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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>Ha&#239;ti, l'aide, la dette et les donateurs</title>
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		<dc:creator>Ashley Smith, daniel SURI</dc:creator>



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&lt;p&gt;Tir&#233; du site ''Europe Solidaire et sans fronti&#232;res'' SURI Daniel, SMITH Ashley 28 janvier 2010 _______________________________ &lt;br class='autobr' /&gt;
Devant la d&#233;tresse d'un peuple et les centaines de milliers de victimes du s&#233;isme, on aimerait bien n'avoir qu'&#224; se f&#233;liciter d'une aide internationale g&#233;n&#233;reuse, spontan&#233;e, simplement pr&#233;occup&#233;e de solidarit&#233; humaine. On aimerait se dire que tout cela se fait non pas pour se donner bonne conscience et ne rien changer, mais comme par atavisme, parce que lorsqu'un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site ''Europe Solidaire et sans fronti&#232;res''&lt;br class='autobr' /&gt;
SURI Daniel, SMITH Ashley&lt;br class='autobr' /&gt;
28 janvier 2010&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Devant la d&#233;tresse d'un peuple et les centaines de milliers de victimes du s&#233;isme, on aimerait bien n'avoir qu'&#224; se f&#233;liciter d'une aide internationale g&#233;n&#233;reuse, spontan&#233;e, simplement pr&#233;occup&#233;e de solidarit&#233; humaine. On aimerait se dire que tout cela se fait non pas pour se donner bonne conscience et ne rien changer, mais comme par atavisme, parce que lorsqu'un peuple souffre d'autres peuples, depuis toujours, se portent &#224; son secours. Bref, on aimerait voir, ne serait-ce qu'une seule fois, une vraie g&#233;n&#233;rosit&#233;, de celle qui ignore tout calcul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; pourtant s'y oppose. Prenez l'exemple de la France. Son gouvernement nous l'a jou&#233; &#171; c'est beau, c'est grand, c'est g&#233;n&#233;reux, c'est la France &#187;. En passant comme chat sur braise sur son apport historique &#224; l'encha&#238;nement d'Ha&#239;ti : ren&#233;gociation, en 1825, de l'ind&#233;pendance de l'&#238;le, contre une dette &#233;quivalente &#224; un an de budget de la France d'alors (150 millions de francs, soit environ 21 milliards de dollars de nos jours). La &#171; dette de l'ind&#233;pendance &#187;, jamais rembours&#233;e par l'Hexagone, mettra le pied &#224; l'&#233;trier de l'endettement de Ha&#239;ti, avec pour cons&#233;quence l'appauvrissement du pays, de ses habitants et l'enrichissement d'une minorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenez les Etats-Unis. Ils connaissent fort bien l'&#238;le, pour y avoir s&#233;journ&#233;, comme force occupante de 1914 &#224; 1934. Ils &#233;taient intervenus pr&#233;tendument pour apporter la stabilit&#233; au pays, en r&#233;alit&#233; pour briser les reins &#224; un puissant mouvement paysan luttant pour une r&#233;forme agraire. La population des campagnes mettra des d&#233;cennies &#224; s'en relever, socialement et politiquement. Le temps que les Etats-Unis fassent advenir la dynastie des Duvalier. L'endettement prend alors des proportions faramineuses. Il est multipli&#233; par 17,5, passe &#224; hauteur de 750 millions de dollars pour atteindre aujourd'hui 1,250 milliard. Lorsque les Duvalier fuient le pays, ils emportent avec eux environ 900 millions de dollars provenant de leur saccage, sous l'&#339;il impassible de leur protecteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenez la Suisse, qui a une longue tradition d'aide au d&#233;veloppement en Ha&#239;ti. Elle vient, &#224; la suite d'une interminable bataille juridique, de reconna&#238;tre le droit &#224; Ha&#239;ti de r&#233;cup&#233;rer 7,6 millions de francs appartenant &#224; la m&#232;re de &#171; B&#233;b&#233; Doc &#187; Duvalier. Mais on sait pertinemment que cette sanguinaire famille a dispers&#233; son magot aux quatre coins des banques de la plan&#232;te. Et que d'autres banques suisses pourraient en d&#233;tenir une