#233;ens. En ce qui concerne Renault, 35 % de ses ventes sont r&#233;alis&#233;es hors d'Europe contre 15 % en 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne Renault, moins de 50 % de sa production de voitures s'effectue aujourd'hui en France, mais ce ph&#233;nom&#232;ne accompagne l'internationalisation des ventes &#224; destination de l'Europe et du reste du monde. Tous les constructeurs europ&#233;ens sont dans la m&#234;me situation par rapport &#224; leur pays historique, ph&#233;nom&#232;ne amplifi&#233; par les transferts intra-europ&#233;ens en raison de la nouvelle croissance en Europe de l'Est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Internationalisation du capital et stabilit&#233; des &#233;changes entre grandes zones g&#233;ographiques : l'argument selon lequel la crise actuelle serait due &#224; la concurrence de nouveaux pays &#233;mergents n'est donc pas recevable. Des pays comme la Chine ou l'Inde auraient l'arrogance de ne pas vouloir devenir zones franches de conqu&#234;te pour les industries traditionnelles ! Les racines de la crise sont bien &#224; trouver au c&#339;ur m&#234;me du fonctionnement des &#233;conomies capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; Une crise des d&#233;bouch&#233;s pour les industries automobiles&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie des grandes firmes mondialis&#233;es est ainsi prise &#224; contre-pied. En effet depuis les ann&#233;es 1990, celles-ci ont voulu maintenir leurs profits par le rench&#233;rissement en terme d'&#233;quipement et de prix de chaque automobile, faute de pouvoir augmenter le nombre de ventes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le savoir-faire de la plupart des firmes s'est orient&#233; vers la fabrication de voitures de plus en plus sophistiqu&#233;es et ch&#232;res. C'est &#224; contre-courant de la tendance observ&#233;e dans tout le reste de l'industrie manufacturi&#232;re avec des prix de vente finaux sans cesse d&#233;croissants. L'automobile devient ainsi tellement inaccessible &#224; la consommation finale du plus grand nombre qu'en Europe occidentale le tiers des voitures neuves produites est vendu aux compagnies de location longue et courte dur&#233;e, et aux entreprises pour les besoins de leurs propres activit&#233;s de d&#233;placement ainsi que pour le service de leurs cadres privil&#233;gi&#233;s. [3]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les p&#233;riph&#233;ries urbaines de plus en plus vastes g&#233;ographiquement, pour aller au travail ou faire ses courses, une automobile est indispensable. Mais celle-ci est de plus une voiture d'occasion dont l'&#226;ge moyen ne cesse d'augmenter, facteur qui agit dans le sens d'une baisse des ventes de voitures neuves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La stagnation des march&#233;s de vente observ&#233;e depuis les ann&#233;es 1990 en Europe occidentale, aux &#201;tats-Unis et au Japon s'est transform&#233;e dans les ann&#233;es r&#233;centes en tendance &#224; la baisse du fait de l'exclusion croissante de la majorit&#233; des salari&#233;s pr&#233;caris&#233;s de l'achat d'une voiture neuve. Les automobiles neuves telles qu'elles sont con&#231;ues et fabriqu&#233;es aujourd'hui trouvent de moins en moins d'acheteurs dans les pays capitalistes d&#233;velopp&#233;s. Les firmes mondialis&#233;es sont de moins en moins capables de trouver des d&#233;bouch&#233;s rentables aux types de produits issus de leurs bureaux d'&#233;tudes et de leurs anciennes usines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que la consommation d'automobiles &#233;tait dans ces nouveaux pays &#233;mergents le fait de couches tr&#232;s peu nombreuses aux revenus exorbitants, les mod&#232;les produits dans les usines am&#233;ricaines ou europ&#233;ennes pouvaient encore y trouver des d&#233;bouch&#233;s. L'exemple limite est celui fourni par les luxueuses Mercedes vendues dans les p&#233;tro-monarchies du Moyen-Orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accroissement du nombre d'acheteurs potentiels d'automobiles neuves conduit &#224; r&#233;orienter la demande de voitures vers des mod&#232;les moins luxueux, type de mod&#232;les progressivement abandonn&#233;s par les grandes firmes mondialis&#233;es. En effet, la plus grande part de la croissance de la production automobile mondiale devrait &#234;tre celle des consommateurs des march&#233;s &#233;mergents, pour qui le facteur prix est crucial. Des v&#233;hicules tels que la Tata Nano fabriqu&#233;e en Inde ou d'autres produits &#224; bas co&#251;t devraient attirer des millions de consommateurs vers le march&#233; automobile. Lors du salon de l'automobile de Shanghai en avril 2007, le patron de Suzuki, M. Hiroshi Tsuda, n'avait pas cach&#233; son int&#233;r&#234;t &#224; l'&#233;gard des mod&#232;les pr&#233;sent&#233;s par les Chinois, estimant que ces derniers &#233;taient d&#233;sormais en mesure de prendre des parts sur les march&#233;s ext&#233;rieurs, notamment dans les pays &#233;mergents, o&#249; l'exigence principale reste le prix [4].&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; Le double bang de l'augmentation du prix du p&#233;trole et de la crise financi&#232;re vise une industrie d&#233;j&#224; en crise&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce double bang a connu ses premi&#232;res d&#233;flagrations aux &#201;tats-Unis. Comme l'industrie automobile am&#233;ricaine condensait la plupart des facteurs de la crise et qu'elle &#233;tait donc particuli&#232;rement fragile, elle est celle qui est la plus touch&#233;e avec les cons&#233;quences les plus imm&#233;diates et les plus d&#233;vastatrices pour des millions de travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise du cr&#233;dit et l'augmentation des prix du p&#233;trole jusqu'&#224; 150 dollars le baril &#224; l'&#233;t&#233; 2008 ont &#233;t&#233; les d&#233;tonateurs cumul&#233;s de la crise : les d&#233;tonateurs, pas la cause. Les baisses de vente observ&#233;es au deuxi&#232;me semestre 2008 sur le march&#233; nord-am&#233;ricain ont certes &#233;t&#233; importantes, de l'ordre de moins 20 % par rapport aux mois comparables de l'ann&#233;e 2007, mais leur niveau s'inscrit dans l'histoire tourment&#233;e d'une industrie cyclique. Le singulier de la situation r&#233;side dans le fait que cet &#233;v&#233;nement a mis General Motors et Chrysler en situation de quasi-faillite. Sans l'apport des fonds publics qu&#233;mand&#233;s aupr&#232;s du Congr&#232;s et de l'administration Bush, l'ancienne premi&#232;re firme industrielle des &#201;tats-Unis aurait &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;e en faillite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise automobile am&#233;ricaine vient de loin. Les trois grands constructeurs am&#233;ricains, General Motors, Ford et Chrysler n'ont cess&#233; de perdre du terrain depuis trente ans. Le premier avertissement fut lanc&#233; en 1975 apr&#232;s le premier choc p&#233;trolier : c'en &#233;tait fini des belles am&#233;ricaines rutilantes de chrome des ann&#233;es 1950 et 1960. Les constructeurs am&#233;ricains furent, &#224; ce moment, contraints de produire des voitures plus petites. Ce fut le ph&#233;nom&#232;ne du &#171; downsizing &#187; qui n'emp&#234;cha pas les constructeurs am&#233;ricains d'&#234;tre soumis &#224; la nouvelle concurrence des marques japonaises. Le profit &#224; gagner de chaque voiture baissa &#224; proportion de la baisse moyenne du prix de la voiture. Faute d'un &#233;largissement de leur march&#233; int&#233;rieur et pour restaurer leurs profits, l'essor des 4X4 et autres voitures du m&#234;me type au cours des ann&#233;es 1980 et 1990 permit de restaurer les profits. Mais cette solution n'a pas permis aux constructeurs am&#233;ricains de maintenir durablement leur position concurrentielle : la d&#233;monstration en est apport&#233;e aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, ce march&#233; de voitures ch&#232;res, gourmandes en p&#233;trole et volumineuses, a vite atteint ses limites aux &#201;tats-Unis comme dans les autres pays d&#233;velopp&#233;s. Les cons&#233;quences des restrictions salariales, aux &#201;tats-Unis comme dans le reste des pays capitalistes, en ont r&#233;duit le nombre potentiel d'acheteurs. De plus, les zones les plus urbanis&#233;es du Nord-Est am&#233;ricain et de la Californie se d&#233;tournaient de ces mod&#232;les dispendieux et les exportations de ce type de mod&#232;les n'&#233;taient pas envisageables &#224; grande &#233;chelle en raison de leur co&#251;t d'achat et d'utilisation. Produire le m&#234;me nombre de voitures, mais individuellement plus ch&#232;res n'a donc pas permis la relance d'une augmentation des profits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 2000, la tendance, d&#233;j&#224; observable depuis deux d&#233;cennies, s'est amplifi&#233;e avec le commencement de la chute pour Ford, GM et Chrysler et cela dans cet ordre croissant de d&#233;route. C'est en 2007, il y a seulement un an, que GM a d&#251; c&#233;der sa place de premier constructeur automobile mondial &#224; Toyota.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour enrayer ce d&#233;clin, le patronat de Detroit s'effor&#231;a aussi d'augmenter l'intensification du travail et de r&#233;duire les co&#251;ts salariaux de fabrication. Les effectifs des membres de l'UAW, c'est-&#224;-dire les salari&#233;s couverts par les conventions collectives de la branche automobile, sont pass&#233;s de 1 500 000 en 1979 &#224; 500 000 en 2007. Le nombre d'ouvriers de GM est pass&#233; de 110 000 en 2006 &#224; seulement 55 000 en cette fin d'ann&#233;e 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On oublie trop que l'industrie automobile am&#233;ricaine ne se r&#233;duit plus aux trois grandes firmes de Detroit. A l'int&#233;rieur des seuls &#201;tats-Unis, en 2007, les firmes japonaises ont produit pr&#232;s du quart du total des v&#233;hicules fabriqu&#233;s. Toyota dispose ainsi de 13 implantations en Am&#233;rique du Nord dans des &#201;tats &#233;loign&#233;s de la base historique de Detroit, les usines les plus importantes &#233;tant dans l'Indiana, au Kentucky, au Texas et en Virginie. A l'int&#233;rieur de la zone ALENA incluant le Canada et le Mexique, les trois grandes firmes &#233;tats-uniennes ne produisaient plus en 2007 que la moiti&#233; du total fabriqu&#233;. Le d&#233;clin de l'empire automobile am&#233;ricain &#233;tait bien entam&#233; et cela avant le dernier semestre 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en faillite d'une entreprise de la taille de GM ou de Chrysler est, bien s&#251;r, une d&#233;cision de caract&#232;re politique mobilisant l'appareil d'&#201;tat de la bourgeoisie, arbitrant pour ce faire entre des int&#233;r&#234;ts contradictoires. Le co&#251;t social d'une mise en faillite serait consid&#233;rable en terme de liquidation de nombre d'accords n&#233;goci&#233;s entre le syndicat majoritaire unique, l'UAW et une entreprise n'ayant plus &#224; r&#233;pondre de ses engagements. Elle p&#233;naliserait aussi toutes les petites, moyennes et grandes entreprises d&#233;pendantes des constructeurs. Mais les avantages seraient aussi tr&#232;s int&#233;ressants pour d'autres fractions du capital. La faillite juridique serait un moyen de s'en prendre d&#233;finitivement aux accords pass&#233;s lors la p&#233;riode de splendeur de l'industrie automobile. Ce serait aussi une issue offerte &#224; tous ces capitaux qui cherchent &#224; s'investir dans les entreprises ou les branches les plus rentables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les subventions vers&#233;es par l'administration Bush ont une contrepartie demand&#233;e non pas aux actionnaires ou aux superdirigeants mais aux ouvriers et salari&#233;s. Les avantages, dont ils disposent encore, pourtant consciencieusement rogn&#233;s depuis une vingtaine d'ann&#233;es, sont pr&#233;sent&#233;s comme la source des difficult&#233;s actuelles. L'exemple sur le sol m&#234;me des &#201;tats-Unis des nouvelles usines japonaises est brandi pour sugg&#233;rer que des organisations plus rentables sont possibles pour produire des