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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>Socialisation du secteur bancaire et financier (&#201;ric Pineault, 3 sept 2011) - Partie 2/2 </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Socialisation-du-secteur-bancaire-et-financier-Eric-Pineault-3-sept-2011-Partie</link>
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		<dc:creator>&#201;ric Pineault</dc:creator>



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&lt;p&gt;Socialisation du secteur bancaire et financier (&#201;ric Pineault, 3 sept 2011) - Partie 2/2&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Videos-" rel="directory"&gt;Vid&#233;os&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Socialisation du secteur bancaire et financier (&#201;ric Pineault, 3 sept 2011) - Partie 2/2&lt;/p&gt;
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		<title>Atelier &#034;Socialisation du secteur bancaire et financier&#034; (&#201;ric Pineault, 3 sept 2011) - Partie 1/2 </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Atelier-Socialisation-du-secteur-bancaire-et-financier-Eric-Pineault-3-sept</link>
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		<dc:creator>&#201;ric Pineault</dc:creator>



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&lt;p&gt;Atelier &#034;Socialisation du secteur bancaire et financier&#034; (&#201;ric Pineault, 3 sept 2011) - Partie 1/2&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Atelier &#034;Socialisation du secteur bancaire et financier&#034; (&#201;ric Pineault, 3 sept 2011) - Partie 1/2&lt;/p&gt;
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	</item>
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		<title>Quels espoirs et occasions pour la gauche ?</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Quels-espoirs-et-occasions-pour-la-gauche</link>
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		<dc:date>2009-05-14T05:11:13Z</dc:date>
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		<dc:creator>&#201;ric Pineault</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Crise du capitalisme financiaris&#233; Que le capitalisme soit en crise, et que cette crise soit majeure et affecte le c&#339;ur de ce r&#233;gime &#233;conomique ne font maintenant aucun doute. Les signes avant-coureurs d'une reprise, d'un quelconque retour &#224; la normale, esp&#233;r&#233;s depuis un an ne se manifestent toujours pas. Au contraire, depuis l'automne la crise financi&#232;re s'&#233;tend &#224; d'autres secteurs et se consolide en crise &#233;conomique majeure. Ceux qui ne croyaient qu'&#224; un l&#233;ger, court et n&#233;cessaire (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Economie-50-" rel="directory"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Crise du capitalisme financiaris&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Que le capitalisme soit en crise, et que cette crise soit majeure et affecte le c&#339;ur de ce r&#233;gime &#233;conomique ne font maintenant aucun doute. Les signes avant-coureurs d'une reprise, d'un quelconque retour &#224; la normale, esp&#233;r&#233;s depuis un an ne se manifestent toujours pas. Au contraire, depuis l'automne la crise financi&#232;re s'&#233;tend &#224; d'autres secteurs et se consolide en crise &#233;conomique majeure. Ceux qui ne croyaient qu'&#224; un l&#233;ger, court et n&#233;cessaire ajustement apr&#232;s la folie momentan&#233;e des subprimes* commencent &#224; r&#233;aliser l'importance des d&#233;s&#233;quilibres ainsi que des contradictions structurelles qui se sont accumul&#233;es dans le cadre du capitalisme financiaris&#233;. Celles-ci sont principalement de deux ordres : financier et ordinaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La structure financi&#232;re du capitalisme contemporain&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es 1980, une d&#233;r&#233;glementation et une lib&#233;ralisation financi&#232;res ont permis une expansion in&#233;dite de la sph&#232;re financi&#232;re, de son ampleur, de sa puissance et de ses modes de valorisation sp&#233;culative. C'est non seulement une &#233;vidence pour les critiques du n&#233;olib&#233;ralisme et de la mondialisation capitaliste, c'est devenu &#224; ce point un lieu commun que m&#234;me Sarkozy se permet de fustiger le &#171; capitalisme financier &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs ont malencontreusement compris cette nouvelle puissance comme une &#171; d&#233;connexion &#187; de la finance, son autonomisation du r&#233;el, ainsi qu'une vaste aventure de cr&#233;ation de capital fictif. Pourtant, un examen plus approfondi