partie ! Enqu&#234;te en urgence, acc&#233;l&#233;ration des proc&#233;dures, bataille pour l'annulation de la dette ? Tss, tss, tss... On ne foule pas ainsi la moquette &#233;paisse du secret bancaire, refuge bienvenu pour dictateurs d&#233;chus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque l'on apprend, apr&#232;s la Conf&#233;rence de Montr&#233;al du 26 janvier, que les pays donateurs ont jur&#233; leurs grands dieux que le gouvernement de Ha&#239;ti aurait la haute main sur la reconstruction du pays, on est donc fond&#233; &#224; &#233;prouver un certain scepticisme. Ancien premier ministre tr&#232;s complaisant, G&#233;rard Latortue met pourtant en garde les cr&#233;dules. Son exp&#233;rience apr&#232;s l'ouragan Jeanne (2004) lui fait dire sur les ondes de Radio Canada que les donateurs, traditionnellement, veulent g&#233;rer ce qu'ils donnent et faire ce qu'ils veulent. A cette occasion, le Canada lui-m&#234;me n'avait-il pas cherch&#233; &#224; lui imposer un membre de son propre cabinet ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sophie Perchelet, vice-&#173;pr&#233;sidente du Comit&#233; de l'annulation de la dette du tiers-monde (CADTM), a donc raison de souligner que l'aide va s'inscrire dans la logique des efforts ant&#233;rieurs du Fonds mon&#233;taire international et de la Banque mondiale, et que, lib&#233;ralisme oblige, les populations seront d&#233;favoris&#233;es et les ressources naturelles dans le viseur de la privatisation. Pointant l'&#233;norme in&#233;galit&#233; sociale du pays, Jeremy Hobbs, directeur d'Oxfam souligne le risque d'une polarisation accrue, d'un accaparement des ressources de la reconstruction au profit des plus influents et des plus riches (Le Monde, 26.1.10).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la pr&#233;sence des troupes de l'ONU, sous commandement br&#233;silien, une mission de solidarit&#233; internationale avec, entre autres, le Prix Nobel de la paix Adolfo Perez Esquivel et des repr&#233;sentantes des M&#232;res de la place de Mai, a mis en &#233;vidence les atrocit&#233;s commises par ces troupes et leur r&#244;le dans la r&#233;pression des mouvements sociaux. A tel point qu'un Manifeste pour la d&#233;soccupation imm&#233;diate d'Ha&#239;ti a &#233;t&#233; lanc&#233; par des dizaines de mouvements sociaux br&#233;siliens et latino-am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;cid&#233;ment, la solidarit&#233; avec le peuple ha&#239;tien ne peut pas faire l'&#233;conomie d'une lutte d&#233;termin&#233;e contre l'ensemble du syst&#232;me politique et &#233;conomique international qui concourt depuis si longtemps &#224; maintenir le pays dans la d&#233;pendance, la mis&#232;re et la soumission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel S&#252;ri&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Avant et apr&#232;s le s&#233;isme : comment ils ont ruin&#233; Ha&#239;ti&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;[...] Les grands m&#233;dias ont expliqu&#233; que le s&#233;isme avait &#233;t&#233; provoqu&#233; par un glissement de plaques tectoniques le long d'une faille situ&#233;e sous la capitale de Port-au-Prince, et que la mis&#232;re et l'impuissance du gouvernement Pr&#233;val avaient amplifi&#233; le d&#233;sastre. Mais ils n'ont pas tout dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La couverture m&#233;diatique du s&#233;isme se caract&#233;rise par une d&#233;connexion quasi totale entre le d&#233;s&#173;astre et l'histoire sociale et politique d'Ha&#239;ti &#187; explique le militant de la solidarit&#233; avec Ha&#239;ti, le Canadien Yves Engler. &#171; Ils r&#233;p&#232;tent que le gouvernement n'&#233;tait pas du tout pr&#233;par&#233; pour faire face &#224; une telle crise. C'est vrai. Mais ils n'ont pas expliqu&#233; pourquoi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi 60% des b&#226;timents &#224; Port-au-Prince &#233;taient-ils mal construits et dangereux, m&#234;me dans des conditions normales, selon le maire de la capitale ? Pourquoi n'y