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		<title>L'Alg&#233;rie ne croit plus aux promesses &#8211; Remise en cause des acquis d&#233;mocratiques</title>
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&lt;p&gt;Articles tir&#233;s du site du Monde diplomatique. CHIBANI Ali f&#233;vrier 2009 _____________________________________ &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Seize ans apr&#232;s [l'interruption du processus l&#233;gislatif en 1991], on vit avec plus de restrictions que du temps du parti unique. Moins de libert&#233; d'expression et de libert&#233;s syndicales, plus de pression sur les partis politiques et une fraude g&#233;n&#233;ralis&#233;e [aux &#233;lections] . &#187; [1] Cette d&#233;claration &#233;mane de M. Abderrazak Mokri. Bien que son parti islamiste soit membre de l'alliance (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Articles tir&#233;s du site du Monde diplomatique.&lt;br class='autobr' /&gt;
CHIBANI Ali&lt;br class='autobr' /&gt;
f&#233;vrier 2009&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&#171; Seize ans apr&#232;s [l'interruption du processus l&#233;gislatif en 1991], on vit avec plus de restrictions que du temps du parti unique. Moins de libert&#233; d'expression et de libert&#233;s syndicales, plus de pression sur les partis politiques et une fraude g&#233;n&#233;ralis&#233;e [aux &#233;lections] . &#187; [1] Cette d&#233;claration &#233;mane de M. Abderrazak Mokri. Bien que son parti islamiste soit membre de l'alliance gouvernementale, le vice-pr&#233;sident du Mouvement de la soci&#233;t&#233; pour la paix (MSP) reconna&#238;t que, depuis l'arriv&#233;e de M. Abdelaziz Bouteflika &#224; la pr&#233;sidence, les libert&#233;s et les droits des Alg&#233;riens ont consid&#233;rablement r&#233;gress&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'&#233;chec de la gr&#232;ve de la faim men&#233;e par des enseignants contractuels, du 14 juillet au 23 ao&#251;t dernier, pour demander leur int&#233;gration au sein de l'&#233;ducation nationale et le paiement des salaires non vers&#233;s &#8212; parfois, depuis trois ans &#8212;, le Syndicat national autonome des personnels de l'administration publique (Snapap) organise des sit-in une fois par semaine devant les si&#232;ges des wilayas (pr&#233;fectures), et une fois par mois devant la pr&#233;sidence de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A chaque rassemblement, la m&#234;me r&#233;ponse polici&#232;re : coups de matraques, gaz lacrymog&#232;ne et arrestations. Tout en sachant que cela ne changera rien &#224; la situation sociale des enseignants, le syndicat persiste &#224; occuper la rue. &#171; En Alg&#233;rie, d&#233;clare M. Mohamed Mecheri, le champ des libert&#233;s s'est r&#233;tr&#233;ci. Depuis dix ans, la soci&#233;t&#233; a peur de la r&#233;pression. C'est aux militants syndicaux de briser le mur de la peur de mani&#232;re pacifique. &#187; Le charg&#233; de la formation syndicale au Snapap est optimiste sur un point : &#171; Nos actions s'&#233;largissent et la soci&#233;t&#233; se mobilise. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2007, environ deux cents journalistes ont &#233;t&#233; poursuivis en justice pour &#171; diffamation &#187;. Parmi eux, le directeur du quotidien Le Matin, d&#233;sormais interdit. Mohammed Benchicou a pass&#233; deux ans derri&#232;re les barreaux. A sa sortie, ses livres sont censur&#233;s comme tout ce qui touche &#224; l'Etat. Les &#339;uvres de Boualem Sansal sont interdites et l'&#233;crivain Amine Zaoui a &#233;t&#233; limog&#233; de la direction de la biblioth&#232;que d'Alger. Les descentes polici&#232;res pour interrompre des conf&#233;rences publiques ne sont pas rares dans les espaces culturels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La libert&#233; d'expression ch&#232;rement acquise durant les ann&#233;es 1990 a pratiquement disparu. A ce propos, le c&#233;l&#232;bre chroniqueur du Soir d'Alg&#233;rie, Hakim La&#226;lam, condamn&#233; &#224; six mois de prison ferme pour un de ses articles, d&#233;clare : &#171; A la radio (&#8230;) je sais que certains [journalistes] ont d'&#233;normes probl&#232;mes (&#8230;). On leur demande gentiment d'enlever les termes comme &#8220;terroristes&#8221;, d'&#233;dulcorer (&#8230;) Cela r&#233;pond une fois pour toutes aux &#8220;h&#233;sitants&#8221; qui nous disaient, il y a quelques ann&#233;es : &#8220;Attendez, le pr&#233;sident n'est pas islamiste !&#8221; &#187; [2]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'&#232;re Bouteflika, les islamistes sortent en effet renforc&#233;s par la stigmatisation des diff&#233;rences. A Tiaret, dans le centre-ouest alg&#233;rien, plusieurs chr&#233;tiens ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s et d&#233;f&#233;r&#233;s en justice pour &#171; pratique non autoris&#233;e d'un culte non musulman &#187;. Un d&#233;lit inexistant dans le Code p&#233;nal, tout comme cet autre d&#233;lit &#8212; &#171; non-respect d'un fondement de l'islam, le ramadhan &#187; &#8212; pour lequel six hommes de Biskra (au sud-est d'Alger) ont &#233;t&#233; condamn&#233;s, le mois de septembre dernier, &#224; quatre ans de prison ferme, avant d'&#234;tre relax&#233;s en appel. Les six accus&#233;s avaient &#233;t&#233; surpris par les forces de l'ordre en train de manger avant la fin du je&#251;ne. Autre ph&#233;nom&#232;ne apparu depuis l'investiture de M. Bouteflika, les lieux publics font l'objet d'&#171; op&#233;rations d'assainissement &#187;. Il s'agit de chasser ou d'arr&#234;ter les &#171; couples ill&#233;gitimes &#187; comme ce fut le cas l'&#233;t&#233; dernier sur les plages de Skikda.