de la nature des pratiques d'accumulation financi&#232;re mises en place depuis les trois derni&#232;res d&#233;cennies r&#233;v&#232;le le contraire. La puissance et le &#171; succ&#232;s &#187;, si on peut parler ainsi, de la finance r&#233;sident plut&#244;t dans sa capacit&#233; &#224; s'ins&#233;rer et se rendre n&#233;cessaire au fonctionnement de l'&#233;conomie ordinaire, contraignant celle-ci &#224; valider sa dynamique sp&#233;culative*. C'est ce qui explique pourquoi, contrairement au crash boursier de 1987 largement sans effet sur l'&#233;conomie, la crise financi&#232;re actuelle se r&#233;pand si rapidement et intens&#233;ment dans l'ensemble de l'&#233;conomie. Les bulles qui se sont d&#233;velopp&#233;es successivement dans divers segments des march&#233;s financiers depuis les ann&#233;es 1990 &#8211; le segment des actions de 1990 &#224; 2001, celui des titres du march&#233; immobilier jusqu'aux ann&#233;es 2005-2006 et, depuis, dans le march&#233; de d&#233;riv&#233;s de mati&#232;res premi&#232;res &#8211; ont permis une accumulation de plus en plus importante de capital liquide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette puissance &#233;conomique immense s'est concentr&#233;e entre les mains d'un oligopole de grandes organisations financi&#232;res, grandes banques, fonds de pension, fonds mutuels et hedge funds*, groupes d'assurances, dont nos banques et groupes financiers (tel que Manuvie) sont des cas types. Un cort&#232;ge de fournisseurs de services &#224; cet oligopole financier (comptables &#8211; v&#233;rificateurs, bureaux d'avocats, courtiers, consultants de tout acabit) se sont arrim&#233;s et ont nourri cette expansion de puissance tout en en profitant grassement. Plusieurs se sont trouv&#233;s dans le double r&#244;le d'&#233;valuateurs externes, de tiers-arbitres et de fournisseurs de services [1]. Les centres-villes de plusieurs capitales &#233;conomiques se sont transform&#233;s en places financi&#232;res (pensons &#224; Bay Street), de nouvelles Bourses sont apparues, elles se sont int&#233;gr&#233;es les unes aux autres dans des march&#233;s &#233;lectroniques globalis&#233;s. De nouvelles marchandises ont &#233;t&#233; mises en Bourse et sont tomb&#233;es sous la r&#233;gulation financi&#232;re gr&#226;ce aux march&#233;s des d&#233;riv&#233;s* (p&#233;trole, billes de bois pour papier, cr&#233;dits de carbone). Des divisions financi&#232;res de grandes firmes industrielles devinrent plus puissantes que leur organisation m&#232;re (GE capital, Ford Credit), tout ce que la finance pouvait rendre liquide le fut, et la puissance de la liquidit&#233; financi&#232;re semblait sans limites.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'overclass et la gestion financi&#232;re&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce cadre que s'est constitu&#233;e ce qu'on peut nommer une overclass, une &#233;lite financi&#232;re, &#224; l'int&#233;rieur des hautes sph&#232;res de cet oligopole financier et de ses annexes dans les divers services. L'overclass incorpora en son sein, gr&#226;ce &#224; des m&#233;canismes tels que les stock options*, les cadres dirigeants du secteur corporatif et industriel &#224; un point o&#249; certaines vieilles familles capitalistes au Canada se pay&#232;rent une page du Globe and Mail pour les traiter de vendus ! Gr&#226;ce &#224; leur participation active &#224; la dynamique financi&#232;re, les revenus et la richesse des membres de l'overclass explos&#232;rent et ont atteint des montants ind&#233;cents. Pensons au PDG du groupe Couche tard qui, en 2004, gagnait 11,7 millions de dollars &#8211; dont 10 millions par l'exercice de stock options &#8211; gr&#226;ce au travail de ses commis pay&#233;s au salaire minimum. Le rapport &#224; l'accumulation financi&#232;re est ainsi profond&#233;ment cliv&#233; selon une ligne de faille qui ressemble de plus en plus &#224; une opposition de classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant l'overclass, aussi riche et puissante soit-elle, doit sa puissance non pas uniquement ni principalement au poids de sa propre richesse financi&#232;re, car ce poids est d&#233;risoire quand on le compare au poids du capital financier &#171; socialis&#233; &#187;. C'est le paradoxe de la financiarisation. La puissance de l'overclass repose autant sur sa capacit&#233; &#224; rendre liquide ce qui ne l'est pas, en contr&#244;lant la production et la circulation de cr&#233;dit et de titres, que sur son monopole de gestion de l'&#233;pargne institutionnalis&#233;e des salari&#233;s ordinaires. Tout comme l'ancienne &#233;lite corporative qui domina le capitalisme manag&#233;rial, la