a-t-il pas de r&#233;glementation sur les constructions dans une ville situ&#233;e au-dessus d'une faille ? Pourquoi la population de Port-au-Prince est-elle pass&#233;e de 50.000 habitants dans les ann&#233;es 50 &#224; 2 millions de mis&#233;reux aujourd'hui ? Pourquoi l'Etat a-t-il &#233;t&#233; totalement d&#233;pass&#233; par les &#233;v&#232;nements ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le comprendre, il faut examiner une deuxi&#232;me ligne de fracture : la politique imp&#233;riale des Etats-Unis &#224; l'&#233;gard d'Ha&#239;ti. Le gouvernement des Etats-Unis, les Nations Unies, et d'autres puissances ont aid&#233; la classe dirigeante ha&#239;tienne &#224; soumettre le pays aux plans &#233;conomiques n&#233;olib&#233;raux qui ont appauvri les masses, provoqu&#233; des d&#233;forestations, ruin&#233; l'infrastructure et rendu le gouvernement impuissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ligne de fracture de l'imp&#233;rialisme US a amplifi&#233; la ligne de fracture g&#233;ologique et a transform&#233; une catastrophe naturelle en une catastrophe sociale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De Papa Doc au &#171; plan de la mort &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pendant la Guerre froide, les Etats-Unis ont soutenu les dictatures de Papa Doc Duvalier et ensuite de B&#233;b&#233; Doc Duvalier &#8211; qui ont r&#233;gn&#233; sur le pays de 1957 &#224; 1986 &#8211; pour faire un contrepoids &#224; Cuba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous la supervision de Washington, Beb&#233; Doc Duvalier a ouvert l'&#233;conomie ha&#239;tienne aux capitaux US dans les ann&#233;es 70 et 80. Les produits agricoles import&#233;s des Etats-Unis ont inond&#233; le pays et ruin&#233; la paysannerie locale. Des centaines de milliers de gens sont venus se r&#233;fugier dans les bidonvilles de Port-au-Prince pour fournir une main-d'&#339;uvre extr&#234;mement bon march&#233; aux &#171; ateliers de pressurage &#187; (sweat shops) US situ&#233;s dans les zones franches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 80, les Ha&#239;tiens se sont soulev&#233;s pour chasser les Duvalier et ont ensuite &#233;lu &#224; la pr&#233;sidence le r&#233;formiste Jean-Bertrand Aristide sur un programme de r&#233;forme agraire, d'aide aux paysans, de reforestation, d'investissement dans les infrastructures, d'augmentation des salaires et des droits syndicaux pour les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;action, les Etats-Unis ont soutenu un coup d'&#201;tat qui a chass&#233; Aristide en 1991. En 1994, apr&#232;s que Bill Clinton a envoy&#233; ses troupes sur l'&#238;le, le pr&#233;sident &#233;lu a retrouv&#233; son poste, mais &#224; la condition d'appliquer le plan n&#233;olib&#233;ral US, appel&#233; &#171; plan de la mort &#187; par les Ha&#239;tiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristide a r&#233;sist&#233; &#224; certaines mesures du programme US pour Ha&#239;ti, mais en a mis d'autres en &#339;uvre, brisant ainsi la perspective de r&#233;formes. Et puis un jour, les Etats-Unis ont perdu patience devant les r&#233;sistances d'Aristide qui refusait de se soumettre totalement, surtout lorsqu'il a demand&#233; au cours de sa derni&#232;re ann&#233;e de mandat 21 milliards de dollars en guise d'indemnisations pour son pays. Les Etats-Unis ont impos&#233; un embargo &#233;conomique qui a &#233;trangl&#233; le pays et plong&#233; les paysans et les travailleurs dans une mis&#232;re encore plus profonde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2004, Washington a collabor&#233; avec la classe dirigeante ha&#239;tienne dans son soutien aux escadrons de la mort qui ont renvers&#233; le gouvernement puis enlev&#233; et d&#233;port&#233; Aristide. Les Nations Unies ont ensuite envoy&#233; des troupes pour occuper le pays et le gouvernement marionnette de G&#233;rard Latortue a &#233;t&#233; install&#233; afin de poursuivre les plans n&#233;olib&#233;raux de Washington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le