voitures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, les usines construites par les firmes japonaises Toyota, Honda et Nissan emploient des travailleurs qui sont hors des conventions collectives sign&#233;es par le syndicat de l'UAW. Aujourd'hui, le salaire horaire brut pay&#233; en moyenne par GM est &#233;gal &#224; celui pay&#233; par Toyota, &#224; savoir 30 dollars. Mais le co&#251;t salarial total d'un ouvrier de GM est estim&#233; &#224; 69 dollars en y incluant les d&#233;penses totales de retraite (pensions vers&#233;es aux 432 000 retrait&#233;s et &#224; leurs &#233;pouses ), et les d&#233;penses de sant&#233;. Les m&#234;mes d&#233;penses sont estim&#233;es chez Toyota &#224; 48 dollars. Ces donn&#233;es &#171; officielles &#187; indiquent clairement le sens des mesures en pr&#233;paration : sous le couvert d'une mise en faillite ou en contrepartie des milliards de dollars allou&#233;s par l'administration Bush, s'en prendre &#224; ce qui reste des avantages sociaux des salari&#233;s de l'industrie automobile am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme dans les autres pays, les ouvriers am&#233;ricains ne sont pour rien dans les choix tout orient&#233;s vers le profit &#224; court terme des actionnaires et vers la production d'automobiles de plus en invendables. Alors qu'actionnaires et responsables patronaux ont failli dans tous les sens du terme, c'est aux ouvriers et salari&#233;s que l'on veut faire payer la note de la d&#233;route. L'administration Bush a finalement accord&#233; vingt milliards de dollars &#224; General Motors et &#224; Chrysler. Mais rien n'est r&#233;gl&#233;. Les trois constructeurs de Detroit ont en effet, en contrepartie des milliards de dollars de fonds publics re&#231;us, l'obligation de faire la preuve qu'ils sont capables d'&#234;tre rentables avant le 31 mars 2009 Cela veut dire qu'ils doivent proposer des mesures de restructuration avant cette date. Ce sont plus de deux millions d'emplois qui sont menac&#233;s chez les trois grandes firmes et leurs sous-traitants. Faillite ou pas, le d&#233;mant&#232;lement de pans entiers de cette branche d'industrie est inscrit dans les projets du capital.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; La mont&#233;e de l'industrie automobile chinoise consacre la fin de la triade qui a domin&#233; le monde automobile&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec la crise de l'empire automobile am&#233;ricain et l'irruption au cours de la derni&#232;re d&#233;cennie de la Chine, la triade &#171; classique &#187; &#201;tats-Unis&#8211;Europe&#8211;Japon a perdu son h&#233;g&#233;monie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'industrie automobile chinoise arrivent de nouveaux concurrents capitalistes qui vont alimenter la crise de surcapacit&#233;s de production et bloquer le d&#233;veloppement du march&#233; chinois comme eldorado offert &#224; tous les pr&#233;dateurs de la triade anciennement dominante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industrie automobile chinoise se d&#233;veloppe au travers d'entreprises capitalistes aux pratiques particuli&#232;res. La situation chinoise se distingue en effet de celles observ&#233;es lors des phases de conqu&#234;tes de nouveaux march&#233;s automobiles dans les d&#233;cennies pr&#233;c&#233;dentes. En Am&#233;rique Latine, notamment en Argentine et au Br&#233;sil, et dans les diff&#233;rents territoires de conqu&#234;te en Europe (p&#233;ninsule ib&#233;rique puis Europe centrale) les grandes firmes internationalis&#233;es ont cr&#233;&#233; des soci&#233;t&#233;s filiales en toute libert&#233; d'installation. Les activit&#233;s de production et de vente sur place g&#233;n&#233;raient leur propre profit consolid&#233; ensuite au plan mondial dans les r&#233;sultats des firmes. Les productions sur place n'&#233;taient pas compl&#232;tement int&#233;gr&#233;es, g&#233;n&#233;rant ainsi un nouveau gisement d'activit&#233;s et de profit par la fabrication de pi&#232;ces dans les pays m&#233;tropoles ensuite r&#233;exp&#233;di&#233;es &#224; fin d'assemblage dans les nouvelles implantations. Cela ne se reproduit pas &#224; l'identique en Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en 1981 que P&#233;kin a autoris&#233; les constructeurs automobiles &#233;trangers &#224; s'installer en Chine, mais uniquement &#224; travers des joint-ventures. Les dirigeants chinois au plan central et r&#233;gional disposent gr&#226;ce &#224; ces associations de moyens de contr&#244;le sur leurs partenaires et sur la formation des profits. D'autre part des droits de douane dissuasifs frappent l'importation de pi&#232;ces d&#233;tach&#233;es pour inciter les joint-ventures &#224; recourir &#224; des fabrications de pi&#232;ces sur place. Cela contribue &#224; mettre en place le r&#233;seau d'une industrie automobile impliquant usines d'assemblage et fabrication de pi&#232;ces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les acteurs les plus notables dans l'essor de la production chinoise au travers de ces joint-ventures sont General Motors et Volkswagen VAG., avec Toyota devenant tr&#232;s pr&#233;sent depuis quelques ann&#233;es. Les relations entre &#171; joint-ventures &#187; peuvent &#234;tre crois&#233;es : la m&#234;me entreprise chinoise peut contracter avec diff&#233;rentes firmes &#233;trang&#232;res au travers de structures cr&#233;&#233;es pour chaque partenariat ; la m&#234;me entreprise &#233;trang&#232;re peut contracter plusieurs joint-ventures avec plusieurs entreprises chinoises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le 8 juin 1982 que Volkswagen et le gouvernement ont sign&#233; un accord de partenariat pour une usine d'assemblage de v&#233;hicule. VAG est maintenant partie prenante de deux joint-ventures, SAIC Volkswagen et FAW Volkswagen. La premi&#232;re association dispose de trois sites de production et la seconde de deux sites d'assemblage et d'usines de moteurs et de bo&#238;tes de vitesse. VAG &#233;tait ainsi devenu l'un des deux premiers constructeurs avec un total de 855 000 voitures produites en 2007. Ce