puissance de cette &#233;lite est une puissance de contr&#244;le plut&#244;t que de propri&#233;t&#233;. Les plus grandes masses de capital financier liquide et mobilisable sont ainsi celles qui r&#233;sultent d'une m&#233;tamorphose de diverses formes d'&#233;pargne salariale, ponctions pour assurance obligatoire ou volontaire, &#233;pargne retraite organis&#233;e (fonds de pension) ou volontaire (RE&#201;R), de leur centralisation et massification en fonds sur lesquels s'exerce un monopole de gestion [2] (pensons &#224; la Caisse de d&#233;p&#244;t et de placement), tout comme l'&#233;lite manag&#233;riale du monde corporatif exerce un monopole de gestion sur ces organisations. Le clivage de classe entre les salari&#233;s ordinaires et l'overclass r&#233;side plus pr&#233;cis&#233;ment dans le rapport &#224; cette masse de capital financier. Les premiers s'y rapportent passivement &#224; titre de b&#233;n&#233;ficiaires et cotisants, les seconds s'y rapportent activement &#224; titre de gestionnaires, conseillers et v&#233;rificateurs qui manipulent la puissance de ce capital liquide. Cette opposition entre participation passive et gestion active caract&#233;rise l'ensemble du rapport contradictoire &#224; la finance entre salari&#233;s ordinaires et overclass.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les contradictions ordinaires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; du monde ordinaire, une &#233;volution continue depuis 30 ans du rapport salarial en fonction du capital et au d&#233;triment du travail a provoqu&#233; une stagnation importante des revenus des m&#233;nages salari&#233;s en Am&#233;rique du Nord alors m&#234;me que le ressort essentiel de la croissance fut leur surconsommation de masse. Les m&#233;nages nord-am&#233;ricains, depuis 15, 20, 30 ans, ont ajust&#233; leur mode de vie &#224; une norme de consommation en pleine mutation et en pleine expansion. Dans le capitalisme avanc&#233;, s'il y a croissance de la production, voire surproduction chronique au niveau global, (c'est la th&#232;se de plusieurs &#233;conomistes h&#233;t&#233;rodoxes) c'est que celle-ci est valid&#233;e d'avance par une surconsommation programm&#233;e, c'est-&#224;-dire par la croissance constante du niveau de la consommation. Certains aimeraient nous faire croire que l'expansion de la consommation des tr&#232;s riches, ou celle d'une nouvelle classe moyenne en Chine et en Inde, voire au Br&#233;sil et en Russie (BRIC), pourrait valider cette expansion de la production. Or, l'histoire nous montre que le capitalisme financiaris&#233; a maintenu une structure fondamentale du fordisme : la production de masse fut et est toujours encore, pour le moment, maintenue par la consommation de masse des gens ordinaires dont les revenus ont stagn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc le cr&#233;dit &#224; la consommation ainsi que le cr&#233;dit hypoth&#233;caire qui ont combl&#233; ce hiatus. En effet, tandis que pendant les 30 derni&#232;res ann&#233;es les conditions d'emploi se sont d&#233;grad&#233;es dans plusieurs secteurs et que le temps que la soci&#233;t&#233; consacre au travail s'allonge, les salaires stagnent et les plus grandes entreprises engrangent des profits qu'elles ne savent plus trop o&#249; investir. L'&#233;pargne du secteur des grandes entreprises conjugu&#233; &#224; celui des m&#233;nages salari&#233;s (RE&#201;R et caisses de retraite) a &#233;t&#233; absorb&#233;e par la sph&#232;re financi&#232;re et a nourri son expansion ainsi que celle du cr&#233;dit aux salari&#233;s par le biais de la titrisation*. La titrisation a permis de lier m&#233;caniquement et de mani&#232;re syst&#233;mique les deux structures contradictoires, financi&#232;re et ordinaire, tout en maintenant ce lien dans une relative invisibilit&#233;. Cela a donn&#233; un semblant de viabilit&#233; &#224; un syst&#232;me vou&#233; &#224; l'implosion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2007 fut l'ann&#233;e o&#249; l'expansion &#233;conomique bas&#233;e sur ce r&#233;gime commen&#231;a son effondrement. D'abord, sous sa forme financi&#232;re et par la suite sous sa forme ordinaire. La crise financi&#232;re se manifeste par la faillite spectaculaire de Lehmans et de plusieurs autres grandes institutions am&#233;ricaines, anglaises et europ&#233;ennes, par la transformation forc&#233;e des fleurons de Wall Street, les banques d'investissement largement non r&#233;glement&#233;es, en banques commerciales un peu plus r&#233;glement&#233;es, et par les pertes immenses du c&#244;t&#233; des hedge fund* et des investisseurs institutionnels. Cette crise financi&#232;re largement m&#233;diatis&#233;e prend la forme classique de l'&#233;clatement spectaculaire d'une bulle, avec son lot de Krach dans la valeur de certains actifs financiers, de r&#233;v&#233;lations de fraudes massives, de suicides de banquiers et par le partage entre critiques bien pensants d'un sentiment d'indignation g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Elle provoque sur le plan politique la r&#233;ponse attendue d'une n&#233;cessaire r&#233;forme du capitalisme impliquant une plus grande r&#233;gulation de la finance.