court r&#232;gne de Latortue a &#233;t&#233; marqu&#233; par une profonde corruption &#8211; lui et ses partisans ont empoch&#233; une bonne partie des 4 milliards de dollars inject&#233;s par les Etats-Unis et d'autres pays apr&#232;s la lev&#233;e de l'embargo. Le r&#233;gime a d&#233;mantel&#233; les timides r&#233;formes qu'Aristide avait r&#233;ussi &#224; mettre en place. Ainsi, le processus d'appauvrissement et de d&#233;gradation des infrastructures du pays s'est acc&#233;l&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le paravent du gouvernement Pr&#233;val&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 2006, les Ha&#239;tiens ont massivement &#233;lu &#224; la pr&#233;sidence Ren&#233; Pr&#233;val, alli&#233; de longue date d'Aristide. Mais Pr&#233;val n'a pas fait preuve de beaucoup de d&#233;termination et a fini par collaborer avec les plans US et ignorer la crise sociale qui s'amplifiait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, les Etats-Unis, les Nations Unies et les autres puissances imp&#233;riales ont court-circuit&#233; le gouvernement Pr&#233;val en injectant de l'argent directement dans les ONG. &#171; Aujourd'hui, en Ha&#239;ti, le nombre d'ONG par habitant est le plus &#233;lev&#233; au monde &#187; dit Yves Engler. Le gouvernement Pr&#233;val n'est plus qu'un paravent derri&#232;re lequel les v&#233;ritables d&#233;cisions sont prises par les puissances imp&#233;riales qui les mettent en application par l'interm&#233;diaire d'ONG qu'elles ont choisies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le v&#233;ritable pouvoir dans le pays n'est pas exerc&#233; par le gouvernement Pr&#233;val, mais par la force d'occupation des Nations Unies appuy&#233;e par les Etats-Unis. Sous direction br&#233;silienne, les forces de l'ONU ont prot&#233;g&#233; les riches et ont collabor&#233; avec &#8211; ou ont fait semblant de ne pas voir &#8211; les escadrons de la mort d'extr&#234;me droite qui terrorisent les partisans d'Aristide et de son parti Lavalas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces d'occupation n'ont rien fait pour lutter contre la mis&#232;re, la d&#233;gradation des infrastructures et la d&#233;forestation massive qui ont amplifi&#233; les effets d'une s&#233;rie de catastrophes naturelles &#8211; de violents cyclones en 2004 et 2008 et maintenant le s&#233;isme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de cela, elles se sont content&#233;es de faire la police au milieu d'une catastrophe sociale et ont commis les crimes habituels et caract&#233;ristiques de toutes les forces de police. Selon Ban Beeton, dans un article de la NACLA (North American Congress on latin America, r&#233;d) sur les Am&#233;riques, &#171; la mission de stabilisation de l'ONU en Ha&#239;ti (MINUSTAH), qui a commenc&#233; en juin 2004, a &#233;t&#233; marqu&#233;e pratiquement d&#232;s le premier jour par des scandales de meurtres, de viols et autres violences commises par ses troupes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement Bush d'abord, puis celui de Clinton, ont tous deux profit&#233; du coup d'Etat, des crises sociales et des catastrophes naturelles pour &#233;tendre les projets n&#233;olib&#233;raux des Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous Obama, les Etats-Unis ont annul&#233; une partie de la dette, pour un montant de 1,2 milliard de dollars, mais n'ont pas annul&#233; la totalit&#233; de celle-ci &#8211; Ha&#239;ti rembourse encore d'&#233;normes sommes &#224; la Banque Interam&#233;ricaine pour le D&#233;veloppement. L'annulation d'une partie de la dette fait partie de la mise en sc&#232;ne habituelle destin&#233;e &#224; occulter la v&#233;ritable politique d'Obama en Ha&#239;ti, qui est encore et toujours la m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Tourisme et surexploitation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En &#233;troite collaboration avec le nouvel envoy&#233; sp&#233;cial des Nations Unies pour Ha&#239;ti, l'ancien pr&#233;sident Bill