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En une dizaine d'ann&#233;es, l'Alg&#233;rie est revenue &#224; l'&#232;re de la &#171; pens&#233;e unique &#187;. L'opposition est compl&#232;tement musel&#233;e. Les partis d&#233;mocrates, loin de riposter au diktat du pr&#233;sident, s'enlisent dans un mutisme qui les fait oublier de leurs &#233;lecteurs. Quand le Rassemblement pour la culture et la d&#233;mocratie (RCD) ou le Front des forces socialistes (FFS) organisent des marches en Kabylie, leur bastion, pour c&#233;l&#233;brer le Printemps berb&#232;re [3], ils ne r&#233;unissent gu&#232;re plus de 200 personnes chacun. Ce type de manifestation est actuellement inimaginable dans les autres r&#233;gions du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'actuel chef de l'Etat a ordonn&#233; une r&#233;forme partielle de la Constitution pour r&#233;pondre &#224; la loi fran&#231;aise sur le &#171; r&#244;le positif du colonialisme &#187; par une loi portant sur &#171; la protection des symboles de la glorieuse r&#233;volution de novembre [1954] &#187; et renforcer les droits politiques des femmes. Ce sont l&#224; les arbres cens&#233;s cacher la for&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le v&#233;ritable objectif de ces modifications, pour lesquelles un r&#233;f&#233;rendum a &#233;t&#233; jug&#233; inutile, est de permettre &#224; l'actuel pr&#233;sident de briguer un troisi&#232;me mandat en avril 2009. Cerise sur le g&#226;teau, le poste de chef du gouvernement est remplac&#233; par celui de premier ministre. M. Bouteflika s'est donn&#233; les pleins pouvoirs : il compte ainsi en finir avec tous les acquis d&#233;mocratiques des ann&#233;es 1990, qui n'ont co&#251;t&#233; que&#8230; 200 000 morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Article in&#233;dit &#8212; f&#233;vrier 2009 mise en ligne sur le site du Monde diplomatique.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt; Sur fond de paralysie politique, l'Alg&#233;rie ne croit plus aux promesses&lt;br class='autobr' /&gt;
M. Abdelaziz Bouteflika vient de r&#233;former la Constitution alg&#233;rienne pour supprimer la limitation des mandats pr&#233;sidentiels. Il compte se pr&#233;senter pour la troisi&#232;me fois en avril 2009, malgr&#233; l'aveu de l'&#171; &#233;chec &#187; de sa politique. La population, quant &#224; elle, pr&#233;occup&#233;e et d&#233;sesp&#233;r&#233;e par la d&#233;t&#233;rioration de son quotidien &#224; tous les niveaux, se d&#233;sint&#233;resse compl&#232;tement de l'&#233;lection qui se pr&#233;pare. Sympt&#244;mes du climat de m&#233;contentement, les &#233;meutes se sont multipli&#233;es ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour aller &#224; Larbaa Nath Irathen [en Kabylie], il n'y a que des chemins qui montent &#187; [4], une succession de virages sur des routes &#233;troites. On d&#233;couvre des collines en cascade. Sous une lumi&#232;re &#233;clatante, fr&#234;nes, oliviers et d'autres arbres fruitiers verdoient. Des d&#233;charges cr&#233;&#233;es de mani&#232;re anarchique g&#226;chent, h&#233;las, la beaut&#233; du lieu : bouteilles, sacs et autres d&#233;tritus jonchent le sol. Que ce soit en ville ou dans la campagne, sur l'ensemble du territoire alg&#233;rien, la destruction du paysage refl&#232;te l'&#233;tat d'esprit de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anciennement appel&#233;e Fort-National par les Fran&#231;ais, la petite ville de Larbaa Nath Irathen ne d&#233;roge pas &#224; la fr&#233;n&#233;sie de construction. Partout dans le pays, des immeubles poussent comme des champignons. G&#233;n&#233;ralement, les riches ou les hauts fonctionnaires s'arrogent plusieurs appartements, faisant perdurer la crise du logement et obligeant les autres citoyens &#224; manifester violemment leur indignation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les trottoirs de cette commune, qui a les allures d'une ville d'un autre temps &#224; cause des constructions coloniales d&#233;labr&#233;es, se massent les jeunes d&#233;s&#339;uvr&#233;s &#8212; les hittistes [5]. Pourtant, les gouvernements successifs claironnent depuis une d&#233;cennie que le taux de ch&#244;mage n'exc&#232;de pas 12 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est vrai qu'il y a plus d'emplois depuis l'arriv&#233;e de Bouteflika &#187;, affirme M. Omar Achour, 23 ans et sans travail. Assis &#224; l'ombre, il passe ses journ&#233;es &#224; garder une tavla : un vieux pr&#233;sentoir vitr&#233; contenant des cigarettes, du tabac &#224; priser et des sucreries. Une solution de fortune pour gagner un peu d'argent. Deux hommes ach&#232;tent deux cigarettes. M. Achour se l&#232;ve pour ranger la monnaie dans une caisse verte entam&#233;e par la rouille. &#171; Mon id&#233;al ?, demande-t-il en revenant. Trouver du travail. Sinon, je pense &#224; quitter le pays. &#187; Comme la plupart des jeunes Alg&#233;riens, il a vu sa demande de visa pour la France rejet&#233;e. D'o&#249; le nouveau ph&#233;nom&#232;ne des harragas, ces &#171; br&#251;leurs de route &#187; qui risquent leur vie sur des embarcations de fortune afin de rejoindre l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour quitter l'Alg&#233;rie, les femmes demandent des visas d'&#233;tude ou cherchent un &#8220;&#233;migr&#233;&#8221; &#224; &#233;pouser &#187;, raconte Sofia. Cette jeune fille de 27 ans refuse de croire &#224; la baisse du ch&#244;mage. &#171; Au contraire, je vois de plus en plus de monde sans occupation. Regardez tous ces jeunes qui errent. M&#234;me les dipl&#244;m&#233;s sont sans emploi. &#187; Travaillant dans un &#171; kiosque t&#233;l&#233;phonique &#187;, elle ne s'estime pas chanceuse d'avoir ce poste. &#171; Pour une fille, l'important est de ne pas rester clo&#238;tr&#233;e &#224; la maison. Je travaille de 8 &#224; 16 heures, sans pause d&#233;jeuner, pour gagner 5 000 dinars [50 euros] par mois. &#187; [6]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est la condition de la femme alg&#233;rienne, exploit&#233;e, comme le sont d'ailleurs les immigr&#233;s africains noirs. &#171; La femme ne n&#233;gocie pas son salaire. Les employeurs pr&#233;f&#232;rent nous embaucher plut&#244;t qu'un homme qui refuse de travailler dans les m&#234;mes conditions que nous. &#187; Secr&#233;taire au sein d'une association sociale, cette trentenaire gagne 3 000 dinars par mois. &#171; Mon salaire ne me sert &#224; rien. Ce sont mes parents qui me paient le transport pour venir au travail. &#187; Etonnamment, bien qu'elle accuse les responsables au pouvoir de &#171; dilapider la manne p&#233;troli&#232;re &#187;, elle juge la pr&#233;sidence de M. Abdelaziz Bouteflika positive. &#171; Rien n'a chang&#233; pour moi, mais j'entends beaucoup de monde dire du bien de lui. Il a notamment mis en place des aides pour les jeunes sans emploi et pour permettre aux familles modestes d'acqu&#233;rir un logement... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le filet social ? C'est de la poudre aux yeux ! &#187; Pour M. Hocine Lounis, maire de Larbaa Nath Irathen sous l'&#233;tiquette du Rassemblement pour la culture et la d&#233;mocratie (RCD), l'indemnit&#233; d'activit&#233; d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral (IAIG), en vigueur depuis 1994, et la prime d'activit&#233; et d'insertion sociale (PAIS), se montant respectivement &#224; 3 000 et &#224; 2 700 dinars pour une dur&#233;e de six mois, rel&#232;vent de l'&#171; exploitation &#187;. &#171; Je dois payer un jeune dipl&#244;m&#233; ou un cadre 3 000 dinars par mois ! Cela revient &#224; ne rien faire contre le ch&#244;mage. Dans ma mairie, 80 % des guichetiers sont sous le r&#233;gime de l'IAIG. En d'autres termes, il faut remplacer 80 % des employ&#233;s tous les six mois. &#187; Un tel programme contraint les maires &#224; ruser avec la loi. &#171; N&#233;cessairement, je reprends les m&#234;mes personnes. Comment pourrais-je virer les veuves qui travaillent dans les cantines scolaires ? Elles n'ont que ce salaire d&#233;risoire pour nourrir leurs enfants. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Regardez tous ces jeunes qui errent. M&#234;me les dipl&#244;m&#233;s sont sans emploi &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur Lounis a &#233;t&#233; maire de 1997 &#224; 2002, puis r&#233;&#233;lu en 2007. Il estime ne plus pouvoir assumer toutes ses pr&#233;rogatives car &#171; Bouteflika a r&#233;duit le champ des libert&#233;s. L'Etat ne veut pas que les maires agissent en faveur du peuple. Les projets de construction ou de r&#233;forme de la fiscalit&#233; locale &#233;chappent au premier magistrat de la localit&#233;... Le maire est devenu un appendice de l'administration. Tout d&#233;pend de la tutelle &#187;. La tutelle : les minist&#232;res et les wilayas (pr&#233;fectures) qui d&#233;cident des projets et de leur mise en application dans des localit&#233;s dont ils ignorent les besoins. &#171; Ce sont des probl&#232;mes que d&#233;noncent, tous partis confondus, l'ensemble des maires alg&#233;riens, relate l'&#233;dile de Larbaa Nath Irathen. Le gouvernement justifie la rigidit&#233; de la centralisation par l'&#233;tat d'urgence. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, le gouvernement n'est pas le seul fautif dans la d&#233;t&#233;rioration de la gestion des municipalit&#233;s. Les maires et leurs suppl&#233;ants y sont pour beaucoup. Il n'est pas de service administratif o&#249; la corruption et le &#171; piston &#187; ne fassent la loi. Le simple citoyen subit un chantage permanent. S'il a besoin d'un document administratif en urgence, s'il est contr&#244;l&#233; par un agent de l'ordre z&#233;l&#233;, il doit recourir &#224; ses &#171; relations &#187; &#8212; ses amis haut plac&#233;s &#8212; ou ouvrir son porte-monnaie. Dda Idir [7], ancien combattant de 76 ans qui s'est &#171; battu pour une autre Alg&#233;rie que celle-ci &#187;, reconna&#238;t que &#171; l'injustice domine. Si vous n'avez personne pour vous aider, on vous prive de tous vos droits. Si vous connaissez un fonctionnaire &#224; la mairie, vous arrivez quand vous voulez et vous passez en premier. Avec les &#8220;connaissances&#8221;, vous pouvez tout obtenir. Je vois par exemple des gens qui ne sont pas sortis de leur village pendant la guerre et qui touchent des pensions d'anciens combattants &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pratique co&#251;te des sommes faramineuses au budget de l'Etat, particuli&#232;rement en p&#233;riode &#233;lectorale. Le titre d'ancien combattant ou de fils de chahid [8] vaut la carte &#171; privil&#232;ges &#187; d'un centre commercial : indemnit&#233;s &#224; vie, exon&#233;rations de certaines taxes, r&#233;ductions aux agences de voyages... Les partis au pouvoir &#8212; Front de lib&#233;ration nationale (FLN) et Rassemblement national d&#233;mocratique (RND) &#8212; les distribuent pour gagner des &#233;lecteurs et les fid&#233;liser. Ainsi peut-on rencontrer des &#171; anciens combattants &#187; qui... n'avaient pas l'&#226;ge de prendre les armes entre 1954 et 1962. L'actuel pr&#233;sident, par la voix du minist&#232;re des anciens combattants, a lui-m&#234;me d&#233;nonc&#233; les imposteurs. &#171; Bouteflika dit beaucoup de bonnes choses, commente Dda Idir. Le probl&#232;me est qu'il ne tient pas ses promesses. &#187; On devine le d&#233;sespoir de ce vieil homme qui &#171; prie Dieu pour que le pays change, ne serait-ce que pour aider tous les jeunes d&#233;pressifs qui n'ont d'autre recours que la drogue ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A son arriv&#233;e au pouvoir, en avril 1999, M. Bouteflika a suscit&#233; l'espoir par ses discours. Parlant en arabe alg&#233;rien [9] et en fran&#231;ais, faisant ouvertement r&#233;f&#233;rence aux origines amazighes [10] de l'Afrique du Nord, &#233;num&#233;rant les difficult&#233;s sociales qu'un simple citoyen vit au quotidien, bousculant ses ministres inactifs, il est apparu &#224; la population comme un homme providentiel [11].