qui repr&#233;sente 14 % du total de la production de la firme allemande. En 2008 VAG est le premier constructeur produisant en Chine avec pr&#232;s d'un million de voitures r&#233;parties pour moiti&#233; entre ses deux joint-venture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;General Motors est engag&#233; dans un autre joint-venture cr&#233;&#233; depuis 1998, SAIC-GM, qui produit des Buick et des Chevrolet. En 2007, celui-ci avait vendu 500 000 v&#233;hicules. De plus GM importe directement des v&#233;hicules fabriqu&#233;s ailleurs et a vendu avec ces deux canaux 989 000 v&#233;hicules en 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Chine comme sur le terrain mondial GM s'est fait d&#233;passer en 2008 par Toyota qui dispose de deux relais : FAW Toyota et GAC Toyota. Son objectif est d'atteindre le million de voitures en 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces types d'association sont tr&#232;s rentables pour les firmes &#233;trang&#232;res. Le 30 mai 2005, l'ambassadeur de Chine &#224; Paris d&#233;clarait : &#171; trois quarts d'implantations am&#233;ricaines en Chine dressent un bilan positif en 2004, dont 42 % r&#233;alisent un taux de rentabilit&#233; sup&#233;rieur &#224; celui du niveau mondial. L'allemand Volkswagen r&#233;alise un quart de son profit op&#233;rationnel en Chine &#224; travers son joint-venture. &#187; [5]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce type d'accords n'est plus le moyen exclusif de d&#233;veloppement de l'industrie automobile chinoise. Des constructeurs chinois commencent &#224; &#233;merger et se pr&#233;parent &#224; jouer un r&#244;le dans la concurrence capitaliste mondialis&#233;e. Geely et Chery sont parmi ceux-ci. Avec 180 000 voitures, le volume de leur production est toutefois encore tr&#232;s faible compar&#233; &#224; celui des joint-ventures. Les quatre constructeurs chinois &#233;tatiques (BAW/BAIC, DongFeng, FAW et SAIC) pourraient eux aussi se d&#233;velopper prochainement sans joint-ventures. Les associations possibles avec des firmes capitalistes occidentales pourront &#234;tre dans un rapport de d&#233;pendance invers&#233;e avec le rachat d'entreprises &#233;trang&#232;res en difficult&#233; ne trouvant pas de repreneurs dans leurs territoires d'origine. La concurrence n'en sera que renforc&#233;e d'abord sur le march&#233; chinois, pour s'&#233;largir ensuite au march&#233; mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette concurrence s'exacerbera d'abord en Chine. Le type de d&#233;veloppement choisi par les dirigeants chinois privil&#233;gie en effet la concurrence comme stimulant &#224; l'augmentation de la productivit&#233;. Les joint-ventures sont des lieux de partage d'un savoir-faire technique mais aussi un lieu de partage d'exp&#233;riences en mati&#232;re d'exploitation ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les constructeurs chinois b&#233;n&#233;ficient de faibles co&#251;ts salariaux. A titre d'exemple : 3,50 dollars de co&#251;t horaire chez Geely. Il existe une f&#233;roce surench&#232;re des politiques salariales d'une province &#224; l'autre. Moins d&#233;velopp&#233;es, les provinces int&#233;rieures offrent des co&#251;ts tr&#232;s bas. C'est le cas de la province de Jianxi o&#249; les co&#251;ts horaires sont inf&#233;rieurs au dollar, et o&#249; s'implantent de nouvelles usines automobiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a donc pas de tendance naturelle ou spontan&#233;e &#224; une augmentation des salaires dans le contexte d'une augmentation de la production. Mais les revendications pour des augmentations de salaires et l'am&#233;lioration des conditions de travail s'expriment de fa&#231;on plus collective et organis&#233;e dans les grandes concentrations ouvri&#232;res constitu&#233;es par les usines automobiles : cette observation valable sur tous les continents depuis pr&#232;s d'un si&#232;cle s'applique, bien s&#251;r, &#224; la Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les facteurs expliquant le d&#233;veloppement de la crise de l'automobile vont aussi agir en Chine, m&#234;me si c'est de fa&#231;on d&#233;form&#233;e, &#224; partir du moment o&#249; ce pays se trouve plong&#233; dans les contradictions et l'exploitation propres aux &#233;conomies capitalistes. La rapidit&#233; avec laquelle la Chine a support&#233; les premi&#232;res manifestations de la crise mondiale de l'automobile montre bien que ce pays est immerg&#233; dans la concurrence capitaliste et ses crises.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'industrie automobile parmi les responsables de la crise de l'environnement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'industrie automobile n'est pas seulement confront&#233;e &#224; une crise de d&#233;bouch&#233;s rentables et &#224; l'exacerbation de la concurrence entre firmes, elle est aussi directement impliqu&#233;e par les menaces qui p&#232;sent sur le climat et la fin programm&#233;e de la croissance de l'extraction du p&#233;trole utilis&#233; par les moteurs thermiques des automobiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le milliard de voitures aujourd'hui en circulation sur la plan&#232;te est le plus grand consommateur de p&#233;trole. En effet, le secteur des transports repr&#233;sente environ la moiti&#233; de toute la consommation mondiale en p&#233;trole, les transports routiers assurant &#224; eux seuls 80 % de cette moiti&#233;. Ils ne repr&#233;sentaient que le tiers de la consommation totale de p&#233;trole en 1971, ce qui montre que le secteur des transports est celui o&#249; il existe aujourd'hui le moins de substitut &#224; l'usage du p&#233;trole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En raison des d&#233;g&#226;ts que cause la pollution g&#233;n&#233;r&#233;e par la combustion du carburant essence, et de la fin du p&#233;trole comme &#233;nergie abondante, l'automobile telle qu'elle existe depuis un si&#232;cle voit son avenir remis en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le bilan d'&#233;missions mondiales de CO2, le secteur des transports