Clinton, Obama est intervenu pour faire appliquer un programme &#233;conomique similaire &#224; celui du reste des Cara&#239;bes &#8211; tourisme, ateliers textiles et r&#233;duction du contr&#244;le de l'Etat sur l'&#233;conomie par le biais des privatisations et des d&#233;r&#233;glementations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus pr&#233;cis&#233;ment, Clinton a dirig&#233; un plan visant &#224; transformer le nord d'Ha&#239;ti en un terrain de loisirs pour touristes, situ&#233; le plus loin possible des bidonvilles de Port-au-Prince. Clinton a convaincu la compagnie Royal Caribbean Cruise Lines d'investir 55 millions de dollars pour construire un port le long de la c&#244;te de Labadee, lou&#233; jusqu'en 2050. [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clinton a vant&#233; les opportunit&#233;s offertes par le d&#233;veloppement des &#171; ateliers de pressurage &#187; lors d'une visite &#233;clair d'une usine textile de la c&#233;l&#232;bre Cintas Corp. Il a annonc&#233; que George Soros avait offert 50 millions de dollars pour un nouveau parc industriel d'ateliers qui pourrait cr&#233;er 25 000 emplois dans l'industrie du textile. Clinton a expliqu&#233; &#224; une conf&#233;rence de presse que le gouvernement d'Ha&#239;ti pourrait cr&#233;er &#171; plus d'emplois en baissant le co&#251;t des investissements, y compris le prix des loyers &#187;. [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des raisons pour lesquelles Clinton a pu promouvoir aussi facilement les &#171; ateliers de pressurage &#187; est que le coup d'Etat appuy&#233; par les Etats-Unis a &#233;radiqu&#233; toute forme de r&#233;sistance. Ils se sont d&#233;barrass&#233;s d'Aristide et de sa manie qui consistait &#224; augmenter le salaire minimum. Ils l'ont forc&#233; &#224; l'exil, ils ont terroris&#233; ses alli&#233;s rest&#233;s sur place et ils ont interdit &#224; son parti politique, Fanmi Lavalas, le parti le plus populaire du pays, de se pr&#233;senter aux &#233;lections. De plus, le r&#233;gime issu du coup d'Etat a attaqu&#233; les syndicalistes pr&#233;sents dans les &#171; ateliers de pressurage &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clinton pouvait ainsi annoncer aux hommes d'affaires que &#171; Le risque politique en Ha&#239;ti est le plus faible que je n'ai jamais vu de ma vie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, &#224; l'instar des pr&#233;sidents am&#233;ricains avant lui, Obama a aid&#233; les classes privil&#233;gi&#233;es d'Ha&#239;ti, a soutenu les multinationales qui voulaient profiter des co&#251;ts de main-d'&#339;uvre, a r&#233;duit le pouvoir de r&#233;glementation de l'Etat ha&#239;tien et a r&#233;prim&#233; toute forme de r&#233;sistance politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences directes de ces politiques sont un Etat ha&#239;tien impuissant, une infra&#173;structure en ruines, des constructions hasardeuses et une mis&#232;re noire qui, conjugu&#233;s aux cyclones et maintenant au s&#233;isme, ont transform&#233; une catastrophe naturelle en une catastrophe sociale. [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ashley Smith, Socialist Workers &lt;br class='autobr' /&gt;
(trad. &#171; Le Grand soir &#187;, coupures et intertitres de la r&#233;daction)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Madagascar : un golden boy chasse l'autre ?</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Madagascar-un-golden-boy-chasse-l-autre</link>
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		<dc:date>2009-03-31T04:14:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>daniel SURI</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;A l'heure o&#249; nous &#233;crivons ces lignes, la situation est encore tr&#232;s confuse sur la Grande &#238;le, o&#249; r&#232;gne une forme de double pouvoir tr&#232;s pr&#233;caire, entre d'un c&#244;t&#233; le pr&#233;sident &#233;lu Marc Ravalomanana, repli&#233; au palais pr&#233;sidentiel, et, de l'autre, l'ancien maire d&#233;chu de la capitale Andry Rajoelina, install&#233; dans les locaux du gouvernement. &lt;br class='autobr' /&gt; ___________________________________________ &lt;br class='autobr' /&gt;