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quel type de crise ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous connaissons moins l'allure qu'aura la crise ordinaire qui commence &#224; se manifester. Les ann&#233;es 1930 nous ont laiss&#233; l'image de masses de travailleurs au ch&#244;mage, de familles incapables de subsister, d'une absence d'assistance publique aux sans travail, d'ateliers et usines abandonn&#233;s. Les ann&#233;es 1980 et 1990, qui ont &#233;t&#233; moins dramatiques, nous ont tout de m&#234;me aussi laiss&#233; une image o&#249; le ch&#244;mage de masse &#233;tait omnipr&#233;sent. Mais on se souviendra surtout des fermetures et des d&#233;localisations qui ont jou&#233; un r&#244;le central dans la restructuration des &#233;conomies post-industrielles. Une transition o&#249; le travail fut flexibilis&#233; et o&#249; des communaut&#233;s enti&#232;res de travailleurs industriels devinrent d&#233;qualifi&#233;es. Ces r&#233;cessions auraient acc&#233;l&#233;r&#233; la fin du fordisme qui &#233;tait apparu en r&#233;action &#224; la crise des ann&#233;es 1930.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise actuelle dans son versant ordinaire n'est pour le moment saisie que par les impacts et les effets de la crise financi&#232;re sur le monde du travail et sur le niveau de la consommation. Dans ce sc&#233;nario &#171; optimiste &#187; d'une r&#233;cession qui &#171; fait le m&#233;nage &#187; comme en 1981 et 1990, l'ensemble des acteurs &#233;conomiques en sortiront avec des bilans assainis. La reprise n'est pas loin et nous sommes &#224; l'or&#233;e d'une nouvelle &#232;re de croissance ! Il n'y a pas une semaine qui passe sans que l'on retrouve la pr&#233;sentation par un &#171; expert &#187; de ce type de sc&#233;nario &#224; l'eau de rose dans les pages &#233;conomiques ou &#233;ditoriales de nos quotidiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;canismes que nous avons &#233;tudi&#233;s [3] et les contradictions structurelles qui sont apparues nous pr&#233;sentent un sc&#233;nario radicalement diff&#233;rent et largement in&#233;dit. Le ch&#244;mage de masse ne jouera peut-&#234;tre pas le m&#234;me r&#244;le qu'auparavant dans la mesure o&#249; la nature du lien d'emploi est sensiblement diff&#233;rente que lors des r&#233;cessions pr&#233;c&#233;dentes. En effet, celui-ci a &#233;t&#233; flexibilis&#233;, l'emploi &#224; temps partiel et atypique joue un r&#244;le beaucoup plus important. De plus, l'importance de l'endettement des m&#233;nages ordinaires laisse entrevoir une crise qui sera v&#233;cue sur une base individuelle, sous la forme de faillites personnelles, de reprises de r&#233;sidences, de v&#233;hicules et de biens durables achet&#233;s &#224; cr&#233;dit, d'une diminution globale du niveau de vie, de la fatalit&#233; d'un fardeau grandissant des co&#251;ts de cr&#233;dit et de son inaccessibilit&#233;. Ce seront ces assises-l&#224; qui engendreront une baisse de la consommation, une progression du taux de mauvaises cr&#233;ances. Les deux nourriront &#224; leur mani&#232;re la fragilit&#233; du r&#233;gime d'accumulation et risquent de l'entra&#238;ner, par un resserrement suppl&#233;mentaire du cr&#233;dit et une diminution accrue de la production, vers une boucle d&#233;pressive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une telle d&#233;pression, la figure du ch&#244;meur sera peut-&#234;tre d&#233;class&#233;e par celle du d&#233;biteur, de l'endett&#233; : une archa&#239;que figure du domin&#233; qui a &#233;t&#233; marginalis&#233; dans les soci&#233;t&#233;s modernes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transformation plut&#244;t que la relance d'un capitalisme r&#233;form&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce contexte, quels sont les occasions et espoirs politiques pour une gauche qui ose rompre avec le consensus n&#233;olib&#233;ral pr&#233;dominant ? Commen&#231;ons par souligner que les ann&#233;es &#224; venir verront une recrudescence de la mis&#232;re, que les temps seront difficiles et donc qu'une priorit&#233; sera &#233;videmment de militer