est le deuxi&#232;me responsable avec 21 % du total des &#233;missions. Celles qu'il &#233;met sont les plus difficiles &#224; combattre. Le transport est en effet une source mobile et dispers&#233;e d'&#233;missions de gaz &#224; effet de serre et de polluants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au-del&#224; de ce diagnostic technique, ce qui &#233;tait accept&#233; ou tol&#233;r&#233; dans les d&#233;cennies pr&#233;c&#233;dentes devient socialement inacceptable. L'usage de l'automobile se trouve confront&#233; &#224; un ensemble de nouvelles contraintes caus&#233;es par ce refus social croissant de la pollution automobile. Il est vrai que chaque nouvelle automobile produite est moins polluante que par le pass&#233;. Mais l'industrie automobile est toujours &#224; la tra&#238;ne et ne fait que suivre les normes &#233;tablies par les diff&#233;rentes autorit&#233;s publiques. L'application de ces normes rench&#233;rit encore le prix des voitures neuves alors que l'une des causes d&#233;terminantes de la crise est l'incapacit&#233; de l'industrie automobile &#224; trouver des d&#233;bouch&#233;s &#224; sa production de voitures trop ch&#232;res. La contradiction entre le mode d'appropriation individuelle des automobiles et le co&#251;t croissant de son usage social ne cesse de s'approfondir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rench&#233;rissement du prix du p&#233;trole est un autre facteur de crise. Au-del&#224; des fluctuations qui caract&#233;risent aujourd'hui l'&#233;volution du prix du p&#233;trole brut, et cela en cons&#233;quence de la crise financi&#232;re mondiale, une nouvelle p&#233;riode s'ouvre. Le pic de la production mondiale appartient d'ores et d&#233;j&#224; &#224; l'horizon de la pr&#233;vision, m&#234;me si la date ne peut en &#234;tre fix&#233;e avec certitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'important n'est pas la date exacte mais tient au fait que l'&#233;ch&#233;ance du pic de production appartient d'ores et d&#233;j&#224; &#224; l'horizon de la pr&#233;vision. Les calendriers sont tr&#232;s divers dans l'industrie automobile : la dur&#233;e de la conception d'un moteur et de son industrialisation peuvent atteindre une dizaine d'ann&#233;es. Dans la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente le moteur de Renault &#171; Cl&#233;on Fonte &#187; a &#233;t&#233; fabriqu&#233; pendant quarante ans de 1962 &#224; 2004, &#233;quipant notamment R4, R6, Twingo et Clio. Les moteurs con&#231;us et fabriqu&#233;s aujourd'hui par l'industrie automobile seront encore en circulation lorsque le pic de production de p&#233;trole aura &#233;t&#233; atteint et d&#233;pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il y aura encore production et consommations de p&#233;trole pendant des d&#233;cennies. Mais le seuil que repr&#233;sentera le franchissement dans les prochaines ann&#233;es du pic maximal de production de p&#233;trole entra&#238;nera un changement dans les comportements et les niveaux de prix. Les myopes et les irresponsables sont ceux qui ne prennent pas en compte cette r&#233;alit&#233; qui devrait pourtant s'imposer &#224; tous.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; La fausse r&#233;ponse &#233;cologique du v&#233;hicule &#233;lectrique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, la solution peut-elle &#234;tre trouv&#233;e, pour relancer une industrie en crise, dans le d&#233;veloppement de la voiture &#233;lectrique comme substitut au moteur thermique ? Toutes les grandes firmes automobiles vont maintenant explorer cette nouvelle voie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si des voitures avec d'autres modes de propulsion que le moteur thermique ne sont pas aujourd'hui vendues en nombre cons&#233;quent, c'est que l'industrie automobile ne s'est pas pr&#233;occup&#233;e d'investir en ce domaine lorsqu'il &#233;tait temps et que cela &#233;tait possible. Les gains des p&#233;riodes pr&#233;c&#233;dentes ont &#233;t&#233; redistribu&#233;s en dividendes aux actionnaires et investis dans d'autres domaines. Les investissements ont &#233;t&#233; concentr&#233;s sur l'enrichissement &#224; fondement technologique inchang&#233; de produits toujours plus sophistiqu&#233;s. Ce qui n'a pas &#233;t&#233; accompli pendant les p&#233;riodes de croissance, qui pourrait croire qu'une industrie l'accomplira en pleine crise et en situation de concurrence toujours exacerb&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les voitures &#233;lectriques qui seront vendues dans les cinq ans qui viennent seront lourdes, ch&#232;res, peu autonomes et tr&#232;s gourmandes en &#233;lectricit&#233;. Renault parle d'une &#171; rupture rapide &#187; dans le d&#233;ploiement des v&#233;hicules &#233;lectriques avec un parc de 100 000 v&#233;hicules de ce type en France en 2015 [6]. Ayons le sens des proportions, cet objectif signifie moins de 20 000 voitures &#233;lectriques vendues par an en France soit moins de 1 % du total des voitures vendues : on a connu rupture plus rapide ! D'autres pr&#233;visions tablent sur un v&#233;ritable d&#233;marrage &#224; partir de 2015, hypoth&#232;se encore hasardeuse alors que des donn&#233;es basiques comme la vitesse de rechargement des batteries entre deux et huit heures ne sont pas encore ma&#238;tris&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chiffres qui circulent autour d'une possibilit&#233; de production de 300 000 v&#233;hicules en 2020 ont un motif qui a peu de choses &#224; voir avec la pr&#233;servation de l'environnement. Le lobby &#233;lectronucl&#233;aire fran&#231;ais commence &#224; agir et &#233;value, dans le cas d'un parc d'un million de v&#233;hicules &#233;lectriques le besoin annuel en &#233;nergie &#224; pr&#232;s de 12 terawatheures, soit l'&#233;quivalent d'un EPR, ce r&#233;acteur nucl&#233;aire troisi&#232;me g&#233;n&#233;ration&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La piste de la voiture &#233;lectrique individuelle est une fausse r&#233;ponse &#224; la crise de l'environnement. C'est proposer d'&#233;changer la