Paru dans le p&#233;riodique suisse &#171; solidarit&#233;S &#187; n&#176;144 (19/03/2009), p. 7. &lt;br class='autobr' /&gt;
En fait, une bonne partie de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-musique-" rel="directory"&gt;musique&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;A l'heure o&#249; nous &#233;crivons ces lignes, la situation est encore tr&#232;s confuse sur la Grande &#238;le, o&#249; r&#232;gne une forme de double pouvoir tr&#232;s pr&#233;caire, entre d'un c&#244;t&#233; le pr&#233;sident &#233;lu Marc Ravalomanana, repli&#233; au palais pr&#233;sidentiel, et, de l'autre, l'ancien maire d&#233;chu de la capitale Andry Rajoelina, install&#233; dans les locaux du gouvernement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Paru dans le p&#233;riodique suisse &#171; solidarit&#233;S &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
n&#176;144 (19/03/2009), p. 7.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;En fait, une bonne partie de l'issue de la crise d&#233;pendra de l'attitude de l'arm&#233;e. Plut&#244;t l&#233;galiste, celle-ci semble toutefois avoir pris ses distances avec le pr&#233;sident en activit&#233;, qui avait r&#233;cemment nomm&#233; des fid&#232;les, responsables de la r&#233;pression (132 morts depuis le d&#233;but des &#233;meutes), aux postes clefs. Or, apr&#232;s une mutinerie dans une caserne proche de la capitale, les cadres de l'arm&#233;e ont pouss&#233; vers la sortie l'ancien chef d'Etat-major nomm&#233; par Ravalomanana et d&#233;sign&#233; eux-m&#234;mes son rempla&#231;ant le colonel Andr&#233; Andriarijaona. La violente r&#233;pression ordonn&#233;e par Ravalomanana a d&#233;stabilis&#233; l'arm&#233;e, de plus choqu&#233;e par le recours &#224; des mercenaires &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que cette lutte se d&#233;roule dans un des Etats les plus pauvres de la plan&#232;te (25 % de la population meurt avant 40 ans ; l'esp&#233;rance de vie tourne autour de 50 ans). Lorsqu'il s'autoproclame pr&#233;sident en 2002, Marc Ravalomanana semble incarner une solution de rechange &#171; fa&#231;on Kennedy &#187; au pouvoir scl&#233;ros&#233; de l'ancien &#171; Amiral rouge &#187; Didier Ratsiraka. Nationaliste et mao&#239;ste dans les ann&#233;es 70, ultra-lib&#233;ral dans les ann&#233;es 90, aujourd'hui confortablement exil&#233; &#224; Neuilly, l'autocrate avait laiss&#233; derri&#232;re lui un pays ravag&#233;. Fort de son succ&#232;s &#233;conomique dans l'industrie laiti&#232;re, le jeune multimillionnaire Ravalomanana, soutenu par les Eglises protestantes, bien vu par les Etats-Unis, se targuait de faire d&#233;coller Madagascar comme il avait fait d&#233;coller ses affaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une &#233;lection contest&#233;e en 2006 (lors du d&#233;pouillement, une panne d'&#233;lectricit&#233; fort bienvenue toucha les locaux du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur) et l'adoption d'une Constitution taill&#233;e sur mesure en 2007 (qui interdit des candidatures m&#233;tisses, par exemple&#8230;), les r&#233;sultats ne sont pas au rendez-vous. Alors que la diff&#233;rence des salaires &#233;tait de 1 &#224; 8 durant la 1re R&#233;publique (1960-1972), elle est pass&#233;e &#224; 1 &#224; 100 actuellement. 70 % des d&#233;penses de la majorit&#233; des foyers sont affect&#233;es aux besoins &#233;l&#233;mentaires. A quelques exceptions pr&#232;s, rien n'a vraiment chang&#233; pour le peuple malgache. Tout juste a-t-il vu quelquefois passer dans le ciel le nouvel avion pr&#233;sidentiel (&#224; 60 millions de dollars) .