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La politique ne m'int&#233;resse pas, seul le pain me pr&#233;occupe &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle-ci, pourtant, a vite d&#233;chant&#233; en d&#233;couvrant un responsable passant le plus clair de son temps &#224; l'&#233;tranger. Le mouvement de protestation du &#171; printemps noir &#187; (avril-mai 2001), en Kabylie, a subi une r&#233;pression sanglante qui a fait cent vingt-six morts par balles explosives &#8212; dont cinq &#224; Larbaa Nath Irathen &#8212; et des milliers de bless&#233;s [12]. Actuellement, des &#171; &#233;meutes &#187; &#233;clatent quotidiennement sur l'ensemble du territoire national. On ne se fie plus aux promesses du pr&#233;sident ; on n'&#233;coute ni ses discours ni ceux des autres repr&#233;sentants politiques. &#171; La politique ne m'int&#233;resse pas, seul le pain me pr&#233;occupe &#187;, dit un retrait&#233; attabl&#233; sans consommation au Caf&#233; du centre, o&#249; des trentenaires jouent aux cartes avec des septuag&#233;naires. &#171; Ma retraite ne me suffit pas pour nourrir mes cinq filles sans emploi, avoue l'homme. Parfois, nous mangeons ; d'autres fois, nous patientons. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette patience, la majorit&#233; de la population doit en faire preuve. La flamb&#233;e des prix &#224; la consommation est sans pr&#233;c&#233;dent. A 800 dinars le sac de semoule de vingt-cinq kilos, 650 dinars les cinq litres d'huile, 130 dinars le kilo de laitue, les produits alimentaires de base sont hors d'atteinte pour le salari&#233; moyen, surtout le mois du ramadan, p&#233;riode de profit commercial sans vergogne, o&#249; le co&#251;t des aliments double, voire triple. &#171; En Alg&#233;rie, tout change du jour au lendemain, sauf notre mis&#232;re ! &#187;, se plaint le retrait&#233;, qui ignore qu'une r&#233;forme de la Constitution est pr&#233;vue de longue date.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre retrait&#233;, ancien ouvrier en France, sirote une limonade au comptoir. Apr&#232;s un temps d'h&#233;sitation, il se lance : &#171; Je n'ai rien &#224; dire &#224; nos gouvernants. Ils savent tout et ne font rien pour am&#233;liorer nos conditions de vie... Mais je voudrais parler &#224; l'Etat fran&#231;ais et lui demander pourquoi il a r&#233;duit [dans certains cas] la majoration pour le conjoint, ce qui affecte notre pouvoir d'achat. &#187; Dr&#244;le de situation o&#249; l'on se croit entendu par un Etat &#233;tranger et pas par le sien. Notre interlocuteur reconna&#238;t tout de m&#234;me que la situation s&#233;curitaire a chang&#233; en dix ans. &#171; Nous craignons le banditisme plus que le terrorisme. Ici, on peut vous tuer pour 10 dinars. D'o&#249; vient tout cela ? Nous l'ignorons... Mais peut-&#234;tre est-ce voulu ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est voulu ! &#187; Une expression, dite en fran&#231;ais, qui est apparue ces derni&#232;res ann&#233;es dans la bouche des Kabyles. Ils accusent l'Etat d'avoir favoris&#233; le banditisme, la drogue, la prostitution &#8212; ph&#233;nom&#232;nes apparus soudainement &#8212; et d'avoir attir&#233; les groupes d'Al-Qaida au Maghreb pour forcer la population &#224; accepter le retour de la gendarmerie, retir&#233;e depuis le &#171; printemps noir &#187; de 2001. V&#233;rit&#233; ou parano&#239;a ? Difficile de r&#233;pondre, car on ne saurait v&#233;rifier les raisons invoqu&#233;es pour formuler ces accusations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, de fait, la peur est partout. Durant les ann&#233;es 1990, on pouvait sortir &#224; n'importe quelle heure en Kabylie. &#171; Maintenant, en hiver, j'arr&#234;te de travailler &#224; 18 heures pour &#233;viter les faux barrages des bandits qui d&#233;lestent les passants de leurs v&#233;hicules et de leurs biens &#187;, confie Karim. En plus du banditisme [13], qui a gagn&#233; les autres r&#233;gions du pays, ce conducteur d'un fourgon de transport collectif risque sa vie tous les jours. De l'aveu d'un commissaire de police, &#171; les routes en Alg&#233;rie m&#232;nent droit au cimeti&#232;re &#187;. Pour Karim, le taux &#233;lev&#233; des accidents de la circulation s'explique par &#171; le mauvais &#233;tat des routes trop &#233;troites, le manque de signalisation et le non-respect du code. Mais la principale raison est que les gens n'ont pas peur de mourir. Ils n'attendent plus rien de la vie ! &#187;. Depuis dix ans, la presse alg&#233;rienne rapporte, presque tous les jours, des cas de suicide. G&#233;n&#233;ralement, il s'agit de jeunes, hommes et femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est plus un foss&#233; qui s&#233;pare l'Etat et la nation, mais un d&#233;sert aride. Nul ne veut le traverser pour rejoindre l'autre. En dix ans de pr&#233;sidence de M. Bouteflika, une &#233;lite bourgeoise, proche des rouages de l'Etat, s'est renforc&#233;e quand la pauvret&#233; au sein de la population a gagn&#233; du terrain. A vue d'&#339;il, les islamistes sont plus puissants que dans les ann&#233;es 1990. Les terroristes &#171; repentis &#187; ou lib&#233;r&#233;s de prison b&#233;n&#233;ficient d'emplois et d'indemnit&#233;s pendant que nul ne soutient les victimes de la barbarie int&#233;griste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tragique a abouti &#224; l'irrationnel : de nombreux jeunes se sont rendus en se d&#233;clarant terroristes juste pour b&#233;n&#233;ficier des largesses de l'Etat apr&#232;s la mise en &#339;uvre de la &#171; concorde civile &#187; [14], devenue &#171; projet pour la r&#233;conciliation nationale &#187;. On comprend que la r&#233;forme de la Constitution, promettant une &#233;ni&#232;me farce &#233;lectorale dans un pays o&#249; l'avenir risque d'&#234;tre plus sombre que le pass&#233;, ne suscite nullement l'int&#233;r&#234;t des Alg&#233;riens. &#171; Ce que je voudrais le plus, c'est la paix, conclut M. Achour. Un proverbe de chez nous dit : &#8220;La paix vaut toutes les sati&#233;t&#233;s.&#8221; &#187; Mais il ne se fait gu&#232;re d'illusions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Le Monde diplomatique &#8211; &#201;dition imprim&#233;e &#8212; f&#233;vrier 2009 &#8212; Pages 8 et 9.