d&#233;pendance du p&#233;trole contre une nouvelle d&#233;pendance de l'&#233;nergie nucl&#233;aire lorsque l'&#233;lectricit&#233; est produite par cette fili&#232;re. Et les ordres de grandeur aujourd'hui avanc&#233;s sont colossaux : un EPR pour la circulation de 3 % du parc automobile ! La couverture de seulement la moiti&#233; du parc automobile supposerait l'investissement d'une quinzaine d'EPR : c'est &#233;videmment hors du domaine du possible. Les solutions trouv&#233;es aujourd'hui en terme de substitut au p&#233;trole pour les voitures individuelles ne sont pas encore g&#233;n&#233;ralisables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des automobiles utilisant une &#233;nergie &#233;lectrique ou des moteurs hybrides (combinaison de moteur &#224; essence et &#233;lectrique) seront produites dans les prochaines ann&#233;es &#224; des centaines de milliers d'unit&#233;s. Il ne s'agira que d'une rustine color&#233;e de vert, en aucun cas d'une r&#233;ponse &#224; la crise structurelle des points de vue &#233;cologique et &#233;conomique. Une automobile &#233;lectrique est aujourd'hui encore plus ch&#232;re &#224; fabriquer. Il y a quelques mois, le mod&#232;le Prius de Toyota utilisant un moteur hybride &#233;tait pr&#233;sent&#233; comme le champion de l'innovation non polluante&#8230; la crise de l'automne 2008 a amen&#233; Toyota a suspendre son projet d'implantation d'une usine d'assemblage dans le Mississipi aux &#201;tats-Unis. Les ventes de ce mod&#232;le ont diminu&#233; de moiti&#233; en novembre-d&#233;cembre 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;veloppement limit&#233; des v&#233;hicules &#233;lectriques, extension des mod&#232;les &#224; bas co&#251;t &#224; l'exemple de la Logan de Renault : ces solutions techniques permettront peut-&#234;tre &#224; quelques-unes des firmes mondialis&#233;es de mieux r&#233;ussir que d'autres. Ce ne seront que des repl&#226;trages qui constitueront probablement de nouvelles opportunit&#233;s pour les nouveaux acteurs capitalistes de la Chine ou de l'Inde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un d&#233;lai incompressible de quelques ann&#233;es entre la mise en &#339;uvre de ces solutions &#233;ventuellement possibles et la crise d'aujourd'hui : c'est maintenant que se d&#233;roulent les fermetures d'usine et les suppressions d'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Plus l'environnement est incertain, plus le travail humain reste la variable sur laquelle le patronat veut disposer d'un pouvoir d'action&lt;br class='autobr' /&gt;
L'industrie europ&#233;enne est confront&#233;e &#224; des restructurations depuis plusieurs d&#233;cennies et les restructurations ont eu pour objectif la pr&#233;servation des profits de cette industrie. Elles ont entra&#238;n&#233; l'augmentation de la productivit&#233; et de l'intensification du travail, la tendance &#224; la d&#233;sint&#233;gration du processus de fabrication des voitures au travers de nouvelles formes de relation-d&#233;pendance avec &#233;quipementiers et sous-traitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des entreprises qui sont encore d&#233;sign&#233;es comme &#171; constructeurs d'automobiles &#187; produisent moins de la moiti&#233; de la valeur &#8212; mati&#232;re et travail humain incorpor&#233;s&#8212; de l'automobile compl&#232;te qui est finalement vendue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La part des salaires dans le chiffre d'affaires de la construction automobile en France, est pass&#233;e de 24 % en 1980 &#224; 10 % en 2000 et 2007 [7]. Cette diminution consid&#233;rable en 25 ans est att&#233;nu&#233;e pour les &#233;quipementiers dont la part des salaires passe de 31 % &#224; 18 % sur la m&#234;me p&#233;riode. Les constructeurs automobiles int&#232;grent directement de moins en moins de travail humain avec les cons&#233;quences connues sur le niveau d'emploi .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le recours aux &#233;quipementiers et sous-traitants est croissant. Les m&#234;mes contraintes de r&#233;duction des stocks et de flexibilit&#233; s'appliquent &#224; ces entreprises fonctionnellement ind&#233;pendantes des grands groupes constructeurs. Alors qu'auparavant les exigences de rentabilit&#233; capitaliste s'appliquaient de fa&#231;on globale &#224; une entreprise qui int&#233;grait en son sein la majeure partie du processus de production, le d&#233;coupage croissant entre constructeurs, &#233;quipementiers et sous-traitants oblige chacune des parties ainsi d&#233;compos&#233;es &#224; &#234;tre rentable et satisfaire les exigences des actionnaires en profits et dividendes. Les stocks interm&#233;diaires &#171; tol&#233;rables &#187; dans les usines int&#233;gr&#233;es des ann&#233;es 1960-1970 sont r&#233;duits au minimum par cette chasse aux profits dans des entit&#233;s de plus en plus petites et &#233;clat&#233;es. La flexibilit&#233; &#224; outrance qui est le lot de l'organisation actuelle du travail entra&#238;ne une bien plus grande vuln&#233;rabilit&#233; de la production aux variations ext&#233;rieures. Et les plus impliqu&#233;s par cette vuln&#233;rabilit&#233; sont les ouvriers et salari&#233;s. Il y a un v&#233;ritable essaimage des cons&#233;quences de la crise de l'automobile dans tous les territoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise est d'autant plus violente que ces entreprises se situent &#224; la p&#233;riph&#233;rie des grands bassins industriels. Et le domaine de la fabrication des pi&#232;ces est plus ouvert aux &#233;changes internationaux que celui des voitures compl&#232;tes. C'est pourquoi les d&#233;localisations, dans la conjoncture de la crise de la fin de l'ann&#233;e 2008, touchent particuli&#232;rement les petites et moyennes entreprises de fabrication de pi&#232;ces et d'&#233;quipements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;ponses patronales &#224; la crise actuelle sont classiquement banales. La mise en cause prioritaire des int&#233;rimaires ou de toutes les cat&#233;gories au statut les plus pr&#233;caires est prioritaire. Renault vient