&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; L'Etat, c'est mon entreprise. Et inversement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A cet &#233;chec aupr&#232;s de la population, s'en est ajout&#233; un autre. Les couches dominantes oligarchiques traditionnelles, souvent li&#233;es &#224; l'ancienne puissance coloniale fran&#231;aise, ont fini par &#234;tre passablement l&#233;s&#233;es par les pratiques commerciales du Pr&#233;sident, qui utilisa sans vergogne sa fonction pour accro&#238;tre son empire, le trust &#171; Tiko &#187;. L'article de R&#233;mi Carayol dans Le Monde diplomatique de mars en donne plusieurs illustrations, comme la manipulation du taux de change sur un seul jour, celui o&#249; une &#233;norme cargaison destin&#233;e au groupe &#171; Tiko &#187; accosta &#224; Madagascar...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus encore, l'ultra-lib&#233;ralisme de Ravalomanana, son proam&#233;ricanisme, son ouverture aux capitaux &#233;trangers et &#224; la mondialisation sapent les bases m&#234;mes de l'existence d'une s&#233;rie de &#171; barons &#187; de la soci&#233;t&#233; malgache, qui esp&#232;rent trouver une oreille plus complaisante du c&#244;t&#233; de l'ancien animateur de bo&#238;te de nuit devenu maire de la capitale, Andry Rajoelina. Parmi les soutiens de celui que l'on surnomme &#171; TGV &#187; pour la rapidit&#233; de son ambition, on trouve par exemple le neveu de Didier Ratsiraka. Et l'on ne saurait douter que cette confrontation se d&#233;roule sous l'&#339;il attentif des grandes puissances. Car si le peuple malgache est pauvre, le sous-sol de la Grande &#238;le est riche (minerais, pierres pr&#233;cieuses, etc.) Et le canal du Mozambique, qui s&#233;pare l'&#238;le du continent africain, regorge, dit-on, d'hydrocarbures...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; L'affaire Daewo Logistics&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La crise malgache a connu un coup d'acc&#233;l&#233;rateur brutal lorsqu'&#233;clata, en novembre 2008, l'affaire Deawo, qui mit &#224; jour des tractations opaques entre cette entreprise sud-cor&#233;enne (survivance de la faillite du conglom&#233;rat du m&#234;me nom) et le gouvernement malgache. Le projet portait sur la location &#224; l'entreprise durant 99 ans de 1,3 million d'hectares (soit la moiti&#233; des terres actuellement arables du pays), afin d'y produire du ma&#239;s et de l'huile de palme &#224; destination de la Cor&#233;e du Sud. Ce pays cherche ainsi, &#224; l'instar des Pays du Golfe, &#224; renforcer sa s&#233;curit&#233; alimentaire. Selon les termes de ce bail emphyt&#233;otique, les seules contreparties financi&#232;res demand&#233;es seraient les investissements dans les infrastructures n&#233;cessaires &#224; la r&#233;alisation du projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce scandale s'ajoute &#224; une r&#233;forme agraire totalement inadapt&#233;e &#224; la r&#233;alit&#233; paysanne. Attribu&#233;e oralement depuis des g&#233;n&#233;rations, la propri&#233;t&#233; de la terre doit maintenant &#234;tre attest&#233;e par un titre. Outre que cela choque les populations (pourquoi prouver que la terre de nos anc&#234;tres est la n&#244;tre ?), le prix de l'instruction du dossier (20 euros) d&#233;passe de loin les possibilit&#233;s financi&#232;res de paysans ne disposant pas d'un euro par jour pour vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'&#233;crivain malgache exil&#233; en France, Jean-Luc Raharimanana, l'explique sur le site Rue 89 : &#171; Entre un ultralib&#233;ralisme sans contr&#244;le et un d&#233;sir exacerb&#233; de sortir de la mis&#232;re, Madagascar se trouve &#224; un tournant &#8211; encore une fois de son histoire. Tenue sans scrupule par un r&#233;el autocrate, l'&#238;le a cette tentation de confier une fois encore son destin &#224; un homme providentiel, Andry Rajoelina s'effor&#231;ant d'endosser cette tenue. &#187; Rien ne permet de croire que le peuple malgache y trouvera, enfin, son compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SURI Daniel&lt;br class='autobr' /&gt;
* Paru dans le p&#233;riodique suisse &#171; solidarit&#233;S &#187; n&#176;144 (19/03/2009), p. 7.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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