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; Au miroir brouill&#233; du petit &#233;cran&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Barbe taill&#233;e, t&#234;te coiff&#233;e d'un turban et habill&#233; d'une gandoura, Hadj [15] Lakhdar se rend dans une administration. &#171; Le directeur n'est pas l&#224; ! &#187;, lui lance un bambin d'une dizaine d'ann&#233;es. For&#231;ant le passage, il est arr&#234;t&#233; par la concierge car elle vient de laver le sol. Le &#171; h&#233;ros &#187; fait encore le forcing et entre dans un bureau o&#249; le fonctionnaire coupe les cheveux de son sup&#233;rieur. Le hadj est renvoy&#233; vers une coll&#232;gue qui rousp&#232;te : &#171; Moi, j'ai une famille &#224; nourrir ! &#187; Un Butagaz et des l&#233;gumes sur le bureau, elle pr&#233;pare le d&#238;ner du soir. Enfin, le &#171; directeur &#187; le re&#231;oit dans son bureau o&#249; jouent ses enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; un &#233;pisode du feuilleton humoristique &#171; Imarat Hadj Lakhdar &#187; (&#171; La cit&#233; de Hadj Lakhdar &#187;) diffus&#233; par l'Entreprise nationale de t&#233;l&#233;vision (ENTV), l'unique cha&#238;ne alg&#233;rienne, durant la premi&#232;re moiti&#233; du mois de ramadan. Face &#224; l'arrogance des fonctionnaires, l'audacieux Hadj Lakhdar les sermonne pour leur rappeler leurs devoirs [16] : &#171; L'Etat ne vous paie pas pour &#231;a ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Imarat Hadj Lakhdar &#187;, bien qu'il soit tr&#232;s moyen sur le plan technique, &#233;gr&#232;ne de mani&#232;re loufoque les difficult&#233;s de la vie quotidienne. L'histoire se d&#233;roule dans un immeuble appartenant au personnage principal, qui passe d'une situation grotesque &#224; une autre &#224; cause de ses locataires. Chaque &#233;pisode est l'occasion de porter &#224; l'&#233;cran un &#171; probl&#232;me &#187; comme on le chante dans le g&#233;n&#233;rique : la bureaucratie, l'&#233;migration clandestine ou encore le ch&#244;mage... Ce feuilleton est le seul programme &#224; &#234;tre, en partie, un miroir de la r&#233;alit&#233; alg&#233;rienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hadj Lakhdar joue le r&#244;le d'un moraliste ou du P&#232;re Fouettard : &#171; Nous sommes en 2008, dit-il. C'est le temps du progr&#232;s et de la modernit&#233;. &#187; Dans cet autre &#233;pisode, le h&#233;ros veut &#171; civiliser &#187; ses locataires. Ordre leur est donn&#233; d'enlever les paraboles fix&#233;es sur les balcons et de descendre leurs poubelles &#224; l'heure o&#249; passent les &#233;boueurs. L'universitaire est le seul que ces d&#233;cisions n'indignent pas. Mais chassez le naturel et il revient au galop. Hadj Lakhdar parti, l'universitaire soupire : &#171; Par Dieu, vous dormez la nuit et, au r&#233;veil, il vous sort de nouvelles lois ! &#187; C'est que l'Alg&#233;rien, d'apr&#232;s la loupe de la cha&#238;ne nationale, est r&#233;fractaire au d&#233;veloppement et &#224; la civilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le propri&#233;taire de l'immeuble incarne le &#171; p&#232;re de la nation &#187;. &#171; M&#234;me s'il est s&#233;v&#232;re, c'est notre bon p&#232;re &#224; tous ! &#187;, reconna&#238;t un des locataires. Il est la conscience nationale, le ma&#238;tre de maison, attentif, soignant ses enfants &#171; fain&#233;ants &#187;, patient avec ses r&#233;sidents excessifs...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; son apparente ouverture, &#171; Imarat Hadj Lakhdar &#187; ne franchit pas les limites de la censure. La critique est d&#233;plac&#233;e du politique au civique au nom d'une conscience qui ne consid&#232;re que les sympt&#244;mes et ignore les origines du mal : les responsables au pouvoir et l'int&#233;grisme religieux ne sont jamais &#233;voqu&#233;s. &#171; Il n'y a pas de censure, objecte le directeur de la programmation d'ENTV, M. Djamel Benrabah. C'est le sc&#233;nario tel qu'il a &#233;t&#233; propos&#233; par son auteur. S'il avait voulu aborder le sujet de la dictature ou de l'int&#233;grisme religieux, on aurait diffus&#233; le feuilleton. &#187; Avant de pr&#233;ciser : &#171; De toute mani&#232;re, Hadj Lakhdar s'adresse aux gouvernants aussi. &#187; C'est le cas dans un &#233;pisode o&#249;, en guise de prologue, le hadj parle de la situation faite aux &#233;tudiants sans le sou tandis que d'autres jeunes, sans occupation, se baladent dans des d&#233;capotables. &#171; Hadj Lakhdar a interpell&#233; l'Etat pour que nos &#233;tudiants ne fuient plus le pays, ajoute M. Benrabah. Il dit en somme que l'int&#233;r&#234;t est d'&#234;tre cultiv&#233;. Si on est riche sans avoir &#233;tudi&#233;, on est minable ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, la s&#233;rie culpabilise le citoyen. Comme le pr&#233;sident Abdelaziz Bouteflika accusant les jeunes de pr&#233;f&#233;rer le travail de veilleur de nuit pour dormir le jour, Hadj Lakhdar accuse la soci&#233;t&#233; d'&#234;tre &#224; l'origine de son propre malaise en ne comprenant pas ses dirigeants : il gouverne son immeuble avec une &#171; main de fer &#187; par bienveillance et manque de choix. Ainsi, quand Farida, la journaliste, abandonne son mari un soir pour aller &#224; un anniversaire, Amine, pourtant oppos&#233; aux nouvelles lois de &#171; civisme &#187;, avoue : &#171; Toi, il n'y a que Hadj Lakhdar pour te ramener sur la bonne voie ! &#187; La &#171; main de velours &#187; de l'&#233;poux est impuissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La cit&#233; de Hadj Lakhdar &#187; a &#233;t&#233; diffus&#233;e en premi&#232;re partie de soir&#233;e, juste au moment o&#249; la famille alg&#233;rienne se retrouvait autour de la table pour la fin du je&#251;ne. Du coup, le feuilleton a enregistr&#233; la plus forte audience et a soulev&#233; un toll&#233; g&#233;n&#233;ral pour ses d&#233;rives &#171; racistes &#187;. M. Ferhat Mehenni, pr&#233;sident du Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie (MAK), a condamn&#233; la caricature du personnage kabyle &#8212; un d&#233;bile d&#233;pendant de son beau-p&#232;re Hadj Lakhdar &#8212; au m&#234;me titre que le quotidien r&#233;gional La D&#233;p&#234;che de Kabylie, pour qui ce feuilleton culpabilise &#171; la diff&#233;rence en montrant &#224; l'occasion l'archa&#239;sme et la pu&#233;rilit&#233; de ceux qui s'en r&#233;clament &#187; [17].