par exemple d'annoncer pour le 1er janvier 2009 la suppression des contrats de mille prestataires de service dans le bureau d'&#233;tudes &#171; technocentre de Guyancourt &#187;, ce qui repr&#233;sente pr&#232;s de 10 % des effectifs salari&#233;s du site. Les fermetures temporaires d'usines automobiles ont &#233;t&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;es en Europe en fin d'ann&#233;e 2008. Peugeot vient d'annoncer sur son site historique de Sochaux l'arr&#234;t de l'&#233;quipe de nuit &#224; la date du 1er f&#233;vrier 2009 et le renvoi imm&#233;diat de 600 int&#233;rimaires. Les fermetures d&#233;finitives d'usines sous-traitantes se multiplient en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les usines et les machines ne sont pas transportables au mois le mois, le seul &#171; facteur de production &#187; compl&#232;tement flexible est le travail humain. Alors que les variations de la demande et de l'environnement &#233;conomique sont le lot commun de l'activit&#233; industrielle, il n'y a plus de filtre entre les variations de la demande d'automobiles neuves et la charge de travail au niveau de la cha&#238;ne de montage et de l'atelier. Pour tendre aux stocks minimums, garantie d'une rentabilit&#233; acceptable par les actionnaires, la seule variable d'ajustement devient la quantit&#233; de travail utilisable &#224; un moment donn&#233;. Chez Renault, la planification de l'activit&#233; des usines &#233;tait programm&#233;e mensuellement. Ce d&#233;lai &#233;tait d&#233;j&#224; court puisque c'&#233;tait lui qui guidait avec un seul mois d'avance la variation &#171; flexible &#187; de la dur&#233;e du travail et le recours &#233;ventuel aux mesures de ch&#244;mage technique ou &#224; l'emploi d'int&#233;rimaires. Depuis l'irruption de la crise, ce d&#233;lai est encore raccourci : la programmation de l'activit&#233; des usines, lorsqu'elles ne sont pas ferm&#233;es comme pendant tout le mois de d&#233;cembre 2008, se d&#233;cide hebdomadairement. C'est &#224; ce rythme que les plans de charge de toutes les usines de Renault en Europe sont d&#233;cid&#233;s et mis en &#339;uvre depuis un seul centre. La variable d'ajustement de l'utilisation du travail humain &#224; la semaine est ainsi reconnue tout &#224; fait explicitement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au del&#224; de l'annualisation du temps de travail s'impose, petit &#224; petit, la pluriannualisation du temps de travail avec l'appropriation par les directions d'&#233;tablissement de cong&#233;s qui ne sont pas encore acquis ou l'invention du &#171; capital temps n&#233;gatif &#187; au travers duquel des salari&#233;s de Renault Douai peuvent devoir jusqu'&#224; 87 jours de travail &#224; leur employeur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette crise a des effets ravageurs en Europe. Les menaces de fermeture d'usines ou de faillite de firmes enti&#232;res sont de plus en plus pr&#233;cises. Dans la foul&#233;e des menaces pesant sur principales firmes automobiles aux &#201;tats-Unis, le devenir de leurs soci&#233;t&#233;s automobiles filiales europ&#233;ennes est aujourd'hui incertain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les constructeurs allemands BMW puis Mercedes ont successivement refus&#233; de racheter l'entreprise su&#233;doise Volvo mise en vente par son propri&#233;taire Ford. Apr&#232;s le refus de Daimler, &#171; Ford ne peut plus qu'esp&#233;rer qu'un constructeur chinois comme Changan reprenne la filiale su&#233;doise &#187; estime Der Spiegel [8]. L'entreprise SAAB est elle aussi mise en vente par General Motors. Ces mises aux ench&#232;res sur un march&#233; mondial de l'automobile en crise n'ont pour but que le renflouement de la tr&#233;sorerie d'entreprises au bord de la faillite. Peu importe le devenir des ouvriers et salari&#233;s ainsi que le savoir-faire accumul&#233; pendant un si&#232;cle d'activit&#233; industrielle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres filiales europ&#233;ennes de GM et Ford sont elles aussi en premi&#232;re ligne des menaces. Ces deux entreprises ont demand&#233; au gouvernement allemand une aide. Opel souhaiterait que le gouvernement allemand l'aide &#224; trouver plus d'un milliard d'euros pour lui permettre de se pr&#233;parer au sc&#233;nario qui l'emp&#234;cherait d'obtenir des fonds de sa soci&#233;t&#233; m&#232;re aux &#201;tats-Unis. L'usine de boite de vitesses de Ford &#224; Bordeaux est elle aussi en premi&#232;re ligne des menaces.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; Tout pour l'emploi &#8212; Pas de sainte alliance pour d&#233;fendre l'automobile&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les champions de la libre entreprise ne vont pas h&#233;siter &#224; qu&#233;mander des aides aupr&#232;s de leurs gouvernements nationaux respectifs. Leur argument est tout trouv&#233; : si les &#233;clop&#233;s de Detroit b&#233;n&#233;ficient de dizaines de milliards de dollars en subventions, la mise &#224; niveau d'une concurrence &#233;quitable exige que des aides sym&#233;triques leur soient allou&#233;es. A mesure que la crise va s'aggraver, les sir&#232;nes en faveur d'un plan automobile europ&#233;en pour ouvrir les vannes des subventions publiques vont amplifier leurs appels au secours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La social-d&#233;mocratie et de nombreuses directions syndicales peuvent &#234;tre tent&#233;es par ce type de compromis cherchant &#224; nouer une &#171; union sacr&#233;e &#187; en d&#233;fense d'une industrie menac&#233;e et &#224; mettre dans les m&#234;mes bateaux de sauvetage salari&#233;s et patrons. La d&#233;fense de l'industrie nationale de chaque pays redevient &#224; l'ordre du jour comme si cela pouvait constituer une r&#233;ponse &#224; la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition &#224; l'offensive patronale d&#233;j&#224; entam&#233;e est la condition pr&#233;alable &#224; toute r&#233;ponse se fondant sur l'int&#233;r&#234;t des travailleurs. Cela passe par le refus des fermetures d'usines, des licenciements et des