pour le d&#233;veloppement et l'extension des politiques de solidarit&#233; sociale. C'est le r&#244;le largement attendu de la gauche par les m&#233;dias et la classe politique : lutter contre la pauvret&#233; et d&#233;fendre les plus d&#233;munis de la soci&#233;t&#233;. Aussi louable que soit ce parti pris sur le plan moral, une gauche qui en ferait sa priorit&#233; serait condamn&#233;e &#224; agir sur le plan politique comme un groupe de d&#233;fense d'int&#233;r&#234;ts particuliers &#224; c&#244;t&#233; des autres, dans un climat politique qui demeurerait largement domin&#233; par les id&#233;es et les solutions n&#233;olib&#233;rales. Si la gauche souhaite agir en fonction d'un int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, elle doit, il nous semble, construire sa critique et proposer des alternatives &#224; partir de ce que nous avons nomm&#233; ici &#171; l'ordinaire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vouloir faire entendre une autre voix implique de prendre position face &#224; trois ordres de r&#233;ponse possible &#224; la crise actuelle :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La classe politique dans son enti&#232;ret&#233; se bousculera pour proposer divers projets de r&#233;formes du capitalisme et de r&#233;gulation de l'activit&#233; financi&#232;re. Nous pouvons accompagner les Sarkozy et Blair dans leur indignation soudaine en poussant pour un degr&#233; de r&#233;pression politique de la puissance financi&#232;re sup&#233;rieure &#224; ce qui sera concoct&#233; par les participants au G20. Nous pourrions m&#234;me prendre acte dans ce mouvement de r&#233;forme du caract&#232;re largement socialis&#233; de ce qui se pr&#233;sente comme du capital financier et exiger que cette &#233;pargne centralis&#233;e devienne un outil politique de d&#233;veloppement social et &#233;cologique plut&#244;t que d'extraction de valeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Ensuite, toute la classe politique et aussi la classe financi&#232;re misent sur les d&#233;penses publiques en infrastructures pour relancer la croissance et mitiger les effets de la crise sur l'&#233;conomie ordinaire dont le d&#233;veloppement est menac&#233; par une spirale d&#233;pressive. Encore l&#224;, la gauche peut se faire entendre en proposant d'une part un programme beaucoup plus imposant de d&#233;penses, voire massif et m&#234;me, dans c'est temps n&#233;olib&#233;raux, carr&#233;ment d&#233;lirant. D'autre part, elle devrait surtout exiger que cet investissement public ait une direction et une finalit&#233; qui correspondent &#224; ses valeurs &#233;cologistes et socialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Si la gauche s'arr&#234;te l&#224;, elle ne fait qu'ajouter sa voix &#224; la chorale chantant gloire &#224; la soci&#233;t&#233; de surconsommation qui s'est perp&#233;tu&#233;e sur les d&#233;bris du fordisme. Pour la gauche qui n'a pas abandonn&#233; le projet d'une soci&#233;t&#233; et d'une &#233;conomie postcapitaliste, cela ne saurait suffire. Il s'agit de r&#233;pondre &#224; la crise par un projet de transformation radicale de l'&#233;conomie et de la soci&#233;t&#233;, ce qui implique dans les circonstances actuelles de mettre de l'avant des propositions et des solutions qui rompent avec le pacte productiviste et donc avec le projet m&#234;me d'une relance de la croissance. Notre d&#233;fi donc, et je m'arr&#234;te l&#224;, est de d&#233;velopper une politique de rupture solidaire avec la croissance, qui adresse les contradictions ordinaires du capitalisme avanc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;ric Pineault&lt;br class='autobr' /&gt;
[1] Pensons au r&#244;le des agences de notation tel que DBRS dans le scandale des PCAA (papier commercial adoss&#233; &#224; des actifs *) li&#233;s aux subprimes*.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] M&#234;me les &#233;sot&#233;riques hedge fund, longtemps d&#233;cri&#233;s comme rep&#232;res sp&#233;culatifs pour les fortunes des plus riches, se sont &#171; d&#233;mocratis&#233;s &#187;, en ce sens o&#249; maintenant une majorit&#233; des capitaux qui y sont g&#233;r&#233;s proviennent de placements effectu&#233;s par d'autres fonds plut&#244;t que par de riches particuliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Pour plus de d&#233;tails sur cette analyse, voir &lt;a href=&#034;http://cafca-uqam.blogspot.com/2009/01/le-resserrement-continu.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cafca-uqam.blogspot.com/2009/01/le-resserrement-continu.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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