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les associations f&#233;ministes et Mme Nouara Saadia Djaffar, ministre d&#233;l&#233;gu&#233;e charg&#233;e de la famille et de la condition f&#233;minine, ont d&#233;plor&#233; les allusions sexistes. Dans ce feuilleton, Farida et Amine repr&#233;sentent la vie &#224; l'occidentale, o&#249; la femme domine son mari. Apr&#232;s l'intervention d'un sorcier, les rapports sont invers&#233;s. Amine enjoint &#224; sa femme de lui laver les pieds, avant de la chasser de l'appartement. Farida, en pleurs, dit &#224; Hadj Lakhdar que son mari vient de la battre. &#171; Il est devenu un homme &#187;, se r&#233;jouit le futur intercesseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fier du succ&#232;s de sa programmation, M. Hamraoui Habib Chawki, alors directeur d'ENTV, r&#233;pond &#224; la pol&#233;mique : &#171; Je ne suis pas d'accord personnellement avec certaines choses contenues dans les programmes, certaines choses qui ont &#233;t&#233; dites sur les femmes ou les anciens moudjahidins. Mais, malgr&#233; cela, et en d&#233;pit d'autres difficult&#233;s techniques ou de sc&#233;nario, je suis satisfait. Nous avons pr&#233;sent&#233; de bons produits alg&#233;riens aux Alg&#233;riens, et les Alg&#233;riens ont aim&#233;. &#187; [18] Mieux que cela, M. Benrabah explique ces d&#233;rapages : &#171; Si on avait dit : &#8220;Ne battez pas vos femmes&#8221;, cela n'aurait pas cr&#233;&#233; l'&#233;v&#233;nement. C'est gr&#226;ce &#224; Hadj Lakhdar que le d&#233;bat sur les femmes a lieu. &#187; Et elles ont appr&#233;ci&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autres feuilleton, autre monde. Loin de la pauvret&#233; des Alg&#233;riens, &#171; C&#339;urs en lutte &#187; a pour cadre la bourgeoisie alg&#233;roise. L&#224;, l'amour est possible &#8212; m&#234;me hors mariage ; les hommes et les femmes sont &#233;gaux. La distribution des r&#244;les est s&#233;v&#232;re, surtout pour les jeunes actrices, qui sont d'une grande beaut&#233;. On remarquera la r&#233;ussite technique de ce feuilleton r&#233;alis&#233; par Nazim Kaidi, r&#233;ussite pass&#233;e inaper&#231;ue &#224; cause du contenu. Trop de suspense et trop de rebondissements ont fini par rebuter le public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &#171; C&#339;urs en lutte &#187;, le personnage principal, Youcef (Mustapha Laribi), jeune chef d'entreprise, doit surmonter son divorce. Apr&#232;s avoir tu&#233; accidentellement Mahmoud, il transforme ses deux collaborateurs en d&#233;tectives pour enqu&#234;ter sur le d&#233;funt. On ne tarde pas &#224; saisir les exc&#232;s d'un sc&#233;nario fourre-tout qui agit par bin&#244;mes sch&#233;matiques : sorcellerie-exorcisme ; amiti&#233;s-trahisons ; g&#233;n&#233;rosit&#233;-banditisme ; unions-meurtres ; raison-folie ; s&#233;paration-retrouvailles... Tout cela, dans un seul et m&#234;me &#233;pisode, sur fond de filatures polici&#232;res et de conseils d'entremetteurs. En trente minutes, on perd pied : &#171; Je ne suis pas s&#251;re de tout comprendre, explique une t&#233;l&#233;spectatrice. J'ai donc arr&#234;t&#233; de regarder ce drame. &#187; Les probl&#232;mes passionnels des personnages sont supplant&#233;s par l'obsession de l'argent. Dans &#171; C&#339;urs en lutte &#187;, on a des montres en or, on fume des cigares dans des appartements luxueux et on parle de millions et de milliards de dinars. M&#234;me les cellules des prisons et les h&#244;pitaux y sont, &#244; miracle !, propres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans toute soci&#233;t&#233;, il y a des riches et des pauvres, commente M. Benrabah. Notre cha&#238;ne n'a rien invent&#233; &#224; ce niveau. &#8220;C&#339;urs en lutte&#8221; montre qu'il y a des riches honn&#234;tes et d'autres malhonn&#234;tes. &#187; Apr&#232;s avoir sermonn&#233; le citoyen avec &#171; La cit&#233; de Hadj Lakhdar &#187;, ENTV vend du r&#234;ve en proposant deux moyens de s'enrichir : &#234;tre chef d'entreprise au risque de se faire d&#233;poss&#233;der de tous ses biens, ou &#234;tre un trafiquant au risque de se faire arr&#234;ter par la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des moyens limit&#233;s am&#232;nent les r&#233;alisateurs &#224; ruser avec le public pour allonger les sc&#232;nes [19], mais le tout est parfois sauv&#233; par des acteurs comme Razika Ferhane, dont la prestation dans &#171; C&#339;urs en lutte &#187; est exceptionnelle. L'importance des com&#233;diens est surtout sensible dans &#171; Djemai Family &#187;. La premi&#232;re sitcom alg&#233;rienne aurait pu avoir pour titre &#171; Djemai Show &#187; ou &#171; Mari&#233; et quatre enfants &#187;. Son succ&#232;s repose essentiellement sur les &#233;paules de la vedette Salah Ougrout. Acteur de talent, il est en quelque sorte le &#171; Mister Bean &#187; alg&#233;rien par ses mimiques et ses gesticulations. L'importance de son r&#244;le est telle que les autres personnages ne font que lui donner la r&#233;plique. Il est au centre de toutes les pr&#233;occupations et l'origine de tous les rebondissements d'une sitcom qui, bien que r&#233;ussie techniquement, a pour seul objectif de faire rire. En cela, elle est excessivement na&#239;ve et sans int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le ramadan, la direction d'ENTV continue de se d&#233;lecter de son audience historique, estim&#233;e &#224; plus de 70 % de parts de march&#233;. Elle fait mine d'oublier que ce public se volatilise par la suite vers les cha&#238;nes occidentales et orientales, quittant ainsi la cha&#238;ne, surnomm&#233;e &#171; canal z&#233;ro &#187; ou encore &#171; l'orpheline &#187; pour la pauvret&#233; de ses programmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Le Monde diplomatique &#8211; &#201;dition imprim&#233;e &#8212; f&#233;vrier 2009 &#8212; Pages 8 et 9.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHIBANI Ali&lt;br class='autobr' /&gt;
Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
[1] &#171; Il y a 15 ans, les derniers jours du FIS &#187;, Le Jour d'Alg&#233;rie, d&#233;cembre 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] El Watan, Alger, 6 mars 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Soul&#232;vement populaire apr&#232;s l'interdiction d'une conf&#233;rence sur la &#171; Po&#233;sie ancienne de Kabylie &#187; organis&#233;e par Mouloud Mammeri en 1980. Lire Yves Lacoste Camille Lacoste-Dujardin, &#171; La revendication culturelle des Berb&#232;res de Grande-Kabylie &#187;, Le Monde diplomatique, d&#233;cembre 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Proverbe kabyle ayant inspir&#233; Les Chemins qui montent, du romancier Mouloud Feraoun (Seuil, Paris, 1957).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Hittiste (de hitt, le mur en arabe) : ch&#244;meur adoss&#233; toute la journ&#233;e &#224; un mur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Le salaire moyen alg&#233;rien est de 15 000 dinars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Dda, locution de respect pour d&#233;signer un a&#238;n&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Ce terme, &#171; martyrs &#187;, d&#233;signe les hommes morts au combat. On estime &#224; deux millions cinq cent mille le nombre de personnes reconnues comme &#171; anciens moudjahidins &#187; ou ayants droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Ses pr&#233;d&#233;cesseurs n'utilisaient que l'arabe litt&#233;raire ; m&#234;me les Alg&#233;riens arabophones ne le comprennent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Du nom d'Amazigh, patriarche du peuple berb&#232;re selon la tradition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Mohamed Benchicou a dress&#233; un portrait peu flatteur du pr&#233;sident dans Bouteflika : une imposture alg&#233;rienne (Editions Le Matin, Alger, 2003 ; et J. Picollec, Paris, 2004). Le journaliste et directeur du quotidien Le Matin a &#233;t&#233; condamn&#233;, par repr&#233;sailles, &#224; deux ans de prison ferme ; son journal a vu sa publication interdite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Cf. Farid Alilat et Sh&#233;h&#233;razade Hadid, Vous ne pouvez pas nous tuer, nous sommes d&#233;j&#224; morts. L'Alg&#233;rie embras&#233;e, Editions 1, Paris, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Ces &#171; bandits &#187; enl&#232;vent et s&#233;questrent en outre des chefs d'entreprise et des commer&#231;ants, qu'ils lib&#232;rent apr&#232;s paiement d'une ran&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] La loi vot&#233;e en 1999 pr&#233;voit la lev&#233;e des poursuites judiciaires contre les terroristes &#171; repentis &#187; non coupables de crimes de sang. Ils b&#233;n&#233;ficient d'un emploi et d'indemnit&#233;s. L'Etat met m&#234;me au service des ex-&#233;mirs, les chefs r&#233;gionaux des groupes islamistes arm&#233;s, une escorte polici&#232;re pour assurer leur protection. Lire Lahouari Addi, &#171; En Alg&#233;rie, du conflit arm&#233; &#224; la violence sociale &#187;, Le Monde diplomatique, avril 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] Titre r&#233;serv&#233; aux personnes ayant accompli le p&#232;lerinage &#224; La Mecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] Des devoirs que l'ENTV est la premi&#232;re &#224; oublier. Renvoy&#233; d'un service &#224; un autre, il nous a fallu deux mois de pers&#233;v&#233;rance pour qu'un interlocuteur r&#233;ponde &#224; nos questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] La D&#233;p&#234;che de Kabylie, Tizi Ouzou, 23 septembre 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] Libert&#233;, Alger, 15 octobre 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] Le g&#233;n&#233;rique de &#171; C&#339;urs en lutte &#187; dure six minutes (d&#233;but et fin) sur trente. Et on y trouve des zooms durant jusqu'&#224; vingt secondes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Ali Chibani est journaliste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Alg&#233;rie : l'opposition &#233;touff&#233;e avant les &#233;lections</title>
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&lt;p&gt;Alg&#233;rie : l'opposition &#233;touff&#233;e avant les &#233;lections CHIBANI Ali 7 avril 2009 Mis en ligne par Le Monde diplomatique. __________________________________________ Cela fait plusieurs semaines que l'Alg&#233;rie n'a ni pr&#233;sident ni gouvernement. Les autorit&#233;s du pays et ses institutions sont toutes en campagne &#233;lectorale pour convaincre la population d'aller voter. Le jeudi 9 avril se tiendra une &#233;lection pr&#233;sidentielle d&#233;j&#224; gagn&#233;e par M. Abdelaziz Bouteflika, qui se pr&#233;sente sous l'&#233;tiquette de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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7 avril 2009&lt;br class='autobr' /&gt;