restructurations men&#233;es sous l'autorit&#233; de capital. Cela passe par la d&#233;nonciation et l'opposition aux versements de dividendes que continuent de recevoir les actionnaires d'entreprises qu&#233;mandant des aides publiques. Le montant des dividendes vers&#233;s aux actionnaires de Renault et de PSA en 2008 est sup&#233;rieur aux aides donn&#233;es par le gouvernement Sarkozy. Si la protestation ne s'amplifie pas, la m&#234;me op&#233;ration se reproduira en 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les n&#233;cessaires ripostes ne peuvent se limiter &#224; une d&#233;fense usine par usine, entreprise par entreprise, ou pays par pays. C'est toute une branche d'industrie qui est vis&#233;e par les attaques en cours. Elle int&#232;gre quelques grandes firmes mondialis&#233;es, mais aussi les &#233;quipementiers et les sous-traitants. Plus la fabrication d'automobiles se d&#233;sint&#232;gre dans des r&#233;seaux de plus en plus complexes d'entreprises clientes et fournisseurs, plus les ripostes salari&#233;es et les solutions ouvri&#232;res se doivent de &#171; r&#233;int&#233;grer &#187; dans une m&#234;me action collective tous les travailleurs des branches automobiles dans la disparit&#233; de leurs statuts professionnels et de leurs employeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le refus de toute sainte alliance avec les d&#233;fenseurs capitalistes de l'industrie automobile exige de dessiner d'autres solutions. S'il n'y a pas aujourd'hui de &#171; solutions r&#233;ellement existantes &#187; garantissant le d&#233;ploiement universel d'une &#171; auto- mobile &#187; non polluante et &#233;conome en &#233;nergie, ce n'est pas &#224; des experts verts ou rouges d'&#233;laborer les contre-plans d&#233;taillant la n&#233;cessaire priorit&#233; aux transports collectifs. C'est au mouvement social, aux salari&#233;s de cette branche et &#224; toute la population souffrant de conditions de transport fatigantes et inefficaces de d&#233;finir ses priorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On conna&#238;t actuellement la fin d'un cycle de production et d'usage dominant de l'automobile tel qu'il s'est d&#233;ploy&#233; depuis les ann&#233;es 1950. Mais la fin d'un cycle ne signifie pas la fin de l'industrie capitaliste de l'automobile. M&#234;me en d&#233;clin, elle continuera d'employer sur tous les continents plusieurs millions d'ouvriers au travers de restructurations et de crises. Peut-on laisser aux patrons et aux gouvernements &#224; leur service la &#171; libert&#233; &#187; de g&#233;rer ce d&#233;clin ? Tel est l'enjeu de la p&#233;riode qui s'ouvre. Face &#224; des patrons faillis, au sens strict du terme, des incursions dans la propri&#233;t&#233; priv&#233;e de leurs entreprises peuvent devenir des exigences de bon sens. L'ouverture des comptabilit&#233;s transnationales, le remboursement des subventions ayant servi &#224; supprimer des emplois, la nationalisation sous contr&#244;le ouvrier sont autant d'objectifs dont le mouvement social peut se saisir comme objectifs de lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi il convient de tenir les deux bouts de la cha&#238;ne : d'une part le refus sans compromis des licenciements et des attaques contre les travailleurs et d'autre part l'affirmation lucide qu'il y a d'autres solutions aux d&#233;placements que la voiture individuelle. Tant que l'on reste dans les contraintes impos&#233;es par l'&#233;conomie capitaliste, il y a contradiction entre ces imp&#233;ratifs. Les &#233;cologistes peuvent formuler des critiques fond&#233;es sur l'usage de la voiture, mais s'ils se situent en dehors des rapports sociaux, ils sont impuissants &#224; proposer des solutions aux millions de travailleurs de l'automobile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;ponse &#224; la hauteur de la crise ne peut que s'inscrire dans une logique anticapitaliste o&#249; les int&#233;r&#234;ts imm&#233;diats de tous les travailleurs priment sur la rentabilit&#233; des profits et o&#249; la pr&#233;servation de l'environnement devient un imp&#233;ratif social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VESSILLIER Jean-Claude&lt;br class='autobr' /&gt;
Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
[1] [&lt;a href=&#034;http://www.acea.be/index.php/collection/statistics&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.acea.be/index.php/collection/statistics&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] R&#233;sultats semestriels Renault 2008 &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.renault.com/fr/Lists/Arc..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.renault.com/fr/Lists/Arc..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Estimation &#224; partir de donn&#233;es diverses. En France, en 2008, les achats hors &#171; particuliers &#187; ont repr&#233;sent&#233; 40 % des ventes. Source : &lt;a href=&#034;http://www.autoactu.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.autoactu.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Le Monde diplomatique octobre 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] &lt;a href=&#034;http://www.amb-chine.fr/fra/zfzj/t1..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.amb-chine.fr/fra/zfzj/t1..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Les Echos, 26 d&#233;cembre 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Comit&#233; des constructeurs fran&#231;ais de l'automobile CCFA &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.ccfa.fr/statistiques/faits-et-c..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.ccfa.fr/statistiques/faits-et-c..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Der Spiegel 4 janvier 2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Paru dans Inprecor n&#176; 545-546, janvier-f&#233;vrier 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Jean-Claude Vessillier, statisticien retrait&#233; et ancien syndicaliste de Renault, est militant du Nouveau parti anticapitaliste (NPA, France) et de la IVe Internationale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