Mis en ligne par Le Monde diplomatique.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Cela fait plusieurs semaines que l'Alg&#233;rie n'a ni pr&#233;sident ni gouvernement. Les autorit&#233;s du pays et ses institutions sont toutes en campagne &#233;lectorale pour convaincre la population d'aller voter. Le jeudi 9 avril se tiendra une &#233;lection pr&#233;sidentielle d&#233;j&#224; gagn&#233;e par M. Abdelaziz Bouteflika, qui se pr&#233;sente sous l'&#233;tiquette de candidat ind&#233;pendant. Le pr&#233;sident sortant-rentrant est soutenu par l'alliance pr&#233;sidentielle &#8211; Rassemblement national d&#233;mocratique (RND), Front de lib&#233;ration nationale (FLN), Mouvement de la soci&#233;t&#233; pour la paix (MSP) &#8211; et par une farandole d'associations et de syndicats officiels hant&#233;s par le spectre de l'abstention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinq candidats &#171; d&#233;fient &#187; M. Bouteflika pour l&#233;gitimer son &#233;lection. Peu mobilisateurs pour certains, compl&#232;tement inconnus pour d'autres, les &#171; li&#232;vres &#187;, comme les surnomme la presse alg&#233;rienne, sont soup&#231;onn&#233;s de convoiter les 15 millions d'euros mis &#224; la disposition de chaque parti en lice pour mener campagne. Quant aux poids lourds de l'opposition, ils ont appel&#233; &#224; l'abstention. Le Rassemblement pour la culture et la d&#233;mocratie (RCD) a gel&#233; ses activit&#233;s publiques apr&#232;s avoir &#233;tabli le diagnostic cinglant d'une &#171; Alg&#233;rie mugabis&#233;e &#187; et constat&#233; l'&#233;chec de l'opposition d&#233;mocratique &#224; exister sur la sc&#232;ne politique [1]. Le leader de l'Alliance nationale r&#233;publicaine (ANR.), M. R&#233;da Malek, est all&#233; jusqu'&#224; mettre un terme d&#233;finitif &#224; une carri&#232;re politique de cinquante ann&#233;es. Pour M. Karim Tabou, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du Front des forces socialistes (FFS), autre parti abstentionniste, &#171; ce scrutin est un d&#233;fi lanc&#233; &#224; la soci&#233;t&#233;. M. Bouteflika se d&#233;place avec une vingtaine de bus de citoyens pay&#233;s pour remplir ses salles. Des habitants des bidonvilles sont menac&#233;s d'expulsion et les salari&#233;s de licenciement s'ils ne prouvent pas qu'ils ont vot&#233;. Le ministre de l'Int&#233;rieur &#233;valuera les pr&#233;fets en fonction des taux de participation au vote qu'ils auront enregistr&#233;s, cr&#233;ant ainsi une concurrence &#224; une fraude qui a d&#233;j&#224; commenc&#233;. En dix ans, l'Alg&#233;rie a fait un bond d&#233;mographique de huit millions de personnes, et le nombre des nouveaux inscrits sur les listes &#233;lectorales pour la m&#234;me p&#233;riode d&#233;passe ce chiffre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique de la chaise vide ne satisfait pas tous les militants de l'opposition. &#171; M. Bouteflika a une strat&#233;gie monstrueuse, nous dit un jeune commer&#231;ant. Il nous [les d&#233;mocrates] a compl&#232;tement &#233;teints, et les partis qui boycottent nous enl&#232;vent la seule occasion d'exister sur la sc&#232;ne politique. Ainsi, tout est clair : il n'y a plus que lui, le Za&#239;m [le chef], comme tout le monde l'appelle ici. &#187; Mais en quoi consiste cette strat&#233;gie ? &#171; Apr&#232;s la pr&#233;sidentielle de 2004, tous ceux qui l'ont soutenu ont &#233;t&#233; r&#233;compens&#233;s financi&#232;rement. Du coup, la convoitise est telle que m&#234;me des opposants ont rejoint ses bureaux de soutien. Juste avant le lancement de cette campagne, il a distribu&#233; des lots de logements dans des cit&#233;s hupp&#233;es aux habitants de bidonvilles&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, le pr&#233;sident s'est permis une pr&#233;campagne pour lancer quelques projets. &#171; La population, explique ce professeur d'une universit&#233; de l'Est alg&#233;rien &#8211; qui n'ira pas voter &#8211; montre un certain d&#233;go&#251;t face aux visites du pr&#233;sident dans les villes de l'int&#233;rieur pour l'inauguration de pr&#233;tendus projets d&#233;j&#224; inaugur&#233;s par des ministres ou par lui-m&#234;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je suis porteur des m&#234;mes id&#233;es et je ne suis pas venu (&#8230;) pour pr&#233;senter mon programme, que vous connaissez depuis une dizaine d'ann&#233;es &#187;, a lanc&#233; le pr&#233;sident sans projet &#224; Batna, et d'ajouter &#224; Tlemcen : &#171; Les nouvelles id&#233;es viendront lors des r&#233;alisations &#187; [2]. En d'autres termes, l'Alg&#233;rie des cinq prochaines ann&#233;es sera la m&#234;me que celle des deux derniers mandats. Perspective peu r&#233;jouissante [3]. Toutefois, M. Bouteflika a promis la construction de un million de logements et la cr&#233;ation de trois millions d'emplois. Il est m&#234;me pass&#233; aux actes. Il a effac&#233; les dettes des agriculteurs et augment&#233; les bourses &#233;tudiantes de 50 %. Pour ratisser large, il a satisfait une revendication historique des Berb&#232;res avec le lancement de la premi&#232;re cha&#238;ne en tamazight. Une cha&#238;ne de diffusion de programmes religieux, Saint Coran, a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e dans la foul&#233;e pour gagner le camp islamiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, rien n'est dit sur les diff&#233;rentes gr&#232;ves qui touchent l'ensemble des secteurs publics et priv&#233;s depuis plusieurs mois. Pas un mot non plus sur les attentats quotidiens d'Al-Qaida au Maghreb, et le &#171; candidat ind&#233;pendant &#187; n'&#233;carte pas l'id&#233;e d'&#171; une amnistie g&#233;n&#233;rale &#187; pour tous les terroristes. Pour cela, Mme Ch&#233;rifa Kheddar, pr&#233;sidente de l'association des victimes du terrorisme Djaza&#239;rouna, rejette ce scrutin : &#171; Nous ne pouvons contribuer &#224; perp&#233;tuer un syst&#232;me qui fait voter une loi par les &#233;lus et une Charte par r&#233;f&#233;rendum au profit des criminels de la d&#233;cennie rouge. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fraude massive est pr&#233;visible pour que le troisi&#232;me mandat de M. Bouteflika ne commence pas par un fiasco. Le taux de participation atteindrait 65 &#224; 70 %, chiffres d&#233;j&#224; annonc&#233;s par le premier ministre, M. Ahmed Ouyahia. Cette &#233;lection aura toutefois eu son utilit&#233;. Elle aura mis sous les feux de la rampe certains cadres politiques de l'opposition qui ont vir&#233; de bord et rejoint le camp pr&#233;sidentiel. Au grand d&#233;sarroi de leurs &#233;lecteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHIBANI Ali&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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